‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 115 sur 182 · DE LA FIBRINE · texte numérisé non relu

DE LA FIBRINE

deviendra orange-, si on la traite ensuite par de l’alcool bouiïlant, on dissoudra la matière grasse; enfin, si l’on met le résidu en contact avec l’eau et le carbonate de chaux , il se fera une petite effervescence due à du gaz carbonique, et il se produira du malate et du nitrate ou nitrite de chaux qui se dissoudront.

L’acide acétique concentré rend la fibrine molle à la température ordinaire , et la convertit, à l’aide de la chaleur, en une gelée qui se dissout dans l’eau chaude avec émission d’une petite quantité d’azote. La dissolution de la fibrine dans l’acide acétique est sans couleur et peu sapide. Evaporée jusqu’à siccité , elle laisse un résidu transparent qui rougit le papier de tournesol , et qui ne peut se dissoudre, même dans l’eau 'bouillante , qu’à la faveur d’une nouvelle quantité d’acide acétique. Les acides sulfurique, hydro -clilorique , nitrique en précipitent la matière animale, et forment avec elle des combinaisons acides. La potasse , la soude , l’ammoniaque opèrent aussi la précipitation de cette matière , pourvu toutefois qu’on n’ajoute pas un trop grand excès d’alcali ; car alors les parties précipitées d’abord se redissoudraieiit.

La potasse et la soude, liquides, dissolvent peu à peu la fibrine à froid, sans lui faire éprouver des altérations bien sensibles ;mais, à chaud, elles la décomposent , occasionent la formation d’une certaine quantité de gaz ammoniac , et des autres produits dont il a été fait mention précédemment (1770).

I779* Composition . — Cent parties de fibrine sont composées de 53,56o de carbone, 19,685 d’oxigène , 7,021 d’hydrogène, 19,934 d’azote. ( Gay-Lussac et Thénard , Recherches physico-chimiques , tom. il.)

1780. Usages. — La fibrine, à l’état de pureté , est sans usages ; mais, puisqu’elle forme la base de la chair , elle ne doit pas en être moins considérée comme la substance

5^4 DES SUBSTANCES animales neutres.

animale nutritive la plus commune ; elle est connue depuis un temps immémorial.

De T Albumine,

178t. L’albumine est, de toutes les substances, la plus disséminée dans l’économie animale. C’est elle cpii , unie à une plus ou moins grande quantité d’eau , et à une trèspetite quantité de sels , forme le blanc d’œuf d’où elle tire son nom , le sérum du sang , la liqueur du péricarde , des bydropiques , des ventricules du cerveau , l’humeur des vésicatoires , de la brûlure , des hydatides 5 elle forme la majeure partie de la synovie.; elle existe aussi dans le chyle, dans le sang, dans la bile des oiseaux, et l’on ne saurait douter qu’on ne la trouve un jour dans plusieurs autres substances qui n’ont point encore été bien examinées.

Pour en faire plus facilement et plus complètement l’histoire , nous l’étudierons à l’état solide et à l’état liquide , parce que , sous ces deux états , elle possède des propriétés diverses.

1782. Albumine solide, — L’albumine solide ou pure s’obtient en délayant et agitant le blanc d’œuf clans dix à douze fois son poids d'alcool. Celui-ci s’empare de l’eau qui tient la substance albumineuse en dissolution et celte substance se précipite sous forme de flocons et de filamens blancs que la cohésion rend insolubles , et que par conséquent on peut laver à grande eau.

iy83. L’albumine ainsi extraite est, comme la fibrine , solide , blanche , insipide , inodore , pins pesante que l’eau, sans action sur le tournesol et sur le sirop de violettes , capable de donner, dans sa décomposition par le feu, beaucoup de sous-carbonate d’ammoniaque, etc. (1 766) , et un charbon volumineux dont la cendre ressemble à celle qui provient de 3a calcination de la fibrine (1778).

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