DE LÀ MATIÈRE CASÉEUSE
sienrs reprises, le faire égoutter sur un filtre et le dessécher : le résidu qu’on obtiendra sera la matière caséeuse pure.
1798. Propriétés . — Cette matière est blanche , insipide, inodore, plus pesante que l’eau, sans action sur le tournesol et le sirop de violettes.
Décomposée par le feu, elle donne beaucoup de souscarbonale d’ammoniaque, etc. (1765), et un charbon volumineux, difficile à incinérer, dont la cendre contient beaucoup de sous-phosphate de chaux. Placée sur iin filtre a claire-voie, ou sur une claie en osier , à Pélat de caillé, et exposée à l’air , elle prend peu à peu de la consistance , finit par s’altérer et se transformer en une sorte de fromage.
If eau froide ou chaude ne la dissout point ; elle est, au contraire, soluble dans les dissolutions alcalines , et particulièrement dans l’ammoniaque , à la température ordinaire ou à une température peu élevée. Elle se dissout aussi à celte température dans la plupart des acides forts appartenant au règne végétal et au règne minéral , pourvu toutefois que les premiers soient concentrés , et les seconds étendus d’une certaine quantité d’eau, etc.
1793 bis. La matière caséeuse , mise en contact avec l’eau, fermente à la manière du gluten: seulement elle se hoursouffie moins, ce qui provient de ce qu’elle laisse dégager moins d’hydrogène, de gaz carbonique : du reste, suivant M. Proust, elle donne les memes produits , et finit, comme le gluten, par se transformer en caséate et acétate d’ammoniaque, en oxide caséeux , en gomme, etc. (1662). C’est ici le lieu de parler de cet oxide : il ne sera question de l’acide caséique et des caséates que quand nous traiterons des divers acides.
Pour obtenir V oxide caséeux , il faut prendre la matière dans laquelle se transforme le caillé ou le gluten par une longue fermentation , ou bien se procurer du fromage complètement fait : ces matières fermentées seront lavées à l’eam
536 1>FS SÜBSTANCES ÀTïIM À LES EEUTflES.
chaude, et la liqueur fil î i ée sera réduite en consistance de sirop. Celui-ci contiendra du caséate et de l’acétate d’ammoniacrue, de l'oxide caséeux, de la gomme et le sel dont le fromage aura élé imprégné. Par l’alcool ordinaire, on dissoudra les sels ammoniacaux; ensuite, au moyen d’alcool à 20° , ou enlèvera le sel marin et les portions de caséate qui auraient pu échapper d’abord ; enfin en traitant le résidu par de l’eau froide , ou séparera toute la gomme, et Y oxide caséeux restera sensiblement pur. Il sera bon toutefois, pour être plus sûr de sa pureté, de le faire dissoudre dans l’eau bouillante, de filtrer immédiatement la liqueur et de la faire évaporer presque toute entière : alors il ne faudra plus que la laisser refroidir, la filtrer de nouveau et laver le filtre. L’oxide caséeux sur lequel l’eau, à la température ordinaire , est presque sans action, se trouvera entièrement séparé des petites portions de gomme ou de caséate qu il aurait pu retenir dans le premier traitement: on le détachera et on le fera sécher.
Y? oxide caséeux est léger, et spongieux comme l’agaric des drogueries , blanc , sans odeur , sans saveur, sans action sur les couleurs bleues, presqu’insoîuble dans l’alcool bouillant et tout-à-fait insoluble dans l’éther.
Comprimé fortement entre les doigts, il laisse une impression graisseuse.
Projeté sur l’eau , il reste à sa surface; elle ne semble pas le mouiller; ce n’est que vers le 60e degré qu’elle commence à le dissoudre. La solution n’est pas troublée par
les acides.
Chauffé doucement dans une cornue, il se partage en deux parties : Lune, qui est à beaucoup près la plus grande, se sublime; l’autre se décompose , et fournit beaucoup d’huile jaune qui se congèle à mesure qu’elle refroidit, très-peu d’eau, moins encore d’ammoniaque, et un charbon volumineux, semblable à celui des corps gras
distilles. L’huile est remarquable surtout par son odeur, qui rappelle celle de la liqueur arsenicale de Cadet. (id'afi)»
L’acide nitrique convertit l’oxide caséeux en acide oxalique, etc, sans qu’il en résulte pour ainsi dire de matière jaune amère.
L a potasse en opère facilement la dissolution; Y oxide caséeux , en s’unissant à cet alcali, semble n’éprouver aucune altération.
M. Proust n’a point fait l’analyse de Y oxide caséeux y mais il est facile de voir, par les produits de !a distillation de cette substance, qu’elle ne contient que peu d’azote et qu’elle doit contenir au contraire beaucoup de charbon et d’hÿdrogène.
Il est à regretter que M. Proust ait désigné ce nouveau, produit par le nom (Y oxide: il n’y a pas de raison pour ne pas appeler ainsi presque toutes les substances végétales et animales. Ce nom même lui convient d’autant moins que l’oxigène n’entre que pour une très-petite quantité dans sa composition. ( Ann. de Chim . et de Phys., t. x , p. 29. )
- 1 794- Composition , etc. — La matière caséeuse est composée, sur 100 parties , de 69,781 de carbone, 1 1,4°9 d’oxigène, 7,4^9 d’hydrogène, 21,881 d’azote. (MM. Gay- Lussac et Thénard , Piecherches physico-chimiques , t. 11.)
Elle forme la base de toutes les espèces de fromages, et constitue presque entièrement ceux qui sont de? qualité inférieure : nous devons donc la considérer comme substance6 nutritive, d’autant plus qu’elle entre pour une grande quantité dans la composition du lait.
De Y Urée.
1795. Propriétés. — • L’urée la plus pure que l’on puisse obtenir pst une substance qui affecte la forme de longs prismes aiguillés , semblables à ceux que peut former l’hydro-chlorate de suontiane ; elle est sans couleur, sans
odeur, sans action sur les couleurs bleues végétales , Irans** parente , assez dure ; sa saveur est fraîche , un peu piquante, et sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau.
Lorsqu’on l’introduit dans une cornue et qu’on l’exposa à une chaleur progressive, elle se fond d’abord, se boursouffle ensuite, bientôt se décompose et se transforme en une grande quantité de sous-carbonate d’ammoniaque, en un gaz inflammable dont l’odeur est insupportable, et en charbon ; elle ne fournit point, ou que très-peu du moins , d’eau , d’acide acétique, d’acide prussique ou hydro-cyanique, d’oxide de carbone et d’huile, propriété qu’elle seule possède parmi toutes les matières animales.
Projetée sur un fer chaud ou sur des charbons ardens, elle se réduit tout de suite en vapeurs blanches qui répandent une forte odeur d’ammoniaque.
Mise en contact avec l’air, elle n’en attire pas sensiblement l’humidité: cependant elle est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Sa dissolution aqueuse nous présente des phénomènes qu’il est important de faire connaître.
Abandonnée à elle-même, cette dissolution, lorsqu’elle est pure , se conserve long-temps sans altération ; lorsqu’elle fait partie de l’urine , elle s’altère au contraire très-promptement.
En la mêlant à une certaine quantité d’acide sulfurique, d’acide nitrique, d’acide hydro-chlorique , étendus d’eau ,
ou à tout autre acide fort dans un état convenable de con-
centration , et soumettant le mélange à la température de l’ébullition , il en résulte , par la réaction de ses principes les uns sur les autres , de l’ammoniaque, de l’acide acétique et d’autres produits , variables en raison de la nature de l’acide employé 5 savoir : i°. avec l’acide hydrochlorique et l’acide sulfurique, du gaz carbonique et une sorte de matière grasse noirâtre a°«‘ avec l’acide nitrique, du gaz carbonique , de l’acide prussique ou hydro-cya-