J) U SUCRE DE LA IT
Du Sucre de lait .
i8o3. Propriétés. — Le sucre de lait est une substance qu'on appelle ainsi parce qu’elle a une saveur douce et qu’elle n’existe que dans le lait. On ne doit point la confondre avec le sucre proprement dit, car elle ne fermente point.
Le sucre de lait est solide, sans odeur, spécifiquement plus pesant que l’eau* il cristallise ordinairement en parai lélipipèdes réguliers , terminés par des pyramides à quatre faces, blancs, demi- transparens , durs, croquant sous la dent, et qui, projetés sur les charbons incandescens , décrépitent, se boursoufflent et se charbonnent.
Lorsqu’on le grille jusqu’au point de le caraméliser, il devient beaucoup plus soluble dans l’eau , incristallisable, et acquiert pour ainsi dire toutes les propriétés de la gomme. (M. Vauquelin, Bulletin de Pharm. } t. ni, p. 49*) Chauffé plus fortement il entre en fusion , se décompose, et donne tous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales, sans trace sensible d’ammoniaque. Exposé à l’air, il n’en attire point l’humidité et ne s’altère en aucune manière. L’eau, à la température ordinaire, en dissout à-peu-près la neuvième partie de son poids ; l’eau chaude en dissout davantage, de sorte que , par le refroidissement, elle en laisse déposer sous forme de cristaux. La potasse et la sonde le rendent beaucoup plus soluble. L’alcool concentré n’en dissout qu’une quantité presqu’insensible. Il n’est précipité de sa dissolution aqueuse par aucun sel , par aucun alcali, par aucun acide-, l’infusion de noix de galle ne produit non plus aucun nuage dans celte dissolution ; mais l’alcool , en raison de son affinité pour l’eau , la trouble fortement au bout de quelques minutes , et en sépare un grand nombre de petits cristaux de
sacre de lait. Traité par l’acide nitrique, il donne absolument lés mêmes produits que la gomme, c’est-à-dire, des acides acétique, malique, mucique , oxalique, etc. (1460). Enfin il peut , comme l’amidon , être transformé en sucre analogue à celui du raisin , lorsqu’on le- fait bouillir avec quatre fois son poids d’eau aiguisée de 2 , 3 , 4 à 5 pour 100 d’acide sulfurique. Il paraît que l’acide hydro-chlorique peut produire aussi le même effet. ( M, Vogel , Ann* de Chïm. , t. lxxxu, p. i56. )
1804. Préparation . — C’est en Suisse que le sucre de lait se prépare ; là existe une grande quantité de petit-lait provenant de la fabrication du fromage de Gruyère * on l’évapore jusqu’à un certain point, et on en retire, par le refroidissement, des couches épaisses d’environ 20 millimètres de sucre de lait cristallisé , qu’on purifie par de nouvelles dissolutions et cristallisations. Ces couches cristallines sont brisées en morceaux de différentes grosseurs et versées dans le commerce. En traitant de la même manière toute autre espèce de petit-lait provenant de la coagulation spontanée du lait ou de sa coagulation par les acides, on en retirerait également du sucre de lait. Dans tous les cas , celte préparation sera facile à concevoir , en observant que le petit-lait n’est autre chose qu’une grande quantité d’eau tenant en dissolution une assez grande quantité de sucre de lait , et une petite quantité de matière caséeuse , d’acide et de sels.
A moins qu’on ne l’ait fait cristalliser un grand nombre de fois , il retient toujours quelques traces de substances animales que, suivant M. Vauquelin , l’on peut rendre sensibles en le réduisant en poudre , et le triturant dans un mortier avec un peu d’eau légèrement alcaline. Le sucre de lait se dissout tout entier par l’effet de l’alcali , tandis* que la matière animale reste isolée et apparait sons fornus de flocons.
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1 805. Composition. — Le sucre de lait est formé de 38,825 de carbone, 53,834 d’oxigène , 7,341 d’hydrogène; ou bien de 38,825 de carbone, 61,175 d’hydrogène et d’oxigènedans les proportions nécessaires pour faire l’eau. ( MM. Gay-Lussac et Thénard , liech. phys-chim. , t. 11.)
1806. Usages. — Le sucre de lait est employé en médecine , mais seulement par quelques médecins. On s’en sert aussi quelquefois pour falsifier la cassonade ; il est toujours facile de reconnaître la fraude au moyen de l’alcool à 33°, qui dissout le sucre proprement dit , et n’a que peu d’action sur le sucre de lait : le résidu sera véritablement du sucre de lait si , par l’acide nitrique , il se convertit en partie en acide mucique.
De quelques autres Substances neutres , naturelles ou
artificielles.
1 807. Ces substances , sont : le sucre de diabètes , l’oxide caséeux, la leucine , une matière douce provenant de l’action de l’acide sulfurique sur la gélatine, enfin plusieurs matières propres à certaines humeurs ou à certains organes. Ces dernières matières n’étant point encore bien connues, il n’en sera question qu’en traitant des parties animales qui les contiennent. (Voy., pour les autres, les nos 1 44 ^ » 1788, 1793 te, 1976.)
SECTION IL
Des Acides ternaires et quaternaires qu on rencontre tout formés dans les animaux y et de ceux qu’on peut former en traitant les substances du règne animal par divers corps .
1808. Ces acides sont au nombre de vingt-un ; savoir : l’acide urique , l’acide pyro-urique , l’acide purpurique , l’acide rosacique , l’acide amniotique, l’acide lactique, l’acide formique, l’acide caséique, l’acidé margarfque >
l’acide oléique , l’acide sébacique, l'acide tholestérique 5 l’acide butirique , l’acide delphinique , l’acide prussique ou hydro-cyanique , l’acide çhioro-cyanique , l’acide hvdrocyanique ferrure, et les acides acétique, benzoïque, malique, oxalique. Les quatre derniers ont été examinés dans la chimie végétale; nous allons étudier les dix-sept autres.
Parmi ces dix-sept acides , les huit premiers diffèrent entièrement des corps gras, et sont plus ou moins oxigénés; les six qui suivent le sont à peine , et se rapprochent , au contraire, beaucoup des graisses; les trois derniers ne le sont nullement : de là l’ordre’ que nous allons suivre.