ARTICLE II
Des Acides qui ne contiennent que peu d'oxigène , et qui se rapprochent des graisses par leur nature.
De V Acide sébacique.
I Si 7. L’acide sébacique tire son nom du mot latin sébum , suif : c’est un produit de la distillation des graisses.
Cet acide est sans odeur ; sa saveur est faible , sa pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau ; il rougit d’une manière très-sensible la teinture de tournesol ; il cristallise en petites aiguilles blanches qui n’ont que trèspeu de consistance.
Soumis à l’action du feu , il fond comme une espèce de graisse , se décompose et se vaporise en partie.
L’air ne l’altère point.
II est bien plus soluble dans l’eau à chaud qu’à froid : aussi de l’eau bouillante qui en est saturée se prend-elle en masse par le refroidissement. L’alcool en dissout, à la température ordinaire, une grande quantité.
Il forme , avec les alcalis , des sels neutres solubles : si I on verse de l’acide sulfurique , nitrique ou hydrochlôrique dans une dissolution concentrée de sébate , il s’en dépose tout-à-coup une très-grande quantité d’acide sébacique. *
Enfin il précipite les dissolutions d’acétate et de nitrate de plomb , ^acétate et de nitrate de mercure, et celle de ni ira te d’argent. Telles sont les propriétés qui le caractérisent.
Pour en obtenir une quantité très-sensible , il faut distiller 3 à 4 kilogrammes de suif ou daxonge dans une cornue de grès de 7 a 8 litres , recevoir dans un ballon ,
568 DES substances animales àcides;
par le moyen d’une allonge , les produits qui peuvent être condensés , et qui sont formée d’une grande quantité d’huile et dégraissé altérée, et d’une petite quantité d’acide acétique et d’acide sébaeique; traitera plusieurs reprises ce produit par de l’eau bouillante, agiter la liqueur pendant quelques minutes , la laisser refroidir , la décanter à chaque fois, et y verser un excès de dissolution d’acétate de plomb : il en résulte sur-le-champ un précipité blanc et floconneux de sébate de plomb , qui doit être
réuni sur un filtre , Javé et séché. Alors on introduit le sé-
bâte dans une fiole avec son poids d’acide sulfurique étendu de 5 à 6 parties d’eau ; on expose c ette fiole à une température d’environ ioo degrés ; l’acide sulfurique s’empare de l’oxide de plomb , et met en liberté l’acide sébaeique qui reste en dissolution • on jette le tout sur un filtre , et l’acide sébaeique cristallise par refroidissement; mais, comme il est imprégné d’acide sulfurique, il faut le laver jusqu’à ce qu’il ne communique plus à l’eau la propriété de précipiter par le nitrate de baryte. Amené a ce point, il ne s’agit plus que de le faire sécher à une douce chaleur.
Composition. — L’acide sébaeique n’a point encore été analysé ; mais il est évident qu’il ne doit pas contenir d’azote, puisque le suif n’en contient point : il n’est donc formé que d’hydrogène , de carbone et d’oxigène. Le carbone est en grande quantité , et l’hydrogène est en excès par rapport à l’oxigène.
Il est sans usages , et connu seulement depuis seize à dix-sept ans. ^
Cet acide ne doit point être confondu avec celui qui était désigné par ce nom avant l’époque que nous venons de citer. Celui-ci , auquel on attribuait une odeur forte et repoussante , n’est que de l’acide acétique, ou de l’acide hydro-chlorique , ou de la graisse gazéifiée ou altérée, sui-
de l’acide CHOLESTÉRIQUE. 569
vaut le procédé qu’on emploie pour le préparer. ( Ann, de Chimie , tom. xxxix , p. 193.)
De V Acide cholestévique.
18 1 q his. Lorsqu'on traite , par l’acide nitrique, la matière grasse des calculs biliaires de l’homme , que M. Chevreul a proposé d’appeler cholestérine , il se forme, suivant MM. Pelletier etCaventou, un acide particulier qu’ils appellent cholestévique. Pour l’obtenir, ils font chauffer la cholestérine avec son poids d’acide nitrique concentré : bientôt celle-ci se trouve attaquée et dissoute ; il se dégage en même temps beaucoup de gaz oxide d’azote , et la liqueur, par le refroidissement, et surtout par une addition d’eau, laisse déposer une matière jaune, qui est l’acide cholestérique impur ou imprégné d'acide nitrique. On peut le purifier par plusieurs lavages à l’eau bouillante. Cependant, après l’avoir lavé , il vaut mieux en opérer la fusion au milieu de Peau chaude, y ajouter une petite quantité de carbonate de plomb , faire bouillir le tout pendant quelques heures , en décantant et renouvelant l’eau de temps en temps , mettre ensuite la masse restante et desséchée en contact avec de l’alcool , et faire évaporer la dissolution alcoolique : le résidu que l’on obtient est l’acide cholestérique le plus pur possible.
Cet acide-est jaune-orangé lorsqu’il est en masse, et en aiguilles blanches , dont il est difficile de déterminer la forme , lorsqu’on le dissout dans l’alcool et qu’on abandonne la liqueur à une évaporation spontanée. Sa saveur est très-faible et légèrement styptique. 5 son odeur rappelle celle du beurre ; sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de l’alcool et moindre que celle de l’eau.
Exposé au feu , il entre en fusion à 58°, et ne se décompose qu’à une température bien supérieure à celle de l’eau
bouillante, en produisant de l’huile , de l’eau , de l'acide carbonique, du gaz hydrogène carboné, mais point de t r a c e d’ammoniaque.
Il est très-soluble dans l'alcool, dans les éthers sulfurique et acétique, clans les huiles volatiles de lavande , de romarin > de térébenthine , de bergamote, eic. 5 il est au contraire insoluble dans les huiles fixes , d’olive, d’amande douce, de ricin , etc. ; il l’est également dans les acides végétaux , et l'est presqu’enüèrement aussi dans l’eau : celle-ci en dissout cependant assez pour rougir la teinture de tournesol.
Soit à froid , soit à chaud , l’acide nitrique le dissout sans l’alu ber • l’acide sulfurique concentré ^ dans un espace de temps assez long, ne fait que le cliarbonner.
J] paraît que l’acide cliolestérique est susceptible d’union avec la plupart des bases salifiables : il en résulte des sels dont nous nous contenterons de dire quelques mots. Tous sont colorés, les uns en jaune, les autres en jaune orangé, les autres en rouge. Les cbolestérates de potasse , de soude , d’ammoniaque, et pi obahlcment de morphine, sont très-solubles et cléliqneseens • presque tous les autres sont, au contraire , insolubles ou très-peu solubles. Il n’en est aucun qui ne puisse être décomposé par tous les acides minéraux , excepté Faeide carbonique , et par la plupart des acides végétaux , de telle manière qu’en versant l’un de ces acides dans une dissolution de cholestérate, l’acide cliolestérique se sépare à J instant même en flocons. Les cbolestérates solubles forment des précipités dans tontes les dissolutions métalliques dont la base a la propriété de
foi mer un sèl insoluble ou peu soluble avec l’acide cho- )m 1
Ieslérique -, les précipités varient selon l’espèce de métal , et quelquefois selon son degré d’oxigénation. En général , les couleurs sont plus brillantes lorsque les précipités êo:U encore humides : par exemple , le cholestérate de
D E l’a CIDE MARGARIQUE; 5 7 I
baryte est d’un rouge vif au moment de sa précipitation ; il en est de même de celui d’alumine: tous deux, par la dessiccation , deviennent ternes et sombres.
Il n’existe point de cholestérate d’or : h peine a-t-on versé du cholestérate de potasse dans une dissolution d’hydro-chlorate d’or , que ce métal apparaît à l’état métallique.
En analysant le cholestérate neutre de baryte. MM. Pelletier et Caventou ont trouvé qu’il était composé de ioo d’acide et de 5(3,25 de base ; d’où il suit que dans les cholestérates neutres la quantité d’oxigène de l’oxide serait à la quantité d’acide comme i à 17,33, ou que l’acide cholestérique saturerait environ trois fois et demie moins de baryte que l’acide sulfurique : cependant ils ont observé , d’une autre part , qu’en traitant le cholestérate de plomb par l’acide sulfurique , on obtenait autant de sulfate de plomb que de cholestérate. Ils pensent , d’après cela , que , quand l’acide cholestérique s’unit à l’oxide de plomb , et , en général, à tous les oxides qui ont peu d’affinité pour i’oxigène , il se passe quelque chose de semblable à ce qui a lieu dans la reaction de l’oxide de plomb et de l’acide oxalique (i36t bis). ( Voyez , pour plus de détails , le Journ. de Pharm . , t. m , p. 2^2.)
De V Acide margarique.
1818. L’acide margarique , que M. Chevreuî a découvert il y a quelques années , a été ainsi appelé par ce chimiste, de -y s , perle , parce que l’un de scs caractères est
d’avoir l’aspect de la nacre de perle, et de le communiquer à plusieurs des combinaisons qu’il forme avec les bases sali fiables.
Propriétés. — Cet acide est blanc, insipide. Soit odeur est très-faible , et un peu analogue à celle de la cire blanche.
Sa densité est moindre que celle de l’eau. Il entre en fusion à 56° et demi , et forme un liquide incolore et trèslimpide, qui cristallise par le refroidissement en aiguilles brillantes du plus beau blanc. A froid ,il est sans action sur la teinture de tournesol; mais à chaud, il la rougit promptement.
Soumis à la distillation dans une cornue, il se volatilise, et se décompose en partie, en donnant lieu à un petit résidu charbonneux et à tous les produits qui proviennent de la décomposition des corps gras.
L’acide margarique est insoluble dans l’eau; il est, au
contraire, très-soluble dans l’alcool, car 100 parties de ce
dernier, d’une „ pesanteur deo,8i6, en dissolvent 180 à la température de y 5° : l’eau trouble sur-le-champ cette dissolution.
La plupart des corps gras sont probablement aussi capables de le dissoudre.
L’acide margarique se combine avec la plupart des bases salifiables, et forme des margarates neutres, et quelquefois des sur-magarates.
Tous les sui -margarates sont insolubles dans l’eau. Il en est de même de tous les margarates neutres examinés jusqu’à présent, excepté ceux de potasse et .de soude; et encore, lorsque l’on vient à traiter ceux-ci par une grande quantité d’eau, les décompose-t-on , et les transforme-t-on en sur-margarates qui se précipitent , et en margarates neutres qui restent en dissolution dans la liqueur à la faveur d’une certaine quantité d’alcali dont l’eau s’empare.
L’acide margarique étant faible cède les bases à un grand nombre d’autres acides. Aussi , lorsqu’on traite les sur-margarates de potasse et de soude qui sont nacrés par l’acide hydro-chlorique , sont-ils promptement décomposés, et le seraient-ils bien plus tôt s’ils étaient solubles.
La composition des margarates semble être parfaitement connue. Il paraît, d’après les nombreuses expériences de
Ï)E l’acide m A E a ALI Q UE. 5^3
M. Chevreul, que la quantité d’acide est à la quantité d’oxigène de l’oxide comme 100 à 3 dans les margarates neutres, et comme 100 à ~ dans les margarates acides. {Ann. de Chim. , t. xciv, p. 253.)
Etat naturel , Préparation. — L’acide margarique ne s’est trouvé jusqu’à présent tout formé que dans le gras des cadavres : on pourrait l’en extraire 5 mais il vaut mieux, pour se le procurer, traiter l’une des graisses saponiflables , par exemple, la graisse de porc, par la potasse.
On prend 100 parties de graisse de porc purifiée, 60 parties d hydrate de potasse et /joo parties d’eau-, 011 fait chauffer le tout pendant cinq à six heures, à une température voisine de ioo°, ou plutôt jusqu a ce que prenant une partie de la pâte savonneuse , on voie quelle se dissout complètement dans l’eau. Alors on décante la liqueur et l’on fait bouillir la masse restante dans 600 parties d’eau, qui en opèrent la dissolution, qui, par le refroidissement , se prend en gelée. Cette gelée est ensuite délayée dans beaucoup d’eau froide et abandonnée à elle-même pendant quelques jours 5 par ce moyen, il s’en sépare une matière nacrée qui est du sur-margarate de potasse pur. C’est de ce sur-margarate qu’on extrait l’acide margarique, en traitant ce sel à chaud par un excès d’acide hydrochlorique faible, lavant le résidu et le mettant en contact avec de l’alcool bouillant : i’acide hydro-chlorique s’empare de la potasse, l’alcool dissout l’acide margarique, et le laisse déposer peu à peu. Comment agit la potasse dans cette opération? Elle ne fait que combiner les élémeus de la graisse dans d’autres proportions , de telle sorte qu’il en résulte, comme nous l’avons déjà dit, et comme nous le reverrons bientôt au sujet de la stéarine, non-seulement de l’acide margarique , mais encore de l’acide oléique et un peu de principe doux des huiles.
Composition . — 100 parties d’acide margarique sont for-
5y4 des substances animales acides.
niées de 70,95 de carbone, de 12,635 d’hydrogène, et de 1 6,4 1 5 d’oxigène. (M. de Saussure, Ann . de Cliirri. et de Phys. , lom. xm.)
Usages. — L’acide margarique pur est sans usages ; mais uni a la potasse et à la soude^ il fait partie de tous les savons durs et de tous les savons mous. ( Foy., pour plus de détails, les Mémoires de M. Chevreul, Ann. de Chitn. , t. l^xxviii , p. 22 5 5 et t. xciv , p. 225 j et Ann. de Chirri . et de Phys. } t. 11.)
De V Acide oléique.
1818 bis. L’acide oléique, dont la découverte est due à M. Chevreul, comme celle de l’acide margarique, se forme en même temps que celui-ci, lorsqu’on traite la graisse par l’eau et la potasse : il reste dans la liqueur, uni tout entier à cet alcali. Que l’on évapore cette liqueur jusqu’à ce qu’elle puisse prendre de nouveau la consistance gélatineuse j qu’on mette la gelée en contact avec l’eau froide , et qu’on répète cette double opération jusqu’à ce que la dernière dissolution reste transparente, afin de retirer le plus possible de margarate de potasse j que l’on verse alors de l’acide tarlri que dans cette dissolution concentrée, et l’on en séparera, sous forme de grumeaux blancs, zj$ à 5o parties d’un corps gras*, composé de beaucoup d’acide oléique et d’un peu d’acide margarique. Enfin , que l’on fasse chauffer ces 5o parties avec 12 parties dépotasse et 170 parties d’eau; que l’on traite d’ailleurs par l’eau, comme nous l’avons dit au sujet de l’acide margarique, la masse savon- f nense qui ne tardera point à se former, tout l’acide margarique, en partie saturé de potasse, se précipitera à l’état de matière nacrée, de sorte que l’acide taririque , versé dans la nouvelle dissolution , isolera une matière qui aura l’aspect de l’huile et qui sera l’acide oléique pur. L’eau retiendra tout îe principe doux formé.
L’acide oléique a une odeur et une saveur rances. Sa densité est de 0,898 à 190. Fluide comme uneliuile à -f- 1 'C\ il se solidifie à -j- 6° en aiguilles blanches. Sa couleur, à l’état liquide, est d’un blanc jaunâtre j mais elle estproba^ blemcnt due à un corps étranger. 11 rougit bien la teinture de tournesol.
L’eau ne le dissout pas sensiblement : l’alcool le dissout au contraire en toutes proportions.
Il s’unit à la plupart des bases salifiables, et delà résultent des oléates neutres, quelquefois des sur-oléates, et quelquefois aussi des sous-oléates. L’on connaît un sousoléate et un oléate neutre de plomb, des oléates neutres et des sur-oléates de potasse et de soude.
Les oléates neutres sont tellement composés que la quantité d’acide est à la quantité d’oxigène de l’oxide comme 100 à 2,835, (Ann. de Chim . et de Phys. , t. ir, p. 358.)
Parmi les oléates connus jusqu’à présent, il 11’en est que deux qui soient solubles dans l’eau : ce sont 1rs oléates neutres de potasse et de soude-, et même lorsque l’eau est en grande quantité, elle les transforme en sur-oléates qui se précipitent, et en oléates neutres qui restent en dissolution à la faveur de l’excès d’alcali dont elle s’empare : par conséquent elle agit sur ces sels de même que sur les marga rates. , ,
L’acide oléique est tout aussi facile à séparer de ses combinaisons que l’acide margarique : c’est donc un acide trèsfaible. • •
De même que l’acide margarique, il fait partie du gras des cadavres; comme; cet acide encore, il. entre dans la composition des savons : ceux-ci ne sont que des maigarates et des oléaies de potasse ou de soude dans diverses proportions. (Ployez, pour plus de détails sur l’acide oléique, les Mémoires de M. Chevreuî , Ann. de Chimie } t. xciv, p. 90; et Ann. de Chim. et de Phys. , 1. 11 , p, 358.)
De P Acide butirique.
1819. C’est encore à M, Chevreul que J’on doit la décou-» verte de l’acide butirique ; mais comme il n’a publié à ce sujet qu’une seule note dans le Journal de Pharmacie 5 tom. ni , page 80 , nous croyons devoir la rapporter toute entière.
« J’ajouterai ici que non-seulement j’ai vu que le beurre » était composé de deux corps gras analogues à ceux de la » graisse de porc , mais qu’il contenait en outre un prin- » cipe colorant, et un principe odorant extrêmement re- » marquable, auquel il devait les propriétés qui le dis— » tinguent des graisses proprement dites. Ce principe , que )> j’ai appelé depuis acide butirique , forme des sels bien
caractérisés avec la baryte , la strontiane , la chaux, les » oxides de cuivre , de plomb , etc. Il neutralise pour 100 3) une quantité de base qui contient environ lod’oxigène. 3) Un fait remarquable , c’est que le bulirate de potasse 3) concentré peut s’unira un excès de son acide, sans pour 3> cela rougir la teinture de' tournesol ; mais dès qu’on 3) ajoute de l’eau à cette combinaison , l’excès d’acide 3) redevenu libre, au moins en partie, réagit sur la ma- 3) tière colorante , lui enlève son alcali , et la fait passer 3) au rouge. Le butirate de baryte donne à la distillation 3) une quantité d’acide carbonique qui est à très peu près j) dans la proportion nécessaire pour neutraliser la baryte ? 3> et un liquide que je nomme py T o -butirique. Tous les 3) butirates ont une odeur forte de benne frais. L'acide 3) butirique forme avec l’eau un hydrate qui , à l’exception 3) de l’acidité , jouit de toutes les propriétés physiques des 3) huiles volatiles. L’acide butirique produit peu à peu avec )) l’alcool, à la température de 120, un composé éthéré 33 qui a rôdeur des pommes de reinette. »
»e l’acide d e l V H I S I Q U E» 577
De V Acide delphinique.
1819 bis » Voyez Huile de dauphin.
1819 ter . Voilà donc déjà jusqu’à sept acides gras, en y comprenant l’acide pyro-butirique , et cependant on en annonce encore de nouveaux : savoir, un dans le suif (Chevreul , Ann. de Chitn. et de Phys. , tom. vu , pag. 38a ) • 20. un autre dans le produit de l’action du suif sur l’acide nitrique. M. Braconnot, quia observé celui-ci, lui trouve beaucoup d’analogie avec l’acide sébacique dont nous avons parlé précédemment (Journal de Pharm t. 1 , p. 394) y 3°. un autre dans le produit de l’action de la potasse sur la matière grasse de la cévadille. Il s’obtient comme l’acide delphi nique , à cela près qu’étant solide , il faut le séparer par voie de distillation du cèvadate de baryte , en chauffant celui-ci dans une cornue avec de l’acide phosphorique.
( Voyez Y Extraction de V Acide delpliinique. ) MM. Pelletier et Caventou, qui l’ont découvert, le nomme acide cévadique. Il est sous forme d’aiguilles ou de concrétions cristallines d’un beau blanc. Son odeur est analogue à celle de l’acide butirique. 20° de chaleur suffisent pour le fondre *, à une température qui n’est pas beaucoup plus élevée, il se sublime en cristaux aiguillés ; il est soluble dans l’eau, l’alcool , l’éther • il s’unit aux bases salifiables , et forme des sels peu odorans. Le cèvadate d’ammoniaque précipite en blanc les sels de peroxide de fer. ( Annales de Chimie et de Physique , tom. xiv, p. 71.)