‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 127 sur 182 · DU BLEU DE I» RUSSE · texte numérisé non relu

DU BLEU DE I» RUSSE

Ôl I

Prusse } mais alors c’est un cyanuredemereure qui se forme.

Les acides étendus d’eau sont, en général, sans action sur le bleu de Prusse. Plusieurs acides concentrés Taltèrent. L’acide hydro-chlorique liquide en isole l’acide hydro - cyanique ferrure , à la température ordinaire (l832 bis). L’acide sulfurique, à cette meme température , le rend parfaitement blanc , sans se charger d’aucun principe et sans dégager aucun gaz ; en étendant l’acide d’eau , la couleur bleue reparaît (Robiquet). La cause de ce phénomène n’est pas bien connue.

L’eau chargée d’acide hydro-sulfurique le fait passer aussi dubleuau blanc. Des lames d’étain et de fer lui fontéprouver le meme changement quand il est en contact avec l’eau ( M. Proust) : probablement qu’alors il se transforme en hydro-cyanate de protoxîde.

Il paraît qu’il n’y a que quelques sels qui aient de l’action sur lui :dece nombre sont Thydro-chîorate de protoxide d’étain et le proto- sulfate de fer ; ils rendent sa couleur moins intense.

1837. naturel , Préparation. — Le bleu de Prusse n’existe point dans la nature.

Dans les laboratoires on se le procure en versant une dissolution d’hydro-cyanate de potasse ferrugineux dans une dissolution de sulfate ou d’hydro-chlorate de tritoxide de fer. A l’instant même le bleu se précipite sous forme de flocons : on le lave à grande eau par décantation , puis on le rassemble sur un filtre et on le sèche.

Dans les arts , voici le procédé que l’on suit : après avoir fait un mélange de parties égales de potasse du commerce et d’une matière animale, qui est ordinairement du sang desséché ou des rognures de corne (a) , l’on calcine le

(a) Au lien de matières animales , on peut employer, avec le même succès, les chai bons qui en proviennent, pourvu qu’ils n’aient pas e'tê trop calcines, de sorte que, dans une fabrique de sel ammoniac , Pou peut faire ea

612 des substances animales acides.

mélange jusqu’à ce qu’il devienne pàleux \ ce qui n’a lieu qu’à la température rouge (a) : alors on le projette par parties dans douze à quinze fois son poids d’eau , on l’y délaie , et ou le laisse en contact avec elle pendant environ demi-lieure , en le remuant de temps en temps ; après quoi l'on filtre sur une toile la liqueur , qui contient de l’hydrocyanate de potasse , du sous-carbonate de potasse , un peu d’hydro-sulfate, de sulfite et d’hydro-chlorate de potasse. La liqueur étant filtrée , on l’agite avec un bâton , et l’on y verse en même temps de l’eau dans laquelle on a fait dissoudre 2 parties d’alun (b) et i partie de sulfate de fer du commerce. Il se fait aussitôt, d’une part, une effervescence due à du gaz carbonique et à un peu de gaz hydrogène sulfuré 5 et, d’autre part, un précipité très-abondant, formé de beaucoup d’alumine, de beaucoup d’hydro-cyanate ferruré de protoxide de fer et de potasse, et enfin d’une petite quantité d’hydro-sulfure de fer qui colore le tout en brun noirâtre. Ce n’est que quand la liqueur ne peut plus être troublée par l’alun et le sulfate de fer, qu’on doit cesser d’y ajouter de ces sels (c). Ce précipité est

même temps du bleu de Puisse, sans que l’une des operations nuise à l’autre.

( a ) Cette calcination s’opère dans un fourneau à réverbère ou dans un grand creuset de fonte : ce crenset esL placé dans un fourneau surmonté d’un dôme dont la partie antérieure est munie d’une porte par laquelle on introduit le combustible et la matière; la partie supérieure est surmontée d’un long tuyau qui se rend dans une cheminée : de cette manière on évite toute mauvaise odeur dans l’atelier.

En petit, la calcination se fait dans nn creuset ordinaire.

(&) Au lieu de 2 parties d’alun , on en emploie souvent 4*

(c) Pour se préserver du gaz hydrogène sulfuré, toujours très-incommode et très-dangereux à respirer, il faut faire l’opération en vase clos. On peut employer <1 cet effet, avec succès , l’appareil qui a été décrit par M. d’Arcet dans les Annales de Chimie , tom. lxxxii , pag i65. Cet appareil consiste dans une tonne fermée par les deux bouts , et présentant , d’une part , à sa partie inférieure et latérale, un robinet servant à retirer la liqueur et le pré-

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