DU CHYLE
Cette fibrine est un peu différente de la fibrine proprement dite*, elle n’en a ni la contexture fibreuse, ni la force , ni l’élasticité *, elle est dissoute plus promptement et plus complètement par la potasse et la soude , et ne laisse point de parties insolubles dans ces alcalis ; il semble enfin que ce soit de l’albumine qui commence à prendre le caractère de fibrine.
Le chyle contient d’ailleurs les mêmes sels que ceux qui entrent dans la composition du sang (1871).
Tels sont les résultats que nous offre l’analyse du chyle , ou du moins tels sont ceux que M. Yauquelin a obtenus en analysant le chyle de cheval. Déjà ces résultats avaient été en partie observés par M. Dupuytren sur le chyle des chiens , et par M. Emmert sur le chyle des chevaux. ( Thèse soutenue àV École de Médecine ; elAnn. de Chim . , t.LXXx, p. 81. ) Iis prouvent que le chyle peut être considéré , jusqu'à un certain point, comme du sang , moins de la matière colorante, et plus de la graisse.
Il parait aussi qu’en même temps que M. Vauquelin faisait à Paris l’analyse du chyle , M. Brande s’en occupait à Londres. Ses observations different de celles de M. Vauquelin , en ce que, selon lui, la matière grasse est analogue au spermacéti ou blanc de baleine ; que la matière solide du caillot est plutôt analogue à la matière caséeuse qu’à la fibrine 5 enfin, que le chyle contient probablement une petite quantité de sucre de lait : du moins si , après avoir chauffé le sérum du chyle et Bavoir filtré pour en séparer les floeons albumineux qui se déposent, on l’évapore à la moitié de son volume , il se sépare, par le refroidissement, de petits cristaux dont la saveur est douce, qui sont difficilement solubles dans l’alcool, et que l’acide nitrique convertit en partie en acide mucique.
{ Ann. de Chimie , tom. xgiv , pag. 34*)
Depuis les travaux que nous venons de citer, M. le doc-
b/fO DE LA DIGESTION ET DE SES PRODUITS.
leur Marcel, médecin de l’hôpital de Guy, a également soumis le chyle à l’analyse ; il s’est proposé surtout d’examiner comparativement celui d’animaux nourris , tantôt de matières animales et tantôt de matières végétales. Ses expériences ont été faites sur des chiens : voici les conséquences qu’il en a tirées. (Annales de Chimie et de Physique, tom. ii9 pag. 5 2.)
« i°. La pesanteur spécifique de la portion séreuse du chyle paraît être de 1,012 à 1,021 , qu’elle soit le résultat d’une nourriture animale ou d’une alimentation végétale.
)> 20. La quantité de résidu solide qui renferme les sels et la substance animale , et qu’on a obtenue par une évaporation à la température de l’eau bouillante , varie entre 5o à 90 parties sur 1000.
» 3°. Les substances salines sont environ dans la proportion de 9 parties sur 1000. Les sels que renferment les autres fluides animaux suivent aussi cette proportion.
» 4°. Le chyle végétal , soumis à l’analyse , parait fournir trois fois plus de charbon que le chyle animal.
» 5°. Celui-ci est très-disposé à passer à la putréfaction , et en général cette décomposition commence à avoir lieu au bout de trois ou quatre jours , tandis que l’on peut conserver du chyle végétal pendant plusieurs semaines, quelquefois même pendant plusieurs mois , sans qu’il se putréfie (<2).
» 6°. La putréfaction s’empare plutôt du coagulum du chyle que de la partie séreuse.
» 70. Le chyle animal est toujours laiteux 5 par le repos , il s’en sépare une matière onctueuse, semblable à de la crème , et qui vient nager à la surface. Son coagulum est opaque et a une teinte rosée.
» 8°. Le chyle végétal est presque toujours transparent
(«) Cette différence de temps entre la putréfaction de l’on et celle de Pantre nous paraît bien extraordinaire.