DE LA MATIÈRE FÉCALE
ou à-peu-près, comme le sérum ordinaire. Son coagulum est presqu’incolore et ressemble à une huître ; enfin , sa surface ne se recouvre pas d’une substance analogue à la crème.
» 90. L’élément principal de la matière animale du chyle est l’albumine 5 mais le chyle animal contient en outre des globules d’une substance huileuse qui ressemble parfaitement à de la crème.
» io°. En distillant le chyle h feu nu , on obtient d’abord une liqueur contenant du carbonate d’ammoniaque, ensuite une huile fixe et pesante. Le chyle animal fournit ces deux produits en plus grande proportion 5 mais le résidu, quel que soit leînode d’analyse, donne moins de charbon que le chyle végétal. On reconnaît très-bien l’existence du fer dans ces résidus 5 il y est mêlé aux substances salines et au charbon, »
De la Matière fécale .
1866. Les matières fécales doivent varier dans leur com¬
position, en raison de la nature des alimens , de leur quantité , de la manière dont se fait la digestion , etc. , etc. ; toutes renferment encore une certaine quantité de matière nutritive , mais d’autant moins sous le même poids , toutes choses égales d’ailleurs, qu’elles sont prises en moindre quantité. Par exemple , lorsque les chiens ne se nourrissent que d’os , leurs excrémens sont blancs , et ne sont , pour ainsi dire , formés que de la partie terreuse contenue dans ces organes. ,
1867. Matière fécale humaine, — M. Berzelius a retiré de 100 parties de ces matières {Ann. de Chimie. , tom. lxi , pag. 32 1 ) : eau , ^3,3 5 débris de végétaux et animaux 7,0 5 bile, 0,9 $ albumine, 0.9 ; matière extractiveparticuîicre, 2,7 ; matière visqueuse , composée de résine, de bile un peu al* térée , de matière animale particulière et de résidu insoluble 3 i4jO j sel s y
64$ DE LA digestion et de ses produits.
Dix-sept parties de ces sels contiennent : carbonate de soude , 5 ; hydro-chlorate de soude, \ ; sulfate de soude , 2 ; phosphate ammoniaco-magnésien, 2 ; phosphate dechaux, t\,
1868. Excrémens des oiseaux. — C’est à MM. Fourcroy et Vauqueîin que nous devons ce que nous savons de plus précis sur les excrémens des oiseaux; ils y ont trouvé une grande quantité d’acide urique. C’est cet acide qui en forme la partie blanche et comme cristalline ; il ne provient point de la matière fécale proprement dite, mais de l’urine, qui, dans ces sortes d’animaux , se confond avec cette matière, en raison de leur organisation. Il est facile de l’extraire; il suffit pour cela de traiter les excrémens par l’eau alcaline, de filtrer la liqueur et d’y verser de l’acide bydro-chlorique (1810).
1869. La présence de l’acide urique dans les excrémens des oiseaux a permis d’expliquer l’origine du guajio , matière que l’on emploie comme engrais avee tant d’avantage au Pérou , et qui a été rapportée de ce pays par MM. Humboldt et Bonpland : qu’il nous soit permis de citer ici ce que disent ces savans voyageurs.
« Le guano se trouve très- abondamment dans la mer :» du Sud, aux îles de Chinche , près de Pisco; mais il » existe aussi sur les côtes et îlots plus méridionaux , à » llo , Iza et Arica. Les habiuns de Chancay , qui font le -)) commerce du guano, vont et viennent des îles de Chinche » en vingt jours; chaque bateau en charge i5oo à 2000 5) pieds cubes. Une vanega vaut à Chancay 14 livres, à » Arica i5 livres tournois.
)> 11 forme des couches de 5o à 60 pieds d’épaisseur , » que l’on travaille comme des mines de fer ocracé. Ces
mêmes îlots sonlhabités par unemultituded’oiseaux , sur- » tout dCardea , de phenicoptenis , qui y couchent la nuit ; » mais leurs excrémens n’ont pu former , depuis trois » siècles , que des couches de 4 à 5 lignes d’épaisseur»
DE LA MATIÈRE FÉCALE. Gjg
}) Le guano serait-il un produit des boulevcrsemens du » globe , comme les charbons de terre et les bois fossiles ? » La fertilité des côtes stériles du Pérou est fondée sur )> le guano qui est un grand objet de commerce. Une cin- » quantaine de petits bàtimens , qu’on nomme guaneros , » vont sans cesse chercher cet engrais , et le porter sur les » côtes : on le sent à un quart de lieu de distance. Les )) matelots , accoutumés à cette odeur d’ammoniaque, n’en y> souffrent pas : nous éternuions sans cesse en nous en )) approchant. C’est le maïs surtout pour lequel le guano » est un excellent engrais. Les Indiens ont enseigné cette » méthode aux Espagnols. Si l’on jette trop de guano sur » le maïs , la racine en est brûlée et détruite. ))
Frappé de l’existence de l’acide urique dans les excréïnens des oiseaux, et voyant qu’il servait de caractère à ces excrérnens,, M. Humboldt remit une certaine quantité de guano à MM. Fourcroy et Vauquelin pour en faire l’analyse et y rechercher l’acide urique. Il résulte de leurs expériences que le guano est formé :
i°. D’acide urique, qui en fait le quart , et qui est en partie saturé d’ammoniaque et de chaux; 2°. d’acide oxalique saturé en partie par l’ammoniaque et par la potasse ; 3°. d’acide phosphorique combiné aux memes bases et à la chaux ; 4°- de petites quantités de sulfates et d’hydro-chlorates de potasse et d’ammoniaque ; 5°. d’un peu de matière grasse; 6°. de sable en partie quartzeux et en partie ferrugineux. ( Voyez Arm. de Chimie , t. lvi , p. 208. )
On peut en conclure que cet engrais n’est , pour ainsi dire , autre chose que des excrérnens d’oiseaux.
On rencontre dans plusieurs grottes des dépôts semblables de fiente formés par des chauves-souris. Nous citerons pour exemple les grottes d’Arcis -sur - la - Cure , près d’Auxerre.
1870. Excrérnens de poules, ■ — M. Vauquelin , en corn-