DES ACIDES NATURELS ET ARTIFICIELS
par le deuxième est très-concentré ; celui qu’on obtient par le troisième l’est plus encore.
1307. Rien n’est plus facile que la distillation du vinaigre : on y procède comme à celle de l’eau. Il faut arrêter l’opération lorsque le résidu a la consistance de la lie de vin. En outre- passant ce terme, on risquerait de décomposer une partie de la matière végétale. L’acide ainsi obtenu prend ordinairement le nom de vinaigre distille ; il a peu d’odeur et de saveur : les derniers produits qu’on obtient sont bien plus acides que les premiers , parce que l’eau est plus volatile que l’acide acétique.
1308. L’acide pyro-ligneux se purifie de la manière suivante :
On commence par verser dans cet acide autant de craie qu’il en peut décomposera la température ordinaire; il s’y forme bientôt une écume d’un brun noirâtre qu’on enlève soigneusement ( a ).
Ensuite on fait bouillir la liqueur, et l’on achève de la saturer avec de la chaux délitée : après quoi l’on y ajoute une quantité convenable de sulfate de soude ; celui-ci produit, avec l’acétate de chaux, de l'acétate de soude soluble , et du sulfate de chaux qui se précipite et entraîne plus ou moins de goudron.
Lorsque le sulfate de chaux est bien déposé, l’on décante la dissolution d’acétate de soude, et on la concentre jusqu’à pellicule; alors on la met dans des cristallisoirs , où, par le refroidissement, elle finit par se prendre en masse.
Cette masse cristallisée est très-impure; elle est noire et imprégnée de beaucoup de goudron; c’est en la desséchant , lui faisant éprouver la fusion ignée, la redissol-
( a ) Quelquefois, au lieu de traiter immédiatement l’acide par la craie ou la chaux , on le distille : par ce moyen , on le séparé de la majeure partie du goudron ou de 1 huile empyreumatique qu’d contient.