DE LA SYNOVIE
peu d’albumine et de quelques matières salines. ( Annales de Chimie , tom. xciv , p. 4^0
De la Synovie.
1898* Des capsules synoviales des articulations et des coulisses des tendons, il suinte un liquide visqueux destiné à lubrifier ces parties , et que Ton désigne sous le nom de synovie.
La synovie de bœuf et la synovie d’éléphant sont les seules qui aient été examinées^la première par M. Margueron, en 1792 ( Ann . de Chimie , tom. xiv, p. 128); et la seconde, il y a quelques années, par M. Vauquelin ( Journ . de Pharmacie , tom. ni, page 289. )
Au sortir des articulations , la synovie de bœuf a une demi-transparence, une couleur d’un blanc verdâtre, une fluidité visqueuse, une odeur animale, telle que celle du frai de grenouille, une saveur salée ; bientôt elle prend une consistance gélatineuse, reprend ensuite son premier état, perd de sa viscosité , et dépose une matière filandreuse.
M. Margueron la regarde comme formée de 80,46 d’eau , 4,5a d’albumine, 11,86 de matière fibreuse , 1,75 de sel marin , 0,70 de carbonate de soude, 0,70 de phosphate de chaux. Elle contient sans doute, en outre , les autres sels qui entrent dans la composition du sérum du sang.
Four séparer la matière fibreuse , il faut, suivant M. Margueron, verser un acide faible dans la synovie, par exemple, du vinaigre : à l’instant cette matière se dépose en une masse filandreuse qu’il est facile d’enlever avec un tube : l’acide agit probablement alors en s’unissant à l’albumine, la rendant plus liquide, et la dégageant du réseau fibreux qui l’enveloppait. D’ailleurs, on procède à l’analyse de la liqueur restante comme à celle du sérum du sang (1878).
M» Margueron pense que la matière filandreuse est de l'albumine dans un état particulier, parce qu’elle se dis-
sout par i agitation dans L’eau froide , que cette dissolution mousse en la remuant , que les acides et l'alcool y forment un précipité floconneux, et que l’ébullition y produit une écume très-blanche. Ne serait-elle point la même que celle qui se dépose en petite quantité du blanc d’œuf traité par l’eau ?
M. Yauquélin a retiré delà synovie de l’éléphant, de l’eau, de l’albumine, quelques traces de filamens blancs ayant l’apparence de la fibrine, des carbonates de soude et de chaux, et des hydro-chlorates de soude et de potasse. Il n’y a point trouvé de phosphate 5 mais il pense qu’elle contient, outre tous ces principes , une matière animale particulière qui n’est pas susceptible de coagulation par l’alcool et par les acides , et qui est tout-à-coup précipitée par le tannin. Cette matière est toutefois bien moins abondante que l’albumine : aussi la synovie délayée dans l’eau présente-t-elle avec les réactifs à-peu-près les memes phénomènes que le sérum du sang.
Des Liqueurs contenues dans les membranes qui enveloppent
le fœtus.
1899. Ces membranes sont au nombre de trois : l’amnios , l’allantoïde et le chorion.
D’après MM. Yauquélin et Buniva , la liqueur contenue dans l’amnios de la femme est composée d’une très-petite quantité d’albumine, de soude, de sel marin , de phosphate de chaux, de carbonate de chaux, et de matière caséiforme qui lui donne un aspect laiteux : l’albumine et les sels ne forment que les 0,0012 de l’eau : c/est cette liqueur dans laquelle nage le fœtus.
Celle qu’on trouve dans l’amnios de la vache est toute différente, suivant les mêmes chimistes : loin d’être alcaline, elle rougit le tournesol, et contient un acide particulier : nous en avons donné la composition (1816).
DK LA SALIVE.
Cependant ces résultats ne s’accordent pas avec ceux qui ont été obtenus par MM. Dulong et Labiliardière. Ayant eu occasion d’analyser les eaux de l’amnios et de l’allantoïde , provenant d’une vache arrivée au septième mois de la gestation , ils ont trouvé que les eaux de l’allantoïde étaient de la même nature que l’urine de vache, et que les eaux de l’amnios se rapprochaient de la bi le de vache, non-seulement par leur couleur et leur viscosité , mais encore par leur composition. L’eau du chorion n’a pas été soumise à l'analyse; elle a été perdue par accident. ( Procès-verbal de la séance publique de V Ecole d1 Alfort, 181 ;.) Pourquoi cette différence ? serait-elle due à l’époque de la gestation où l’analyse a été faite ? ou proviendrait-elle de ce que l’acide amniotique n’appartiendrait qu’à l’eau du chorion, et de ce que MM. \ auquelin et Buniva n’auraient eu à leur disposition que le mélange des eaux, telles qu’elles s’écoulent au moment du part? De nouvelles recherches sont nécessaires pour décider ces questions.
De la Salive.
1900. La. salive est un fluide inodore, sans saveur, limpide, visqueux, dont la pesanteur spécifique est un „ peu plus grande que celle de l’eau , que l’agitation rend éeumeux, qui est sécrété du sang par diverses glandes environnant la bouche, et versé dans celle-ci par des canaux particuliers : c’est surtout à la vue des ali mens , et, lorsque le besoin d’en prendre se fait sentir, que la sécrétion de la salive s’opère abondamment. L un des meilleurs moyens de s’en procurer consiste à faire jeûner un animal, par exemple, un chien, à lui mettre un bâillon dans la gueule , à l’approcher de viande rôlie et encore fumante : tout-à-coup les glandes salivaires sont excitées ; elles se gonflent et sécrètent tant de salive , que celle-ci
forme, pendant un certain temps , un filet presque continu.
La salive est composée, suivant M. Berzelius , de 992,9' d’eau, 2,9 de matière animale particulière, 1,4 de mucus , 1,7 d’hydro-chlorates alcalins, 0,9 de lactate de soude et matière animale , 0,2 de soude.
En desséchant la salive , et la traitant successivement par de l’alcool pur et de l’alcool aiguisé d’acide acétique, on dissout les hydro-chlorates , la soude , le lactate et la matière animale à laquelle il est uni , et il ne reste que la matière particulière qui est soluble dans l’eau , et le mucus qui y est insoluble. La solution de la matière particulière , évaporée à siccité , donne une masse transparente que l’eau froide dissout de nouveau; cette solution n’est troublée ni par la chaleur, ni par les alcalis, ni par les acides , ni par le sous-acétate de plomb, le sublimé corrosif et le tannin.
Il suffit , pour obtenir le mucus , de mêler de l’eau k la salive : par ce moyen , il se rassemble peu à peu à la partie inférieure , et lorsqu’il est déposé, on le recueille sur un filtre, et on le lave.
Ainsi préparé, il est blanc; l’eau ne le dissout points les acides acétique et sulfurique, étendus , le rendent seulement transparent et corné ; il est en grande partie soluble dans la potasse et la soude, et en est précipité par les acides; la partie qui échappe à l’action de l’alcali disparaît promptement dans l’acide hydro-chlorique , et ne reparaît point par un excès de dissolution alcaline.
Exposé à une chaleur rouge, il donne un charbon facile à incinérer , de la cendre qui contient beaucoup de phosphate calcaire , et une certaine quantité de phosphate de magnésie.
M. Berzelius pense que ces phosphates se forment au moment de l’incinération, parce que les acides ne peuvent les séparer du mucus. Nous ne pouvons partager cette opinion. (proyez ce qui a été dit à ce sujet, 1860.)
DU SUC PANCRÉATIQUE. Gtig
Il pense aussi que le mucus est plutôt le produit des membranes muqueuses de la bouche que des glandes salivaires • mais , si telle était l’origine du mucus , Ton devrait à peine en retrouver dans la salive , surtout lorsqu’elle coule abondamment, et qu’elle ne séjourne point dans la bouche.
\)noi qu’il en soit , c’est ce mucus et celui de la bouche
qui , en se déposant sur les dents , et en s’y décomposant
peu à peu , forment le tartre qui y adhère si fortement : ce
tartre est composé , d’après l’analyse de M. Berzelius , de yq
de phosphate terreux, 12,5 de mucus non décomposé, i de
matière particulière à la salive , y, 5 de matière animale
soluble dans l’acide hydro-chlorique. (Annales de Chimie ,
tom. Lxxxvm.)
Du Suc pancréatique.
iqoi. Le pancréas est une glande située dans la région épigastrique , et qui sécrète un fluide que l’on appelle suc pancréatique . Ce fluide , conduit par des canaux dans le duodénum , se mêle à la matière nutritive , et contribue, selon toute apparence , à la digestion duodénaîe.
L’impossibilité qu’il y a , pour ainsi dire , de se le procurer , a empêché jusqu’à présent d’en faire l’analyse. Il est probable qu’il ressemble beaucoup à la salive, du moins si l’on eu juge par l’analogie qui existe entre l’organe qui le sécrète et les glandes salivaires.
Des Humeurs de l’œil.
igo2. Les humeurs de l’œil sont au nombre de trois : i°. l’humeur aqueuse , placée dans îa chumbre antérieure de l’oeil , entre la cornée transparente et l’iris , et dans la chambre postérieure , entre l’iris et le cristallin j 2°, le cristallin ou l’humeur cristalline, qui est
6ç)0 DES LIQUEUES DES SÉCRÉT ft> N Sr
épaisse, diaphane, semblable à une lentille, et formée de couches concentriques dont la densité va en augmentant de la circonférence au centre ; 3°. l’humeur vitrée, qui est derrière le cristallin et qui occupe la plus grande partie de TœiL Elles sont toutes trois très-limpides. MM«-Chenevix , Nicolas et Berzelius sont les seuls chimistes qui en aient fait l’analyse. ( Bibliothèque britannique , vol. liv, p. 5i ; Ann. de Chimie , t. lui , p. 3oy ; et t. lxxxviii , p. i38.) MM. Chenevix et Nicolas -ont fait leurs expériences sur les yeux de bœuf , de mouton et d’homme ; M. Berzelius ne nomme point ceux sur lesquels il a opéré. Les résultats de MM. Chenevix et Nicolas sont à peu de chose près les mêmes.
M. Chenevix regarde l'humeur aqueuse et l’humeur vitrée comme composées d’une grande quantité d'eau et d’une très -petite quantité d’albumine, de gélatine et de sel marin • M. Nicolas y admet en outre un peu de phosphate de chaux. Suivant M. Chenevix , la pesanteur spécifique de ces deux humeurs est égale, dans Je bœuf, à i,oo8B , et dans l’homme à r,oo53 ; mais, suivant M. Nicolas , l’humeur vitrée est un peu plus dense que l'humeur aqueuse : il trouve que la densité de celle-ci est de 1,0009.
Tous deux pensent , d’ailleurs , que le cristallin ne diffère des humeurs vitrée et aqueuse qu’en ce qu’il ne contient point de sel marin , et qu’il contient beaucoup plus d’albumine et de gélatine, ce qui rend sa pesanteur spécifique plus considérable. M. Chenevix a trouvé celle du cristallin de bœuf de i,o^65, celle du cristallin de l’homme de i,ojgo, et celle du cristallin de mouton de 1,1000.
Tous deux aussi n’ont admis de gélatine dans ces diverses humeurs que parce qu’elles peuvent précipiter la dissolution de noix de galle ; mais celte propriété ne sudit point pour en reconnaître la présence, puisque la
DES HUMEURS DE'l’oEIL, 6ÿi
noix de galle précipite plusieurs autres substances animales , et particulièrement l’albumine.
Il s’en faut beaucoup que les résultats de M. Berzelius s’accordent avec ceux de MM. Chenevix et Nicolas. En effet , M. Berzelius a trouvé que les humeurs aqueuse et vitrée étaient composées de ( Ann . de Chim.} t. uxxxviii):
Humeur aqueuse. Humeur vitré».
Eau. . .
Albumine .
, un peu.
Hydro-chlorates et lactate .
Soude avec une matière animale] soluble seulement dans l’eau .... J
Et que le cristallin était formé de :
Eau . . . . .
Matière particulière . . .
Hydro - chlorates, lactate, et matière animale soluble dans l’alcool .
Matière animale seulement soluble dans l’eau, | avec quelques phosphates . .J
Portions de la membrane cellulaire qui restent I insolubles (à) . . J.
On voit donc qu’il n’admet de gélatine dans aucune des humeurs de l’œil.
La matière particulière est soluble dans l’eau j elle se coagule par la chaleur , et présente alors , à la couleur près , toutes les propriétés chimiques de la matière colorante du
(a) Ici l’auteur ne parle point d’acide lactique; et cependant il le met, dan* la suite de scs ob»ei vatious , au rang des matériaux du cristallin.
sang : on en retire , par la calcination , un peu de cendre qui contient une petite portion de fer.
M. Berzelius, qui a examiné Gn même temps le pigment noir de la choroïde, a trouvé que cette substance était une poudre insoluble dans l’eau et dans les acides , légèrement soluble dans les alcalis , très-combustible , et dont la cendre contenait beaucoup de fer.
Des Larmes.
1903. Les larmes, liquide aussi limpide que beau, destinées à faciliter les mouvemens du globe oculaire et des paupières, sont sécrétées par une petite glande qui a son siège dans la fossette externe de la paroi supérieure de l’orbite. Il s’en produit constamment une petite quantité, laquelle , après avoir mouillé le globe de l’œil , passe dans les conduits lacrymaux qui portent ce liquide dans un petit sac , d’où il se rend par un autre conduit dans les fosses nasales : arrivé là, il se mêle au mucus, dont il entretient la fluidité.
L’analyse des larmes a été faite par Fourcroy etM. Vauquelin : ils les regardent comme formées de beaucoup d’eau, de quelques centièmes de mucus , et d’une très-petite quantité de soude, sel marin , phosphates de chaux et de soude. ( Ann . de Chim . , t. x , p. 1 13. )
L’alcool en précipite facilement le mucus.
Du Mucus animal et de ses différentes especes.
190/}. Le mucus a été connu de tout temps par les médecins } mais l’étude chimique n’en a été faite que par M. Bostock , Fourcroy et M. Vauquelin , et par M. Berzelius. Il n’est renfermé dans aucun organe , dans aucun vaisseau, dans aucun réservoir \ il se forme sans cesse à la surface de toutes les membranes muqueuses, et
t> tt MUCUS ANIMAL.
paraît destiné à les lubrifier ; on le trouve constamment dans les fosses nasales, la bouche, l’arrière-bouche, l’oesophage, l’estomac , les intestins , la bile , etc. C’est lui qui , en se desséchant à la surface de la peau , forme les petites écailles qu’on détache par le frottement. Les durillons et les couches épaisses de la plante des pieds , les ongles , les parties cornées, ne contiennent pour ainsi dire que du mucus. Les cheveux, les poils, la laine, les plumes, les écailles des poissons, en renferment une très-grande quantité.
Fotircroy et M. Vauquelin l’ont considéré comme un corps toujours identique et doué des propriétés suivantes :
Uni à l’eau , tel qu’on le trouve dans les fosses nasales, il est transparent , visqueux, filant, sans odetir, sans saveur. Exposé à une douce chaletir, il perd peu à peu l’eau qu’il contient, diminue beaucoup de volume, et se transforme en une masse demi- transparente et cassante , capable de se fondre sur les charbons ardéns , de s’y boursouffler et de brûler en répandant l’odeur de la corne. On en retire par la distillation une assez grande quantité de sous-carbonate d’ammoniaque. Conservé dans un vase ouvert, il finit par se dessécher et prendre l’aspect que lui donne une douce chaleur long-temps continuée. L’eau n’en dissout qu’une petite quantité. Son véritable dissolvant, c’est les acides.
A l’état sec, il est entièrement insoluble dans l’eau: celle qui est chaude ne fait que le gonfler et le ramollir. Sous cet état les acides n’en opèrent eux-memes la dissolution qu’avec beaucoup de peine. ( Annales de Chimie , t. lxvii , pag. 26. )
M. llerzelius , loin de considérer le mucus comme un corps identique, le regarde comme une substance dont les propriétés chimiques varient suivant les fonctions qu’elle doit remplir.
Mucus des narines. - — Ce mucus , qui a pour objet de protéger la membrane muqueuse des fosses nasales comte
î>ES LIQUEURS DES SÉCRÉTIONS.
l’action de l’air , est formé, sur 1000 parties , de 933,9 d’eau J de 53,3 de matière muqueuse , de 5,6 d’hydro-chlorate* de potasse et de soude, de 3 de lactate de soude uni à une substance animale , de 0,9 de soude , de 3,5 de phosphate de soude , d’albumine et d’une matière animale insoluble dans l’alcool , mais soluble dans l’eau. A quelque chose près , M. Berzelius lui attribue les mêmes propriétés que Fourcroy et M. Vauquelin.
Mucus de la trachée. — • Le mucus de la trachée paraît être le même que celui des narines.
Mucus de la vessie du fiel. — Celui-ci est plus trans* parent que celui des narines; il a toujours une teinte jaune provenant de la bile. Desséché , il se ramollit de nouveau dans l’eau , mais en perdant une partie de ses propriétés, 11 est très-soluble dans les alcalis , et en est séparé par les acides. L’alcool le coagule en une masse grenue , jaunâtre , qui ne peut pas reprendre les propriétés du mucus.
Mucus des intestins. — Lorsqu’il est desséché , on ne saurait lui rendre par l’eau ses propriétés muqueuses ; les alcalis produisent cet effet sans le rendre transparent.
Mucus des conduits de Y urine. — Ce mucus est trèsrare. Les alcalis le dissolvent facilement, et la dissolution n’est point troublée par les acides ; il est précipité de l’urine par une infusion de noix de galle , sous forme de flocons blancs. ( Ann . de Chim. , t. lxxxviii , p. 1 35. )
Mucus de la salive. — Voyez 1900.
De la Liqueur spermatique ou séminale.
1905. La liqueur séminale , au moment de l’émission , se compose de deux substances différentes : l’une liquide et laiteuse , que l’on attribue à la glande prostate; et l’autre blanche , épaisse comme du mucilage , que l’on croit provenir des testicules.