DE LA BILE
phosphorique de la bile ; la dissolution de sous-aeélate précipite non -seulement ces différens corps , mais encore le pricromel et l'acide hydro-clilorique. L’acide acétique reste toujours , dans la liqueur , uni à la soude. Dans tous les cas , l’oxide de plomb fait partie des précipités.
La plupart des matières grasses ont la propriété de se dissoudre dans labile: cette propriété n’a pas peu contribué à la faire regarder comme un savon • elle la doit à la soude et au composé ternaire de soude , de résine et de prieramel qu’elle contient. Les dégraisseurs s’en servent même de préférence au savon pour dégraisser les étoffes de laine.
1912. D’après ce que nous venons de dire , il sera facile de concevoir le procédé par lequel on parvient à déterminer la proportion des différentes substances qui entrent dans la composition de la bile.
i°. La quantité d’eau se détermine en évaporant une certaine quantité de bile jusqu’à siccité, pesant le résidu et le retranchant du poids de la bile soumis à l’évaporation.
20. Par l’acide nitrique, l’on en précipite toute la matière jaune et une très-petite quantité de résine que l’on redissout par l’alcool.
3°. Dans la liqueur filtrée et réunie aux eaux de lavage, l’on verse un petit excès d’acétate de plomb fait avec 8 parties d’acétate de plomb du commerce et 1 partie de litharge^ l’on recueille sur un filtre le précipité, qui est formé de résine et d’oxide de plomb , et lorsqu'il est bien lavé , on le traite à froid par de l’acide nitrique faible. L’oxide de plomb se dissout , et la résine reste sous forme de glèbes molles et vertes (n).
4°. La matière jaune et la matière résineuse étant séparées , on procède à la séparation du picromcl. On l’opère
(a) Il paraît aussi qu’une portion de résiné se dissout dans l’eau i la £ateur de l’acide.
?o4 Des liqueurs des sécrétions.
par une dissolution de sous-acétate de plomb, comme nous l’avons dit précédemment (1802).
5°. C’est en calcinant l’extrait de bile avec les précautions que nous avons indiquées (1911) qu’on obtient les sels : on les sépare , d’ailleurs , par les méthodes ordinaires (a).
1913. Biles de chien , de mouton, de chat , de veau. — - ,Les biles de ces divers animaux, soumises à l’analyse, donnent les mêmes résultats que celle du boeuf , dont nous venons de faire l’histoire.
1914* Bile de porc. — Cette sorte de bile n’est véritablement qu’un savon ; on n’y trouve ni matière albumineuse, ni matière animale , ni picromel ; elle ne contient que de la matière grasse en très-grande quantité , de la soude , et quelques sels dont je n’ai point cru devoir rechercher la nature: aussi est-elle subitement et entièrement décomposée par les acides, et même par le vinaigre.
1915. Bile des oiseaux. — Quoique la bile des oiseaux ait une grande analogie avec la bile des quadrupèdes, elle en diffère essentiellement sous les rapports suivans : i°. elle contient unegrande quantité de matière albumineuse; 20. le picromel qu’on en retire n’est pas sensiblement sucré; il est , au contraire , très-âcre et amer: 3°. on n’y trouve que des
traces cle soude ; l\°. l’acétate de plomb du commerce n’en précipite point la résine: du moins telles sont les propriétés que nous offrent les biles de poulet, de chapon , de dindon et de canard.
(a) Suivant M. Berzelius , la bile est formée de 907,4 d’eau , de 80,0 d’une matière analogue au picromel , de 3 de mucus de la vessie du fiel , de 9,6 d’alcaii et sels communs à tous les fluides des sécrétions. Il n’y admet point de résine, et regarde le corps d’app^ence résineuse qu’on obtient comme un composé d’acide et de la matière particulière qu’elle renferme. Je n’a* point répété les expédences de ce célèbre chimiste ; voila poutquoi je me contente de rapporter ses résultats et ceux que j’ai obtenu» il y a quatorze à quinze ans. Çsînnal&s de Chimie, tome LUiviii, page 119 )