‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 156 sur 182 · BE L’HUMEUR DE LA TRANSPIRATION · texte numérisé non relu

BE L’HUMEUR DE LA TRANSPIRATION

piration pulmonaire : cette recherche est due à Lavoisier et à M. Séguin. M. Séguin se renfermait dans un sac de taffetas gommé , lié au-dessus de la tête, et offrant une ouverture dont on collait les bords autour de la bouche avec un mélange de térébenthine et de poix. Au moyen de cette disposition , l’humeur seule de la transpiration pulmonaire était rejetée dans l’air: pour en connaître la quantité , il suffisait donc à M. Séguin de se peser avec le sac, dans une balance très-sensible , au commencement et à la fin de l’expérience. En répétant l’expérience hors du sac , il déterminait la quantité totale de l’humeur transpirée ; de sorte que , en retranchant de celle-ci la quantité d’humeur transpirée par le poumon, il obtenait la quantité d’humeur transpirée par la peau : il tenait compte d’ailleurs des alimens qu’il prenait, des excrémens solides et liquides qu’il rendait, et , en général , autant que possible, de toutes les causes qui pouvaient avoir de l’influence sur la transpiration.

Voici les résultats auxquels ces deux chimistes sont parvenus : nous les citerons tels que M. Séguin les a rapportés.

nn. de Chimie , t. xc , p. if\. )

« Premier résultat. — Quelque quantité d’alimens )> que l’on prenne , quelles que soient les variations de » l’atmosphère, le même individu , après avoir augmenté » en poids de toute la quantité de nourriture qu’il a » prise, revient tous les jours, après la révolution de )> vingt-quatre heures , au même poids , à-peu-près, qu’il )> avait la veille, pourvu toutefois qu’il soit d’une forte )> santé , que sa digestion se fasse bien , qu’il n’engraisse )> pas , qu’il ne soit pas dans un état de croissance , et » qu’il évite les excès.

» Deuxième résultat. — Lorsque , toutes les autres )) circonstances étant les mêmes , la quantité d’alimens » varie, ou lorsque, les quantités d’alimens étant âem-

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» blables , les effets de la transpiration diffèrent entre eux, » la quantité de nos exerémens augmente ou diminue , )> de telle sorte que, tous les jours à la même heure, » nous revenons à-peu-près au même poids , ainsi que » nous l’avons dit ci-dessus; ce qui prouve que, pourvu » que la digestion se fasse bien , les causes qui concourent )) à la perte de nos alimens se secourent mutuellement, » et que, dans l’état de santé , l’une se charge de ce que )> l’autre ne peut pas faire.

» Troisième résultat . — Le défaut de bonne digestion » est une des causes les plus directes de la diminution de )) transpiration.

» Quatrième résultat. — Lorsque la digestion se fait » bien, et que les autres causes sont semblables, la quan- » tité d’alimens n’influe que peu sur la transpiration : » il m’est arrivé très-souvent de prendre à mon dîner deux » livres et demie d’alimens solides et liquides , d’en » prendre d’autres fois quatre livres, et d’obtenir, dans » ces deux cas , des résultats peu différens entre eux.

» Il faut cependant observer que cet énoncé n’est vrai » qu’autant que la quantité de boisson ne varie pas con- » sidérablement dans ces deux circonstances.

» Cinquième résultat. — C’est immédiatement après le » dîner que la transpiration est à son minimum.

» Sixième résultat. — Lorsque toutes les autres cireon- » stances sont semblables , c’est pendant la digestion que •» la perte de poids occasionée par la transpiration insen- » sible est à son maximum.

» Cette augmentation de transpiration pendant la diges- » lion , comparativement avec la perte qui existe lorsqu’on )> est à jeun, est, terme moyen, de deux grains ■— par » minute.

» Septième résultat. — Lorsque les circonstances sont » le plus favorables , la perte de poids la plus considérable

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» qu’occasione la transpiration insensible, est, suivant » nos observations, de 3a grains par minute, conscquem- » ment de 3 onces 2 gros 4 B grains par heure, et de 5 livres » en vingt -quatre heures, en supposant toutefois que » notre perte de poids soit égale pendant tous les momens » de la journée, ce qui pourtant est démenti par les laits. » Cependant, pour ne pas entrer dans des détails trop » étendus , on peut dire que la perte de poids la plus con- )) sidérable qu’occasione la transpiration insensible est » de 5 livres en vingt-quatre heures.

» Huitième résultat. — Lorsque toutes les circonstances » accessoires sont le moins favorables , pourvu toutefois » que la digestion se fasse bien , notre perte de poids la » moins considérable est, suivant nos expériences, de )) 1 1 grains par minute, conséquemment de 1 once 1 gros » 12 grains par heure, et de 1 livre 11 onces 4 gros eîl )) vingt-quatre heures.

» Neuvième résultat. — Immédiatement après les repas , » la perte de poids occasionée par la transpiration insen- » sible est de 10 grains 2 dixièmes par minute, dans les )> temps où toutes les causes extérieures sont le pins dé- )) favorables à la transpiration , et de 19 grains 1 dixième » par minute lorsque ces causes sont le plus favorables et » que les causes intérieures sont égales.

)> Ces différences dans la transpiration , après les repas, » suivant que les causes qui y influent sont plus ou moins )> favorables , ne sont pas dans le même rapport que les » différences qu’on observe dans tout autre moment , lors- » que les autres circonstances sont semblables j mais nous » ne savons pas à quoi tient ce phénomène.

» Dixième résultat. — La transpiration cutanée dépend » immédiatement et de la vertu dissolvante de l’air envî- )> ronriant, et de la faculté dont jouissent les vaisseaux » exhaîans de porter jusqu’à la surface de la peau rimmeur » transpirai; le.

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