DE LA PEAU
I on fait couler de l’eau dans la fosse par un petit conduit en bois qui se rend jusqu’à la partie inférieure. Peu à peu le tannin pénètre dans les peaux et s’y unit. Lorsqu’on juge que le tan ne contient plus de principe astringent , ce qui a lieu au bout de deux à trois mois , on le renouvelle en vidant la fosse et en la remplissant de nouveau^ mais comme cette nouvelle quantité de tan n’est point encore suffisante, il faut la renouveler ellemême au bout de trois à quatre mois } et celle-ci exigeant plus de temps pour se dépouiller de tannin que la seconde , et à plus forte raison que la première , il s’ensuit que les peaux’resteni en fosse au moins un an. On pourrait éviter de renouveler le tan , en l’arrosant avec de l’eau chargée de tannin , lorsqu’il serait épuisé de ce principe : de cette manière on rendrait l’opération beaucoup plus prompte.
Le procédé de tannage que nous venons d’exposer n’est pas le seul qui soit suivi. Il en est deux autres qui sont pratiqués , l’un depuis long-temps , et l’autre depuis vingt à vingt-quatre ans. Le premier consiste à coudre les peaux comme des sacs, à les remplir de tan et d’eau, à fermer les sacs et à les coucher dans des fosses pleines d’eau de
tan. Deux mois suffisent pour cette sorte de tannage , qu’on appelle tannage au sippage , ou apprêt à la danoise. Le second a été suivi en grand, pour la première fois, par M. Séguin : dans ce procédé , on commence par mettre les peaux en contact avec des eaux chargées d’une très-petite quantité de tannin , et on les en relire au bout de quelques jours pour les plonger dans d’autres eaux qui en sont de plus en plus chargées} après quoi on les met en fosse pendant six semaines.
Des Tissus cellulaire , membraneux , tendineux , a}> o névrotique ligamenteux.
î 969. Ces diiïerens tissus n’ont été examinés chimiquement que d’une manière très-superficielle. Tout ce qu’on en sait de général et de positif, c’est qu’ils contiennent da l’azote, et qu’en les faisant bouillir dans l’eau, ils se convertissent en tout, ou au moins en partie, en gélatine 5 propriétés par lesquelles ils se rapprochent de la peau proprement dite.
1970. Tissu cellulaire . — Le tissu cellulaire surpasse en finesse la gaze la plus légère: c’est lui qui lie les unes aux autres les fibres musculaires, etc., et que l’on aperçoit sous forme de lamelles transparentes lorsqu’on vient à les écarter. Sa transformation en gélatine s’opère facilement.
1971. Membranes . — L’on désigne par le nom de membrane ou tissu membraneux , des parties blanches , minces , transparentes ou opaques , dont l’aspect n’estpoint argenté 5 qui enferment ou recouvrent des viscères, et qui sont destinées à contenir des liquides , à séparer les différentes parties du corps , etc. Nous citerons comme exemple la plèvre et le péricarde dans la poitrine; le péritoine dansl’abdornen ; la dure-mère , la pie-mère , l’arachnoïde dans le crâne; le périoste autour des os. On en distingue trois classes : les muqueuses , les séreuses et les fibreuses. Toutes se dissolvent presqu’entièrement dans l’eau bouillante : toutefois celles qui sont fibreuses résistent pendant trèslong-temps à l’action de ce liquide.
1972. Tendons. — Ce sont des espèces de cordons brilîaus , nacrés, tenaces, denses, capables de porter un poids considérable sans se rompre, formés de fibres qui s’attachent d’une part ù celles des muscles , et de l’autre