‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 177 sur 182 · DES PARTIES SUSCEPTIBLES DE S’OSSIFIER · texte numérisé non relu

DES PARTIES SUSCEPTIBLES DE S’OSSIFIER

aussi l’opinion deM. Berzelius ; maisFourcroy etMM.YVollaston, Bran de etYauquelin, pensent le contraire 5 ils n’ont jamais pu retirer des dents fraîches la moindre trace d’acide fluorique.

Des différentes parties susceptibles d1 ossification.

1989. Concrétions pinéales. — La glande pinéale, dont on ignore les usages, contient presque toujours deux ou trois graviers si petits, qu’on ne peut les découvrir, pour ainsi dire , qu’en écrasant cette glande entre les doigts. Suivant Foureroy, ces concrétions sont formées de phosphate de chaux et de matière animale. Le phosphate de chaux en fait environ le tiers.

1990. Concrétions salivaires , pancréatiques , etc. — On sait aussi, d’après Foureroy, M. Wollaston , etc. , que les concrétions qui se forment quelquefois dans les glandes salivaires doivent leur ossification au phosphate de chaux; il en est de même des concrétions pancréatiques; telle est encore la composition des concrétions qu’on trouve dans les poumons de personnes menacées de consomption : quelquefois cependant on y trouve du carbonate de chaux. En effet, M. Vauquelin a reconnu qu’une espèce de concrétion trouvée dans les glandes maxillaires de l'éléphant mort au Muséum d’Histoire naturelle, le 1 5 mars 1817, était composée de matière animale et de beaucoup plus de carbonate de chaux que de phosphate de chaux. ( Journal de Pharmacie , tom. ni, pag. 208. ) M. Crumpton a même analysé une concrétion du poumon qui était formée de 82 de carbonate de chaux et de 18 de matière animale et d’eau.

1991. M. Dupuytren m’ayant remis un assez grand nombre de matières ossifiées , je me suis également convaincu que toutes ces matières devaient principalement leur dureté au phosphate de chaux. Je les citerai toutes,

mais en indiquant seulement le poids du résidu provenant de leur calcination jusqu’au rouge, résidu, qui, parfois seulement, renfei lirait, outre le phosphate de chaux, une très-petite quantiléde carbonate de chaux.

Poids (lu résida.

Kvste osseux de îa glande thyroïde . o,o/{

Lys’e osseux do la meme glande . o,65

Kxsie osseux de la même glande. . . 0,34

i'.ovre ossifiée. . . o.id

Ossification trouvée dans l’aorte... . 0,02

Ovaire de femme ossifié . o,5o

G lande mésentérique ossifiée . 0,75

Glande thyroïde ossifiée . o;66

Concrétion trouvée à la surface convexe du foie

dans un kyste recouvert par la péritonéale . . o,63

Concrétion osseuse trouvée au-dessus du ventricule latéral droit dans la substance cérébrale d’une femme de trente ans . . o;66

iqqt bis. Fxous devons encore rapporter ici une observation faite récemment par M. Laugier telle est relative à la nature d’une matière renfermée dans un kyste qui se trouxair attaché au bord libre du foie, dans le cadavre d une femme âgée d’environ soixante-dix ans. Une partie de «cite matière était molle; l’antre était composée de grumeaux solides et durs. En traitant le tout à plusieurs reprises par de î alcool bouillant, la liqueur filtrée laissa déposer, par le refroidissement, des < j istaux lamelleux qui avaient i’aspectde îa cholestérine. Calcinant ensuite jusqu ail Bouge les grumeaux, qu’il était facile de s< parer, il> donnèrent pour résidu les 0 78 de leur poids d’une suhsian e Liant he qui ne contera il, pour ainsi dire, que du phosphate de chaux. ( Ann. do Chim, et de Phys. , t. 11 , p. 126. )

DE QUELQUES MATIERES PARTICULIÈRES, GtC. 777

SECTION VIII

De quelques autres Matières particulières ci certaines

classes (fa ni maux.

1992. Après avoir examiné les matières liquides , molles et solides les plus répandues dans l'économie animale, nous devons du moins indiquer, autant que possible, la source et la nature de celles qui son t particulières à quelques animaux , et qui sont remarquables par leurs propriétés ou pai leur emploi dans les ai ts etTéeonomiedomestique. Ces matières sont, dans la classe des mammifères, le musc, la civette, le castoréum , l’ivoii e , le bois ou la corne de cerf 5 dans les oiseaux, les œufs-, dans les poissons, la laitance, les os ; dans les mollusques , l’encre et les os de la sèche, les coquilles , la perle et la nacre de perle; dans les crustacés, la croûte qui les enveloppe-, dans les insectes et les vers, les cantharides,, le miel et la cire, la cochenille, la soie*, dans les zoophytes, le corail, la coraline, le madrépore, l’éponge.

199I. Musc. — Le musc est une matière extrêmement odorante, amère, sous forme de grumeaux, renfermée dans une bourse que porte leehevrotin, animal qui ressemble au chevreuil, et qui habite le Thibet et la grande Tartarie : cette bourse e t située vers le nombril, il est rare que l'on trouve du musc pur dans le commerce ; il ne s’y rencontre presque jamais que mêlé à des graisses ou des résines. Tout ce qu’on sait de ses propriétés , c’est qu’il est très-inllammable , en partie soluble dans, l’eau et dans 1/dcool, et qu’à la dose d’un seul grain il peut répandre nue forte odeur, dans un grand espace, pendant plusieurs années.

1994. Civette. — Substance ayant quelqu analogie avec le musc, d’un jaune pâle , d’une saveur un peu âcre, d’une

JjS DE QUELQUES MATIÈRES PARTICULIÈRES

consistance analogue à celle du miel, d’une odeur aromatique et très-forte. Cette substance provient de deux petits quadrupèdes du genre viverra, vivant l’un en Afrique, l’autre dans l’Arabie elles Indes: elle se trouve contenue dans une vésicule située près de Y anus. On ne l’emploie que dans la parfumerie.

1995. Caslorèum. — Corps analogue à la civette et au musc. Sa consistance est celle du miel très-épais ; sa saveur amère, âcre, nauséabonde; son odeur forte et très-volatile : c'est pourquoi il suffit de le dessécher pour le rendre inodore. Il passe pour être formé d’une résine , d’un corps gras, d’huile volatile, d’une matière extractive et de sels. On le trouve dans deux poches membraneuses situées dans les aines du castor. Il n’est employé qu’en médecine.

1995 bis. timbre gris. — Matière que l’on regarde comme uue concrétion qui se forme dans l’estomac ou les intestins du physeter macrocephalus , et que l’on trouve ordinairement en petits morceaux, quelquefois aussi en masses d’un volume assez considérable , flottant sur la surface de la mer, près des côtes de l’Inde , de l’Afrique et du Brésil. M. Bouillon-Lagrange avait cru que l’ambre gris était un composé de 52,7 d’une matière analogue au gras des cadavres appelée alors adipocire , de 3o,8 de résine, de ir,i d’acide benzoïque , et de 5,4 de charbon ( Ann . de Chim. , t. xlvii , p. 80 ) ; mais Bucliolz pense, d’après des expériences qui lui sont propres, que c’est une substance qui tient le milieu entre la cire et la résine. ( Ami . de Chim., t. lxxiii, p. 95). Quoi qu’il en soit, voici les propriétés que l’ambre gris possède.

L’ambre gris est mou, insipide , plus léger que l’eau; sa couleur est d’un gris cendré rayé de jaune-brunâtre et de blanc; son odeur est agréable, et le devient plus encore avec le temps.

Une chaleur de 5o degrés suffit pour le fondre; il est in-

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soluble dans l’eau, et s’y dissout même à peine lorsqu’elle est chargée de potasse; il est, au contraire, très-soluble dans l’alcool-, l’éther, et en général dans les huiles grasses et essentielles. L’alcool et l’éther, en le dissolvant , laissent un petit résidu noir et pulvérulent; et quoique l’alcool en dissolve plus à chaud qu’à froid, la dissolution n’en abandonne aucune partie par le refroidissement.

1996. Ivoire. — • L’ivoire est une substance osseuse qui constitue les dents connues sous le nom de défenses de T éléphant. Il est de même nature que les os proprement dits. Les tabletiers en font usage pour la préparation de divers objets. On s’en sert aussi pour obtenir un noir trèsbeau , très-fin et très-recherché : à cet effet , on le calcine jusqu’à un certain point. -

1997. Bois ou corne de cerf. — Les cornes de cerf ne diffèrent en rien des os. Lorsqu’on les divise et qu’on les traite par l’eau bouillante, on en extrait une gelée que l’on ordonnait autrefois en médecine. C’était aussi en distillant la corne de cerf qu’on préparait l’huile animale de Dippel huile qu’on ne parvient à rendre blanche qu’en lui faisant subir plusieurs rectifications et qu’en ne recueillant que les premières portions.

1998. OEufs. — Les oeufs sont composés d’une coquille solide, d’une membrane mince adhérente intérieurement à la coquille , de blanc , de jaune , de ligamens appelés glaires , et de cicalricule.

La coquille est formée, suivant M. Vauquelin , de matière animale, d’une grande quantité de carbonate de chaux, et d’une petite quantité de phosphate calcaire , de carbonate de magnésie , d’oxide de fer et de soufre. {Ann. de Chimie % t. lxxxi , p. 3o4- )

Le blanc est. analogue au sérum du sang.

La membrane mince paraît être albumineuse.

Le jaune n’a point encore été soumis à une analyse

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