DE QUELQUES MATIERES PARTICULIERES
surtout celles de M. Piobiquet. En effet c’est ce dernier chimiste qui est parvenu îe premier à en extraire la matière vésicante pure , et qui, de pius , a démontre dans ces insectes l’existence d’une huile verte, de deux autres matières , l’une jaune et l’autre noire , de l’acide acétique , de l’acide urique , du phosphate de magnésie. Exposons en peu de mots les procédés qu’il a suivis pour cela.
i°. L’on fait bouillir dans beau, à plusieurs reprises, les cantharides légèrement contusées -, traitant ensuite îe résidu par l’alcool , et exposant la liqueur à l’air libre , l’huile s’en sépare : elle est verte , fluide et nullement vésicante.
20. La dissolution aqueuse étant évaporée en extrait mou, on traite celui-ci par l’alcool de même que le résidu précédent : on obtient ainsi un nouveau résidu qui est la matière noire , et une nouvelle dissolution alcoolique,
3°. Après avoir vaporisé l’alcool de cette nouvelle dissolution , on met la matière restante en contact avec de l’éther dans un flacon qu’on bouche et qu’on agite. Peu à peu l’éther se colore en jaune ; on le décante , et le mettant dans une capsule, il laisse bientôt déposer de petites lames micacées, salies par des gouttelettes d’un liquide jaunâtre que l’on enlève par l’alcool froid. Ces lames, desséchées, sont insolubles dans l’eau , solubles dans l’huile, et solubles dans Palcool bouillant , dont elles se précipitent pures par refroidissement sous forme cristalline; elles constituent la matière vésicante proprement dite : aussi, lorsqu’on en dissout gros comme une tète d’épingle dans 2 à 3 gouttes d’huile d’amande douce, ceîie-ci agit-elle promptement sur la peau, tandis que l’huile verte , la matière noire et la matière jaune purifiée ne l’attaquent en aucune manière.
4°. Pour obtenir l’acide urique, il suffit de faire bouillir les cantharides fraîches dans l’eau , et de concentrer la liqueur ; l’acide ne tarde point à se précipiter et à former un dépôt dont l’aspect est terreux : ce qu’il y a de remar-
À CERTAINES CLASSES d’àNIAIAUX. / ^83
quable , c’est que les cantharides anciennes n’en contiennent pas sensiblement. Quoi qu’il en soit, en versant de l’ammoniaque dans l’eau mère v il se produit un nouveau dépôt dû au phosphate de magnésie en combinaison avec du phosphate d’ammoniaque.
5°. Enfin, pour'isoler l’acide acétique, il faut infuser des cantharides fraîches dans de l’éther, filtrer la liqueur, la concentrer en rexposantàl’air , et la distiller : il se vaporisera un liquide qui possédera toutes les propriétés qui caractérisent cel acide.
Outre tous ces principes, les cantharides contiennent une certaine quantité d’albumine, une matière animale insoluble dans l’eau et dans l’alcool , du phosphate de chaux , et sans doute plusieurs autres sels. ( Annales de Chimie , t. lxxvi , p. 3o2. )
200 6. Miel , Cire , Cochenille , Résine-laque, Soie • ( Voyez les n0s 1 444 b™ 5 !563 , i63y , 1 553 , 1621. )
20on, Enveloppes osseuses des crabes, des homards , etc. — Toutes ces enveloppes, d’après l’analyse de MM. Hatchett et Mérat-Guillot , sont formées d’une grande quantité de carbonate de chaux , d’une moindre quantité de matière animale, et d’une quantité moindre encore de phosphate calcaire.
2008. Zoophytes. — M. Hatchett partage les zoophytes en quatre classes, en raison de leur nature. Dans la première, il place ceux qui sont formés d’une grande quantité de carbonate de chaux et d’une très-petite quantité de matière animale : tels sont les madrepora mûrie ata , labyrinthica ,• les millepofa cœrulea , alcicornis. La seconde renferme ceux qui contiennent une assez grande quantité de matière animale, et qui , d’ailleurs , ne contiennent que du carbonate de chaux : à cette seconde classe appartiennent le madrepora fascicularis , les millepora cellulosa , fascicularis , truncaia. La troisième comprend ceux où la matière ani-
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male est assez abon Jante, mais qui renferment en outre beaucoup de carbonate de chaux et un peu de phosphate de chaux : nous citerons comme exemples le madrepora po lj moi' plia , l’i/w ochracea , ! ■ cornlina opuntia , le gor~ gonia nobilis ou corail rouge. Celui-ci, cependant, devrait être rangé dans la première classe, d’après les expériences de M. V ogel * car il n’y a point découveit de phosphate de ( baux , et l’a trouvéeomposé de 37 .5 d’acide carbonique , de o,5 de chaux , de 3 de magnésie, de 1 d’oxide de fer, de 5 d’eau, de ~ de ch bris animaux, de ^ de sulfate de chaux, et d’une trace de sel marin. (Bulletin de P/iai'm. , tom. vi pag. t58. ) Enfin, fi quatrième se compose de ceux qui m- < on ienuent, pour ainsi dire, que de la matièie animale : telle est ’eponge , dans laquelle M Fife a trouvé de Fio le, et ans laquelle lVI, Hatcheti a Imet de la gé* la ine cl une substance mince, membraneuse, possédant les propi iétés de l’albumine coagulée.
De la Fermentation putride.
laoor). Les matières animales sont susceptibles de pu» trff.u tionbien plus facilement encore que les madères végétales. En effet, lorsqu’elles sont humides et abandonnées à elles-mêmes à la température de 1 atmosphère ( 1 7^6), bientôt leurs principes se séparent , se combinent dans un aut-ie ordre, et donnent lieu à b* aiicoup de produits, parmi lesquels on doit compter l’eau , le gaz carbonique , l’acide acétique , l’ammoniaque, l’hydrogène carboné. Plusieurs de ces produits, en se dégageant, emportent une portion de la matière meme à demi -décomposée • ils répandent une odçur si fétide, qu’il est difficile de la supporter 5 et de là sans doute les miasmes ou germes putrides que l’on détruit tout-à-coup en répandant dans l’air une