‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 34 sur 182 · DU SUCRE ORDINAIRE · texte numérisé non relu

DU SUCRE ORDINAIRE

M. Howard a proposé , il y a quelques années , d’irnportans changemens à Fart de raffiner le sucre. Ceux qui voudront les connaître les trouveront décrits dans les Annales de Chimie et de Physique , t. n , p. 3^3.

Examinons maintenant quelle peut être Faction de la chaux dans l’extraction du sucre. M. Daniell , dans le Mémoire déjà cité, pense qu’elle rend la matière colorante plus soluble, et qu’elle facilite de cette manière la cristallisation et la purification du sucre pendant le terrage; Pour moi , je crois qu’elle a pour objet de rendre les écumes plus fermes et de contribuer à leur séparation; elle s’unit à l’albumine et forme avec celle-ci un composé qui se rassemble mieux que ne le ferait l’albumine seule. Je serais même porté à croire qu’il y aurait des inconvéniens à ce qu’il en restât dans la liqueur après la coagulation des écumes. On ne court pas cette chance dans le raffinage, puisque la chaux qu’on emploie en dissolution se retrouve toute entière dans les écumes ; mais il n’en est point ainsi dans le traitement du jus de cannes. Là , le houilleur l’ajoute gli poudre et ordinairement sans la peser. Il s’ensuit qu’il en reste dans les sucres bruts , et c’est à sa présence qu’il faut attribuer, d’après la remarque de M. Daniell , la propriété qu’ont ces sucres de s’altérer avec le temps : une partie se convertit probablement en matière mucilagineuse.

14 39. Extraction du sucre de betterave. — C’estàMargraff que nous devons la découverte du sucre de betterave : mais c’est M. Achard de Berlin qui le premier est parvenu à l’extraire en grand.

Les procédés ont été répétés soigneusement, surtout en France. Ils ont éprouvé successivement un grand nombre de modifications. Enfin, après beaucoup d’essais , l’on a vu que ce qu’il y avait de mieux à faire était de traiter le jus de betterave par la chaux ^ puis par un acide et par le charbon , et de concentrer assez la liqueur pour qu’elle cris-

talli se par le refroidissement ; procède qui est presque îe mëtne que celui qu’on pratique dans les îles.

Après avoir arraché les betteraves, 011 en coupe le collet, l’extrémité de la racine elles radicules; on les lave, on les râpe pour les réduire en pulpe, et on les presse, afin d’en extraire le jus. Ce jus ressemble beaucoup, par sa composition , à celui de canne. Comme lui , il contient de l’eau , du sucre cristallisable , du sucre incristallisable, de l’albumine , du ferment , quelques sels (n), du parenchyme, et en outre un peu d’acide malique ou acétique; il n’en diffère essentiellement que par une moins grande quantité de sucre: aussi n’en reliro-t-on que. deux à trois centièmes au plus des betteraves les plus sucrées.

Dès que le suc de betterave est extrait, il faut le mettre dans une chaudière de cuivre et en élever promptement la température jusqu’à 80 à 82 degrés. Du moment qu’on a atteint ce terme , on étouffe le feu en le recouvrant de braise mouillée. Alors on verse dans la chaudière , pour chaque iiti e de suc , un lait de chaux fait avec 2 j grammes de chaux vive et 18 grammes d’eau; on agite la liqueur pendant quelques minutes pour la mêler avec la chaux , et on la chauffe de nouveau fortement. Lorsqu’elle est à ioo° , sans entrer en ébullition , on enlève le feu du foyer. Dans l’espace d’une demi-heure à trois quarts d’heure, il se forme une écume solide , épaisse , d’un gris verdâtre , et un dépôt plus ou moins considérable. On ôte l’écume , et on passe la liqueur à travers un blanchet , afin de séparer tous les flocons qui pourraient en troubler la transparence; elle est légèrement jaune, d’une saveur douce et désagréable , à cause de la chaux qu’elle contient.

Dans cet état, elle est remise sur le feu. Parvenue au terme de l’ébullition , 011 y ajoute de l’acide sulfurique

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{«) Les sels varient en raison du terrain et de l’engrais.

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