‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 38 sur 182 · tome lvi, page · texte numérisé non relu

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de Carbone . 06,71

Oxigène. . . . . . . . . 56,5 1

Celte sorte de sucre ne s’extrait pas seulement des fruits qui le contiennent : on peut encore le faire en traitant convenablement certaines substances végétales par l’acide sulfurique; par exemple , l’amidon, la fibre ligneuse (1482 ,

Du Sucre de diabètes.

i443. Les individus qui sont attaqués du dicdfètes ont tous une soif extraordinaire , boivent beaucoup , et rendent chaque jour une quantité d’urine qui s’élève quelquefois jusqu’à 3o ou litres. Ce que cette maladie offre de plus étonnant , c’est moins d’augmenter si fortement la soif des malades que de changer la nature de leurs urines. En effet, celles-ci 11’ont plus ni la saveur ni l’odeur viretise des urines ordinaires. Loin de pouvoir comme elles éprouver la fermentation putride et donner lieu à des produits infects , elles sont, au contraire, capables d’éprouver la fer-

mentation spiritueuse, et de former une liqueur d’où, par la distillation , l’on peut retirer de l’eau-de-vie ou de l’esprit-de-vin. En un mot, elles ne sont composées que d’eau, de sücre , de quelques traces de matière animale et de matières salines , lorsque la maladie est parvenue à son plus haut période. Alors, pour en extraire le sucre, il suffit d’y verser un excès de sous-acétate de plomb en dissolution , de filtrer la liqueur, d’y faire passer un courant de gaz hydrogène sulfuré, de la filtrer de nouveau et de l’évaporer en consistance sirupeuse (à).

La saveur de ce sucre est variable : il en est qui est aussi sucré que celui de raisin , et qui, d’après M. Chevreul, en a toutes les propriétés ( Ann . de Chimie , tom, xcv, p. 3 19) ; d’autre l’est à peine, si bien qu’on ieprendiaitpour une sorte de gomme (b). Cependant celui-ci , dissous dans l’eau et mis en contact avec le ferment, entre tout aussi bien en fermentation que celui-là : donc il appartient, comme lui , au genre sucre , et en est évidemment une espèce distincte. Le premier provient sans doute de l’espèce de diabètes qu’on appelle en médecine diabètes sucré , et l’autre du diabètes connu sous le nom de diabètes non sucré .

Du Sucre des Champignons .

1 4 4 4 • Lorsque l’on broie les champignons dans un mortier de marbre, qu’on délaie la matière pulpeuse dans l’eau, qu’on filtre la liqueur et qu’on l’évapore presque jusqu’à siccité, et qu’on traite à plusieurs reprises le résidu par l’alcool, I on obtient une dissolution d’un brun foncé, qui, concentrée convenablement, laisse déposer, en se refroidissant , une matière sucrée qui , suivant M. Braconnot, possède

(«) On se rappelle que le sous-acétate de plomb ne précipité point le sucre, et précipité piesque toutes les autres matières végétales ou animales.

(b) J’ai eu occasion d’extraire des urines d’un diabétique que M. Dupuytreu a traité, plus de quinze kilogrammes de ce sucre ptésqu’iûsipide.

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des propriétés d’après lesquelles on doit la regarder comme une nouvelle espèce du genre sucre.

Ce nouveau sucre est blanc, beaucoup moins doux que celui de canne, et a une disposition fort remarquable à cristalliser. En effet, il suffit d imprégner un vase de la plus légère dissolution de sucre dans l’eau pour avoir ^ un instant après , une foule de cristaux aciculaires partant d’un centre commun. Une évaporation spontanée, faite h. la manière ordinaire dans un lieu chaud , sur une quantité de liqueur un peu notable , donne lieu a de longs prismes quadrilatères à base carrée : l’on n’obtiendrait que des aiguilles soyeuses très-fines si la cristallisation s’opérait trop promptement. Exposé au feu , le sucre de champignon se fond , se boursouffle , et s’enflamme en exhalant une odeur de caramel. L’acide nitrique le décompose et le fait passer en partie à l’état d’acide oxalique, sans qu’il se forme de matière jaune amère. Mêlé avec la plupart des autres acides , il conserve la propriété de cristalliser.

D’ailleurs, il produit avec la levure et l’eau tous les phénomènes qui caractérisent la fermentation spiritueuse.

Du Miel .

1 444- bLS‘ ' — Le miel est une substance sucrée que les, abeilles préparent en introduisant dans leurs estomacs le suc visqueux et sucré qu’elles recueillent dans les nectaires et sur les feuilles decertaines plantes • elles le déposent ensuite dans les alvéoles de leurs gâteaux. Le miel est-il tout formé dans les plantes ? ou bien est-il produit par les abeilles ? C’est ce qu’on ne sait point encore d’une manière précise. En effet , si l’on considère , d’une part , que le suc contenu dans les nectaires est sucré et possède la plupart des propriétés physiques du miel , on sera tenté de croire qu'il n’y a point ou presque point de différence entre ces

so6 des substances végétales neutres.

deux substances. Mais si l’on observe , d’autre part , avec M. ïiuber fils , que la cire provient réellement de l’élaboration d’une partie du suc que les abeilles ramassent ( Journal de Phys. , i8o4), il sera permis de penser qu’il en est de même du miel. Cependant, comme les abeilles que l’on nourrit seulement de sucre ou de miel produisent une certaine quantité de cire, on pourrait supposer que le suc des plantes contient le miel tout formé , et qu’il n’y en a qu’une partie d’ élaborée ou de décomposée pour la nourriture des abeilles et la production de la cire.

La manière d’extraire le miel est fort simple : après avoir enlevé avec un couteau les petites lames de cire qui ferment les alvéoles, on expose les gâteaux sur des claies à une douce chaleur. Bientôt la partie la plus pure du miel s’écoule goutte à goutte : on l’appelle miel vierge. Lorsqu’il ne s’en écoule plus , on brise les gâteaux et on les laisse égoutter de nouveau , ayant soin d’augmenter insensiblement la chaleur. Alors on sépare autant que possible le couvain et le rouget qu’ils contiennent, puis on les soumet à une pression graduée. Par ce moyen , presque tout le reste du miel achève de s’écouler. Il est à remarquer qu’il est d’autant meilleur qu’il a fallu moins de pression pour l’extraire. Le miel vierge n’a besoin d’aucune espèce de purification. Quant à celui qui a été exprimé , comme il contient en suspension des matières plus ou moins pesantes qui se rassemblent , les unes â la partie supérieure , les autres à la partie inférieure , il faut le garder en repos pendant quelque temps , l’écumer et le décanter.

C’est en traitant par l’eau les gâteaux que l'on a pressés , et en abandonnant la liqueur à elle-même , qu’on forme l’hydromel ; et c’est en renfermant le résidu dans des sacs et en les exposant â l’action de l’eau bouillante dans des chaudières, qu’on obtient la cire : elle fond , passe â travers

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