DU LIGNEUX
lous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Chaude .avec Je contact de l’air, il s’enflamme, se charbonne, et finit par se consumer entièrement. Imbibé d’eau , il se charbonne également dans son contact avec l’air, à la température ordinaire , mais seulement dans un espace de temps très-considérable.
Le ligneux n’est pas sensiblement soluble dans la potasse 5 mais il éprouve des altérations toutes particulières lorsqu’on le fait chauffer convenablement avec cet alcali. On n’a qu’à mettre parties égales de sciure de bois et de pierre à cautère dans un creuset d’argent , y ajouter un peu d’eau, et torréfier le mélange en le remuant sans cesse , il arrivera un moment où la sciure se ramollira presqu’instantanément et se boursoufflera beaucoup. Si on retire aussitôt le creuset du feu , et qu’on examine le produit , on verra qu’il se dissoudra dans reaii avec une extrême facilité, sauf un léger résidu formé de silice , de carbonate de chaux , de phosphate de chaux et de quelques traces de substance végétale , et que la dissolution , d’un brun foncé , contiendra en combinaison avec l’alcali une grande quantité Culmine et une certaine quantité d’acide acétique. L’acide sulfurique faible précipitera tout- à -coup Yulmine en flocons bruns. Pour obtenir l’acide acétique, il suffira de filtrer la dissolution acide , de la saturer par la craie , de la filtrer de nouveau , de l’évaporer, et de mettre le résidu en contact avec l’alcool : celui-ci s’emparera d’un sel facile à reconnaître pour de l’acétate de potasse , et dont on pourra extraire l’acide acétique comme de l’acétate de soude (i3o8). Suivant M. Braconnot , à qui ces observations intéressantes sont dues, la seiiire de bois ainsi traitée foin ni t plus du quart de son poids d’ulmine artificielle desséchée *, suivant lui aussi la potasse n’opère la conversion du ligneux en ni mine , qu’en déterminant la formation d’une certaine quantité d’eau aux dépens
l’hydrogène et de Foxigène du ligneux même-, de sorte que Yulmine ne différerait du ligneux que parce qu’elle contiendrait plus de carbone. Mais cette théorie , pour être admise , ne me semble pas suffisamment établie ; i°. parce que l’analyse de Fulmine n’a point encore été faite ; 2°. parce qu’il se forme, outre Fulmine, de l’acide acétique que l’on recueille ; 3°. parce qu’il serait possible que le ligneux fût simplement converti en acide acétique et en ulrnine -, f\°. enfin et surtout, parce que, pour se rendre compte de ce qui se passe dans une opération , il faut connaître la proportion des agens qu’on emploie, des produits qu’on obtient, et celles de leurs principes constituans. (. Annales de Chimie et de Physique s tome xn , page 1 89.)
Probablement que plusieurs autres alcalis, et particulièrement la soude , agiraient sur le ligneux d’une manière analogue à la potasse.
ï 468 his. L’acide sulfurique nous présente aussi avec le ligneux, ou avec toutes les matières qui en sont presqu’entièrement formées , telles que les bois , les écorces , la paille, le chanvre, le linge, etc., des phénomènes bien dignes d’attention, et c’est encore M. Braconnot qui nous les a fait connaître. ( Ann . de Clam, et de Phys. , tom. xii, p. 172.) Toutes ces matières , par cet acide , peuvent être transformées à volonté en une sorte de matière gommeuse , et en un sucre semblable à celui du raisin.
i°. Que l’on prenne 24 grammes de toile de chanvre usée , bien sèche et coupée en petits morceaux ; qu’on les mette dans un mortier de verre et qu’on les arrose avec 34 grammes d’acide sulfurique concentré, en ayant soin d’ajoutçr cet acide peu à peu, et de remuer continuellement le mélange , de telle manière que la masse s’échauffe h peine et s’imbibe également : un quart d’heure après , si Fou broie le tout avec un pilon de verre, la toile disparaîtra sans dégagement de gaz , et il en résultera une masse