‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 47 sur 182 · DU LIGNEUX · texte numérisé non relu

DU LIGNEUX

lous les produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Chaude .avec Je contact de l’air, il s’enflamme, se charbonne, et finit par se consumer entièrement. Imbibé d’eau , il se charbonne également dans son contact avec l’air, à la température ordinaire , mais seulement dans un espace de temps très-considérable.

Le ligneux n’est pas sensiblement soluble dans la potasse 5 mais il éprouve des altérations toutes particulières lorsqu’on le fait chauffer convenablement avec cet alcali. On n’a qu’à mettre parties égales de sciure de bois et de pierre à cautère dans un creuset d’argent , y ajouter un peu d’eau, et torréfier le mélange en le remuant sans cesse , il arrivera un moment où la sciure se ramollira presqu’instantanément et se boursoufflera beaucoup. Si on retire aussitôt le creuset du feu , et qu’on examine le produit , on verra qu’il se dissoudra dans reaii avec une extrême facilité, sauf un léger résidu formé de silice , de carbonate de chaux , de phosphate de chaux et de quelques traces de substance végétale , et que la dissolution , d’un brun foncé , contiendra en combinaison avec l’alcali une grande quantité Culmine et une certaine quantité d’acide acétique. L’acide sulfurique faible précipitera tout- à -coup Yulmine en flocons bruns. Pour obtenir l’acide acétique, il suffira de filtrer la dissolution acide , de la saturer par la craie , de la filtrer de nouveau , de l’évaporer, et de mettre le résidu en contact avec l’alcool : celui-ci s’emparera d’un sel facile à reconnaître pour de l’acétate de potasse , et dont on pourra extraire l’acide acétique comme de l’acétate de soude (i3o8). Suivant M. Braconnot , à qui ces observations intéressantes sont dues, la seiiire de bois ainsi traitée foin ni t plus du quart de son poids d’ulmine artificielle desséchée *, suivant lui aussi la potasse n’opère la conversion du ligneux en ni mine , qu’en déterminant la formation d’une certaine quantité d’eau aux dépens

l’hydrogène et de Foxigène du ligneux même-, de sorte que Yulmine ne différerait du ligneux que parce qu’elle contiendrait plus de carbone. Mais cette théorie , pour être admise , ne me semble pas suffisamment établie ; i°. parce que l’analyse de Fulmine n’a point encore été faite ; 2°. parce qu’il se forme, outre Fulmine, de l’acide acétique que l’on recueille ; 3°. parce qu’il serait possible que le ligneux fût simplement converti en acide acétique et en ulrnine -, f\°. enfin et surtout, parce que, pour se rendre compte de ce qui se passe dans une opération , il faut connaître la proportion des agens qu’on emploie, des produits qu’on obtient, et celles de leurs principes constituans. (. Annales de Chimie et de Physique s tome xn , page 1 89.)

Probablement que plusieurs autres alcalis, et particulièrement la soude , agiraient sur le ligneux d’une manière analogue à la potasse.

ï 468 his. L’acide sulfurique nous présente aussi avec le ligneux, ou avec toutes les matières qui en sont presqu’entièrement formées , telles que les bois , les écorces , la paille, le chanvre, le linge, etc., des phénomènes bien dignes d’attention, et c’est encore M. Braconnot qui nous les a fait connaître. ( Ann . de Clam, et de Phys. , tom. xii, p. 172.) Toutes ces matières , par cet acide , peuvent être transformées à volonté en une sorte de matière gommeuse , et en un sucre semblable à celui du raisin.

i°. Que l’on prenne 24 grammes de toile de chanvre usée , bien sèche et coupée en petits morceaux ; qu’on les mette dans un mortier de verre et qu’on les arrose avec 34 grammes d’acide sulfurique concentré, en ayant soin d’ajoutçr cet acide peu à peu, et de remuer continuellement le mélange , de telle manière que la masse s’échauffe h peine et s’imbibe également : un quart d’heure après , si Fou broie le tout avec un pilon de verre, la toile disparaîtra sans dégagement de gaz , et il en résultera une masse

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