‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 61 sur 182 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

DE

OO

9 e) Il 1 Id le CIL bUUUt * * * *

S Sulfate de magnésie. .

H Ai lira IL UtJ UUtaaaC .

9 IN'itrate de soude .

Chlorure de potassium - • •

Chlorure de sodium .

Hydro-chlorate d’amrnon.

Hydro-chlor. de magnésie q desséché à ^9° cenligr. J

Chlorure de barium en^

Chlorure de barium cris-]

K Acétate de chaux. .

(, a ) Résultat remarquable , en ce que , si ce résultat est exact (ce qui nous paraît fort douteux), l’alcool concentré dissout plus de sel que l’alcool «tendu. ,

3r2 v DE l’aLCO O L.

L’alcool est capable de dissoudre aussi , comme nous l’avons dit précédemment, le sacre , la mannite ,, le camphre , les baumes , les huiles essentielles , les huiles grasses , etc. * celles-ci toutefois , l’huile de ricin excepté, n’y sont que très-peu solubles. C’est ce que l’on voit dans la table suivante , extraite d’un mémoire deM. Planche. {Bulletin de Pharmacie , tom. i , pag. aç8.)

Mille gouttes d’alcool à /(o degrés de l’aréomètre deBaumé et à la température de i2°,5 ont dissous-, savoir :

Huile de pavot conservée une année . 8 gouttes.

- — de pavot nouvelle . 4

— de lin . f>

— de noix . 6

— de faîne . 4

— d’olive . 3

— • d’amande douce. . 3

— de noisette . 3

de ricin , en toutes proportions.

Enfin . l’alcool nous présente , avec l’acide nitrique , le mercure et l’argent , des phénomènes remarquables : de son action sur ces corps résultent deux poudres qui fulminent par le choc avec la plus grande force.

. Poudre fulminante de mercure. — Cette poudre , découverte par M. Howard, s’obtient en dissolvant à la température ordinaire , une partie de mercure dans- 12 parties d’acide nitrique à 34° de l’aréomètre de Baume, ajoutant 1 1 parties d’alcool du commerce à la dissolution , chauffant le tout au bain-marie et ôtant le vase de dessus le feu lorsque des vapeurs très-épaisses commencent à paraître. La poudre se précipite peu à peu par le refroidissement en petits cristaux-, elle est blanche ou d’un blanc gris 5 elle détonne fortement par le choc -, projetée sur des charbons incandescens , elle brûle avec une flamme d’un bleu tendre ,

E l’alcool. I 3

accompagnée d’une légère explosion 5 mise en contact avec Facide hydro-chlorique, il se forme bientôt du proto-chlo- / ? ure de mercure qui se dépose , et de l’hydro-chlorate d’am* moniaque et de deuloxide de mercure qui reste en dissolution. Suivant M. Howard, elle est composée de 21,28 d’acide oxalique, de 64,72 de mercure, et de 14,00 de gaz nitreux étliéré et de gaz oxigène uni au métal. RL Bertliollet met l’ammoniaque au nombre de ses principes constiluans, et pense qu elle résulte de la combinaison de cet alcali avec ! oxide de mercure et une matière végétale particulière produite par la décomposition de l’alcool. Telle est réellement sa composition lorsqu’elle a été bien préparée ; mais elle peut être toute autre lorsqu’on ne suit point exactement le procédé que nous venons de décrire. En effet, si , d’une part, on ne chauffe pas la liqueur jusqu’à ce qu’il se manifeste d’épaisses vapeurs, et si de l’autre on la fait chauffer trop long-temps , si on la fait bouillir, par exemple , pendant une demi-heure , il en résultera des produits dilférens : dans le premier cas , le précipité cristallin qui se formera sera composé d’acide nitrique, d'oxide de mercure , d’un peu de matière végétale , et 11e deviendra fulminant que par la chaleur • dans le second , il sera de couleur jaune, pulvérulent 5 il ne fulminera ni par le choc ni par la chaleur , et ses principes conslituans seront l’oxide de mercure , l’acide oxalique et trèspeu de matière végétale.

La délonnation qu’éprouve la première poudre par le choc dépend évidemment de la réaction de ses principes , icaction d’où résultent subitement du gaz carbonique , du gaz azote, de la vapeur d’eau et de la vapeur mercurielle. ( 1 3e cahier du Journ. de V École polytechnique , p. 3i5.)

Poudre fulminante d'argent. — Lorsqu’on traite l’argent par l’acide nitrique et l’alcool, comme l’on vient de traiter le mercure, il en résulte une poudre plus fui-

3x4 »e l’alcool.

minante encore que la poudre mercurielle. MM. Descostils ( Annales de Chimie, tome lxii , page 198), Cruicksanks , Brugnatelli en ont décrit la préparation : je ne sais à qui la découverte en est due. Il est toujours facile de l’obtenir parle procédé suivant : 011 prendra un tube de 3 à 4 centimètres de diamètre in térieur, long de trois à quatre décimètres, et fermé par un bout; 011 y fera dissoudre l’argent dans tout l’acide nitrique à l’aide d’une très-légère chaleur ; puis , après avoir ôté le vase de dessus le feu , on y versera l’alcool par petites portions. Chaque fois qu’on en ajoutera , il se produira une ébullition subite ; et lorsque tout l’alcool sera ajouté , la poudre ne tardera point à se déposer. Cette poudre détonne subitement par la pression ou le frottement , par la chaleur rouge , et par l’action de l’acide sulfurique. Un seul décigramme suffit pour produire une violente explosion : aussi est-il dangereux d’en préparer plusieurs grammes h la fois et de les conserver. C’est avec celte poudre qu’on fait les cartes et les bonbons fulminans. Sa composition est sans doute analogue à celle de la poudre mercurielle.

1578. Etat naturel. — L’alcool ne provient jamais que des liqueurs qui ont subi la fermentation vineuse : par conséquent il ne peut exister dans Ja nature. En effet, pour que cette fermentation puisse se développer , il faut que les fruits ou les autres parties des végétaux qui en sont susceptibles soient écrasés, et aient eu pendant quelque temps le contact de l’air; à la vérité, il serait possible que , dans quelques circonstances , ces deux conditions fussent remplies ; mais bientôt la fermentation acide succédant à la fermentation vineuse changerait l’alcool en vinaigre , de sorte que l’existence de l’alcool ne serait que momentanée.

1079. Composition. — Suivant les dernières expériences de M. Th. de Saussure ^ l’alcool d’une pesanteur spéci-

de l’alcool. 3i5

fiquc de 0,792 à 20°, est formé de 01,98 de carbone, de 34,32 d’oxigène, de 18,70 d’hydrogène: ou bien de 100 d hydrogène et de carbone dans les proportions nécessaires pour faire le gaz hydrogène per-carboné (170), et de 63,58 d’hydrogène et d’oxigène dans les proportions nécessaires pour composer l’eau. ( Ann. de Chini. , t. lxxxix , p. 3oo. ) Or , en réduisant ces derniers poids en volume , c’est-àdire eu divisant 100 par 0,978, densité du gaz hydrogène jper-carboné \ et 63,58 par 0,625 , densité de la vapeur d’eau , on obtient :

' Volume.

Gaz hydrogène per-carboné . . 102,8

Vapeur d’eau . 101,7

Il est donc évident , par la presque identité de ces deux nombres , que l’alcool doit être considéré comme composé de volumes égaux de gaz défiant et de vapeur d’eau.

Si l’on observe d’ailleurs que la densité de \\ vapeur de l’alcool absolu est de 1,61 3 , et que cette densité est représentée, à 1 centième près, par les densités réunies du gaz hydrogène per-carboné et de la vapeur d’eau, il sera facile de voir qu’un volume de vapeur alcoolique proviendra d’un volume de gaz hydrogène per carboné et d’un volume de vapeur d’eau , condensés en un seul.

i58o. Usages. — Uni au sucre, l’alcool est la base de toutes les liqueurs \ étendu d’eau, il forme l’eau de-vie 5 les vins lui doivent leur force, leurs principales vertus. O11 l’emploie dans les arts pour composer des vernis trèssiccatifs (1 572) , et en médecine, pour dissoudre le camphre , pour faire les médicamens connus sous le nom de teintures , médicamens qui ne sont que des matières résineu ses dissoutes dans l’alcool. C’est l’un des dissolvans dont nous faisons le plus fréquent usage dans nos laboratoires.

Des Ethers.

i58i. Les éthers, étant le produit de l’action des acides sur l’alcool, doivent être placés immédiatement après l’alcool même : c’est pourquoi nous allons nous occuper de leur histoire.

Le nom d 'éther fut d’abord donné à un liquide très-volatil , très-inflammable , très-suave , composé d’hydrogène , de carbone et d’oxigène, et qu’on obtient en chauffant parties égales d’alcool et d’acide sulfurique. On le donna ensuite à d’autres liquides qui provenaient de l’action de l’alcool sur d’autres acides , et qu’on croyait être de la même nature que l’éther proprement dit , parce qu’ils en avaient l’odeur, la saveur , la volatilité et l’inflammabilité} mais comme, parmi ces nouveaux éthers , plusieurs se trouvèrent formés d’acide et d’alcool, et qu’on découvrit bientôt après des composés d’acide et d’alcool peu volatils, presqu’inodo res, on fut conduit à donner à ceux-ci , en raison de leur nature, le nom éééther de même qu’aux précédens} de sorte que ce nom n’emporte plus toujours avec lui l’idée d’un corps dont la volatilité est très-grande.

ïl existe donc, comme on le voit , plusieurs genres d’éthers : ces genres sont au nombre de trois} car les éthers sont formés tantôt d’hydrogène, d’oxigène et de carbone, et tantôt de l’acide employé pour les faire et; d’alcool ou d’hydrogène per-carboné. Dans tous les cas , on se sert du nom de cet acide pour les désigner.

Des Ethers du premier genre.

ï582. Les éthers du premier genre, c’est-à-dire, ceux qui sont formés d’hydrogène, de carbone et d’oxigène, ne proviennent jamais que de l’action de l’alcool sur les acides qui ont beaucoup d’affinité pour l’eau 7 et qui ne se vapo-

DES ÉTHERS DU PREMIER GliSllF. 3 I ’J lisent que très-difficilement; on en compte trois : l’éther sulfurique, l’éther phosphorique et l’éther arsénique ; ils sont identiques, de sorte que, connaissant les propriétés de l’un, on connaît, par cela même, les propriétés des autres. Nous ne décrirons avec soin , par celle raison, que l’éther sulfurique.

1 5S3. Ether sulfurique. — L’éther sulfurique est de tous les éthers le plus anciennement connu et le plus employé. Sa découverte remonte au moins au seizième sh de -, car il en est parlé dans la pharmacopée de/7 alerius Cordas , pu~ bl iéeà Nuremberg en lozjo. Cependant, ce n’est que vers Câlinée i^3o que les chimistes commencèrent à en étudier les propriétés avec soin.

C’est un liquide incolore, d’une odeur forte et suave, d’une saveur chaude et piquante, qui ne transmet point le fluide électrique et qui réfracte fortement la lumière, dont la limpidité est parfaite, la fluidité très-grande, la pesanteur spécifique de 0,71192 à la température de 24°577* Lussac, Ann. de Chim. et de Phjs. , tom. 11.)

Il en est peu de plus volatil. En effet, sous la pression de om,,76, il entre en ébullition à 35°, 66-, sa vapeur, comparée à celle de l’air, pèse 2,586 (Gay-Lussac). Placé sous un récipient où l’on fait ensuite le vide, il bout à la température ordinaire. Exposé à un courant d’air, il ne tarde point à se vaporiser : aussi , lorsque l’on entoure de linge la boule d’un thermomètre , qu’on la plonge dans l’éther, et qu’on la fait tourner rapidement , le mercure descend- il à un grand nombre de degrés — o , surtout si l’on a soin d’entretenir ce linge toujours humide. Cette propriété est quelquefois mise à profit pour guérir, ou du moins diminuer certains maux de tête : l’on verse quelques gouttes d’éther sur l’une des tempes et l’on souffle dessus : le froid produit cause un soulagement subit. Soumis à un froid de 5 o degrés , l’éther reste liquide et n’éprouve d’ailleurs au-

3l8 DES ÉTHERS.

cune altération. Une chaleur rouge le décompose. De 4 7 grammes introduits peu à peu en vapeur dans un tube de porcelaine incandescent , M. Th. de Saussure a retiré 4ost.,36 d’un mélange de gaz hydrogène carboné et de gaz oxide de carbone , contenant un atome de gaz carbonique, oSr-,4 d’huile et de goudron, oS*'qi2 de charbon : la perte a été de4§r,,i2.

Mis en contact avec l’air, dans un flacon fermé, il finit, suivant M. Planche, par s’altérer et par passer en partie à l’état d’acide acétique. ( Ann. de Chim. et de Phys. , î. n , p. 2 1 3.) J’ai observé en effet que de l’éther très-pur , conservé pendant long-temps de cette manière , s’était acidifié au point qu’en le mettant sur les tempes, il y produisait une douleur très-cuisante.

Chargé de vapeur d’éther, le gaz oxigène détonne sur-lechamp par une étincelle électrique ou par le contact d’un corps en combustion : il en est de même de l’air dans certaines proportions. C’est pourquoi, si l'on verse de l’éther dans un vase, et qu’on en approche une bougie allumée, il prend feu sur-le-champ : de là le soin qu’on doit avoir de ne jamais transvaser l’éther que dans le jour. La flamme de l’éther est blanche, très-étendue , fuligineuse* elle noircit les corps blancs exposés à son action.

Nous avons vu précédemment ( ier vol. , p. r 4B) qu’en plongeant un fil de platine presqu’incandescent dans de l’air chargé de vapeur d’éther , il devenait tout-à-coup lumineux. Que l’on répète l’expérience dans l’obscurité, on apercevra au-dessus du fil une lumière pâle, phosphorescente, qui sera très-distincte surtout quand lefil cessera d’ètre en ignition, etilseformera en même temps unesubstanceparliculière volatile etpiquante, qui possède, suivant M. Davy , des propriétés acides. Cet acide qu’on ne peut obtenir qu’impur et en très-petite quantité , semble être nouveau ’ d’après les expériences de M. F araday , faites cà l’invitatioa

DES ÉTIIERS DU PREMIER GENRE. 3ig

du savant chimiste que nous venons de citer. {Ann. de Chim. et de Phys. , tom. îv , p. 35o.)

Le phosphore et le soufre sont légèrement solubles dans l’éther. Le chlore gazeux l’enflamme en donnant lieu à du gaz hydrô-chlorique, à un dépôt de charbon, etc. Le potassium et le sodium s’y oxident, en produisant une légère effervescence. L’eau en dissout, à la température et à la pression ordinaires, la dixième partie de son poids * et, de son côté, l’éther dissout aussi une petite quantité d’eau , de sorte que , en agitant ensemble parties égales d’eau et d’éther, il se forme deux couches : l’une, inférieure, d’eau élhérée, et l’autre, supérieure, d’éther aqueux.

Aucune base salifiable , excepté la potasse, d’après M. Boullay, et l’ammoniaque, ne se combine avec l’éther.

Son action sur les acides a été à peine étudiée-, on sait seulement : i°. que , en chauffant parties égales d’éther et d’acide sulfurique, il se forme de l’huile douce (i 584) , de l’eau, du gaz hydrogène per-carboné, du gaz sulfureux, du gaz carbonique , et qu’il se dépose du charbon ; 20. que l’acide nitrique, qui agit avec beaucoup de force à chaud sur l’éthec, n’a point d’action sur lui à froid; 3°. qu’il est soluble dans l’acide hydro-chlorique et dans l’acide acétique, et que l’eau le sépare de ceiui-ci et ne le sépare pas de l’autre. (Boullay. )

11 est probable que l’éther n’a qu’une très-faible action sur les sels; l’on ne connaît encore bien que celle qu’il exerce sur les dissolutions d’or et sur le sublimé corrosif. Il réduit facilement les premières par l’agitation; et M. Aogel a observé qu’il dissolvait le deuto-chlorure mercuriel, et que, exposée au soleil pendant quelques jours, la dissolution devenait très-acide, et laissait déposer une poudre blancheforméedeprotO'chlorureetdecarbonatedemcrcure.

Dès que l’éther et l’alcool sont en contact, ils s’unissent et forment un liquide incolore et limpide que l’eau décom-

pose-, elle s'empare de l’alcool et met la plus grande partie de Féther en liberté : on voit l’éther, dans cette expérience, se séparer sous forme de petits globules et se rassembler à la surface de la liqueur.

L’alcool n’est pas la seule substance végétale sur laquelle l’éther agisse 5 il agit encore sur plusieurs huiles fixes , sur les huiles essentielles, les résines, le caoutchouc gonflé par l’eau bouillante • il dissout toutes ces substances , et forme des dissolutions dont, jusqu’à présent, les arts n’ont tii é aucun parti.

M. Planche a observé , en examinant l’action de Féllier sur les huiles fixes, i°. qu’une dissolution de 3 parties d’huile d’olive dans 2 parties d’éther sulfurique restait liquide à iB° au-dessous de zéro; 20. qu’en ajoutant à un mélange de 1 partie d’éther et de 1 d’alcool , 1 partie d’huile fixe , il en résultait, par l’agitation , au bout de quelques minutes, deux couches, très-distinctes, l’une, inférieure, composée d’éther et d’huile, et l’autre, supérieure, presqu’uniquement composée d’alcool. ( Bulletin de Pharmacie, tom. 1 , pag. 3oo. )

1 584- Préparation. — La préparation de l’éther sulfurique n’offre aucune difficulté : l’on prend parties égales d’alcool et d’acide concentré *, l’on introduit l’alcool dans une cornue de verre , et l’on y verse peu à peu l’acide , en ayant soin de favoriser , par l’agitation , la combinaison, qui a lieu avec un grand dégagement de calorique; Fort place ensuite la cornue dans un fourneau muni de son laboratoire , et on la fait communiquer , par le moyen d une allonge , avec un ballon qui communique lui-même avec deux flacons, savoir : directement avec l’un par sa partie inférieure, et latéralement avec l’autre par un tube (pl. xxxir, fig. 2). L’appareil étant ainsi disposé, on met du feu sous la cornue, de manière à faire bouillir légèrement la combinaison de l’acide ci de l’alcool ; l’éther se produit , se va-

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