‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 62 sur 182 · DIS ÉTH EUS DU PREMIER GENRE · texte numérisé non relu

DIS ÉTH EUS DU PREMIER GENRE

porise et vient se condenser dans les récipiens ; la presque totalité se rassemble dans le flacon A: il n’en arrive que très-peu dans le flacon B. L’ébullition doit être soutenue jusqu’à ce qu’on commence à apercevoir des vapeurs blanches dans la partie vide de la cornue, ce qui a ordinairement lieu lorsque le liquide distillé est à-peu-près égal aux J de l’alcool employé. A cette époque , il ne se forme plus ou presque plus d’éther. En continuant la distillation, l’on obtient du gaz sulfureux , une petite quantité d’huile qu’on appelle huile douce du vin , du gaz hydrogène per-carboné, désigné par les chimistes hollandais sous le nom de gaz olé fiant. , du gaz carbonique, et en même temps il se dépose du charbon • ce charbon est même en assez grande quantité pour épaissir la liqueur et la rendre susceptible de boursouflement par les gaz qui se dégagent.

Si l’on suspendait l’opération avant l'époque que nous venons de prescrire , l’éther ne contiendrait qu’un peu d’alcool qui passe au commencement de la distillation , et une petite quantité d’eau ; mais comme on ne la suspend tout au plus qu’à cette époque , il s’ensuit qu’il contient en outre un peu de gaz sulfureux et d’huile douce de vin : dans tous les cas , l’on est donc obligé de le rectifier. Pour rectifier l’éther , on le met d’abord en digestion , pendant une à deux heures , avec la i5e ou 16e partie de son poids de pierre à cautère , dans un flacon que l’on agite de temps en temps 5 ensuite on le décante et on l’agite avec un poids d’eau égal au sien ; après l’avoir décanté de nouveau, on le distille à une douce chaleur sur du chlorure de calcium , en se servant d’un appareil semblable à celui qu’on emploie pour le préparer. Dans cette expérience , la potasse a pour objet d’absorber l’acide sulfureux et de fixer l’huile douce : l’eau , de dissoudre l’alcool ; et le chlorure de calcium , de retenir l’eau que dissout l’éther.

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1 585. Recherchons maintenant ce qui se passe dans l'operation , et rapportons d’abord ce que nous avons dit à ce sujet , dans notre 2e édition.

« Il paraît que l’acide sulfurique détermine, aux dé- » pens d’une partie de l’hydrogène et de l’oxigène de l’ai— » cool , la formation d’une certaine quantité d’eau , et » que les autres principes de l’alcool , se réunissant , con- » sti tuent l’éther.

» Ce qui vient à l’appui de celte théorie, c’est que l’é- » lher ne parait être que de l’alcool moins de l’hydrogène » et de l’oxigène dans le rapport de 11,71 à 88,29, qui » est celui où ces deux corps se trouvent dans l’eau. Si » les conditions de l’opération ne changeaient point , il » est évident que tout l’alcool devrait être transformé » en eau et en éther 5 mais comme la quantité d’alcool )) diminue constamment , tandis que celle de l’acide reste » la même , il arrive une époque à laquelle la réaction )) est toute autre qu’elle n’était primitivement , et I on doit » obtenir alors les mêmes produits que ceux qu’on ob- » tient en traitant l’alcool par une grande quantité d’a- » eide; savoir : de l’huile douce , du gaz hydrogène per- » carboné, de l’eau ^ du charbon, du gaz sulfureux et du )) gaz carbonique ; produits dont on conçoit sans peine )) la formation , en observant , i°. que l’huile douce ne )> paraît être que de l’éther moins de l’hydrogène et de » l’oxigène , dans les proportions nécessaires pour faire )) l’eau ; 20. que l’éther est représenté par les élémens » de 'l’eau et du gaz hydrogène per-carboné ( i5S6 ) ; » d’où l’on voit que l alcool passe à l’état d’éther lors- » qu’on lui enlève une certaine quantité des élémens de )> l’eau , à l’état d’huile douce lorsqu’on lui en enlève » davantage , et à l’état de gaz hydrogène per - carboné )> lorsqu’on lui enlève tout son oxigène avec une quan- » tité d’hydrogène convenable. Que si , dans l’opération ,

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b îl y a dépôt de charbon , c’est parce qu’une portion )> de l’hydrogène de l’alcool se porte sur une portion de » l’oxigène de l’acide sulfurique : aussi se produit-il en » même temps du gaz sulfureux , et par suite un peu de » gaz carbonique.

» Il serait facile, d’après ce qui précède, de prévenir » la formation de l’huile douce , du gaz sulfureux , du » gaz hydrogène per-carboné , du dépôt de chai hou. Ce » serait de verser de temps en temps de l’alcool sur l’acide:

)> on obtiendrait en outre une plus grande quantité d’éther.

)) C’est ce que confirme l’expérience, et ce que plusieurs » pharmaciens exécutent dans leurs laboratoires. Toute- )> fois la quantité d’alcool qu’il faut ajouter est limitée : )> on en ajouterait vainement dans l’intention d’obtenir )> de l’éther , lorsque l’acide sulfurique est trop affaibli. » M. Boullay en emploie les deux tiers de la quantité 5) primitive; il obtient ainsi deux fois autant d’éther que » par le procédé ordinaire.

Quoique la théorie que nous venons d’exposer parût bien établie, il devient pourtant nécessaire de la modifier aujourd’hui en raison d’observations sur la réaction de l’alcool et de l’acide sulfurique concentré , qui viennent d’être publiées par MM. Sert>ierner, Vogel et Gay-Lussac, observations que M. Dabit, pharmacien à Nantes , avait faites en grande partie depuis nombre d’années , et dont les chimistes n’avaient pas assez apprécié la valeur.

L’acide sulfurique subit une véritable décomposition dès que l’éther commence à se former; elle peut même avoir lieu à la température ordinaire. Cet acide passe en partie à l’état d’acide hvpo - sulfurique , et l’on retrouve celui-ci dans la liqueur intimement uni à une matière végétale nouvelle dont il est impossible de le séparer. En effet, que l’on retire la liqueur de la cornue à une époque quelconque de la préparation de l’éther ; qu’on la sature

par de la chaux, qu’on la filtre et qu’on l’évapore , on obtiendra un sel cristallisé en petites lames, qui contiendra l’acide en question. Si on dissout ce sel dans l’eau, si on y ajoute un petit excès de baryte, et si , après avoir filtré la nouvelle liqueur, on précipite l’excès de base par un coulant de gaz carbonique, une évaporation spontanée fournira de beaux prismes à quatre pans rhomboïdaux, terminés par des pyramides à quatre faces correspondantes aux pans du prisme : rien ne s’opposera alors à ce qu’on extraie l’acide de ce sel de baryte de la meme manière que nous avons extrait l’acide hypo-sulfurique pur (4^3 his ), et qu’on examine ses propriétés. Voici ce que Ton observera: i°. qu’il est liquide, incolore, très-fort, incristallisable ; 2°. qu’à la température de l’ébullition , il se change en acide sulfurique, en acide sulfureux, etc. • 3°. que, placé sous un récipient vide, à côté d’un vase plein d’acide sulfurique, il se concentre d’abord au point de paraître presqu’aussi huileux que l’acide sulfurique lui-même , et d’avoir une densité de i,3 19; qu’il se décompose ensuite, qu’il s’en dégage du gaz sulfureux, et qu’il reste dans le vase de l’acide sulfurique et un peu d’huile éthérée ; 4°. qu’il forme avec les bases tous sels solubles qui ont la plus grande ressemblante avec les hypo-suliates \ qu’il n’y a, pour ainsi dire, de différence entre ces deux genres de sels, qu’en ce que les hypo sulfates, par la chaleur, se transforment en gaz sulfureux et en sulfates , et que les autres , par exemple , celui de baryte , donnent en outre un gaz inflammable brûlant comme le gaz oîéüant , un peu d’aide carbonique, de l’eau , du charbon , et une huile éthérée dont l’odeur, mêlée à celle de l’acide sulfureux , a beaucoup d’analogie avec celle de l’éther acétique ; 5°. que l’acide hypo-sulfurique, chargé de matière végétale , a la même capacité de saturation que s’il ne contenait pas cette matière; 6°. enfin , que cette matière 11e fait en quelque sorte que changer la forme

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