‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 63 sur 182 · DES ÉTHERS DU PREMIER GENRE · texte numérisé non relu

DES ÉTHERS DU PREMIER GENRE

des hypo-sulfates. ( Voyez , pour plus de détails, Ann. de Chim . et de Phys. , t. xm , p. 62. )

Or, puisqu’aussitôt que l’éther commence à se produire, il se forme de l’acide hypo-sulfurique et une matière végétale , et qu’il 11e se dégage point de gaz , on est autorisé à admettre que l’éther n’est que de l’alcool , moins cette ma-* tière et le corps qui désoxigène l’acide sulfurique, et qui , selon toute apparence , est l’hydrogène. Mais , d’une autre part, il est bien certain que l’éther n’est réellement que de l’alcool auquel on aurait enlevé de l’hydrogène et del’oxigène dans les proportions nécessaires pour faire l’eau : par conséquent , on pourrait supposer que l’alcool se partage en deux parties • que la première s’éthérilie en abandonnant de Foxigène et de l’hydrogène dans les proportions précitées 5 que l’hydrogène fait passer l’acide sulfurique a l’état d’acide hypo-sulfurique, et que Foxigène, en s’unissant à la seconde, constitue la matière végétale nouvelle. Quant au gaz sulfureux, au gaz carbonique, à l’huile douce , au gaz hydrogène carboné, à Feau, qui se forment, et au charbon qui se dépose, lorsque, l’éther étant distillé, on continue de chauffer la liqueur , il faudrait reconnaître qu’ils proviennent de la réaction des élémens de la matière végétale , de la décomposition de l’acide hypo-sulfurique par le feu , et sans doute aussi d’altérations particulières qui résulteraient du contact de Facide sulfurique mis à nu et de la matière végétale même. La supposition que nous venons de faire pour expliquer le jeu des élémens n’est pas la seule qui puisse représenter les phénomènes connus jusqu’à ce jour; cependant nous ne dirons rien des autres ; nous observerons seulement, comme nous avons fait en parlant de la transformation du ligneux en ulmine par la potasse caustique (i4&3)- que tant qu’on ne connaîtra pas bien les proportions des agens qu’on emploie, celles des produits qu an obtient, et celles de leurs élémens respect

DES t TH ERS.

tifs, il est impossible dese rendre un compte exact de ce qui se passe dans une opération. La théorie de l'éthérification , considérée sous le nom eau point de vue que nous venons de présenter, doit laisser d’après cela beaucoup de vague dans l’esprit. Elle ne sera bien établie que par une série d’expériences analytiques faites avec beaucoup desoins. Alors on saura réellement si l’ancienne théoiie, qui était d’une grande simplicité, et qui par cela même avait un air de vérité, doit être entièrement abandonnée ou simplement modifiée. ,

1 58 6. Composition , Usages. — Nous avons vu précédemment que l’alcool était représenté par les élémens de 100 pal lies de gaz hydrogène per-carboné , et de 63p-,68 d’eau. Or , puisque l’éther est de l’alcool moins une certaine quantité d’hydrogène et d’oxigène , dans les proportions nécessaires pour faire l’eau , il doit aussi pouvoir être représenté par les élémens de ces deux corps. Tel est , en effet, le résultat de l’analyse de l’éther par M. de Saussure. Il est composé , suivant lui, de (17,98 de carbone, de t 7 ,62 d’oxigène , et de i4,4° d’hydrogène - ou bien de 100 d’hydrogène et de carbone dans les proportions nécessaires pour faire le gaz hydrogène per-carboné ; et de 25 d’hydrogène et d’oxigène dans les proportions nécessaires pour faire l’eau. {Ann. de Chimie, tom. lxxxix, p. 294. ) Mais comme en réduisant ces deux derniers poids en volume , il en résulte 102,49 mesures de gaz hydrogène percarboné et 4° de vapeur d’eau 5 que ces deux nombres ne son point en rapport simple , et qu’on ne peut représenter, en les combinant de diverses manières , la densité de la vapeur d’éther, qui est de 2,586 , M. Gay-Lussac pense que l’analyse de l’éther sulfurique par M. de Saussure n’est point exacte. Il croit que cet éiher est composé de deux volumes de gaz hydrogène pcr-caiboné et d’un volume de vapeur d’eau j ou en poids , de roo d’hydrogène

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