ES ÉTHERS DU PREMIER GENRE
per- carboné, et de 3i,q5 d’eau 5 parce qu’en effet, en ajoutant deux fois la densité du gaz hydrogène per-carboné à celle de la vapeur d’eau, c’est-à-dire 0,978 , plus 0,978 , à 0,620, on obtient 2,58 1 , qui ne diffère que de 5 millièmes de 2,586, densité de la vapeur d’éther. Cette vapeur résulterait donc de deux volumes de gaz hydrogène per-carboné et d’un volume de vapeur d’eau, condensés en un seul.
En admettant ces résultats , l’on voit que , puisque l’éther sulfurique est composé de :
2 volumes de goz hydrogène per-carboné ,
1 volume de vapeur d’eau.
Et que l’alcool l’est de :
2 volumes de gaz hydrogène per-carboné, 2 volumes de vapeur d’ean,
Il faut , pour convertir l’alcool en éther , lui enlever la moitié, de l’eau qu’il renferme. ( Lettre de M. Gcvy- Iaissclc à M. Clément , dnn. de Chimie , t. xcv, p. 3n. ) L’éther est principalement employé en médecine. Uni à l’alcool, il forme la liqueur d’Hoffmann,
1587. Ethers phosphorique et arsenique. — Ces éthers , dont la découverte est due à M. Boullay , sont absolument les mêmes que l’éther sulfurique; ils ne peuvent être obtenus qu’en faisant passer l’alcool par petites portions à travers les acides phosphorique et arsenique , concentrés et échauffés convenablement.
A cet effet , M. Boullay se sert d’une cornue tubulée qui communique avec l’appareil déjà décrit précédemment (108/4) ■> et dont la tubulure reçoit un tube creux de cuivre , d’une forme particulière. Ce tube, effilé par la partie inférieure , pénètre jusqu’au centre de l’acide, s’élève audessus de la tubulure d’environ un décimètre , se renfle
dans son milieu à partir de cette tubulure même, et porte deux robinets , l’un au-dessus et l’autre au-dessous du renflement. L’acide étant introduit dans la cornue , on remplit d’alcool l’espace yide qui sépare ces deux robinets, et lorsque la température est suffisamment élevée , Loti fait tomber l’alcool pour ainsi dire goutte à goutte, en tournant un peu le robinet inférieur. La densité de l’acide pliospborique doit être de 1,46, et sa température de 90°. Quanta l’acide arsénique, il doit être dissous dans la moitié de son poids d’eau , et porté à la température capable de faire bouillir la dissolution. Dans les deux cas, on peut faire passer à travers l’acide un poids d’alcool égal au sien.
L’alcool ne subit aucune altération au commencement de l'expérience : ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’il s’éthérifie , et ce n’est d’ailleurs qu’en rectifiant le produit à plusieurs reprises qu’on parvient à obtenir pure la petite quantité d’éther qu’il contient, surtout avec l’acide arsenique. I! faut avoir pour cela recours à plusieurs distillations successives, et ensuite à un lavage. ( Boullay , Journal de Pharmacie , t. 1. )
Puisque ces deux éthers sont les mêmes que l’éther sulfurique y il se passe probablement, dans leur formation quelque chose d’analogue à ce qui arrive dans celle de l’éther sulfurique ; c’est ce que tendent à confirmer les expériences de M. Lassaigne relativement à l’éther phosphorique ( Ann . de Chim. et de Phys. , t. xm , p. 294 ) : aussi l’acide pliospborique , dans son action sur l’alcool , peut-il donner lieu, comme l’acide sulfurique, à de l’huile douce , à du gaz hydrogène per-carboné, et à un dépôt de charbon. Il est vrai que l’acide arsenique n’est pas doué de cette propriété.; mais, au reste, nous devons le redire, de nouvelles expériences sont nécessaires pour établir les théories proposées.