‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 71 sur 182 · T> E L!INDIGO · texte numérisé non relu

T> E L!INDIGO

sulfurique * il suffit d’y ajouter de la limaille de fer et de zinc : c’est sans doute l’hydrogène à l’état de gaz naissant qui produit cet effet. La dissolution ne devient pas jaune ; elle prend une couleur d’un gris très-pâle, et cependant elle repasse au bleu par le contact de l’air. ( Ami , de chim. et de Phys. , tome vin, page 442*)

1616. Etat naturel. — L’indigo n’a été trouvé jusqu’ici que dans un très-petit nombre de plantes appartenant aux genres indigofera , isatis et nerium.

C’est surtout du genr e indigofera qu’on l’extraft : ce genre fait, partie delà famille des légumineuses ; il renferme plusieurs espèces qui, probablement, pourraient toutes fournir de l’indigo. Ctdles d’où on le retiré sont cultivées à la Chine, a.u lapon , aux Indes, â Madagascar, en Egypte et dans les colonies de l’Amérique 5 on en distingue trois principales : i°. I indigo franc, indigofera tinctoria : c’est la plus petite , la plus riche en principe colorant; mais l’indigo qu elle fournit est le moins estimé ; 20. \ indigofera disperma : elle est plus élevée et plus ligueuse que la précédente, et donne .un meilleur indigo ; on la cultive â Guatimala; 3°. V indigofera argente a: c'est de cette dernière qu’on retire le plus bel indigo , elle n’en contient qu’une très-petite quantité. M. Cbevieul, qui a fait l’analyse des tiges del 'indigofera anif a trouvé, t°. que le suc de ces tiges contenait de l’indigo an minimum d’oxidation , de la matière végéto-nnimaîe coagulablepar la chaleur, une certaine quantité d’une matière verte et d’une matière jaune extractive , toutes deux solubles dans l’alcool 3 du mucilage, un sel calcaire, des sels alcalins; 20. que la fécule verte, c’est-à-dire , la substance tenue en suspension dans le snc non filtré, renfermait de l’indigo , de la cire , de la résine verte , de la matière animale , et une matière rouge particulière; 3°. que le marc exprimé était formé 5 pour la plus grande partie, des débris ligneux de la

356 bis matières colorantes.^

plante. Ces résultats sont sensiblement analogues à ceux que ce chimiste avait obtenus en analysant d’abord les feuilles d ' isatis tinctoria. (. Ann.de Chim.,1. lxviii, p. 284*)

1617. Préparation. — Lorsque la plante est parvenue à son degré convenable de maturité, on en coupe les feuilles, qu’on lave d’abord ^ que l’on met ensuite dans une cuve avec une quantité d’eau assez grande pour les recouvrir d’environ un décimètre de ce liquide et que l’on maintient dans cette position par des planches chargées de poids. Bienfot la fermentation s’établit ; la liqueur devient verte ^ légèrement acide, se couvre de bulles et présente un grand nombre de pellicules irisées ; alors on la fait écouler dans une autre cuve placée au-dessous de la première; on l’agite et on y ajoute une certaine quantité d’eau de chaux qui facilite la séparation de l’indigo. Le dépôt étant fait, on décante la liqueur, on lave l’indigo par décantation , puis on le fait égoutter et sécher à l’ombre.

On peut , par un procédé semblable , extraire l’indigo du pastel ou isatis tinctoria : seulement , au lieu de se contenter de laver le précipité qu’occasione la chaux», il faut le traiter ensuite par l’acide hydro-chlorique faible, et le soumettre à de nouveaux lavages (a).

L’indigo ainsi obtenu est celui qu’on trouve dans le commerce. On en distingue trois sortes : i°. l’indigo flore ou guatimala : il est moins impur ^ et par conséquent d’un plus grand prix que les deux autres; 20. l’indigo cuivré, ainsi nommé à cause de la teinte cuivreuse qu’il acquiert quand on le frotte avec un corps dur ; 3°. enfin l’indigo de

(a) Le précipité est vert- il doit cette conleur à un mélange de jaune et de bleu. En le traitant par l’acide hydro-chlorique, on enlève non-seulement la chaux, mais encore on rend la matière jaune plus soluble dans l’eau, '.toutefois, après avoir été ainsi traité, il contient encore bien plus de matière étrangère que d’indigo ordinaire. ( Voyez Traité de M. Puymaurin.)

troisième qualité , tel que celui qu’on nous envoie de la Caroline. Le premier est plus léger que l’eau ; les deux autres sont , au contraire, spécifiquement plus pesans.

On parvient à les purifier presque complètement en les traitant d’abord par l’eau, puis par l’alcool , et enfin par l’acide hydro-cblorique.

L’indigo guatimala ainsi traité a fourni à M. Clievreul ( Ann . de Chim. , tom. lxvi, p. 20) :

/matière verte imie à l’ammoniaque. .

En dissolution /un peu d'indigo désoxidé .

dans l’eau, \extraciif . . .

t gomme .

•w-y j • 1 • f matière verte .

En dissolution 1 , . ( , „

dans l’alcool 1 resine rOUSe . ôo

[un peu d indigo. . .

En dissolution f résine rouge . . 6

dans f acide/ carbonate de chaux . 2

hydro-chlo- j oxide rouge de fer . f

rique. (alumine . J

Un résidu for- (silice . . . 3

mé de . (indigo pur . 4 5

On pourrait donc se servir de ce procédé dans les laboratoires pour se procurer de l’indigo presque pur ; mais lorsqu’on veut avoir cette matière colorante exempte de toutes matières étrangères , il vaut mieux employer le suivant. Celui-ci , que nous devons à M. Clievreul, consiste à mettre , par exemple , 5 décigrammes d’indigo ordinaire réduit en poudre, dans un creuset de platine ou d’argent , à fermer exactement ce creuset , et à le placer sur quelques charbons incandescens. L’indigo se sublime et s’attache en cristaux à la partie moyenne du creuset.

On pourrait encore s’en procurer qui serait sensiblement pur, en dissolvant l’indigo du commerce dans le sulfate de

fer ei les alcalis, décantant la dissolution bien claire et l’agitant dans l’air : b enlôi , en effet , l'indigo absorberait l’oxigène , deviendrait insoluble, et formerait une sorte d’écume qu’il sulllrait de laver d’abord avec de l’acide hydro-chlorique faible , et ensuite avec de l’eau. M. Roard s’est même servi de ce procédé pour purifier en grand des indigos très-impurs qui provenaient du pastel.

Du Principe colorant du Safran .

1617 bis . Suivant MM. Bouillon-Lagrange et Vogel, 011 parvient à obtenir ce principe en faisant chauffer 1’ infusion aqueuse des stigmates de safran jusqu’à ce qu’elle soit réduite en consistance d’extrait, traitant cet extrait par l’alcool concentr é , fi trant la liqueur et l’évaporant à siccilé : le résidu, d’après ces chimistes , est le principe colorant pur. Mais, comme ce principe 11’est pas cristallisé , il nous semble qu’on ne saurait répondre de sa pureté, et qu’il est probablement mêlé avec quelques* substances étrangères. L’on peut en dire autant de toutes les autres matières colorantes que l’on a cherché à isoler ( 169A , 1698 bis et iyo5). Quoi qu’il en soit , voici les propriétés que présente le principe colorant du safran.

Son odeur est suave , sa saveur est piquante et amère. Soumis à l’action du feu , il se décompose , et donne de l’ammoniaque, indépendamment des produits qui proviennent de la distillation des matières végétales. Sa dissolution aqueuse, exposée pendant quelque temps , dans un flacon bien bouché , aux rayons solaires , se décolore entièrement. Mise en contact, à ia température ordinaire, avec les acides sulfurique et nitrique, elle offre des phénomènes remarquables : le premier lui communique une couleur d’un beau bleu d’indigo qui passe ensuite au lilas, et le second une couleur verte. Le chlore la blanchit et la dé-

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