DE LA TEINTURE
cool, le mélange se trouble peu à peu , et forme en quelques jours un dépôt qui n’est composé que de carminé pure. Toute la matière grasse reste avec un peu de matière colorante dans l’alcool élhéré.
Usages. C’est à la carminé que l’écarlate et le carmin doivent leur couleur; pure, elle est sans usages. {Voyez 1687 — 1646, les articles Cochenille , Ecarlate 9 Carmin.)
De la Teinture.
1618. La teinture est un art qui a pour objet de fixer les matières colorantes sur certaines substances.
Les principales substances que l’on teint sont les fils et les tissus de coton, de chanvre, de lin, de laine et desoie. Pour les teindre, il faut en générai les soumettre à trois opérations : la première consiste à les blanchir plus ou moins parfaitement ; la seconde, à les unir à des corps qui augmentent leur affinité pour les matières colorantes , et que l’on désigne par le nom de mord ans ; la troisième, à dissoudre ces matières et à plonger le corps à teindre dans le bain qui en résulte. Cependant , dans quelques circonstances , l’on fait une quatrième opération : l’on aère la couleur , afin de l’aviver. Dans quelques autres, au contraire, on supprime la seconde : c’est lorsque la matière colorante est insoluble dans l’eau.
Les fils, et les tissus destinés à la teinture devant être blanchis plus ou moins parfaitement , l’on distingue deux sortes de blanchiment. La première, moins parfaite que la seconde , ne peut suffire que dans le cas où l’on veut obtenir des teintes foncées : elle s’appelle décreusage lorsqu’on opère sur le lin , le chanvre , le colon et la soie , et désuintage lorsqu’on opère sur la laine. La seconde n’est d’usage que pour les (ils ou les tissus qui doivent recevoir une teinte légère ou partielle , comme dans les
DU DÉCREUSAUE. 363
toiles peintes : elle conserve le nom de blanchiment proprement dit.
Nous allons traiter de chacune de ces opérations en particulier.
Du Dé creusage.
1619. Le décreusage est une opération par laquelle on se propose d’enlever aux fils et aux tissus de coton , de I lin, de chanvre et de soie, les corps étrangers qui les re~
1 couvrent , qui eu altèrent plus ou moins la blancheur , en diminuent la flexibilité, et s’opposent à Faction des ma- I tières colorantes.
Le lin , le chanvre et le coton se décreusent de la meme manière. Quant à la soie , elle se décreuse d’une manière particulière.
1 (Î20. Décreusage du lin , du chanvre et du coton. — Supposons que l’on veuille décreuser ioo kilogrammes de fils ou de tissus de coton , de chanvre ou de lin , on les fera bouillir dans l’eau pendant deux heures -, puis , après les avoir laissé égoutter, on les remettra sur le feu avec i5 seaux d’eau et i kilogramme et demi de soude du commerce si l'opération se fait sur le coton, et 2 kilogrammes si elle a lieu sur le fil : dans tous les cas , l’alcali devra avoir été rendu caustique par la chaux. L’ébullition sera soutenue , de nouveau , pendant deux heures • après quoi les fils ou les tissus seront lavés à grande eau et ensuite exposés à l’air. Quelquefois, cependant, l'on se contente, par économie, de décreuser les fils de lin et de chanvre, en les faisant tremper dans une lessive ordinaire, à la température de l’atmosphère, pendant vingt-quatre heures.
1621. Dêcreusage de la soie. — On distingue deux espèces de soies : la soie écrit blanc , et la soie écru jaune. Cell e-ci , d’après les expériences de M. Roard , est formée de o,23 à o,2q d’uae matière gommeuse j de à