DE LA TEINTURE
d’une matière grasse analogue à la cire ; de -U à ■=?- de matière colorante 5 d’une quantité presque inappréciable d’une matière huileuse odorante, et de 0,72 à 0,^3 de soie pure. L’autre ne paraît en différer qu’en ce qu’elle ne contient point de matière colorante, et qu’elle est un peu moins gommeuse.
Le décreusage de la soie doit être fait de manière qu’elle ne perde rien de sa solidité : on y parvient en la traitant , à la température de l’ébullition , par des quantités variables de savon et d’eau. Celui de la soie jaune, pour les couleurs foncées , s’opère à Lyon , en employant 1 partie de savon sur 4 de soie , et maintenant l’ébullition pendant 4 heures. Celui qu’on pratique pour les couleurs claires ou pour le blanc n’est pas toul-cà-fait le même : on le partage en deux parties ; la première prend le nom de dégommage , et la seconde de rebouillage ou de cuite . Dans le dégomthage , on emploie 3o parties de savon pour 100 de soie , et l’on fait bouillir la dissolution pendant 1 5 minutes. Dans la cuite, on emploie la même quantité de savon que dans le dégommage*, mais, au lieu de tenir la soie pendant i5 minutes dans la dissolution bouillante , on l’y tient pendant quatre heures. Une ébullition aussi long-temps soutenue altère toujours la soie sans contribuer à son décreusage 5 c’est ce que M. Roard a parfaitement constaté : aussi décreuse-t-il toutes les soies , écru blanc ou jaune, en les faisant bouillir pendant une heure avec quinze fois leur poids d’eau et plus ou moins de savon , selon les couleurs qu’il veut obtenir : seulement il a le soin de plonger les soies dans le bain une demi-heure avant qu’il ne bouille , et de les retourner souvent. ( Voyez Ann . de Chimie 3 tom. lxVj pag. 44- )
DU DÉSUINTAGE.
Du Désuintage.
1622. La laine est naturellement enduite d’une matière brune à laquelle on donne le nom de suint , et que M. Vauquelin a trouvé formée : i°. d’un savon à base de potasse qui en fait la plus grande partie ; 20. d’un peu de carbonate, d’acétate et d’hydro-chlorate de potasse, 3°. de chaux, dont il ignore l’état de combinaison; 4°- d’une matière animale à laquelle le suint doit son odeur particulière. Plus une laine est fine , plus elle contient de suint. Celle des ménnos en contient les deux tiers de son poids , tandis que les laines communes n’en contiennent que le quart du leur : aussi les premières sont-elles plus colorées que les secondes. Dans tous les cas , on les désuinte par l’un des deux procédés suivans.
Le premier consiste à faire tremper les laines que l’on veut désuinter dans de l’eau mêl^e avec le quart de son poids d’urine putréfiée, c’est-à-dire d’urine ammoniacale, et à les remuer de temps en tenqîs , en ayant soin d’entretemi 1 eau a une température «assez élevée pour qu’on puisse à peine y tenir la main. Au bout d’un quart d’heure, on les retire de la chaudière , on les fait égoutter et on les porte à la rivière , où elles sont lavées dans de grands paniers jusqu’à ce que l’eau en sorte limpide : alors on les fait égoutter de nouveau , et on les fait sécher au soleil. L’eau restée dans la chaudière sert à de nouvelles opérations. Il
paraît que le suint quelle contient agit à la manière d’un savon.
Le second procédé ne diffère du premier qu’en ce que 1 on n emploie pas d urine : du reste la dissolution de suint qui en resuite sert également à des opérations subséquentes.
Quelquefois on ajoute une très- petite quantité de savon au bain.
BU BL4SCHIMEHT.
Du Blanchiment.
i6^3. On sait depuis long-temps que les fils et les tissus de chanvre, de lin, de coton, peuvent acquérir un grand degré de blancheur par le contact successif et long-temps prolongé de l’air, de l’eau et de la lumière; mais ce procédé, que l’on a suivi exclusivement jusque il y a environ vingt-quatre à vingt-cinq ans, a nonseulement l’inconvénient d’être long , mais de nuire toujours à la solidité des matières que l’on blanchit. M. Berthoilet nous en a fait connaître un bien plus prompt , et qui altère bien moins les fils et les tissus , lorsque son application est dirigée avec prudence (a).
Les fils et les tissus de chanvre, de lin et de soie, doivent être regardés comme des composés de fibres blanches unies à une certaine quantité de matière colorante. Celte matière est insoluble dans l’eau , dans les acides , et peu soluble dans les alcalis ; mais le chlore la détruit en s’emparant d’une portion de son hydrogène; il la transforme en une nouvelle substance toujours insoluble dans beau et dans les acides , mais très -soluble dans « . '
les alcalis. C’est sur ces faits qu’est établie la théorie du procédé de M. Berthollet.
Suivant ce célèbre chimiste , les fils et les tissus de chanvre, de lin, de coton , se blanchissent en les faisant tremper dans l’eau pendant quelques jours , les lessivant à plusieurs reprises , les plongeant après chaque lessive dans le chlore liquide , les traitant par l’acide sulfurique très-faible , les lavant à grande eau après chaque opération 7 les azurant, les tordant , et enfin les laissant sécher.
(«) L’ancien procédé, qu’on pratique encore dans un grand nombre de manufactures , consiste à lessiver les tou es de temps en temps , à les étendre sut le pré , et à les arroser deux ou trois fois le jour.
DU BLlîîCHIMETîT.
L’eau dans laquelle on les plonge d’abord établit un commencement de fermentation qui , selon M. Berthollet 7 favorise la séparation de la matière colorante , et surtout du parou , dont les tisserands enduisent la chaîne dans le tissage des iodes. Le chlore et la potasse agissent comme nous venons de le dire. Une seule immersion dans le chlore ne suffit point , parce que la nouvelle matière qui se produit s’oppose à l’action du chlore sur les couches intérieures de matière colorante; et de là, par conséquent, la nécessité de faire plusieurs lessives ainsi que plusieurs immersions. L’acide sulfurique sert à dissoudre une certaine quantité d’oxide de fer qui , dans le cours de l’opération , se dépose sur le coton , et lui donne une légère teinte jaunâtre ; enfin par les lavages on se propose de séparer le liquide dont le coton est imprégné.
Il est nécessaire de ne faire usage que d’eau très-limpide. ]1 faut aussi , i°. que la dissolution de chlore ne soit pas trop concentrée ; 20. que les lessives ne soient pas trop fortes ; 3°. que l’acide sulfurique soit étendu de soixantedix fo?§ son poids d’eau ; enfin que l’action de ces agens soit prolongée pendant un certain temps. O11 juge de la concentration du chlore par son action sur l’indigo : il est au point de force convenable lorsqu’il peut détruire la couleur d’une fois et demie à deux fois son volume d’une dissolution faite d’abord avec une partie d’indigo et 7 parties d’acide sulfurique , et étendue ensuite de neuf cent quatre-vingt-douze fois son poids d’eau. Quant aux lessives, il faut, pour les obtenir , mettre dans un cuvier une certaine quantité de chaux vive , l’éteindre , jeter dessus deux fois son poids de potasse du commerce ou de sous-carbonate de soude , puis ajouter une certaine quantité d’eau plus ou moins grande, selon la force qu’on veut donner à la lessive. On brasse le tout , et on abandonne l’opération à elle-même. Bientôt un dépôt abondant