‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique (volume 5)Chapitre 82 sur 182 · DES TEINTURES EN BLEU. 3$C · texte numérisé non relu

DES TEINTURES EN BLEU. 3$C

On peut employer pour une partie de laine alunée ~ de partie de bois , i5 à 20 parties d’eau , de partie de vertde-gris.

Le campêclie ne sert pas seulement à teindre la laine en bleu - on s’en sert encore pour la teindre en violet, ainsi que la soie; alors on se contente d’aluner ces substances sans rien ajouter au bain. La laine se teint au bouillon , et la soie à la température de 3o à 60 degrés. Le campêche entre aussi dans la composition des bains de teinture en noir , comme donnant à cette teinte du lustre et du velouté. Enfin , en le mêlant avec d’autres substances colorantes , on obtient un grand nombre de couleurs composées.

ifc>58. Teinture en bleu de Prusse ou de prussiate de fer. — La teinture en bleu de Prusse ne prend bien que sur la soie : elle ne s’exécutait , il y a quelques années, que dans les laboratoires, parce qu’on nel’oblenait jamais que terne; mais en 181 1 , époque à laquelle M. Raymond est parvenu à l aviver , et à la rendre tout à la fois foncée et brillante , les arts s’en sont emparés , et versent aujourd’hui dans le commerce , sous le nom de bleu Raymond , une grande quantité de soies teintes en bleu de Prusse.

Pour teindre la soie, il faut, après l’avoir décreusée, la plonger pendant un quart d’heure, à la température ordinaire, dans de l’eau contenant environ la vingtième partie de son poids d’hydro-cldorate de tritoxide de fer, la laver, la tenir pendant demi-heure dans un bain de savon presque bouillant , la laver de nouveau, et la mettre à froid dans une dissolution très- faible de prussiate de potasse , acidulée par l’acide sulfurique ou l’acide hydro-chlorique. Dès que la soie y est plongée, elle devient bleue > et n’a plus besoin , au bout d’un quart d’heure, que d’être lavée et séchée pour être versée dans le commerce. Dans cette opération , la soie s’empare d’une certaine quantité du sel ferrugineux ; le savon enlève l’acide de ce sel ; l’acide sulfu-

DU TOUR NESOL

rique ou l’acide hydro-chlorique s’unit à la potasse du prussiate de potasse, et l’acide prussique se porte sur l’oxide de fer retenu par la soie.

Cette couleur se ternit au soleil , et reprend tout son éclat à l’obscurité.

Du Tournesol .

1609. Le tournesol a une couleur d’un bleu violet ; il existe dans le commerce sous deux états differens : en pain et en drapeau. Le tournesol en drapeau se prépare au village de Grand-Gallangues, près Montpellier, en imprégnant des chiffons de suc de crolon tinctorium , plante annuelle et herbacée, et les exposant à la vapeur de l’urine putréfiée. On l’exporte en Hollande, où l’on assure qu’il est employé pour colorer extérieurement les fromages.

Le tournesol en pain se fait en Hollande. On a cru pendant long-temps que les Hollandais se servaient à cet effet du tournesol en drapeau ; mais on sait aujourd’hui qu’ils le préparent avec le lichen roccella des Canaries ou du cap Vert , ou avec la mousse de Suède. Ils mêlent ce lichen , réduit en poudre , avec la moitié de son poids de cendres gravelées bien pilées , et humectent le mélange avec de l’urine humaine pour le faire entrer en fermentation. Lorsque la masse a pris une teinte rouge , ils l’arrosent de nouveau avec de l'urine et la remuent ; par ce moyen elle devient d’un bleu violet dans l’espace de quelques jours : alors ils divisent la pâte pour en modérer la chaleur , la mêlent avec un tiers d’excellente potasse et une nouvelle quantité d’urine, ce qui en fonce beaucoup la couleur, puis ils y ajoutent de la craie pour en diminuer le prix, la moulent et la font sécher.

M. Chaptal est parvenu à faire une couleur analogue y mais moins belle , avec le lichen parellus. ( Chimie appliquée aux arts , t. m, p. 3.)

DE LA. TEINTURE EN NOIR ET EN GRIS. 3()ï

Le tournesol est très-altërable par les acides , meme les plus faibles ”, c’est ce qui fait que nous nous servons de sa di ssoîution pour déceler leur présence. Sa couleur primitive est le rouge -, et s’il nous offre une teinte bleue , elle est due aux alcalis avec lesquels il est toujours combiné.

De la Teinture en noir et en gris.

1660. La matière colorante de celte teinture est un composé de tritoxide de fer , d’acide gallique et de tannin*, elle est insoluble dans l’eau. Sa couleur naturelle est d’un gris violet 5 elle ne semble noire qu’aulant qu’elle est concentrée : par conséquent , en fixant une grande quantité de cette matière sur les étoffes, elles paraîtront noires, et: en en fixant de moins en moins, elles passeront depuis le gris violet le plus brun jusqu’au plus clair. Que l’on tienne pendant deux heures 1 partie de coton dans i5 parties d’eau bouillante, à laquelle on aura ajouté ^ de partie de noix de galle en poudre et autant de campêche; qu’on plonge ensuite le coton pendant deux à trois heures dans un bain presque bouillant, formé de i5 parties d’eau et de 1 partie de pyro-lignate de fer, et l’on obtiendra un noir foncé. En employant deux fois moins de noix de galle, de campêche et de pyro-lignate , il en résultera du gris. Dans la teinture noire en grand , on commence d’abord par donner un pied de bleu à la laine , au colon et au lin que l’on veut teindre } puis on les combine avec le principe astringent provenant d’une substance quelconque, et enfin on les passe dans un bain formé de sulfate de fer, de vert-de-gris et de campêche. Quant à la soie , elle ne reçoit jamais de pied de bleu.

Bga DE LA TEINTURE EN COULEURS COMPOSÉES.

De la Teinture en couleurs composées .

1661. Nous ne décrirons point d’une manière particulière les procédés par lesquels on parvient à obtenir ces couleurs. Nous nous contenterons de dire qu’ils consistent , en général, à plonger le corps à teindre successivement dans divers bains coiorans , ou quelquefois dans un seul formé de diverses matières colorantes : c’est ainsi que tous les verts se font , en passant les fils ouïes tissus , d’abord dans un bain bleu , et ensuite dans un bain jaune.

Le violet , le pourpre , le colombin , lamaran-tlie, le lilas les nuances pensée, mauve et beaucoup d’autres se préparent en fixant sur l’étoffe une plus ou moins grande quantité de bleu et de rouge ; le coquelicot , le brique, le capucine , l’aurore, les mordorés , les cannelles , etc. , en l’imprégnant de rouge et de jaune.

Telles sont les différentes notions que nous nous sommes proposé de donner sur l’art de la teinture ; ceux qui voudront en avoir de plus précises et de plus étendues devront consulter les ouvrages qui traitent particulièremen de cet art, et surtout les ouvrages de MM. Berthollet et Cbaptal.

SECTION VI

Des Substances veg éto- animales.

Du Gluten.

1662. Le gluten est une matière de nature animale, qui , mêlée intimement avec l’amidon , le sucre , l’albumine , le mucilage , etc. , constitue la partie intérieure de plusieurs graines céréales, du seigle et surtout du froment. C’est à Beccaria r chimiste italien , qu’on en doit la découverte.

Pour extraire le gluten , il faut faire une pâte avec de la farine de froment , et la malaxer sous un filet d’eau, jus-

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