DE LA CÉLINE
ajoute de l’alcool très -rectifié , il en résulte un précipité blanc, floconneux , assez volumineux, qui , lavé avec beaucoup d’alcool et séché , ne forme pas tout-à-fait le dixième de la quantité de bassorine employée, et qui présente toutes les propriétés de la gomme arabique. En évaporant peu à peu la liqueur alcoolique, l’on obtient un résidu liquide, jaune, épais , légèrement acide, dont la saveur amere est toute particulière , qui n’est troublé ni par la chaux ni par la potasse , mais qui devient rouge a\ee ces deux alcalis, et exhale une odeur forte d’ammoniaque avec le dernier. (M. Vauquelin, Bull, de Pharrn . , tom. ni , p. 56, Thèse de M. Pelletier sur les gommes-résines , p. 28.)
De la Céline.
Nous savons, d’après M. Chevreul, qu’il existe dans le tissu cellulaire du liège une matière grasse. Ce chimiste a cru devoir lui donner le nom de cèrine , parce qu’il lui a trouvé des propriétés qui la rapprochent de la cire -, mais cette matière ne serait-elle pas composée de deux substances grasses plus ou moins analogues à la stéarine et à l’élaïne ?. ... C’est ce que les belles expériences de M. Chevreul lui-même sur les corps gras permettent de soupçonner.
De V Emétine.
1668. C’est à la matière vomitive de l’ipécacuanha 9 matière que MM. Magendie et Pelletier sont parvenus les premiers à isoler, que nous donnerons, avec eux, le nom d "émétine. Le procédé qu’ils emploient pour l’extraire est facile à exécuter. Ils mettent d’abord l’ipécacuanha pulvérisé en contact avec de l’éther sulfurique , à la température de 3o degrés ; lorsque l’ipécacuanha ne cède plus rien à l’éther , renouvelé convenablement , ils le
^00 BE l’ÉMÊTIÏÏE.
traitent de la même manière par l’alcool , en portant la chaleur jusqu’à près de 80 degrés, ensuite ils évaporent les dissolutions alcooliques au bain-marie et versent de l’eau sur le résidu : après quoi la liqueur filtrée est mise en macération avec un peu de carbonate de magnésie , puis filtrée de nouveau et réduite en consistance d’extrait ; alors iis font chauffer cet extrait avec de l’alcool , et obtiennent l’émétine pure par l’évaporation de la dissolution. L’éther a pour objet d’enlever une matière grasse , odorante , et l'alcool de dissoudre l’émétine ; mais comme celui-ci dissout en même temps un peu de cire , de matière grasse et d’acide gallique , il faut nécessairement en séparer ces trois corps , et de là la raison pour laquelle on emploie successivement l’eau , qui n’a aucune action suc le corps gras , et le carbonate de magnésie , qui , en s’emparant de l’acide gallique , le rend insoluble dans 1 alcooi*
Desséchée , l’émétine est sous forme d écaillés transparentes et d’un brun rougeâtre : il est impossible de 1 obtenir cristallisée. Son odeur, qui est tres-faible , rappelle un peu celle du sucre caramélé \ sa saveur est amère , légèrement âcre, sans avoir rien de nauséabond.
Au-dessous de la température de ioo°, l’émétine n éprouve aucune altération ; mais à une chaleur supérieure , elle se boursouffle , noircit, et se décompose en donnant lieu à tous les produits provenant de la distillation des substances végétales qui ne contiennent point d azote.
Exposée à l’air, elle en attire l liumidite et tombe en. déliquescence : aussi est-elle très-soluble dans 1 eau.
L’acide sulfurique faible n’a aucune action sur 1 étnetine \ celui qui est concentré la charbonne. L’acide nitrique la détruit à laide de la chaleur, et donne lieu , selon toute apparence, à tous les produits qui résultent de la réaction de cet acide et du sucre. Les acides hydeo-chlorique, phosphorique , acétique, la dissolvent sans lui faire éprouver
«3 alteration. L acide gallique , au contraire , la précipité de sa dissolution aqueuse ou alcoolique, et lui fait perdre ses propriétés vomitives. L’infusion de noix de galle la précipite également.
Les alcalis ne la dénaturent que lorsqu’ils sont concentrés.
Parmi les sels , il n’y a que l’acétate de plomb , le protonitrate de mercure, l’hydro-chlorate de deutoxide mercuriel , et l’hydro- chlorate d’étain qui troublent l’eau dans laquelle elle est dissoute, et encore les précipités que forment ces trois derniers sels sont-ils très-légers ; il en est de même de la décoction de quinquina. Enfin l’émétique , et en général les sels végétaux , le sucre , la gomme , la gélatine , les éthers , les huiles , sont sans action sur l’émétine.
Ses effets sur 1 économie animale sont très-énergiques ; a la dose de quelques grains , elle excite le vomissement et provoque au sommeil; à une dose beaucoup plus forte elle déterminé en outre une violente inflammation du tissu propre du poumon et de la membrane muqueuse du canal intestinal , à laquelle l’animal succombe.
C’est d’après l’ensemble de ces résultats que MM. Magendie et Pelletier ont considéré 1 émétine comme line subtance nouvelle. Des recherches ultérieures ne feront sans doute que confit mer le rang qu’ils lui ont assigné. ( Journ . de Pharmacie , tom. ni , p. i/{5.)
De V Extractif.
Lorsqu’on évapore jusqu’à consistance de miel ou Jus« qu’à siccilé , le suc, les infusions, ou les décoctions des végétaux , on obtient pour résidu une substance connue dans les pharmacies sous le nom d "extrait.
Il est évident , d’après cet aperçu ? que la composition
ni.
DE LA FUKGINE.
des extraits doit être très -compliquée et très-variabîe 9 puisqu’ils contiennent tous les corps solubles qui se trouvent dans le végétal d’où ils sont tirés. Les chimistes sont d’accord sur ce point ; mais plusieurs d’entr’eux pensent que les extraits renferment un principe particulier qu’ils proposent de nommer extractif, tandis que d’autres , dont nous partageons depuis très -long -temps l’opinion, soutiennent au contraire que l’extractif n’existe point : ce qu’il y a de certain , c’est que jusqu’à présent il a été impossible de l’obtenir pur. Ceux qui admettent son existence disent, i°. qu’il est d’une saveur amère, d’un brun foncé, brillant, fragile et cassant lorsqu’il est sec ; 20. qu’il donne à la distillation une liqueur acide et ammoniacale ; d°. qu’il est soluble dans l’eau et dans l’alcool ; 4°* qu’il- se combine avec la plupart des oxides métalliques -, 5°. enfin qu’il s’unit à l’oxigène et devient insoluble dans l’eau, propriété que l’on peut constater en le traitant par les acides trèsoxigénés, ou en le dissolvant et l’évaporant un grand nombre de fois.
De la Fungine.
M. Braconnot propose d’appeler ainsi la substance charnue qui forme la base des champignons , et que l’on obtient pour résidu lorsque l’on traite ceux-ci par l’eau bouillante aiguisée d’un peu d’alcali.
La fungine est plus ou moins blanche , mollasse , insipide , peu élastique. 1
Lorsqu’on la torréfie , elle répand bientôt l’odeur du pain grillé. Exposée à la flamme d’une bougie , elle s’enflamme promptement. Décomposée par le feu , dans une cornue , elle donne tous les produits qui proviennent de la distillation des matières animales, et un charbon dont la cendre est composée de phosphate de chaux, de phos-» p hâtes d’alumine et de fer, et de carbonate calcaire.