P E S BOIS
La manne n’est employée qu’en médecine; on l’administre comme purgatif ; le plus souvent on l’associe au séné et au sulfate de magnésie ou de soude.
MM. Proust, Thénard , Bouillon-Lagrange ont fait sur celte substance des recherches doni Ton trouve les résultats Annales de Chimie , tom. lvii , pag. ^4^5 tom. lix* pag. 5i ; et Journal de Pharmacie , t. ni, p. io.
Des Bois.
169*2. Les bois ont tous pour base la fibre ligneuse ^ ils en contiennent au moins les 0.95 à 0,96 de leur poids. Cependant il existe une grande différence entre leur pesanteur spécifique : les uns sont beaucoup plus légers que i’eau , et les autres beaucoup plus lourds: aussi les premiers , en raison de la division de leurs fibres , brûlent-ils bien plus facilement que les seconds.
On pourrait diviser les bois en colorans, en résineux, et en non colorans et non résineux : faute de meilleure, nous adopterons cette division.
Bois colorans. — Les principaux bois colorans sont ceux de Brésil , de campèche , de bois jaune , de sumac et de santal rouge. o i
Nous avons parlé des quatre premiers précédemment (i636, 164b, 1667 , 1674) Nous allons examiner le dernier sous le rapport de la nialière colorante qu’il contient, matière dont M. Pelleiier a étudié les propriétés il y a quelques années. ( Bulletin de Pharmacie , tom. vi , pag. 434. ) >
Ce bois est celui du pterocarpus santalinus , arbre qui croît dans les Indes orientales. Il suffit de le diviser et de le traiter, à plusieurs reprises, par de l’alcool presque bouillant pour en extraire une grande partie de la matière colorante ; elle se dissout dans ce liquide , et s’obtient pure eu évaporant la dissolution jusqu’à siccité.
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Cette matière ainsi obtenue est ronge, solide et en masse. Soumise a Faction du feu , elle se ramollit et se fond à en- •viron î oo°, puis se décompose à la manière des substances végétales hydrogénées , sans produire d’ammoniaque.
Elle n’est que très peu soluble dans l’eau , même dans celle qui est bouillante ; elle est au contraire très-soluble dans l’alcool , dans l'éther, dans l’acide acétique, dans les dissolutions alcalines de potasse , de soude et d’ammoniaque. Quelques huiles essentielles , telles que l’huile de lavande, l'huile de romarin, peuvent aussi eu dissoudre une petite quantité. Mais les huiles grasses ne la dissolvent pas d’une manière sensible.
Le chlore la détruit tout-à-coup , et la convertit en une sorte de résine jaune qui retient en combinaison une certaine quantité d’acide hydro-chlorique.
L’acide sulfurique concentré la charbonne tout à-coup. L’acide nitrique exerce sur elle une irès-forte action; il la dissout et la décompose, et de là résultent de la matière jaune amère, de l’acide oxalique, etc.
Dissoute dans l’alcool , et mise en contact avec différens sels , elle produit des précipités dont îa couleur varie et que l’on doit regarder comme de véritables laques ; par exemple, celui qu’elle forme avec Fhydro-ehlorate d’étaiu est d’un pourpre magnifique, et celui qui provient de sa réaction sur les sels de plomb est d’un violet assez beau.
D’après l’ensemble de ces propriétés et de quelques autres que nous ne citons pas , M. Pelletier regarde la matière colorante du santal comme une substance particulière qui se rapproche des résines.
Bois résineux. — Ce sont ceux qui , incisés , laissent découler une plus ou moins grande quantité de résine en dissolution dans une huile essentielle: tels sont les pins et les sapins. Il a été question précédemment de leur exploitation (i533.)
DES BOIS
DES BOIS
Bois qui ne sont, ni colorans ni résineux. — Les bois ordinaires forment cette dernière section. Nous n’avons rien «à en dire de particulier.
1692 bis. C’est dubois que Ton extrait le charbon. Celui que I on soumet à la carbonisation a environ un pouce et demi de diamètre et deux pieds et demi de long. Les charbonniers procèdent «à l’opération de la manière suivante : ils commencent par aplanir la terre et former un espace circulaire d’une grandeur convenable, préférant toutefois les lieux qui ont déjà servi , comme étant pl us secs que les autres. Ensuite , au milieu de cet espace ou de celle aire , ils plantent verticalement un long pieu, placent horizontalement , sur le sol , de gros rondins qui représentent les rayons d’un cercle dont le pieu est le centre, lixentavec un piquet l’extrémité extérieure de ces rondins et les couvrent de petits bois : cet assemblage por te le nom de plancher . Alors ils rangent le bois autour du pieu , en inclinant légèrement tous les morceaux et ayant soin de mettre les plus gros au centre. Lorsqu’ils ont recouvert la surface du plancher , et qu’ils ont ainsi formé un cône tronque, ils en établissent un autre sur celui-ci , et quelquefois môme un troisième sur le second : ces cônes superposés s’appellent fourneau.
Cela étant fait, ils répandent du petit bois sur la surface du fourneau, puis de l’herbe et de la terre, ne laissant k découvert que les rondins placés à la base : un ouvrier monte au sommet du fourneau, enlève le pieu qui en fait le centre, et jette du petit bois sec, et quelques tisons enflammés dans Je trou qui sert de cheminée. Le fourneau ne larde pas à s’allumer, la flamme s’élève, et dès qu’elle s’échappe par le haut de la cheminée , celle-ci est aussitôt bombée avec du gazon. A partir de celle époque*, les charbonniers doivent toujours rester auprès du fourneau, ou du moins le visiter souvent, afin de boucher les cre-
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vasses qui peuvent se former. Si le vent souffle avec force et rend la combustion trop active , ils lui opposent des claies. Si le feu brûle inégalement, ils donnent de Pair en pratiquant de légères ouvertures du côté où il est moins actif.
Au bout de trente heures , le fourneau parait entièrement rouge. A cette époque ils étouffent le feu en le couvrant d’une couche de terre très-épaisse. Un jour après, ils ratissent cette couche , découvrent le charbon , l’étendent sur le sol , et enfin le mettent en sac le troisième jour révolu, du moins dans le cas où la carbonisation n’a lieu que sur quatre à cinq cordes à la fois.
De ioo parties de bois , on retire ordinairement 17 à 18 parties de charbon.
En charbonnant lebois, comme nous venons de le dire, on brûle non-seulement une portion du carbone en raison de l’air qui se renouvelle, mais encore l’on perd tout l’acide acétique , toute P huile-goudron et tout le gaz hydrogène carboné qui se forment. Lorsqu’au contraire l’opération se fait dans des vases fermés, on peut la conduire de telle manière que tous les produits soient recueillis. C’est ce dernier genre de carbonisation que M. Mollerat a exécuté le premier à Nuits, et qu’on exécute actuellement à Choisy près Paris. Nous allons donner une idée de l’appareil adopté dans l’une des fabriques de Choisy. Cet appareil se compose, i°. d’un fourneau dont le dôme est mobile; 20. d’une chaudière cylindrique en tôle très-forte, assez grande pour contenir une corde de bois, et sur laquelle s’adapte un couvercle qui est lui-même en tôle 5 on la descend dans le fourneau toute chargée au moyen d’une grue, et on l’enlève de même pour la remplacer par une autre ; elle est recouverte d’une légère couche de terre à four -, 3°. d’un tuyau en tôle adapté horizontalement à la partie supérieure et latérale de la chaudière , et long de quelques décimètres; 4°* d’un tuyau en cuivre qui , en se courbant, va successivement
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plonger dans deux tonneaux pleins d’eau, et delà se rendre dans le fourneau. Arrivé au fond des tonneaux, il se dilate en boule*, chaque boule est percée inférieurement d’un trou auquel correspond un tube dont l'extrémité plonge dans l’eau : c’est par ce tube qu’on retire le goudron et l’acide pyrodignique. Quant au gaz inflammable , il est conduit évidemment dans le fourneau , et sert à en entretenir la chaleur.
100 parties de bois fournissent environ 28 parties de charbon. ( Voyez le rapport fait par M. Yauquelin sur le Mémoire de M. Mollerat , concernant la carbonisation du bois en vaisseaux clos , et l’emploi de différens produits qu’elle fournit. (Ann, de Ckim, , t. lxvi , p. 174.)
La cause pour laquelle on n’obtient que 17 à 18 pour 100 de charbon par les procédés ordinaires, dépend surtout de ce que les charbonniers , quelque chose qu’ils fassent , ne peuvent pas se mettre à l’abri des courans d’air. Si donc on entourait de toutes parts le fourneau, la quantité de charbon que l’on obtiendrait devrait être plus considérable : c’est ce qui résulte des expériences de M. Foucault. Au lieu de 17 à 18 , il obtient 22 à 23 d’excellent charbon. Son procédé , pour lequel il a pris un brevet d’invention, et qu’il exécute journellement à Bercy , est fort simple : c’est le même que celui des forêts , à cela près qu’autour et à quelques pieds du fourneau , se trouve établie une cloison en planches , que l’on monte et démonte à volonté. L’acide pyro-ligneux qui se condense continuellement sur ses parois internes la garantit du feu; elle a la même forme que le fourneau : seulement elle présente deux ouvertures , l’une supérieure qu’on ne ferme pas, et l’autre latérale que l’on ferme avec un rideau de toile. Celle-ci sert d’entrée au charbonnier.
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Des Ecorces ,
1693. L'écorce est composée de trois parties : de l’épi— derme, du parenchyme et de couches corticales.
L’épiderme est une membrane extrêmement mince , transparente , qui recouvre tout le végétal. On l’observe facilement dans le bouleau. .Fourcroy a supposé qu’il était de même nature que le liège , et M. Chevreul a rendu cette supposition très - vraisemblable (ci). Sous l’épiderme se trouvele parenchyme, substance verte, remplie de suc, et qui présente une multitude de fibres se croisant en tous sens comme celles d'un feutre.
Enfin, sous le parenchyme sont les couches corticales , qui paraissentformées de plusieurs membranes très-minces* placées les unes sur les autres. Chacune de ces membranes se compose de fibres longitudinales qui , se rapprochant et se séparant alternativement , donnent lieu à une sorte de réseau dont les mailles sont pleines de substance cellulaire verte.
On concevra facilemen|, d’après cela, que, quoique la fibre forme la majeure partie de l’écorce , celle-ci peut assez, varierdanssa nature, en raison des autres substances qu'elle contient souvent, pour prendre des propriétés très-diverses. C’est en effet ce que prouve l’expérience. Contentons-nous de parler des écorces qui sont employées dans les arts ou en médecine.
1694* Ecorce de chêne . — Cette écorce êst astringente 5 réduite en poudre elle constitue îe tan dont on se sert en Europe; elle contient donc une assez grande quantité de
( a ) M. Davy a reconnu que l’épiderme des graminées contenait une grande quantité de siiice : too parties d’épiderme de cannebonnet contiennent 90 de silice; 100 d’épiderme de bambou en contiennent ni, 4 ; 100 de roseau commun en contiennent 4&3i » 100 de tiges de blé en contiennent 5.
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tannin. Presque tonies les autres en renferment aussi , de sorte que l’on pourrait les employer pour tanner.
1695. Ecorce du laurus cinnamomum. — Le ïaurus cinnamomum est un arbre que l’on cultive principalement à Ceylan , pour en obtenir l'écorce intérieure. Cette écorce est la cannelle , qui se trouve toujours dans le commerce sous forme de longs morceaux roulés sur eux-mêmes et très-cassans. La cannelle doit son odeur aromatique et sa saveur piquante à une huile essentielle que l’on peut extraire, en faisant infuser l’écorce dans l’alcool , et en séparant ensuite celui-ci par une douce chaleur. D’environ 5oo grammes d’écorce, Numann n’a retiré que 3 grammes d’huile.
M. Vauquelin a fait, sur les cannelles de Ceylan et de la Guyanne, des recherches qui tendent à prouver, i°. que la cannelle , indépendamment de l’huile dont nous venons de parler, contient du tannin, une matière végétoanimale colorante, unie au tannin, un acide qui rend soluble dans l’eau la combinaison précédente , et tine certaine quantité de mucilage-, ti°. que par conséquent, lorsque les médecins administrent la cannelle soit en poudre P soit en infusion , soit en teinture alcoolique, ils donnent un mélange de toutes les matières que nous venons de nommer; 3°. que la cannelle de Ceylan diffère de la cannelle de la Guyanne, en ce que l’huile de celle-ci est plus âcre et en quelque sorte plus poivrée que celle de la première. ( Journal de Pharmacie , t. ni, p. 433.)
Écorce de malambo . Cette écorce , nouvellement employée en médecine, et qui provient d’un arbre dont le genre n’est point encore bien déterminé , a été rapportée , par M. Bonplamb , de l’Amérique méridionale. Les liabitans du Choco l’appellent palode malambo. Elle a été examinée par MM. Cadet-Gassicourt et Vauquelin ; et il résulte de leurs expériences, qu’indépendamment de la fibre
DES ÉCORCES
ligneuse commune à toutes les écorces , et de quelques matières salines, eile contient, i°. de l’huile volatile et aromatique ; 2°. une matière résineuse, amère, qui en fait environ la quinzième partie , et à laquelle elle doit probablement sa principale vertu; 3°. quelques substances qui sont solubles dans l’eau , et qui , lorsqu’on les sépare de celle-ci par l'évaporation , prennent la consistance d’extrait. {Ann, de Chim. , t. xcvi , p. 1 13 ; et Journ, de Pharmacie , t. i ,
1696. Ecorce du chanvre -, cannabis saliva. — - Cette écorce est formée de filasse qui se rapproche beaucoup de la fibre végétale, de résine, d’une matière verte colorante et d’un suc glutineux : c’est par celui-ci qu’elle adhère fortement à la tige. Le rouissage a pour objet de la mettre dans le cas de pouvoir être facilement séparée. On l’exécute en plaçant le chanvre, pendant un certain nombre de jours, dans des routoirs ou fossés , placés sur le bord des rivières et remplis d’eau qui se renouvelle peu à peu. Il paraît qu’alors le suc glutineux et la matière colorante se putré-* fient; car ils disparaissent en grande partie, en donnant lieu à un dégagement de gaz hydrogène carboné , de gaz carbonique , etc. L’opération se ferait moins bien dans une eau courante ou dans une eau stagnante : la première retarde trop la fermentation, la seconde la rend trop active et colore la filasse en brun. Dans tous les cas , celle-ci perd de sa solidité et laisse exhaler des gaz plus ou moins dangereux à respirer. Voilà pourquoi il serait tant à desirer que l’on trouvât une machine au moyen de laquelle on put dépouiller facilement et économiquement le chanvre de son écorce , sans être obligé de le rouir. Ce problème * dont on s’est beaucoup occupé dans ces derniers temps , ne paraît point encore être résolu.
1696 bis. Ecorce de fausse angusture {Brncœa antbdysen* terica ). — Cette écorce , remarquable par son excessive
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amertume et par la propriété qu’elle a de déterminer > chez l’homme et les animaux, de violentes attaques de tétanos , vient d’ètre analysée par MM. Pelletier et Cav'entou; elle est composée, suivant eux, d’une petite quantité de bru- * cine unie à l’acide gallique , de matière grasse , de beaucoup de gomme , de substance colorante jaune , de traces de sucre, de ligneux. C’est à la brucine qu’elle doit son action sur P économie animale. ( Ann . de Chim . et de Phys. , t. xii , p. i3a. )
1697. Ecorce de cinchonct. — Le quinquina ou kina , si remarquable par son amertume et par ses propriétés fébrifuges, n’est que l’écorce de diverses espèces de cin chona , arbres qui croissent en Amérique, au Pérou, etc.
MM. Pelletier et Caventou s’occupant maintenant d’un travail complet sur le quinquina , et ayant trouvé dans ce corps une base salifiable végétale dont les propriétés jetteront sans doute beaucoup de jour sur les phénomènes variés qu’il présente , nous n’en traiterons que dans le quatrième volume , à l’article des additions. Nous espérons que à cette époque il nous sera permis de rendre compte des résultats qü’auront obtenus ces chimistes.
1697 bis- Ecorce du daphne alpina. M. Vauquelin ayant soumis cette écorce à l’analyse , en a retiré un principe âcre, peu volatil, aujourd’hui regardé par quelques chimistes comme une véritable base salifiable (1426), une matière cristalline particulière, de la résine verte , une substance végéto-animale , de la fibre ligneuse , et des sels de nature diverse. Il a retrouvé toUs ces produits dans toutes les autres parties de la plante ; il a rencontré atissi le principe âcre, même en grande quantité, dans l’ccorce du daphne gnU âium , qu’on emploie en. médecine pour faire des exutoires et des pommades épispastiques 3 mais il y a recherche r> en vain la matière amère cristalline.
Lorsque l’on veut se procurer cette matière , il faut donc
DES ECORCES
l’extraire du dapline alpina, A cet effet, après avoir traité par de l’alcool chaud cette écorce coupée par petits morceaux , on distille presque jusqu’à siccité la dissolution , dont la couleur est d’un beau vert. Sur le résidu l’on verse une certaine quantité d’eau , et l’on jette le tout sur un filtre pour séparer la matière résineuse qui se dépose. Alors on ajoute de l’acétate de plomb à la liqueur : il en résulte un précipité d’une très-belle couleur jaune. Ce précipité, lavé convenablement, est ensuite délayé dans l’eau , et soumis à l’action d’un courant de gaz hydrogène sulfuré qui décompose l’oxide de plomb , en donnant lieu à de l’eau et à un sulfure noir , et qui met en liberté les matières avec lesquelles cet oxide était combiné» Enfin on filtre la nouvelle liqueur , on la concentre, et il s’y forme , dans l’espace de quelques jours , de petits cristaux transparens , à facettes brillantes, ayant une certaine dureté , une couleur grisâtre et une saveur extrêmement amère ; c’est la matière nouvelle contenue dans le daphné.
Celte matière est blanche. Pi o jetée sur des charbons ineandescens , elle se résout facilement et promptement en vapeur piquante. Elle n’est que peu soluble dans l’eau froide ; elle se dissout en assez grande quantité dans l’eau bouillante pour que celle-ci puisse en abandonner par le refroidissement sous une forme cristalline. Sa dissolution n’est pas troublée par l’acétate de plomb , de sorte que si ce sel la précipite dans quelques circonstances , cela ne peut être que par l'effet do quelques matières étrangères. (Annales de Chimie , tom. lxxxiv , p. 1^3. )
M. Vauquelin a terminé son mémoire par une réflexion trop importante pour que nous ne la citions pas : a II » paraît que les substances végétales âcres et causli- » ques sont huileuses ou résineuses ; et ce qui n’est pas
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» moins remarquable , c’est que les plantes qui recèlent » des principes âcres et vénéneux ne contiennent point » ou presque point d’acide développé ; que , conséquem- )) ment, on doit se délier des plantes qui ne sont point » acides , et qu’au contraire celles où il y a des acides » développés ne doivent point inspirer les mêmes craintes, »
1698. Liège , ou partie extérieure de T écorce du quercus suber. Ce corps , que Fourcroy considérait comme un des matériaux immédiats , est composé , selon M. Chevreul , d’un tissu cellulaire dont les cavités contiennent des matières astringentes , colorantes et résineuses ou grasses. C’est à ce tissu que M. Chevreul a donné le nom de subérine , et c’est à la matière grasse qu’il a donné celui de cèrine. ( Ann. de Chim. , t. xevi ,
1 698 bis. Ecorce de la racine cT or canette ( lithospermum tinctorium ). Cette écorce contient une matière colorante rouge , dont M. J. M. Haussman a parlé dans le soixantième volume des Ann. de Chim., et que M. Pelletier a examinée d’une manière toute particulière dans le sixième volume du Bulletin de Pharmacie , pag. 44^* C’est d’après la dissertation de ce dernier chimiste que nous allons tracer l’histoire de cette matièr e colorante.
Le procédé le plus direct qqe l’on puisse employer pour obtenir la matière colorante de la racine d’orcanette consiste à diviser l’écorce de cette racine, à la mettre en contact avec de l’éther qu’on renouvelle plusieurs fois, et à faire évaporer la dissolution éthérée : le résidu est la matière même dans son plus grand état de pureté.
Ainsi obtenue , cette matière est solide , en masse , et d’un rouge si foncé qu’elle parait brune ; sa cassure est résineuse.
Une chaleur de 60 degrés suffit pour la fondre; distillée en vaisseaux clos , elle se décompose à la manière de toutes