ÉCORCES
les substances hydrogénées * sans qu’il se produise de 'traces d’ammoniaque.
L’air ne l’altère pas ; la lumière finit par en affaiblir la teintel
L’alcool , les huiles , les corps gras , l’acide acétique, et surtout l’éther , dissolvent facilement la matière colorante de l’orcanette , et prennent une teinte rouge plus ou moins foncée.
L’eau n’en dissout qu’une quantité presqu’insensible : voilà pourquoi , lorsqu’on verse de l’eau dans une dissolution alcoolique assez concentrée de matière colorante , çelle-ci se précipite tout-à-coup 5 dans cet état de division , elle s’aî tère promptement en portant la liqueur à l’ébullition ; elle passe d’abord au violet , puis au bleu foncé. L’eau bouillante, mise en contact directement avec la matière , lui fait aussi éprouver de semblables altérations, mais beaucoup plus difficilement.
L’acide sulfurique faible est sans action sur la matière colorante de i’orcanette. Celui qui est concentré la dissout à chaud avec dégagement de gaz sulfureux.
L’acide nitrique la décompose en donnant lieu à de l’acide oxalique , à une petite quantité de substance amère , etc.
Le chlore la décolore à l’instant.
Les alcalis en changent la couleur en un très-beau bleu.
Plusieurs dissolutions salines produisent , dans la dissolution alcoolique de la couleur d’orcanette , de véritables laques : telles sont, par exemple, celles d’acétate de plomb , d’hydro-chlorale d’étain , de sublimé corrosif. M. Pelletier , trouvant dans cette série de résultats des caractères qui n’appartiennent qu’à la matière colorante de la racine de l’oreanette , pense qu’encore bien qu’elle se rapproche des résines , elle doit être regardée comme particulière.
DES ECO Ti CE S.
Ne serait-ce pas une résine combinée avec un autre corps très-foncé en couleur, et n’en serait-il pas de même des matières colorantes du santal, du curcuma et delà partie verte des végétaux? M. Pelletier n’a point manqué de se faire cette objection; mais quoiqu’il cite des expériences qui tendent à prouver que toutes ces matières sont pures, il nous semble que son opinion n’est point assea bien établie pour être définitivement admise.
1698 ter. Ecorce du houx. — Cette écorce sert principalement à la préparation de la glu. Pour obtenir cette matière, suivant M. Bouillon-Lagrange, il faut prendre la seconde écorce du houx, la piler, la faire ensuite bouillir pendant quatre à cinq heures avec de l’eau ; puis la retirer
du bain , la placer dans des pots de terre «à la cave , l’y en-
terrer même, et l’y laisser jusqu’à ce qu’elle soit pourrie ou jusqu’à ce qu’elle devienne visqueuse, en l'arrosant de temps en temps avec un peu d’eau : l’écorce se trouve alors transformée en glu., qui , pour être pure , n’a plus besoin que d’être lavée avec de l’eau ordinaire. Il paraît que la glu peut encore être préparée avec le gui de toute espèce d’arbres et plusieurs autres matières végétales.
M. Bouillon-Lagrange est presque le seul qui en ait examiné les propriétés avec quelque soin : tout ce que nous allons dire est tiré de son mémoire, ( Annales, de Chimie , tom. lvi , pag. 24.)
La glu est verdâtre, filante et tenace; sa saveur est amère et son odeur analogue à celle de l’huile de lin. Exposée à l’air , elle se dessèche un peu et brunit ; elle se fond au feu, s’allume, et brûle vivement en se boursoufflant et sans répandre Fadeur qui caractérise les matières animales.
L’eau ne la dissout point ; elle en sépare seulement ust
peu de mucilage , d’acide acétique et de matière extractive ; elle est, au contraire, soluble dans les alcalis et dans l’é»
ther sulfurique. Les acides faibles la ramollissent et la dissolvent en partie» L’acide sulfurique concentré la noircit et la charbonne. L’acide nitrique la jaunit et la convertit, partie en acides malique et oxalique , et partie en résine et en cire. Le chlore la rend blanche et solide. L’alcool en sépare une certaine quantité de résine et d’acide acétique.
Ces expériences nous font donc apercevoir dans la glu, de la résine , du mucilage , un peu d’acide libre et une matière extractive; probablement qu’elle contient une autre substance peu connue encore.
Des Racines ,
1699. Les racines sont ligneuses ou charnues. Les premières sont composées de bois et d’écorce, et ne contiennent presque toutes 9 pour ainsi dire, que de la fibre. 11 n’en est pas de même des secondes : celles-ci contiennent , outre la substance fibreuse , beaucoup d’eau , du mucilage, assez souvent du sucre , dans quelques circonstances de l’amidon, et quelquefois encore d’autres matières, par exemple, de la matière végéio-animale : sans doute que, dans le plus grand nombre , il n’existe que quelques centièmes seulement de fibre ligneuse. (Clément, Ann. de Chim « et de Phys. , tom. 1 , pag. 173.)
Les racines qu’il est le plus utile de considérer, et qui ont été les plus examinées , sont les suivantes :
1700. Racine dC or èfiis. — C’est avec les racines de plusieurs espèces d’orchis, très-riches en amidon, que l’on prépare le salep , espèce de fécule dont on fait usage pour
DES R AfilK E S.
«soutenir les forces des malades qui ont l'estomac trèsaffaibli. Toutes les plantes de ce genre en fournissent, quel que soit le climat qui les ait produites* Cependant, cette fécule nous vient des contrées du Levant: pour se la procurer, il faut recueillir les tubercules d’oicbis sur la fin de septembre, les faire bouillir pendant un instant , afin de séparer la substance amère qu’ils contiennent , les piler , les laisser sécher et les moudre; la poudre d’un blanc jaunâtre qui en résulte est le salep même ; elle s’unit très-bien à l’eau chaude , qu’elle convertit en gelée. ^4 à 4° grains de cette substance suffisent pour un bouillon.
7 y o i . Racine de viola ipecacuanha. — Cette racine , réduite en poudre , se prend à la dose de i4 à i5 grains, comme émétique , sous le nom à' ipecacuanha : elle est noueuse , inégale , de la grosseur d’une plume et d’une couleur très-variable; elle provient d’une plante qui croit spontanément au Brésil. On n’a commencé à l’employer en médecine que sous le règne de Louis XIV , époque à laquelle elle fut essayée à l’Hôtel-Dieu.
Un assez grand nombre de recherches ont été faites sur* l’ipécacuanha : les plus remarquables, sans contredit, sont celles que MM. Magendie et Pelletier ont publiées dans le Journal de Pharmacie , tom. ni , pag. i45» Il résulté -de leurs expériences , i°. que l’ipécacuanha doit ses propriétés médicales à la substance particulière que nous avons fait connaître précédemment sous le nom d 'émétine $ 9,°. que , dans le pins grand nombre de cas , il y a bien plus d’avantage à employer l’émétine que i’ipécaeuahna ; 3°. que cette matière agit avec tarit de force sur l'économie animale , qu’elle ne doit être administrée qu'à là dose de quelques grains ; l\°. que les trois espèces d’ipéeacuanha les plus usitées , î’ipccacuanba brun (psychotri a ùmciica ) ? l’ipécacuahha gris ( calicocca ipecacuanha ) ,
et l’ipécacuanha blanc ( viola emetica ) , sont composées £ savoir de ;
Partie corticale du psychotria emetica. Partie ligneuse interne on meài -
tuliium du psychotria eme*
5,oo
tica.
Emétine . . 16 .
Gomme . io .
Amidon . 4 2 .
Cire végétale . 6
Ligneux . 20 . 66,60
Matière grasse huileuse.. . . 2 . des traces.
Acide gallique. . . * . des traces. des traces.
Matière extractive non vomitive . » .
Perte . . . 4 .
Viola emetica , on ipe'cacuanka blanc.