‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 102 sur 117 · ACIDE · texte numérisé non relu

ACIDE

[M. Gay- Lussac.

Mémoires d'Arcueil, It. II.

IM. John Davy, / (jinnah de \ Chimie ,

I t. LXXXVl).

M. Thenard.

Comme tous les sels ammoniacaïuc sont solides ou liqui««

SELS AMMONIACAUX.

des à la température ordinaire , il s'ensuit qu^à mesnt que le gaz ammoniac se combine avec un gaz acide, les don gaz doivent éprouver une contraction considérable et &■ paraître : c'est en effet ce qui a lieu. On opère ces sortesè combinaisons sur le mercure , en mesurant dans un tok gradué les deux gaz qu^on veut imir , et les mêlant ensniic peu-à-pcu; aussitôt qu'ils sont en contact, il se manifesta des fumées blanches y épaisses , qui se condensent sur h parois du tube , taudis que le mercure remonte dans celé' ci j et bientôt le remplit, pourvu toutefois que les gaz sàA en proportions convenables. Cependant il faut emploja quelques précautions pour obtenir le fluo-borate et le sulfite d'ammoniaque : on obtient le premier en faisant passa bidle à bulle le gaz ammoniac dans le gaz fluo-boriqae:s l'on faisait l'inverse , on obtiendrait un sous-fluo-boratc. On obtient le second en dissolvant l'un des deux gaX) par exemple , le gaz acide sulfureux , dans l'eau , et faisant ensuite passer le gaz ammoniac dans la dissolution et Ta^ tant : si Ton môlaît ensemble les deux gaz sans eau, il m précipiterait du soufre. Dans cette dernière expérience,! faut avoir le soin de boucher le vase avec la main etdek socouor, pour que toutes les portions d'acide et d'alcali « combinent ensemble.

Usages. — Les sels d'ammoniaque employés sont au nonbro «le (juatre : le carbonate, le sulfate, le chlorhydrate d \vi sulfliyclrate. (Ployez ces sels.)

Carhona tes d ammoniaque.

M^. (ai-ltonate. — Ce sel s'obtient en faisant rendre dans iiM lljMHin le j^az carbonique et le gaz ammoniac , secs; ik n'iiiiîi.irnl toujours dans le rapport de i à 2 en volume. S 1»'» HM/,rhiirnt humides, il pourraitse former unsesqui-ctf- 1)011,1 h» nii iiirnic un bi-Ciirbonate.

Le ciiihonaïc d'auunoniaque , ainsi préparé, se présente

CARBONATE D*AMM0NIAQ13E. 4S7

soiis forme d'une croûteblanclie, sans apparence cristalline, doué d'une forte odeur d'ammoniaque et susceptible de se réduire peu-à-peu en vapeur lorsqu'on l'expose au contact de l'air , de telle manière qu'il finit par disparaître complètement.

384« Sesqui" carbonate j ou carbonate des pharmacies. — Ce sel est blanc , caustique et piquant^ a une odeur d'ammoniaque très prononcée; verdit fortement le sirop de violettes; se vaporise peu-à-peu à l'air libre, à la température ordinaire; se gazéifie dans des vaisseaux fermés bien au-dessous de la chaleur rouge-cerise; est très soluble dans l'eau froide, ne l'est point dans l'eau bouillante, tant il est volatil; cède son acide à la potasse, la soude, la baryte, la lithine, la strontiane et la chaux; fait une vive effervescence avec la plupart des acides comme tous les autres carbonates; décompose presque tous les sels solubles autres que les sels à base de potasse ou de soude , en donnant lieu toutefois avec ceux de magnésie à des phénomènes particuliers (Guibourt. Jour, de Chim. méd.^ i, 4i8); n'existe point dans la nature, ou au plus ne se trouve que dans les urines pourries, où il pourrait se former par la décomposition d'une matière animale très azotée , que nous connaîtrons sous le nom diurée; s'obtient en calcinant ensemble un mélange de chorhydrate d'ammoniaque et de carbonate de chaux.

385. Préparation. — ^Le chlorhydrate d'ammoniaque et le carbonate de chaux étant pulvérisés , l'on prend une partie du premier et deux parties du second; on les mêle bien; on introduit le mélange dans une cornue de grès que l'on remj)lit aux trois quarts, même aux quatre cinquièmes : bientôt alors les deux sels se décomposent réciproquement. De cette double décomposition résultent de l'oxi-chlorure de calcium qui fond et reste dans la cornue , de l'eau et du carbonate d'ammoniaque qui se volatilisent, arrivent dans les récipiens à l'état de vapeurs blanches , et donnent naissance d'abord à des aiguilles cristallines , et ensuite à une

4M 90S ÂMmomMCAJjr.

coQciie bkndie pktt oa moiiift épûae : on firafile k( densatîon desTapeanoi refroidisBant le récipiciitaimojai de linges mouillés. Lonqne Topéntion est Cûte, oe qid a lien à Tépoque où, la comne étant ronge, il ne se dégage plus de vapeurs, on laisse refroidir les vases, on détache k carbonate d'ammcmiaqne du récipient en cassant celni-o, et on conserve le sel dans des flacons boocbés : il sera très blanc si Ton emploie du sel ammoniac lûen Manc Inî-méiiie et du carbonate de chaux pur^ mais si le sel ammoniac est gris, le carbonate d'ammoniaque le sera aussi, en grande partie du moins, et Ton ne pourra le rendre blanc qu'en le distillant de nouveau. Cette distillation pourra être faite dans une cornue de verre; elle aura lieu à une douce chaleur. D'un kilogramme de sel ammoniac on retire environ 700 à 800 grammes d e carbonate d'anmioniaque. M. Pajcn a proposéde remplacer dans cette opération le chlorhydrate d'ammoniaque par le sulfate d'ammoniaque* Il en résulte une assez grande économie en se conformant au procédé qu'il a décrit. (Annales de Chimie et de Physique j t. xxvui, pag. 70.)

Composition* — Le sesqui-carbonate d'ammoniaque résulte d'un volume de gaz carbonique , et d'un volume et demi de gaz ammoniac: 100 parties en poids contiennent iS^jS d'eau.

Usages. — Le sesqui-carbonate d'ammoniaque est employé comme réactif dans les laboratoires; enmédecine, l'on s'en sert comme d'un excitant très énergique : ou le met à cet effet dans de petits flacons de poche que l'on aromatise de diverses manières. C'est ce sel qu'on connaissait autrefois sous le nom de sel volatil d^ Angleterre*

386. Bi-carbonate. — C'est en mettant le sesqui-carbonate d'ammoniaque en contact avec le gaz carbonique, que l'on obtient le bi-carbonate. L'expérience est facile à faire en plaçant le sel en poudre grossière sur une assiette, re^ couvrantcelle-ci d'une cloche, chassant l'air de la cloche par un couraiit de gaz acide qu'on renouvelle au besoin* La corn*

raOSniATKS D'AMMONUQUË. 4S9

bmaîsons^opère peu-à-peu et se termine en quelques heures. Le bî-carbonate d'ammoniaque est sans odeur. Sa saveur n'est pas alcaline. Dissous à chaud dans 5 à 6 fois son poids d'eau et dans un flacon bouché, il cristallise par refroidissement. Les cristaux sur loo contiennent 22,7 d'eau dont l'oxîgène est égal à la moitié de celui de l'acîde.

Soumise àl'ébuUition, la dissolution laisse d'abord dégager du gaz carbonique , et le sel passe probablement à l'état de sesquî-ccLrbonate :hientèt après, le carbonate se vaporise tout entier, (^o/rpour les autres propriétés les bi-caihonates dépeçasse et de soude.)

Borates cT ammoniaque.

387. Borate neutre. -— Ce sel n'existe point dans la nature; on l'obtient directement en dissolvant l'acide borique dans un excès d'ammoniaque faible , et faisant évaporer la liqueur juscpi'à pellicule. Il est acre, piquant, plus soluble dans l'eau à chaud qu'à froid, de sorte qu'il cristallise par le refroidissement : ses cristaux sont des octaèdres rhomboïdaux qui contiennent 26 pour 1 00 d'eau et s'effleurissent à l'air. Il verdit le sirop de violettes. Exposé à une chaleur rouge, il laisse dégager toute son ammoniaque , et passe à l'état d'acide borique.

387 bis. Il parait qu'il existe un bi-borate et un borate sesqui-basique d'ammoniaque : ils ont été à peine examinés.

Phosphates d* ammoniaque.

388. Phosphate neutre. — - Le phosphate d'ammoniaque est piquant et sans odeur^ il verdit le sirop de violettes; exposé au feu, il se décompose : son ammoniaque se dégage, et son acide, devenu diCiàe para-phosphorique, reste sous forme de verre fondu (2 1 3). L'action qu'il exerce sur les corps com-«

460 S£LS AMMONIACAUX.

bustibles , à une température élevée, doit âtre la même que celle de Facidc phosphorique et de l'ammoniaque , puisque alors cet alcali et cet acide deviennent libres. U est très soluble dans Peau , plus à chaud qu'à froid. Cependant on ne l'obtient bien cristallisé que par une évaporation spontanée; car, à la température de l'ébullition, il passe à l'état de phosphate acide : ses cristaux passent même peu-à-peu à cet état, dans leur contact avec l'air, à la température ordinaire^ ils s'effleurissent et abandonnent de l'ammo* niaque.

Une étoffe quelconque, la gaze la plus fine, plongée dans une dissolution de ce sel, perd , après avoir été séchée, la propriété de prendre feu par le contact d'un corps en combustion. L'acide phosphorique provenant de la décomposition du sel recouvre le tissu, et s'oppose à l'action de l'air. Tous les sels solubles, capables d'éprouver la fusion ignée à la chaleur rouge obscure, possèdent nécessairement cette propriété; ils la posséderaient encore quand bien même ils se décomposeraient, pourvu que la partie non volatilisée se fondît.

Etat. — Ce sel se trouve en combinaison avec les phosphates de soude et de magnésie, dans les urines humaines. Uni à celui-ci , il donne lieu à Tune des espèces de calculs qui se forment dans la vessie de l'homme, et il constitue également des concrétions très volumineuses qu'on rencontre de temps à autre dans les intestins des animaux, et surtout des chevaux.

Ces phosphates doubles se font aisément : celui de soude a été analysé par M. Riffault; il l'a trouvé formé de 3 1 ,999 de phosphate de soude, 26,377 de phosphate d'ammoniaque, 4I9634 d'eau.

Préparation. — On le prépare conmie ceux de soude et de potasse, en versant, dans une dissolution de phosphate acide de chaux , un léger excès d'ammoniaque liquide; on filtre et on lave le phosphate neutre de chaux qui reste sur le filtre : dans la liqueur se trouve le phosphate d'ammonia-

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