I. Sixième Edition
466 SHI3 AMMONUCiUJX.
corps cbaudy il détone avec sifflement en répandant une Subie lumière yiolette et des vapeurs d'iode : aussi brise-t-il les tubes de verre dans lesqueb on l'expose à l'action du feu. Cependant M. Gay-Liissac , en cbercbant à le décomposer de cette manière , est parvenu à obtenir assez de gaz pour reconnaître que celui-ci était un mélange de à-peu-près parties égales en volume d'oxigène et d'azote; d'où il a conclu quel'iodate d'ammoniaque devait être composé deioo d'acide iodique et de 10,94 d'ammoniaque y ou de a volâmes de gaz ammoniac, i volume de vapeur d'iode et si volumes { d'oxîgène.
Fluorhydrates éC ammoniaque .
4oo. FluorhydrcUe neutre^ — Berzelius le prépare en mêlant une partie de sel ammoniac en poudre fine avec deux parties un quart de fluorure de sodium également en poudre très fine, et chaufiant le mélange dans un creuset de platine fermé par un couvercle concave dont la cavité est remplie d'eau. Lorsqu'on expose le fond du creuset à une douce chaleur, le fluorhydrate d'ammoniaque se sublime et s'attache en petits cristaux prismatiques à la paroi interne du couvercle. Il faut que le mélange ne contienne point d'eau, sans quoi l'on obtiendrait un sel acid e.
Le fluorhydrate d'anunoniaqne entre toujours en fusion avant de se sublimer ; il ne s'altère point à l'air, se dissout facilement dans l'eau, attaque le verre avec tant de force qu'il le corrode même à l'état solide , à plus forte raiso n à l'état liquide : de là un excellent moyen de graver sur le verre, en employant la dissolution de fluorhydrate d'ammoniaque au lieu d'acide fluorhydrique , laissant sécher le sel, et le lavant ensuite avec de l'eau. (Voyez acidefluorkfdrique^)
Il est évident, d'après cela, que le fluorhydrate d'ammoniaque doit être conservé dans des vases métalliques*
401» Il existe sans doute un fluorhydrate basique^ car le
rLUl> BORATES D^AMMÔ?I1AQUÊ. 161
fluorhydrate neutre y mis eu coutact avec le gaz ammoniac, en absorbe promptcmenL une partie.
4oa. Fluorhjrdrtxfe acide. — Sa saveur est très piquante ; il ne cristallise que très difficilement. Soumis à l'action du feu, il se vaporise sous forme de fumées blanches très épaisses et très désagréables , à une température qui h'excède guère celle de l'eau bouillante. Sa solubilité dans l'eau est très grande. L'acide sulfurique le décompose avec une vive effervescence et un grand dégagement de calorique.
On l'obtient en versant de l'ammoniaque étendue d'eau dans l'acide fluorhydrique liquide, jusqu'à ce qu'il y ait un l^er excès d'alcali, et en évaporant la liqueur à une chaleur modérée dans un vase de platine ou d'argent. Bientôt le sel laisse dégager une partie de sa base et devient acide.
Fluo-borates d^ammonmque.
4^* Legtti ammoniac forme trois espèces de sels avec l'aéide fluo-borique, d'après John Davy. Le premier est solide et formé de volumes égaux de gaz fluo-borique et de gas amnnoniac. Les deux autres sont liquides et composés : l'uii, d'un volume de gaz fluo-borique et de 2 voliunes de gaz ammoniac; et l'autre, d'un volume de gaz fluo-borique et de 3 volumes de gaz anmioniac. Ces deux sels , par l'action de la chaleur, laissent dégager une certaine quantité de gaz ammoniac et se soKdifient. (Ann. de Chim. , lxxxvi.)
4o4« Le fluo-boràte solide s'obtient en ajoutant une quantité convenable d'acide borique à uùe dissolution de fluorhydrate d'ammoniaque : l'acide borique et l'acide fluorhydrique se décomposent réciproquement, une partie de l'ammoniaque devient Kbte et le nouveau sel cristallise par évaporation eu prismes à six pans terminés par des sommets dièdres. H est acide, a la saveur piquante du sel ammoniac et se sépare par toie de sublimation de l'acide borique qu'il pourrait contenir. Le sublimé est demi-fondu et translucide%
468 SELS ÂUMOTnACAUr.
Chlorhydrate (T ammoniaque ou sel ammoniac.
4o5. Ce sel est blanc^ extrêmement piquant, solubledans un pou moins de 3 parties d'eau à i5 degrés, et dans une bien moindre quantité d'eau bouillante. Il cristallise ordinairement en longues aiguilles qui se groupent sous forme de barbes de plume, et qui paraissent être des pyramides hexaèdres. Exposé au feu , il fond dans son eau de cristallisation, bout, se dessèche et se sublime sous forme de vapciu-s blanches : aussi, en l'introduisant dans un vase de verre, par exemple, dans un petit matras ou dans une fiolC) et l'exposant à une chaleur presque rouge, vient-il s'attacher à la paroi supérieure de ce vase, et y former une couche plus ou moins épaisse. Plusieurs métaux, et particulièrement ceux des première et troisième sections, peuvent le décomposer, du moins en partie : il résulte toujours de cette décomposition un dégagement de gaz atomoniac et de gaz hydrogène, et il se forme un chlorure métallique . Le potassium et le sodium produisent cet effet à une température peu élevée; l'étain, le zinc, le fer ne le produisent qu'à une chaleur voisine du rouge-cerise : l'expérience, avec ces trois métaux, se fait facilement dans une petite cornue de verre à laquelle on adapte un tube recourbé qui s'engage sous une cloche pleine de mercure.
Calciné avec le carbonate de chaux, le chlorhydrate d'ammoniaque donne lieu à du chlorure de calcium fixe , à du carbonate d'ammoniaque volatil et à de l'eau.
Dissous dans l'eau , il peut se charger d'une très grande quantité d'oxîde de zinc, etc.
Etat naturel. — Le chlorhydrate d'ammoniaque se trouve dans les urines humaines et dans la fiente de quelques animaux, particulièrement des chameaux. Il paraît qu'il existe aussi en petite quantité aux environs des volcans.
4o6. Préparation, — Ce sel se fabrique, pour les besoins du commerce, en Egypte et en Europe, par des procédés dlffércns.
CHLOUHYDRATE D'AMMONIAQUE. 4C9
En Egypte, on l'extrait de la fiente de chameaux. La fiente est recueillie, séchée au soleil, et brûlée dans des cheminées. On ramasse la suie qui provient de cette combustion, et qui contient le sel ammoniac j on en remplit des ballons de verre d'environ un pied de diamètre jusqu'à trois doigts près de leur col, et on les expose à l'action du feu. Cette dernière opération peut se faire commodément dans des fourneaux que nous appelons galères (71) , et qui peuvent recevoir un certain nombre de ballons. Chaque ballon est disposé de manière que sa partie supérieure sorte à travers les parois du fourneau et soit en contact avec l'air froid. On fait peu de feu d'abord , on l'augmente graduellement, et on le soutient pendant à-peu-près trois jours : le troisième jour, on plonge de temps en temps une tige de fer dans les cols des ballons , pour empocher qu'ils ne s'obstruent. Alors on casse les ballons , et l'on trouve le sel sublimé à leur partie supérieure, en masses hémisphériques, d'un blanc gris, demi transparentes, douées d'une sorte d'élasticité, et épaisses d'environ deux pouces à deux pouces et demi.
En Europe, on l'obtient surtout en décomposant le sulfate de chaux par le carbonate d'ammoniaque provenant de la distillation des matières animales , mettant le sulfate d'ammoniaque qui résulte de cette décomposition en contact avec le sel marin, et sublimant, comme nous venons de le dire, le chlorhydrate d'anunoniaque qui se forme.
C'est de ce sel qu'on extrait l'ammoniaque 5 c'est avec lui que se fabrique le carbonate d'ammoniaque qu'on trouve dans le commerce 5 on l'emploie pour décaper les métaux , et particulièrement le cuivre lorsqu'on veut étamer ce métalj on s'en sert aussi quelquefois en teinture; enfin, l'on en fait usage en médecine comme stimulant. Malgré tous ces usages, la consommation n'en est pas très considérable.
Les anciens lui ont donné le nom de sel ammoniac ^ parce que, d'après Pline , on le trouvait en grande quantité aux environs du temple de Jupiter Ammon : il portç encore ce
470 SELS AMHONUCàOX»
ncMn dans le oommerce. Peadant long-temps , <m n'a fal^ que le sel ammoniac qu'en Egypte; œ n'est m&ode que depub environ quarante ans qu'on a commencé à le fabriqua en Europe. La création de cet art est due à Bamaé*
lodhydrate ifammomaquê^
407. L'iodhydrated'ammoniaque, qui est composé de tolumes ^aux de gaz iodhydrique et de gaz ammoniac, s'd>tient en combinant ces deux substances k l'état liquide. H cristallise en cubes, est un peu plus soluble que le sel ammoniac, et à-peu-près aussi volatil. Chauffé dans des vaisseaux fermés, il se sublime presque sans se décomposer, et forme sur les parois des vases une croûte d'un gris blanc; mais lorsqu'on le calcine avec le contact de l'air, il s'en décompose beaucoup plus, et il prend une couleur plus oa moins foncée, qu'il doit à un excès d'iode, et qu'on lui fait perdre, soit en le mettant en contact avec un peu d'ammoniaque , soit en l'exposant à l'air par un temps sec : dam ce dernier cas, l'iode se réduit peu-à-peu en vapeur.
Brômhydrate tt ammoniaque.
408. Le brômhydrate d'ammoniaque, découvert par M. Balard, est solide, blanc, cristallisable en longs prismes sur lesquels d'autres , plus petits, s'implantent à angles droits. Lorsqu'on l'expose humide au contact de l'air, il y jaunit un peu et acquiert la faculté de rougir le papier bleu de tournesol. Lorsqu'on le chauffe , il se sublime.
Ce sel est formé de volumes égaux de gaz brômhydrique et de gaz ammoniac, ou d'un atome de l'un et de l'autre = H^Az, HBr.
On peut le préparer en unissant les deux gaz ou en combinant l'acide brômhydrique avec l'ammoniaque liquide, ou bien encore en faisant agir le brome sur le gaz ammoniac, soit gazeux^ soit diâsoua dans l'eau. Le mélange s'é-
SULFinDKATE D'AMMONIAQUE. 471
chauffe, deTazote se dégage, et le sel se fonne. ( Âruu de Chim. et de Phjrs.y xxxii, 358,)
Stdfhydrate d'ammoniaque.
409. Le sulfhydrate d'ammoniaque s'obtient en combi* nant le gaz ammoniac et le gaz sulfhydrique à une basse température. Pour cela, on fait plonger jusqu'au fond d'un flacon à gros goulot et entouré de glace, deux tubes, dont l'un communique à une cornue d'où se dégage du gaz ammoniac sec (355) , et l'autre à une grande fiole ou un matras, d'où se dégage du gaz sulfhydrique également sec (3i3). Ces deux tubes traversent le bouchon du flacon , d'où part un troisième tube qui plonge dans le mercure, et qui est destiné , d'une part , à donner issue aux gaz excédans , et , d'une autre part, à s'opposer au contact de l'air avec le sulfhydrate. Presque aussitôt que les gaz se rencontrentdans le flacon , il se forme des cristaux blancs et transparens : quelques-uns seulement sont jaunâtres. On continue l'expérience jusqu'à ce qu'on juge qu'il s'en soit assez formé. Alors on défait l'appareil, et l'on ferme promptementle flacon avec un bouchon de cristal. Si l'on voulait que le sulfhydrate fût absolument pur et ne contînt point de sulfhydrate sulfuré, il suffirait de remplir les vases de gaz hydrogène avant d'y faire rendre l'ammoniaque et l'acide sulfhydrique : bien entendu d'ailleurs qu'il faudrait faire en sorte d'éviter le contact de l'air.
Lorsque au lieu de vouloir obtenir le sulfhydrate d'ammoniaque en cristaux, on veut l'avoir en dissolution dans Veau, il faut se garder d'employer le procédé dont il vient d'être question : il faut se servir de celui qui est démt (art. sulfhydrate de potassium ) , c'est-à-dire faire passer du gaz sulfhydrique à travers l'ammoniaque liquide. C'est ordinairement le sulfhydrate d'ammoniaque ainsi obtenu qu'on emploie dans les laboratoires comme réactif, quoique le précédent soit bien préférable.
Le sulfhydrate d'ammoniaque ptir blanc, esttranspa-