BI-OXIDE ^D'HYDROGÈNE
(B) Lorsqu'on s'est procuriS de l'azotate bien pur , îl faut le décomposer par la chaleur pour en extraire la baryte. Cette décomposition ne doit point être faite dans une cornue de grès , parce que celle-ci contient trop d'oxide de manganèse : l'on doit se servir d'une cornue de porcelaine bien blanche. L'opération peut avoir lieu sur 2 kilog. à 2 kilog. et demi d'azotate à-la -fois : elle dure environ trois heure^ , ou plutôt n'est terminée que quand , à une haute température, il ne se dégage plus d'oxigène , ce qu'il est facile de reconnaître en introduisant une allumette dans le col de la cornue. La baryte qui en provient est, à la vérité , unie à une quantité assez forte de silice et d'alumine; mais du moins il ne s'y trouve que des traces d'oxide de manganèse , et c'est un point essentiel ; car cet oxide possède , comme on le verra par la suite , la propriété de chasser avec une grande énergie l'oxigène de l'eau oxigénée.
(C)La baryte réduite promptement , au moyen d'un couteau, en morceaux de la grosseur de l'extrémité du pouce, est placée ensuite dans un tube de verre luté. Ce tube peut être assez long et d'un diamètre assez large pour contenir un kilogramme de matière; on l'entoure de feu de manière à le faire rougir légèrement , et l'on y fait arriver un courant de gaz oxigène que l'on fait passer au travers de fragmens de chaux vive , afin de le dessécher. Quelque rapide que soit le courant , le gaz est complètement absorl>é, si bien que quand il se dégage par le petit tube qui doit faire suite à celui qui contient la base , l'on peut en conclure que le bi-oxidede barium est fait : il est bon pourtant de soutenir encore le courant pendant 12 à i5 minutes. - Le tube étant en grande partie refroidi , on en retire le bioxide et on le conserve dans un flacon bouché. Son caractère distinctif est de se déliter par quelques gouttes d'eau sans s'échauffer. Sa couleur est le blanc gris; quelquefois . aussi il présente de petites taches vertes , qui annoncent la présence d'un peu de manganèse. Bien des tentatives ont été faites pour se mettre à l'abri de ce grave inconvénient^
L Sixième édifîen. ^x
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maïs sans succès. La baryte , pour la préparatioa d& )iU oxidcy peut^ encore être placée dans uu ballon au ool duquel on adapte deux tubes, l'un eonduisant le gaz oxigène sec au fond du vase , Tautre portant au dehors .celui qpi reste libre. II est possible alors d^o^érer sur 2. kilog. àJa-fois, }>ourvu que la température soit assesi élevée, condition facile à remplir en entourant le ballon de sable danâ une chaudière de fonte et établissant celle-ci sur unboa fourneau.
Qbservons, car cette remarque est importante pour le sue» ces de l'opération, que quand on extrait Toidgène que Ton veut combiner avec la baryte, du bl-oxide de manganèse, il < faut faire en sorte que celui-ci ne contienne point de carbcH nate : s'il en contenait , il faudrait , avant de s'en servir, le pulvériser, le mettre en contact avec un excès: d'acide chlor* hydrique, le bien laver et le sécher. Il serait même utile de faire passer Toxigène à travers une dissolution de potasse caustique, et même à travers des fragmens de pierre à cautère, pour acquérir la certitude qu'il n'arrive point d'acide carbonique jusqu'à la baryte. Ces précautions ne paraîtront point superflues, en observant que cet acide s'unirait à la base et s'opposerait à la formation du bi-oxide«
(^D) On prend, d'une part, ime certaine quantité d'eau, par exemple, 2 décilitres , à laquelle on ajoute assez d'adde chlorhydrique pur et fumant pour dissoudre environ i5 grammes de baryte : la liqueur acide est versée dans uu verre à pied, et le verre entoiu*é de glace, que l'on renouvelle à mesure qu'elle fond. D'une autre part , l'on prend 1 2 granmies de bi-oxide^ on les humecte à peine , et on les broie successivement dans un mortier d'agate ou de verre. A mesure qu'ils sont réduits en pâte fine, on les enlève avec un couteau de buis, et on les verse dans la liqueur : bientôt ils s'y dissolvent sans effervescence , surtout par l'agitation. Lorsque la dissolution est opérée, tout en la remuant avec une baguette de verre, l'on y fait tomber de l'acide sulfuririque pur et concentré, goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il y en ait un léger excès ^ lequel se manifeste par la propriété
qu^alc sulfate debavyte qui se forme toub-à-oôttp de se déposée facilement en flocons* Alor^ on dissout , comme la première fois , une nouvelle quantité de bi-oxide de barium dans la liqueur, et de nouveau on en précipite la baryte par Tacide sulfurique. Le bi-oxide est toujours facile à distinguer du sulfate. '
U est important de mettre assez d'acide sulfurique pour précipiter toute la tiaryte, et de ne pas en mettre trop : si Ton n'en meUait pas assez , la liqueur filtrerait trouble et lentement^ si l'on en mettait trop, la filtration se ferait aussi très mal. En atteignant le point convenable que nous -venons d'indiquer^ la filtration se fait avec la plus grande facilité. Lorsqu'elle est faite, il faut verser sur le filtre une certaine quantité d'eau distillée que l'on réunit à la liqueur primitive : de xette manière celle-ci ne change pas sensiblement de volume ; puis, pour ne rien perdre ou pour perdre le moins possible, il est nécessaire de comprimer le filtre dans un double linge d'un tissu bien serré et lavé d'avance dans de l'acide chlorbydrique; après quoi le sulfate est jeté.
Cette opération: étant terminée, l'on en fait une toute semblable, c'est-à-dire que l'on dissout du bi-oxide de barfum dans la liqueur, qu'on y ajoute de l'acide sulfurique pour en précipiter la baryte , etc. , que l'on ne filtre qu'après avoir fait deux dissolutions et deux précipitations, que l'on verse une quantité convenable d'eau sur le filtre et qu'oui comprime celui-ci.
La seconde opération QSt suivie d'une troisième, la troirjième d'une quatrième , et ainsi de< suite, jusqu'à ce que la Kqueur soit assez chargée d'oxigène.
En employant la quantité d'acide chjorhydrique indiquée, l'on peut traiter environ 90 à 100 grammtis de bîoxlde de barium 2 il en résulte une liqueur chargée de vingt-cinq à trenjte fois sop. volume d'oxigène. Si l'on voulait l'Oxigéuer davantage, il faudrait y ajouter de l'acide clilorhydriquc.
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Plusieurs fois j Tauteur est parvenu , par ce moyen , a charger la liqueur de isS volumes d'oxigène : seulement il l'acidifiait assez tout de suite pour pouvoir y dissoudre 3o grammes de bi-oxide, en ayant soin d'ailleurs de maintenir l'acidité à tel point qu'à la fin de l'opération il pouvait encore dissoudre une vingtaine de grammes de bi-oxide sans l'intermède de l'acide sulfurique ; mais il a reconnu que , quand la liqueur renfermait à-peu-près 5o volumes d'oxigène, elle laissait dégager assez de gaz, du jour au lendemain, pour qu'il n'y eût point d'avantage à continuer de l'oxigéner par le bi-oxide.
(£) Lorsque la liqueur est oxigénée au point que Ton desire, on y ajoute pour loo parties de bi-oxide de barium employé, 2 à 3 parties au plus d'acide pbosphorique concentré , et on la sursature par le bi-oxide hydraté et divisé en la tenant toujours dans la glace* Bientôt il s'en sépare d'abondans flocons de silice et d*alumine , ordinairement colorés en jaune par un peu de sous-phosphate de fer et de manganèse. Le tout doit être promptement jeté sur une toile; on y enveloppe la matière et on finit par l'y comprimer fortement. L'addition de l'acide phosphorique a pour objet de prévenir le dégagement d'oxigène qu'opérerait l'oxide de manganèse, s'il était libre. {Ann. de ClUnu et de Phjrs,, L, 80.)
{F) Comme dans la liqueur filtrée à travers la toile il serait possible qu'il restât encore un peu de silice y d'oxide de fer, d'oxide de manganèse, et qu'il est nécessaire de précipiter . toutes ces matières, on reprend la liqueur et on y verse, en l'agitant, toujours entourée de glace, de l'eau de baryte goutte à goutte. Si, la baryte étant en excès légèrement sensible au papier de curcuma, il ne se produit point de précipité , c'est une preuve que tout l'oxide de fer et tout l'oxide de manganèse sont séparés. S'ils ne l'avaient point été complètement dans l'opération précédente, ils le seraient dans celle-ci, à l'état de sous-phosphate, comme nous venons de le dire.