‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 111 sur 117 · KOS BI-OXIDE DHTDROGËRE · texte numérisé non relu

KOS BI-OXIDE DHTDROGËRE

traire dont ractlon est lente, qui n'occasionnent qu'une légère efTervcscence et jamais de chaleur sensible.

Toutes les expériences peuvent être faites comme celles qui ont pour objet l'action des métaux sur le bi-oxide. On peut encore les faire avec le bi-oxide étendu d'eau, dans un tube renversé et plein de mercure ^ en y introduisant successive* ment la liqueur et l'oxide.

Oxides qui peuvent absorber Toxigène du hl-axide j et leror mènera F état deprotoxide ou deau.

438. Ces oxides sont la baryte , la strontiane , la cbanx, l'oxidede zinc, le protoxide et lebî-oxide de cuivre, l'oxide de nickel, les protoxides de manganèse, de fer, d'étain, de cobalt (l'acide arsénicux), et probablement plusieurs autres: encore est-il nécessaire que l'oxide métallique soit en gelée ou en dissolution : autrement l'oxigène se dégagerait, ou resterait en combinaison. Il est évident d'ailleurs qu'à mesure que le nouvel oxidc se produira , il sera possible qu'il chasse une portion d'oxigène de la liqueur, de sorte qu'alors l'action deviendra complexe.

Baryte^ — Lorsqu'on verse de l'eau de baryte dans le bioxide pur ou étendu, il se précipite à l'instant une foule de paillettes brillantes , qui ne sont autre chose qu'un hydrate de bi-oxide de barium {JToy. bi-oxide debarium)^ mais si, au lieu d'eau de baryte , l'on se servait de baryte réduite eu poudre, et de bi-oxide d'hydrogène concentré ou peu étendu , il en résulterait un violent dégagement de gaz oxigène et beaucoup de chaleur. Cette chaleur peut provenir de l'absorption de l'eau du bi-oxide d'hydrogène par la baryte, et de la décomposition instantanée de ce bi-oxide. Quant au dégagement d'oxigène, on peut l'attribuer à l'élévation de température produite par l'absorption d'eau , et au bi-oxide de barium dont il se forme une petite quantité : toutefois l'hydrate de baryte possède lui-même la propriété de dégager Toxîgène du bi-oxide d'hydrogène.

BI-OXIt)fi D^UtDHOGèNE. S09

Strontiane. — La strontiane offre avec le bî-oxîde d'hydrogène absolument les mêmes phénomènes que la baryte. (J^oyez Thydrate de ce bi-oxide.)

Chaux. — Cette base produit aussi , avec le bi-oxide d'hydrogène, des phénomènes analogues à ceux que nous venons d'observer avec les deux bases précédentes ; ils n'en diffèrent même qu'en ce que , pour obtenir en paillettes cristallines l'hydrate de bi-oxide de calcium, il faut verser l'eau de chaux peu-à-peu.

Hydrate bleu de bi-oxide de cuivre* — Cet hydrate , mis en contact avec le bi-oxide d'hydrogène, passe tout de suite à l'état d'un nouvel oxide, qui est d'un jaune d'ocre, et qui fait dégager assez rapidement l'oxigène de la liqueur oxigénée non encore décomposée. Lorsque le bi-oxide est concentré , l'action est vive , il y a dégagement de chaleur, et il s'en faut beaucoup que tout l'oxide de cuivre se suroxide. Pouç que la suroxidation ait lieu, il faut non-seulement que le bi-oxide d'hydrogène soit étendu d'eau , mais encore satisfaire à diverses conditions qui seront exposées plus tard.

Bi-oxide de cuivre calciné. — Sous cet état, le bi-oxide

de cuivre ne possède plus la propriété de se suroxider 5 il

produit, avec le bi-oxide d'hydrogène, ime effervescence

très sensible due à un dégagement d'oxigène. Ce dégage-

\ ment est même assez fort avec le bi-oxide concentré.

Hydrate d oxide de zinc. — De même que celui de cuivre, cet hydrate se suroxide dans son contact avec le bi-oxide ^'hydrogène, mais de telle manière qu'il ne se dégage que bien peu d'oxigène. {Koyez ce nouvel oxide de zinc.)

Fleurs de zinc ou oxide blanc de zinc calciné. — Plus de suroxidation sous cet état*, l'oxide donne lieu tout au plus à un dégagement de gaz extrêmement faible.

Hydrate de nickel. — Voici encore un hydrate qui, dans son contact avec la liqueur oxigénée , donne lieu probablement à un nouvel oxide, et qui en même temps produit un faible dégagement d'oxigène. (Fi ce nouvel oxide.)

^16 BI OXIDE DTîtDROGfeKfc.

Odcide àèMxckel calciné, — La dessiccation fait perdre à cet oxidc , comme à ceux de cuivre et de zinc j la propriété de se suroxigéner; mis en contactavecle bi-oxide d'hydtogène, il en dégage Toxigène , de manière à y produire tine cfTervescence très marquée.

Protoxides de manganèse ^^ de fer ^ d'élain^ de cobalt* — Ces protoxides, à l'état d'hydrate , donnent lieu , par leur contact avec Teau oxigénée, à des peroxides semblables à ceux que nous connaissons. Que l'on verse en eflTet de l'eau oxigénéesur ces hydrates récemment précipités de leur dissolution dans les acides par la potasse , et l'on verra qu'ils s'oxideront tout-à-coup.

Le bi-oxide de manganèse et le sesqui-oxide de cobalt agi' ront ensuite sur la liqueur non décomposée, en faisant passer rapidement son oxîgène à l'état de gaz; celui de fer ne produira qu'une effervescence qui ne sera pas très forte, et celui d'étain n'en produira pas de sensible.

Acide arsénieux. — Quant à celui-ci, il deviendra acide arsénique.

Oxides qui dégagent Voxigeneda bi-oxide d! hydrogène sans

se suroxider et sans se désoxider.

439. Il existe un assez grand nombre d'oxides qui possèdent cette propriété : nous en parlerons, autant que possible , dans l'ordre de leur plus grande action décomposante.

Bi'Oxide de manganèse naturel réduit en poudre fine et bioxide d hydrogène le plus concentré. — ^Action subite et très violente 5 dégagement de chaleur si grande que le tube de verre devient brûlant ; désoxigénation complète et instantanée.

Le memcy et liqneurnù contenant que neuf volumes d'oxigcne. --—Effervescence subite et très vive 5 tout l'oxigène se dt'gnge entrés peu de temps.

Bi'Oxide de manganèse très,di{>isé ( obtenu en ajoutant de l'eau oxigénée à une dissolution de manganèse» et décom-

• BÏ-O^UDE BHTBfeOGÈNÊ. BU

posant ensuite la dissolution par la potasse). — L'action de cet oxide est encore plus grande que celle de l'oxide naturel; et même l'expérience peut être faite avec la liqueur concentrée, de telle manière qu'il en résulte une sorte d'explosion.

Sesqui-oxide de cobalt en poudre et bi- oxide (t hydrogène. — Mêmes phénomènes à-peu-près qu'avec le bi-oxide de manganèse naturel.

Massicot en poudre et bi-oxide le plus concentré • — Action TÎolente, grand dégagement de chaleur, désoxigénation complète et presque instantanée de la liqueur.

Massicot j et liqueur ne contenant que neuf fois son volume d'oxîgène. Effervescence vive ; dégagement de tout l'oxigène en quelques minutes.

Minium et bi-oxide de plomb, — Ces deux oxides agissent très fortement aussi sur le bi-oxide d'hydrogène ; l'action du bi-oxide de plomb est même des plus violentes ; mais tomme ils passent en même temps à l'état de protoxide, du moins avec la liqueur concentrée, il n'en sera question que dans le chapitre suivant.

Hydrate de sesqui-oxide de fer ^ et bi-oxide d hydrogène le plus concentré* — Action qui devient bientôt très forte 5 grand dégagement de chaleur et désoxigénation complète de la liqueur en très peu de temps.

Hydrate de sesqui-oxide defer^ et liqueur^ ne contenant que neuf fois son volume d'oxigène. — ^L'effervescence est subite, mais n'est pas vive : aussi la désoxigénation ne se fait-elle complètement que dans l'espace de plusieurs heures.

Sesqui-oxide de fer en poudre* — Sous cet état, le sesquioxîde de fer n'exerce qu'une action assez faible sur le bioxide d'hydrogène concentré ou étendu d'eau. Au bout de quinze heures , la désoxigénation n'est point encore terminée.

Oxide de fer ( provenant de la décomposition de l'eau par le fer incandescent). — Action très faible sur le bi-oxide concentré ou étendu. Quinze heures sont loin de suffire

512 K-OXm imiDEOGÈNE.

pour la désoxigénation complète de la licjaeur. An bout de ce temps, eUe est presque aussi chargée d'oxigèneque d'abord.

Oxïde de nickel en poudre noire ^ bù-oxide de cuivre en poudre brune , oxide de bismuth en poudre jaunâtre. — L'action de ces differens oxides sur la liqueur concentrée n'est point très forte; mais elle est assez grande pour en d^ager tout l'oxigène dans l'espace de quelques heures.

Ces mêmes oxides finissent aussi par chasser tout l'oxigène de la liqueur afiaiblie : seulement, lorsque cette liqueur ne contient que neuf volumes d'oxigène , il faut près de quinze heures pour que la désoxigénation soit complète.

Potasse j soude. — Action assez forte de la part de ces deux alcalis, même en dissolution, surlebi-oxide d'hydrogène concentré; dégagement de gaz oxigène assez rapide, et bientôt désoxigénation complète.

Lorsque le bi-oxide est étendu d'eau , la décomposition se fait moins promptement : toutefois tout l'oxigène finit par se dégager.

Magnésie en gelée compiimécy et bloxide ^hydrogène très concentré. — Dégagement très sensible de gaz oxigène qui s'arrête peu-à-peu, avant que la désoxigénation ne soit totale.

Magnésie en gelée comprimée y et liqueur ne contenant que neuf fols son volume d'oxigène. — Effervescence assez vive qui s'arrête aussi peu-à-peu avant que la désoxigénation ne soit entière. Il semble cependant qu'il se dégage proportionnellement plus d'oxigène quand la liqueur est étendue que quand elle est concentrée.

Magnésie en poudre. — Action plus faible qu'en gelée.

Hydrates de bi-oxide de barium^ de strontium^ de calcàmh — Peu d'action.

Oxide durane (provenant du sulfate d'urane décomposé par la potasse). — Peu d'action encore.

Enfin oxide de titane en poudre , oxide de zinc sublimé,

H-OXJDE D'HTOROGÈNE. 513

sesqui-^xide de eérium. — Effervescence très faible. Aubout de trente heures, la liqueur est à peine désoxigénée.

Oxides qui dégagent toxigene du bi-'oxided^hjrdro^ne en laU'^ sant dégager le leur en toutou en partie.

44o* Ces oxides sont ceux d'argent, âe mercure , le minium et le bi-oxide de plomb, les oxides d'or, de platine, et probablement d'iridium, de palladium et de rhodium*

Oxide d argent, — C'est celui de tous les oxides qui paraît avoir le plus d'action surlebi-oxided'hydrogène: il en dégage tout-à-coup l'oxigène, et ce dégagement est si rapide qu'il en peut résulter une explosion quand le bi-oxide est concentré ; de plus , la chaleur produite est telle que l'on aperçoit des points lumineux en faisant l'expérience dans l'obscurité. Il n'est pas extraordinaire , d'après cela, que l'oxide d'argent soit réduit : l'essai doit être fait dans un verre. {^Vojrez^ plus loin, p. 629, 53o.)

La réaction est encore très grande, lors même que le bioxide d'hydrogène est étendu d'eau. En effet, l'oxide d'argent fait une effervescence très sensible et subite dans de l'eau qui ne contient que la cinquantième partie de son volume d'oxigène : aussi , en faisant passer dans un tube de verre renversé et plein de mercure, d'abord de l'eau qui renferme douze fois son volume d'bxigène , puis de l'oxide d'argent, le mercure est repoussé de manière que l'œil n'en suit qu'avec difficulté l'abaissement. Dans ce cas,, il n'y a pas pro^luction de chaleur sensible , et cependant il y a réduction d'oxidc d'argent. Cet oxide se réduirait mènie avec la liqueur la plus étendue : qu'on n'aille pas conclure pour cela que le dégagement d'oxigène de l'oxide métallique ne soit point un effet de la température; il pourrait se faire qu'au moment de Faction de l'oxide d'argent sur le bi-oxide d'hydrogène, les particules qui agiraient les imes sur les autres fussent U'ès échauffées, et que leur nombre étant très petit relativement à la liqueur,

Page 1