DB LA COHÉSION
6. La cohésion étant la force qui unit les atomes de même nature, c'est-à-dire, les atomes intégrans ou les particules d'un corps , doit être en proportion directe avec l'effort nécessaire pour désunir ces atomes ou particules^ il suit de là qu'elle est insensible dans l'air ou les fluides aériformes, qu'elle est très faible dans les liquides , et plus ou moins grande dans les solides.
7» La cohésion qui existe entre les particules respectives de deux corps que l'on veut combiner est toujours un obstacle à leur combinaison : si donc cette cohésion est plus grande que leur affinité, la combinaison ne pourra avoir lieu. Voilà pourquoi les corps à l'état solide ne se combinent point ensemble, ou du moins ne se combinent que très rarement. Prenons pour exemple le plomb et le soufre, et représentons la cohésion et l'affinité par des nombres. Supposons que la cohésion qui unit les particules du soufre soit égale à 7 , ainsi que celle qui unit les particules du plomb,, et que l'affinité des particules du soufre pour ceflès du plomb ne soit égale qu'à 6 : il est évîdoitquedanscecas k oomlHnaîsoa n'aura pasUev^' puisque kufohésipan des deux
9 HDTIOm
QWpfftipi doivent b^vsm Tempcurte sar leur affinité. Mais iricsiiHÉfà à fondre ces deux corps, ils te combinent a l'instant nnème : c'est qu'alon leur cohiânon derient pour ainsi dire Bflille, tandis que leur affinité réciproque est «loore très sensible^ œ qui prouve que la première de ces forces décrok dans un rapport beaucoup plus grand que la seconde.
Si la cobésion qui existe entre les particules iiespectives de deux corps que l'on veut combiner est un obstacle à leur eombinaison, on remarque, au ccmtraire, que la cobésion qui tend à oéunir les atomes int^;rans du composé auqud ils dâîilsijLt donner lieu favodsc la formation de ce composé: c'est ce qu'on yerra particnlièremèxit en traitant des sels*
8. Lorsqu'on diminue d'une manière quelconque la cobésion d'un corps solide 9 au point de le rendre liquide ou gazeux, et qu'ensuite on fait disparaître la cause de ce dhan^ment, le corps revient k son premier état, et sçs atomes se di^Kisent de telle manière qu'ils donnent naissance k un solide régolier qu'on appelle cristal. Par con^ séqnsnt, toutes les fois qu'un corps passera de l'état gazeux ou liquide à l'état solide, il cristallisera. Si ce passage était tnap vapide, la eristsllisation serait ponfuse, ou les formes qu'affecterait le solide ne seraient pas r^ulieres. Il ae pourrait môme faire qu'il Ttea r&ultàt qu'une masse, au milieu de laquelle on distinguerait à peine quelques rudimens de cristaux. C'est un pbénoméne de ce genre qui ^ lieu, lorsqu'on mèknt ensemble deux portions d'eau tenant en dissolution, l'une un corps A et l'autre un corps B^ i\ se fonne un composé A B^ iusoluUa dans l'eau, oit dent las particules ent plus de cohésion entre elles qœ d^afBnité pour ce liquide. Alors ce composé iipparatt sous fiira» de poudre ou de flocons, ei se dépose eu te précipîte, é^ général, au fond du vaae dans lequel on opère : dé là l^xprasston de précipité , que nous emploiaroiis pour désigner ihi corps heUde séparé tout^à-eoup d'un liquide, - •'<^>Lés oiÇBDSiipé n^ma fmployoM tmàmmmmk po^.
PAÉtniIIIAIUS. T
faire cristalliser les corps sont l'eau et le feu y tîqptjâtpib» fois Pesprît-de-vin.
n y a deux manières de faire cristalliser les corps par l'eau : tantôt on les dissout dans ce liquide à Taide de la chaleur, et on laisse refroidir la dissolution; tantAt on abandonne la dissolution refroidie à une évaporation spontanée. Dans le premier cas , la cristallisation a lieu , perce que l'eau a la propriété de dissoudre ime plus grande quantité du corps à chaud qu'à froid , et qu'on en dissout une quantité telle, qu'une portion se dépose nécessairement par le refroidissement. Dans le second cas , elle est due à ce que l'eau se vaporisant, il arrive bientôt une époque à laquelle le corps qu'elle contient ne peut plus être tout entier dissous. Les corps , en cristallisant au milieu de l'eau, en retiennent presque toujours une portion plus ou moins grande , qui, quand elle est combinée , s'appelle eeoi de cris-' tallisation,
n y a également deux manières de faire cristalliser les corps par le feu : l'une consiste aies chauffer au point de les fondre, à les laisser refroidir tranquillement jusqu'à ce qu'il se soit formé ime croûte à leur surface , à percer cette croûte , et à décanter les parties mtérieures , qui , à cette époque, sont encore liquides : on obtient , par ce moyen, toutes les autres parties sous forme d'une couche solide et cristalline. Cette couche se moule dans le vase où l'on opère; de sorte que, si ce vase est un creuset, ce qui arrive le plus souvent, il en résulte une sorte de géode ou cavité remplie de cristaux : c'est ce que nous offrent à un degré remarquable le soufre et le bismuth.
L'autre manière consiste à réduire les corps en vapeurs et à les condenser peu-à-^peu. Cette méthode n'est pas souvent pratiquée, parce qu'il y a peu de solides volatils. L'arsenic peut être cité comme exemple : mettez 4o à 5o grammes d'arsenic dans une cornue de grès ; bouchez-en le col avec un bouchon percé d'un petit trou 5 exposes la panse 4e cette oomue à r«cti<m d'un feu capable d'en faire
t BIOIKNIIS
Bongir la partie infërieure, pendant demi-heure; laiaaes-la refroidir ensuite, et cassez-la , vous trouverez tout l'arsenic dans le col, sons forme de cristaux extrêmement brillans.
Quant à la cristallisation par Talcool, elle se fait toujours en opérant la dissolution du corps à l'aide de la chaleur, et laissant refroidir cette dissolution; procédé qui est entièrement semblable à celui que nous avons indiqué d'abord.
io« Un corps d'une espèce déterminée peut prendre^ en cristallisant, des formes régulières extrêmement variées, quelquefois si éloignées les imes des autres, qu'au premier aperçu l'on ne soupçonnerait pas le moindre rapport entre elles. Cependant, en les étudiant avec soin, on reconnaît bientôt qu'elles dérivent les imes des autres de la manière la plus simple, et que toutes celles qui ont été observées peuvent être ramenées à un très petit nombre de types fon-* damentaux.
L'examen de ces formes n'appartenant pas spécialement à notre sujet, nous renverrons ceux qui voudront les étu-* dier aux ouvrages de cristallographie.
Nous observerons seulement qu'il est des corps qui, quoique très différens par leur nature , peuvent se substituer les uns aux autres dans une série de composés sans en changer la forme : ainsi , dans l'alun qui est octaédrique et qui est formé d'acide sulfurique , d'alumine , de potasse et d'eau , on peut remplacer l'alumine par le peroxide de fer et obtenir encore des cristaux octaédriques qui contiendront d'ailleurs les mêmes proportions d'acide, de potasse et d'eau« C'est à ces sortes de corps qu'on donne le nom tT isomorphes {de même forme). (F. 5" voL Philos, chi^ mique.)
DE l'affinité.
11. L'affinité, ou la force qui tend à unir les atomea àp niiUiro différente, varie entre les différens corps. Par
paÉuiiniAiiEs. 9
eonsëquent, nu ootps A n'a pas pont nn oorpa B le même degré d'aflhiité que pour un corps C; d'où il suit qu'il sera phu ou moins facile de séparer ji ie Bj que de le séparer de Cj toutes ciroanstances égales d'ailleurs.
Cette force est modifiée dans ses résultats :
1^ Par la quantité rehaipe des corps entre lesquels la comr binaison peut açoir lieu. Souvent les corps s'unissent en diverses proportions, quelquefois même en toutes proporticms. On remarque alors que l'im tient d'autant plus & l'autre qu'il est en plus petite quantité par rapport à celui-* ci. Supposons trois composés formés , le premier, de i de ^ et de I de B^ le second, de i de ^ et de a de £; le troisième , de I de j^ et de 3 de B*, il sera plus facile d'enlever une portion de u^ , et moins facile au contraire d'enlever une portion de iB au premier qu'au seccmcl , et à {dus forte raison qu'au troisième. En réfléchissant sur ce phénomène y on voit bientôt qu'il en doit être ainsi; car, dans le premier composé , il n'y a, par exemple , qu'un atome de B qui ^t sur un atome de ^, au lieu que dans le troisième il y en a trois.
2^ Par les combinaisons dcMS lesquelles les corps peuvent être engagés. Si un corps ji est combiné avec un corps B , son action sur un corps C sera nécessairement toute autre que s'il était libre. En général, elle sera moindre, et quelquefois nulle.
3^ Parla cohésion. C'est ce qui a été démontré en parlant de cette force (7), et ce qui nous permet d'expliquer un grand nombre de phénomènes qui dépendent de l'action des liquides sur les solides. Comment se fait-il, par exemple, que le sel se dissolve dans Teau? C'est que la force de cohésion du sel est moins grande que son affinité pour l'eau , et que les atomes intégrans'du nouveau composé se placent à ime'telle distance les uns des autres que ce composé affecte l'état liquide. Mais pourquoi l'eau ne peut-elle dissoudre qu'une certaine quantité de sel? C'est qu'à mesure qu'elle en dissout , son action sur le sel diminue, probablement à
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caiu# de PiSloigBement des atomes , et qu'il arrive nâcetsaU rement une épocjue k laquelle sa tendance à s'unir au ad est moins grande que la cohésion d^ particules de celui<R ci. Le même raisonnement s'applique aux autres liquides et solides; d'où l'on voit que si certains solides résistent; à l'action de quelques liquides et j sont insolubles, cela tient à ce que la cohésion l'emporte sur l'aiEnité : teUe est l'eau par rapport au sable.
4° Par le calorique. Lorsqu'on expose les corps à l'action de ce fluide , ou qu'on les échauffe , ils augmentent de volume, passent souvent de l'état solide k l'état liquide, et de cet état à l'état gazeux. Le calorique éloigne donc les ato^ mes d'un corps quelconque , et en diminue par conséquent l'attmction : cependant il concourt souvent à la oombi** naison d'un grand nombre de corps , et surtout de ceux qui sont solides. Mettez deux corps solides en contact, ils ne se combineront point, parce que leur cohésion l'em* portefa sur leiur affinité ;^mais si vous les fondez , ou si vous fondes l'un d'eux , ils pourront s'unir^ parce que lem: cohésion sera singulièrement affaiblie , et qu'il est possible que leur affinité ne le soit que très peu. Il ne' faudrait pas les chauffer assez pour les porter à l'état de fluide aérifonne^ il en résulterait un tel écartement entre leurs atomes , que souvent la combinaison n'aurait pas lieu. C'est donc entre les corps qui sont à l'état liquide que l'affinité s'esieroe le phis facil^nent; d'où l'on voit qu'entre deux corps , dont l'un sera liquide et l'autre solide ou gazeux , il devra j avoir bien plus d'action qu'entre deux corps solides ou deux corps gazeux, toutes circonstances étant égales d'ailleurs.
5*» Par l'état électrique de* corps. Pour le concevoir, il suffit d'observer que deux corps électrisés de la même manière se repoussent , et que deux corps électrisés d'une manière différente s'attirent ( vol. 5, aH. Electricité),
6* Par la pesatUeur spécifique. Lorsque deux corps ont isne pesanteur sp^ifique différente , ils tendent à se sépa.
VKtUMmJOKBS. Il
rer. Si âonc leur nffinité est extrftmemeiit faible» U» »e pourient se eombiner. C'est pour cela que l'eau ne dis^ sout pas l'huile} qu'en laÎMant refroidir peu-^rpeu une masse luMuogène de cristal eu fusiou, les couches inférieures se trouvent plus chargées de plomb que les couches supé-* rieures; que la plupart des alliages , placés dans les mêmes circonstances que le cristal, et formés de deux métaux de densité très différente, nous présentent un phénomièn^ analogue au précédent.
7^ Enfin par la pretsion. Cette force, dont l'effet est do raj^rocher les atomes, et par conséquent d'augmenter l'affinité, n'a qu'ime influence très bornée sur l'union des corps solides et liquides les uns avec les autres, parce que ces corps ne sont que très peu compressibles; mais il est facile de concevoir qu'elle peut en avoir beaucoup sur leur union avec les gas dont la oompressibilité est très grande , et sur celle des gaa entre eux. Supposons qu'un gaz ait un peu ]^us de force expansive que d'affinité pour l'eau, il ne se combinera pas avec elle; mais si on le comprime , l'affinité va devenir prépondérante, et l'union aura lieu. L'eau ne dissoudra que peu de gas si la pression est faible , parce qu'à mesure qu'elle en dissoudra, son affinité dissolvante diminuera; elle en dissoudra beaucoup, au contraire , si la pression est forte , et d'autant plus qu'elle sera plus forte. Supposons actuellement qu'après avoir dissous un gaz dans un liquide par la pression, on supprime toutr à-coup cette pression i à l'instant /même la force élastique dévalant plus grande que l'affinité , le gaz se dégagera sous forme de bulles, et produira une sorte d'ébuUition. C'est un phénomène de ce genre qui a lieu quand on débouche ime bouteille de cidre, de bierre ou de vin mousseux. L'aor tien du feu sur la craie , à diverses pressions , peut encore être citée comme une preuve de ce que nous venons d'avancer. La craie est un composé de chaux qui est toujours solide , et d'un autre corps qui est toujours gazeux. £n faisant vougiF la craie dant un creuset, sans exemcer «ur elle d'ai^