I« NOTIONS
tre pression que celle de l'air , elle se décompose et laisse dégager le oorps gazeux qu'elle contient; mais en s'y prenant de manière à la comprimer fortement, elle ne se décompose pas , même à une température très élevée. Par exemple, si, après avoir rempli exactement de craie un tube de fer très épais , on le scelle avec beaucoup de soin et solidement, il sera possible , sans décomposer la craie, d'exa poser ce tube à une cbaleur bien supérieure à celle qui la décomposerait à la pression ordinaire : alors elle se fondra , cristallisera par le refroidissement , et formera du marbre» C'est au cbevalier Hall qu'on doit cette observation. Son Mémoire en renferme beaucoup d'autres plus ou moins analogues. Il parait cependant qu'il existe quelques exceptions à cette règle générale. Ainsi, d'après M. Bellani de Monza , le pbosphore ne brûle dans l'oxigène, à la température ordinaire, qu'autant que le gaz est raréfié , ou , ce qui revient au même , qu'en diminuant la pression à laquelle il est soumis; et d'après M. Labillardière , il en est de même du gaz hydrogène protopbospboré.
12. L'action atomique et réciproque de deux corps dépend donc , I® de leur affinité ; 12® souvent de leur quantité 5 3^ des combinaisons dans lesquelles ils peuvent être engagés , et qui sont étrangères à celles qu'ils doivent former ; 4** de leur cobésion respective , et de celle du composé auquel ils doivent donner lieu; 5® de la température à laquelle on les met en contact ; 6* de leur état électrique 5 j** enfin quelquefois de leur pesanteur spécifique , et quelquefois aussi , lorsque l'un d'eux est gazeux , de la pression à laquelle ils sont soumis. De là découle naturellement la définition que nous allons donner de la chimie , définition qui n'aurait pu être comprise si elle eût été donnée plus tôt. La chimie est une science qui a pour objet la connaissance de tous les phénomènes qui dépendent de l'action atomique et réciproque de tous les corps les uns sur les castres : or, puisque tel est l'objet de cette science, il s'ensuit que le chimiste doit tenir compte de l'influence de toutes les
pEÉLomamBs. )s
(biees que nous venons de considérer dans les rësnkats auxquels il parvient et qu'il s'efforce d'interpréter.
i3. Recherchons f d'après cela^ ce qui doit arriver en mettant en contact un corps C avec ua composé de deux autres corps AetBv ou l'action sera nulle , ce qui arrivera presque toujours si les corps sont solides ; ou l'action s'effectuera 9 ce qui aura presque toujours lieu si les corps sont liquides, et alors le corps Cse combinera avec les corps A et Bj et formera un composé ternaire, ou s'unira avec chacun d'eux pour produire deux composés binaires, ou Uen s'emparera de l'un d'eux seulement, et isolera l'autre» En effet, supposons que Cait pour A plus d'a£Snité que pour B^ et plus que n'en ont l'un pour l'autre A tt B^ supposons d'ailleurs que B n'en ait que très peii pour A C ou pour Cj et qu'il soit de nature à être par lui-même solide ou gazeux : qu'arrivera-t-il? que les atomes de B tendront plus à se rapprocher ou à s'éloigner les uns des autres qu'à se combiner avec A C ovlCj c'est-à-dire, que la cohésion ou la force expansive des atomes de B sera plus grande que leur affinité pour A Cainsi que pour C; en conséquence , ils se réuniront et donneront lieu à un précipité, ou s'écarteront et donneront lieu à un fluide élastique : de là les moyens que les chimistes emploient pour séparer les prii>eipes constituans des corps, et en déterminer la proportion. Un composé A B étant donné , ils le mettent en oon* tact avec un corps Cy qui s'empare de A et isole j?, comme nous venons de le dire; ensuite ils mettent A C en contact avec un autre corps^ Z7, qui s'empare de C et isole A : ils obtiennent ainsi à part les corps A et B et les pèsent, de sorte qu'ils savent pour combien ces corps entrent l'un et l'autre dans le composé A B. Cette opération se nomme anO" lyse^ tandis qu'on donne le nom de synthèse à celle qui est tout-à-fait inverse , et qui consiste à combiner les élémens des corps. L'analyse est donc l'art de décomposer les corps, et la synthèse l'art de les recomposer.
Les phénomènes qui dépendent de l'action d'un cotig^
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sur on composa die èeuoL autres étant bien MnÇfls , imiis pouvons également bien oonceroir ceux qui proviennent de l'action d'un corps sur un composé ternaire, on Inen de deux composés binaires Fun sur l'autre, ou même de composés plus comj^iqués. C'est, au reste , ce que nous verrons par la suite, à mesure que l'occasion de parier de œs phénomènes se présentera*
.i4* S'il n'existait point de forces opposées à Paffimté^ nous pourrions combiner les corps deux à deux , trois à trœs, enfin tous ensemble , et dès qu'ils seraient combinés , nous jBerions dans l'impossibilité de les séparer^ mais comme il en existe plusieurs , il s'ensuit que le nombre des cœnbinaisons doit être restreint : l'intervention de ces forées est telle , que Ton ne connaît pour ainsi dire que des compoeés binaires, ternaires et quaternaires*
i5« Sur la mesure de Tc^nité. — L'affinité étant sonvéBt modifiée par plusieurs forces qu'on ne saurait évaluer, O doit être impossible de la mesurer. On sait déterminer tout auplus quel est de deux, trois corps, etc. , celui qui a le j^ d'affinité pour un autre. Les moyens que nous employons pour cela varient. S'agit-41 de déterminer l'ordre d'aflSnifé d^un gaz pour une série de corps solides avec lesqtiels ce -gax peut former des composé^ eux-mêmes fixes et solides,, no«8 le combinons avec chacun de ces corps, et nous ezpowns successivement tous les composés qui en résultent i l'action- du feu : par là nous en éloignons les molécule^, et nous parvenons à porter celles d'un certain nombre d'entre eux hors de leur sphère d'attraction ; de sorte qu'dles 1^ séparent , et que le gaz qui , en vertu de l'aiEnité, avait partagé la solidité du corps avec lequel il était combiné, est rendu à son état de liberté et se dégage. Or, il est évident que les composés dont on opère ainsi la décomposition sont formes d'élémens qui ont moins d'affinité réciproque que ceux qui ne se décomposent pas 5 car , excepté Taffinité , toutes les autres forces sont sensiblement les mêmes \ et il est certain que moins il faudra dfe chaleur
nfiUMnuLmitw tt
pour opérer U AScompoBiticMi , miHflan VaffinîÉr sém fpMide. Représenton» les corps solides par Af ByCjDf eto. > le gaz par G, et les composés par AGf BGj CGf DGj €te« (i). Suj^tosons que jiG$e décconpose à loo degrés, BG à une température plus élevée ^ CG à une température plus éleriée en^Mure^ etc.; nous en oonelvcms que G a moins d'affinité pour A que pour B^ eto. Mais ti AG^ BG^ etc. , ne sont point snsœptibles de décomposition par la ohaleur, oonamelit déterminerart-on Fafinité de G fOwtAj B^ eto«? Alors, au lieu de chauffer A G, BG^ eUu , aMlfl> on les |cliauffie ayec unafEtre corps qui ptuase se oombiBer arec 6, et ne puisse pas secettikînet atiec ^^ J&9 ni areû w^ (r ^ ni avec .&<r^ de* (2); et d'apcAA la tanpérutnre à laquelle s'opère la décompeaition, l'on jiige du defpré d'affinité. On peut cnoom traiter directement A G par Bj et BG par A^ dans le cas^où A n'est point capable d« se combiner aT<eejB ou £&, ni AG ateci^ cwr si B enlète G k Ay et que A ne poisse point l'enlever ci Bf il sesa prouvéque G aura pfais d'affidité pour B que pour A* En général, o'est par des m«^dns plus «« moinâi aùaloipwes qu'on ckercheÂdélenpiKMvFeialnd'affinkédtimeoi^ quelconque pour df autres^ qnel qpe^aait 1-état qm'ilB afiec^ toat. Maitiifiuilài^omcque la nécdsèké détenir compte de tottles ke ft^roes aatceB que l'affinttéi, et qui penivem aoe4lérer ou HtaxàeiHoadoU àm corpsyortnd preaqaeloiifottfs lu solution du prùblèmtt très dâioaile, et fliéme asaea soateuit impoasiUehr G'eat! poutf ne pÉa.'arœt en égaid à ces forces que Geoffiroy, Bergnuout^ etèà ^ «t néeessait«mei»t oÇNQuaais de g^a^ves eeneurs dans le* taUei ônà ils nout présentent les corps rangésrpdr ordre d^affinité^ Ce* tables lie sont
(i) Le gaz G sera, si Ton vent, l*bxigène, l'un des principes de Tair; les corps solides jé, B, C, etc,^ seront les métaux; et les composés ^(7, BG^ CG seroBt les oxides métalliques qui résultent tous de l'union des métaux avec Foxigène,
(a) Cet autre corps pourrs ôtre le charbon , si les composés AG^ BO^ e/c.^ soai. tffs <aidcs ai&(«UM|ues«
M NOUONS ^àËLtmNAlRES.
réellement que des tables de décomposition : elles n'en seraient pas moins utiles si elles étaient exactes : malheureusement elles sont loin de l'être toujours.
i6. La théorie que nous venons d'exposer relativement aux forces dont dépend Faction chimique , est bien diffé'rente de celle que l'on admettait autrefois, et qui est due à Bergmann. Alors on ne faisait dépendre cette action que de l'affinité, ou du moins l'op négligeait souvent de tenir compte de la quantité des corps, de la force expansive des uns, et de la cohésion des autres. D'après cette théorie , l'affinité était regardée comme absolue^ on s'imaginait que quand deux corps A et B avaient plus d'affinité^ l'un pour l'autre qu'ils n'en avaient séparément pour un autre corps (7, celui-ci ne pouvait enlever aucune portion de A ni de B au composé AB; et que quand un corps A avait jdus d'affinité pour un corps B que pour un corps C, et plus- que n'en avaient entre eux B et C d'une part, et les trois c(»rps Ay B et C de l'autre, le corps A enlevait au contraire le corps B au corps C, et agissait avec une égale -force sur Bj depuis le commencement jusqu'à la fin de son action^ mab il s'en faut beaucoup qu'il en soit ainsi. C'est à BerthoUet qu'aj^rtient l'honneur d'avoir démontré cette importante vérité, et, par conséquent, d'avoir renversé la tk&>rie de Bergmann sur les affinité. C'est lui qui, le premier, reconnut l'influence de la quantité, et tint compte convenablement de la cohésion, de la force élastique et de k pesanteur spécifique des corps. Nous n'avons pu, en quelque sorte, qu'indiquer ses belles recherches» Pours'en fiiire une idée exacte, il faut les lire dans l'ouvrage même où elles ont été consignées. (Voy. Stakque chimique.)
M tk ROMBfICLATnU. tT
UVRE DEUlliSME.
De la nomenelatwre chimique, et de P ardre euiimnt ^ lequel les corps seront étudiés.
17. Après avoir examiné, comme il convenait de le faire^ au commencement de cet ouvrage ^ la nature des corps et la force qui unit leurs parties constituantes, nous devons nous occuper : i** de la nomenclature cliimique, c'est-à*^ dire des noms qui servent à designer les différens corps connus jusqu'ici $ a® de l'ordre suivant lequel nous ëtudie* rons ceux-ci.
i8« Le nombre des corps simples est de cinquante-qua-* tre^ celui des corps composés est beaucoup plus considérable 9 et doit même sembler infini , puisqu'une différence dans la proportion des éléinens suffit pour en apporter une très grande dans les propriétés, (i)
Des noms insignifians peuvent être donnés aux corps simjdes ; êesont même les meilleurs, lorsqu'ils Isont courts et qu'ils se prêtent à la formation d'autres noms; mais il est trèd important quelles corps composés en aient qui rap'^ pellent leurs principes constituans : c'est sur cette base qu'est fondée la nomenclature française, nomenclature qui est adoptâe aujourd'hui par tous les savans*
19. Les cinquante^piatre corpsBimples connus dansi'état actuel delà science sont : i^ l'oxigène; oP l'azote, le bore , le brome, le carbone, le dilore, le fluor, l'hydrogène, l'iode, le phosphore,, le sélémum, le silicium, le soufre, que nous conuaitrons.sous la dénomination de métaUoî"
(0 Nous ne faisons mention ici d*«uctin des fluides impondérables ^ qui sont le fluide de la. chaleur, letluide lunnineux | le fluide éloclrique, le fluide ma* gnétique.