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CHAPITRE VI

PtuoTy chlore^ brome et iode.

85» n existe une si grande analogie entre les <jaatre tttt^ qui constituent ce groupe , que l'histoire de l'un d'eux M^ met de faire aisément l'histoire des autres. Tous oAt pet d'affinité pour Foxigène^ tous en ont au contraire une frii grande pour l'hydrogène , et produisent avec lui des itâdei puissans , volatils ou gazeux qui contiennent 7 voluliM de chacun de leurs élémens. Tous s'unissent également k la ptepart des autres métalloïdes. Tous agissent vivemetit êûÊ \b métaux, et dans tous les cas il y a correspondance onmlète entre les divers composés qui prennent naissance, de irik sorte même que , lorsqu'on vient à découvrir une noavdk combinaison, une de chlore^ par exemple, et d'un autre corps, il est presque certain que l'on découvrira la nÈèmà combinaison avec le brome ^ le fluor et l'iode^ et qu'elle le fera dans les mêmes drconstauœs. Ces 4 cotps, eu un mot» paràisseitt étte ièonîerpbes.

FLUOE. 130

▲ETIGLI I*'.

Fkior. (i)

660 Corps simple qiû n^eûste qu'uni à d'autres oôrpi et qui n'a point encore pu être obtenu pur»

AALIGLB II.

Ckior$f Mênêi^ d4 eùtéone^ de pAospAatit, de êo^fr^^ de

tHénimn. (ft)

Gbtore.

87. Histùnque.'''^C*9st & Schéele que l'on doit la dëoou- Terte du cUore : il la fit en 1774* Désigné par lui sous le nom diacide marin déphlûgistiqué^ il reçut des auteurs de là nouTelle nomenclature ^ à Tëpoque de la réformation du langage chimique, le nom d'ociV/^ muriatique oxi^ém^ei bientAt ensuite, de Kirwàn, celui de gaz asd'muriatiqiiê , parce qu'on regardait ce corps comme un composé d'oxigène et de l'acide du sél marin 9 appelé alors aeide rnuria-

Les ^ncipales recherches dont le chlore a été l'ohjet, sont dues à Berthollet (3), àGuyton^orveatt, à Mé Chenevit (4), àMM. Ga3r4iussAcetThenard(S), etàM« Da^(«).

m «Il

(i) LesluoniresdliydrD^e, de bore et de sHlciiiiii, éutm tehief, neasrmit èttidiéi qd*à Part, dei acidef mélidloîdiciuw.

(a) Les dilorarcs d*kydrosèftt « de bore el de aflkiiuiiji éltiit acUeSf ne «eront étudiés qu'à Tart. desaddei métalloïdiques.

( 3) Mémoire de VJoadémie des Sciences»

(4) Transactions philosophiques , x8oa.

(5) Mé^eràhes pkjrsico-^itHiptês, it, §3.

140 MÉTALTX)rDES.

Berthollct en fit une étude particulière , et créa Ua art aujourd'hui généralement pratiqué, l'art de blanchir la toiles par le chlore. Guyton-Morveau s'en servît pour désinfecter Tair. M. Ghenevix chercha le premier à déterminer la proportion des principes de l'acide muriatiq[ue oxigéné. MM. Gay-Lussac et Thenard tirèrent de leurs expérienoei cette conséquence importante : que l'acide muriatique oxigéné, qui jusqu'alors avait été regardé comme un corps composé, pouvait être considéré comme un corps simple, et qu tous les phénomènes qu'il présentait s'expliquaient trèsbien dans cette hypothèse. M. Davy, dix-huit mois après que nous l'eûmes énoncée , l'adopta exclusivement.

Enfin , tous les chimistes la préfèrent maintenant à l'ancienne, surtout depuis la découverte de l'iode , corps qqia la plus grande analogie avec le chlore.

88. Propriétés physiques. — Le chlore , ainsi nommé à cause de sa couleur, est un gaz jaune-verdatre , dont h saveur et l'odeur sont désagréables, fortes, et tellemeat caractérisées, qu'elles permettent de le reconnaître toujoon avec facilité. Sa pesanteur spécifique est de 2,4^16 , et son poids atomique, de 221 , 325. La flamme des bougies qu'on plonge dans ce gaz pâlit d'abord, rougit, et ensuite disparatt.

Le chloré bien sec n'a encore pu être ni Uquéfié, ni à pIiU forte raison solidifié par un abaissement de température. Sous la pression ordinaire il résiste à un froid de 5o^; il faut qu'il soit humide pour se congeler : alors sa congélation t même Ueu au-dessus de zéro; il en résulte un hydrate que nous avons fait connaître avec M. Gay-Lussac, et que M. Faraday regarde comme formé de 27,7 de chlore et de 72,3 d'eau, ou sensiblement de i proportion de chlore et de 10 proportions d'eau. Get hydrate, d'après les expériences de ce dernier chimiste , desséché entre des feuilles de papier Joseph, et chauffé convenablement dans un tube scellé à la lampe , donne lieu à deux liquides , l'un de couleur jaune-pale qui n'est pour ainsi dire que de l'eau, et l'autre de couleur jaune- verdâtre foncée du chlore

CHLORR. 141

pur : aussi liquéfie-t-on le chlore gazeux et sec en le oomprimant et le refroidissant eu même temps. (M. Faraday, ^tm. de Chim. et de Phys.y xxii, 3a3.)

Soumis à une excessive chaleur, il n'éprouve aucune altération : c'est ce que l'on démontre en adaptant une cornue de verre où ce gaz est produit, à l'extrémité d'un tube de |X>rcelaine qui traverse un fourneau plein de charbon, et alimenté d'air par un bon soufflet : le gaz sort du tube , po&* sédant les mêmes propriétés qu'en y entrant ; on peut le recueillir sur l'eau , au moyen d'un petit tube recourbé.

Dissous dans l'eau et placé dans le courant du fluide de la pile voltaïque, il se rend, avec Toxigéne de l'eau décomposée , au pôle positif, tandis que l'hydrogène de celle-ci se rend au pôle négatif •

Gazeux, il n'a d'action à aucune température sur l'oxi-* gène lui-même à l'état de gaz *, mais il eu est tout autrement quand l'un d'eux est sous forme de gaz naissant : aussi existe- ^il deux oxides et deux acides qui ont le chlore pour radical. £9. De son contact avec le gaz hydrogène résultent des phénomènes remarquables que nous devons faire connaître dès à présent.

Premièrement : Lorsqu'on met, à la teippérature ordinaire, un mélange de chlore et de gaz hydrogène dans un lieu parfaitement obscur , il n'éprouve aucune espèce d'altération, même dans l'espace d'un grand nombre de jours ; mais si , à cette température , on l'expose à la lumière diffuse , peu-àpeu l'hydrogène et le chlore se combinent à parties égales, et se transforment en un composé gazeux , incolore , fumant à Fair, dont le volume est le même que celui des deux gaz qui le constituent. Nous connaîtrons ce composé par la suite sous le nom de gaz chlorhydrique. L'expérience se fait de la ma;aière suivante : On prend un flacon et un ballon à long col, d'une égale capacité^ on use le col du ballon sur la tubulure du flacon, de manière qu'il s'y adapte exactement; ensuite on sèche ces deux vases, et on les remplit, savoir : le flacon de chlore sec, et le matras de gaz hydrogène égale-

I4f MéTAXXOIDES.

ment ttc. Pow remplir le flacon de cïAomy cm met dâttl une oomud de v^rre, les matières propres à produire eegstt ( vojr, plus bas , art. Préparation)^ on plaee cette oômve si» un fourneau^ on adapte &«on col^ par le moyen d^uA petit tube de yerre ^ un autre tube de yerre d'environ i4 millimè* très de diamètre, long de S à 6 décimètres, et rempli de fragmens de cblorure de calcium *, enfin , à l'extrémitë de et tube, dont la position doit être borizontale ou peu inclinée, on en adapte un autre d'un petit diamètre, courbé i angle droit de manière que l'une de aes branohes puisse pénétrer jusqu'au fond du flacon ( Lafigwre. là^planekê xiii, 9vpréseniêrait parfaiUmeut cet appareil si le ittàe M)' étûtt coupé eH D', et plongeait au fond dunjlaeon)^ L'appareil étant ainsi disposé, on chauffe peu-à-^-peu la cornue) le chlore se dégage; il traverse le chlorure de calcium, se dessèche , arrive au fond du flacon , et en chasse l'air dans l'es» pace de cinq à six minute», en suj^posant que la capacité dtt flacon soit au plus d'un demi-litre : alors on bouche le fla^ con, après en avoir retiré peu-à-peu le tube*

Les moyens que l'on emploie pour remplir le balkm de gaz hydrogène sec , ne diffèrent en rien des procédés ordinaires; ils consistent à remplir le ballon de mercure , et à y £Eiire passer du gaz hydrogène desséché par la chaux, jusqu'à ce qu'il en soit plein.

IjC flacon et lé matras ayant été ainsi remplis des deux gax -que l'on veut mettre en contact l'un avec l'autre , on debout ^e le flacon, on introduit dans son goulot le col dunuitras, et on l'entoure de mastic fondu pour s'opposer à la sortie des gaz ou à l'introduction de l'air* Bientôt le gaz hydrogène et le chlore se mêlent intimement, quoique leur pesanteur spécifique soit très différente. Lorsque leur décoloraticm :çBt complète , ce qui a Keu au bout de quelques jours , on en conclut que l'expérience est terminée. Cependant noua devons dire ici que pour décolorer complètement le mélange, il est nécessaire de l'exposer, au bout du second ou du troisième jour , pendant un quart d'heure

3ra law démi-lieiiréyi l'actioii directe cUa rayotis Mj^lyes.

- amuùimêmenî : Qae r<yii expose un neUiige de.cUore et

31'hydrogèiie à Faotioii directe des rayons soUôres, il s'en-

BbimiBeni et détonera tout-à-ooup; la détonation sera subite

st tràafbrte, danstle casmÊmeoùlemélange neseraqued'un

deiiii«4ître : d'ailleurs , il se transformera entièrement en

gftz ehl^riiydrique, comme dans l'expérience précédente ,

s'il estformé de parties égales de ces deux gaaj il s'y trans-

€lcMniierait seulement en partie si l'un des gaz était en excès

^îr rapport à l'autre. Pour faire l'expérience, adaptes ,

eoBune nous Tenons de le dire tout-àr-l'heure, un balkm

plein de gax hydoogène à uu flacon plein de chlore; places

ces Tuses dans un lieu obscur pendant environ une demi*

heure j et retoomea-les de temps en tempa sej^a dessus des**

BOUS, pour permettre au mélange de se faire* Alors exposeiA-

les à l'action directe des rayons solaires ; mai$ pvene&-yoi«h-

y de manière^ être à Vabri de tout danger : il y enaunât beaur

coup à tenir l'appareil au moment où il est &appé par les

rayons solaires , parce q[u'il se brise instantanément, tant la

réaction est prompte etla détonation iorte s c'est pourquoi il

faut le .disposer de teUe sorte qu'il puisse être écWré à vo^

Icmté, sans le toucher, par une lumière diffuse ou direcle.

L'expérience réussirait également bifia en faisant passer

aar l'eau l'hydrogène et le chlore dans un flacon ^ le Imm»-

chant et l'exposant au soleil : c'est même ainsi qu'on la fait

le phu souvent; •

ThMiemement: Soumettez un mélange dechloUs et dHiy*drogène à une chaleur ronge ; il s^ei^mmera et détonnera encore comme précédemment : c'est ce que l'on prouvera en remplissant uneeprouvette.de parties égales de ces deux gae dans la cuve à eau , et y pkmgeant une bougiè.aUuàifcée . x à l'iiutant même la réaction aura lieu, et l'en vicrra des fumées blanches apparaître dans l'air, signe de la formation du gaz chlorhydrique. A aoo^, l'inflammation aurait en-coreKeu; mais une température de loo*^ ne k produirait pas^

144 MATAILOroRS.

Gomineiit expliquer ces divers phénomènes? Noos nons (le voir que le chlore et l'hydrogène n'avaient d'icdoi Tun sur l'autre qu'à une température élevée. Mais nooi» vous que la lumière , en se combinant avec les atomes do oorps, peut agir sur eux, dans quelques ciroonstancB, comme une chaleur rouge : par conséquent , le mélaB|i d'hydrogène et de chlore, frappé par les rayona solaiics. jiourra drloner, tandis que, plongé dans l'obscurité, il le sera |)oint possible qu'il éprouve d'altération* Reste actvl' lement à concevoir pourquoi la lumière diffuse ne prodi(| qu'une action lente : c'est que sans doute cette lumière nV git d'abord que sur la couche extérieure ou celle qui est a contact avec la paroi du vase , c'est-à-<lire j que tons iei rayons capables de produire l'action chimique sont ahior bés par cette couche , en telle sorte qu'il n'en arrive pcnnt ou cpie peu à la seconde , etc. Observons néanmoins qu'oo a vu quelquefois cette sorte de lumière agir assez pour enflammer le mélange.

Quoi qu'il en soit , il suit évidemment de ce qui précède, que le chlore a beaucoup d'aflSbiité pour l'hydrogène : cette affinité est telle, en effet, qu'il enlève ce corps i mesque tous les autres, en donnant toujours lieuà de l'acide c^lorhydrique. Voilà pourquoi il décompose tous les gaz hydnh génés^ qu'il détruit toutes les couleurs végétales et animaki, et l'encre même ; qu'il détruit également les miasmes ou les germes putrides qui existent quelquefois dans l'air*, enfin , qu'il entretient pendant quelque temps la combustion des bougies. (^Foyez, pour plus de détails, Vactùm du chlore sur les substances végétales et animales,)

L'hydrogène n'est pas le seul corps combustible avecle^ quel le chlore se combine; il s'unit encore aux autres métalloïdes, moins le fluor, et à tous les métaux sans exception, flonvont môme avec dégagement de lumière.

fi'ciiu en ; dissout, à la température de 20°, et sous la proAsIon <lc o'",76, une fois et demie son volume, (^f^oyez plus loin, Jirl. Préparation.)

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