‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 48 sur 117 · I. Sixièms édilioa · texte numérisé non relu

I. Sixièms édilioa

^^ MÉTALLOtOES.

Sî l'on ajoutait aux quantités d'acide dilorbydnqiK et d'oxide, prescrites pour la préparation du chlore, une noo» vclle partie d'oxide de manganèse, et 2 parties ■; d'acidesnifurique concentré, on obtiendrait le double de cblore, parce qu^alors au lieu de chlorure il se formerait du sulfate de protoxide de manganèse. Les proportions rëagissanteset les proportions produites seraient :

rroponiont réagissaDtea. Proportiooa prsAuSiei.

* de bi-oxide • . 1 1 ti,5 a de chlore , .885,1

1 acide chlorhydr. réel. . . 910,1 a d*ediu %%^%

a acide sulfurique réel. . . . iooa,a ^ a protckzid. 911,5

-, « V * acide . . . 1002,1

3oft3,8 JSn atomes,

aSO'+aMnO-f4HCh=aMnO, aSO^-fa H*0+ 4 Ch.

Pour se procurer le chlore, l'on peut encore se seiw d'un mélange de sel marin ou proto-chlorure de sodiam, d'adde sulfurique étendu d'eau, et de bi-oxide de manganèse : ce procédé est môme souvent préféré à Pautre. On prend 1 partie de bi-oxide de manganèse, i f de sel, 3 d'àcic^e sulfurique concentré , et 2 d'eau qu'on mêle avec IV cide. Le sel et l'oxide , après avoir été piles ensemble dans un mortier de fer ou de cuivre, sont introduits dans un matras d'une capacité à-peu-près double du volume de ces quatre substances-, le matras reçoit un tube recouii>é, et l'opération est conduite comme la précédente : il en résulte du chlore qui se dégage, du sulfate de protoxide de sodium et du sulfate de protoxide de manganèse qui restent dans le matras. Ainsi, l'on peut supposer que le bi-oxide de manganèse cède la moitié de son oxigène au sodium, et que de là résultent les protoxides de sodiiun et de manganèse qui s'unissent à l'acide sulfurique, et le chlore qui se dégage. Tel est en effet ce qui aurait uniquement lieu , si le contact , entre les corps , était intime ; mais le bi-oxide de manganèse est insoluble dans l'eau et beaucoup plus dense qu'elle , tandis qu'au contraire, le sel marin et l'acide sul*

furique y ^ont très solvbies; il s'ettftuit qaSl y a àeê parties d'acide et de sel qui sont seulement en contact les unes avecles autres. Or, l'acide suUurique et le chlorure de sodium se convertissent tout-à-ooup , par leur action réciproque , en acide chlorkydrique et eu sulfate de protoxide de sodium ; donc, il doit y avoir production d'acide clikwv hydrique. Bientôt celui-ci réagit sur le bt-oxide de manganèse , comme noitt l'avons dit prëcëdemment , et dès-lors, le chlore qui, d'abord s'était uni à l'hydrogène de l'eau décomposée , redevient libre et se dégage : c'est môme pour cette raison que l'eau employée dans l'opération est indispensable; elle relient l'acide chlorhydrique à mesure qu'il se forme; si on la supprimait, cet acide s'échapperait presque tout entier sous forme de viapeurs.

92. Au lieu de la quantité de manganèse indiquée plus haut, M. Houtou Labillardière conseille, avec raison , d'en employer un assez grand excès 5 il lave le résidu , retrouve l'oxide non attaqué, et le mêle au nouvel oxide pour l'opération suivante,

^1 oritoDt rfagîn.inles. Proportions produites.

t iM'-oxide.. • 555,7 t dikre.. 44a,A

1 chlorure de sodiufD.. .. 733^5 tait— / ' P"^** ^® sodium. 3 j>o,9

a acide su (furique réel . . . 1002,2 ( i diacide .ôot,k

rut. de mang. .. 455,7 *acide 5oi,x

aa9i,4

I uiir.=: î ' P****'' de mang. . .455,7 ( I d*aci<

£n atomes i 3291,4

Na Ch^ -f 2 S O* -f Mn O^ = Ch» 4- Na O , S 03 4- Mu O, S O^

Dans cette réaction, on ne suppose pas la décomposition de l'eau.

93. Solution de chlore dans Teau. -*-Clette solution se prépare dans l'un des trois appareils-(pl. nf,fig. 5,6ou7).Onmet dans le ballon ou la cornue les matières propres à laisser dégager du chlore, savoir : un mélange d'une partie et demie de sel marin, d'une partie debî-oxide de manganèse, de deux parties d'acide sulfurique concentré, et de deux parties d'eau, en se conformant à ce juî vient d'être dit ii ca^v

i$a métàixoidcs.

cliement de sang, et finirait par Cuire périr au miliea di douleurs trcs vives. Cependant ou doit le prescrixe quidquefois en médecine : c'est le seul agent dont on puisse faire usage avec succès contre les asphyxies par le gaz suifhydrique (309). Quelques médecins l'ont administré intérieurement à l'état liquide* Il est bon de s'en frotter ks mains, le matin et le soir, lorsqu'on habite des lieux où ae développent sans cesse des miasmes de nature végétale oa animale^ il adhère à ces organes, et l'on se trouve exposé, pendant tout le jour à une faible émanation de ce gaa. (Yojei JTiéntîgationn)

Chlorures de carbone.

ProtO'chhmre y sesqui-chlorare.

95. Ces composés^ observés pour la première fois pir M. Faraday, à la fin de l'année 1820 , ne résultent point de la combinaison directe du charbon ordinaire avec le chlore gazeux. Pour que l'union ait lieu, il faut que le carbone soit dans im état de division extrême. On satisfait à cette condition en mettant 3o à ^o grammes de chlorhydrate de quadri-carbure d'hydrogène (i) dans une cornue tubulée, j faisant arriver par la tubulure un petit courant de chlore, et exposant , autant que possible , le tout au soleil. Bientôt la décomposition du chlorhydrate s'opère , l'hydrogène et le carbone du quadri-carbure se portent tous deux sur le chlore, et de là du gaz chlorhydrique qu'on absorbe par un peu d'eau versée dans le vase, et du scsqui -chlorure qui se dépose sous forme de cristaux. Lorsque tout le liquide paraît cristallisé , on procède à la purification du chlorure. A cet effet, ou le lave avec de l'eau, on le recueille sur mi filtre , puis on le presse entre des feuilles de papier

(i) Composé qu'on obtient en combinant ensemble volumes égaux de rhîore et de bi-carbure gawux d'hydrogène, et qui est désigné soQtent parle noffi H'hw4ro4ij carijors de cbkire*

, Joseph, et on le sublime^ ce qui donne lieu à un petit xtslà^ de charbon et à rapparitiond'unpeude gaz chlorhydrique* Le snUimé est ensuite dissous dans l'alcool et précipité par de l'eau contenant assez de potasse pour neutraliser l'acide chlorhydrique dont le chlorure était imprégné^ alors on le lave de nouveau^ de nouveau aussi on le presse entre des feuilles de papier, et enfin on le dessèche dans le vide par Fintermède de l'acide sulfurique concentré. Dans cet état de préparation, il est pur*

Quant au proto-chlorure, liquide incolore et limpide, c'est en décomposant le sesqui-chlorure par la chaleurqu'on l'obtient. Le sesqui-chlorure est introduit dans une cornue, d'où on le fait passer lentement par distillation , à travers un tube de porcelaine très chaud et incandescent qui communique avec un tube de verre coudé deux à trois fois de suite en haut et en bas ; chaque coude inférieur forme un petit récipient que l'on tient plongé dans l'eau , et où vient se condenser le nouveau produit coloré en jaune par un peu de chlore et contenant encore un peu de sesqui-chlorure. On en volatilise le chlore en chaufiantle produit, et le distillant même plusieurs fois d'un coude à l'autre. Pour le séparer du sesqui-chlorure, il faut le rassembler dans une petite cornue dont on tire le bec à la lampe, le porter à l'ébullition , fermer la pointe du bec lorsque tout l'air est chassé , et re<froidir le col avec de la glace. La distillation du proto-chlorure se fait ainsi à une température qui n'est pai beaucoup plus élevée que celle de l'air ambiant; il se rend tout entier dans le col de la cornue , tandis que tout le sesqui-chlorure reste dans la panse.

96. Propriétés du sesqui-chlorure, — C'^t un solide cristalUn , très friable, incolore, transparent, presque insipide; d'une odeur aromatique qui rappelle celle du camphre, mauvais conducteur de l'électricité , dont le pouvoir réfringent est 1 , 5767 , et la densité à-peu-près 2.

Sa fusion a lieu à 160° et son ébullition à 182% sous la pression ordinaire. Chauffé dans une cornue, il $q v>3c^\xvsv.^

IK2 Métalloïdes.

en cristaux dendritiqucs, prismatiques ou lâmelleux; exposé à la chaleur rouge , il se décompose comme nous l'avons dit précédemment au sujet de la préparation du proto-chlorure.

Plongé dans la flamme de l'alcool, il brûle avec une lumière rouge et production de beaucoup de fumée et de vapeurs acides i mais lorsqu'on l'en retire , la combustion s'arrête : toutefois, à une haute température, le gaz oxigène le décompose.

Le chlore est sans action sur lui, quelle que soit la température^ il en est de même du charbon. L'iode , le soufre et le phosphore à chaud, le ramènent à l'état de proto-chlorure en s'emparant d'une partie du chlore. Mais l'hydrogène et la plupart des métaux, au degré delà chaleur rouge, en opèrent la décomposition complète; ils en précipitent le charbon et forment avec le chlore de l'acide chlorhydrique ou des chlorures.

Le sesqui-chlorure n'est soluble dans l'eau froide ou chaude qu'en très petite quantité; il se dissout facilement dans l'alcool et plus facilement encore dans l'éther; il se dissout aussi dans les huiles fixes et volatiles. L'eau le précipite de sa dissolution alcooHquc.

Les acides et les alcalis n'ont que peu d'action sur luir

Sa composition est facile à établir, i volume de bi-carburc gazeux d'hydrogène absorbe 5 volumes de chlore et produit outre lesesqui-chlorure, 4 volimies de gaz chlorhydrique. Or, ces 4 volumes de gaz chlorhydrique étant formés de 2 volumes d'hydrogène et 2 volumes de chlore , et i volume de bi-carbure d'hydrogène contenant 2 volimies d'hydrogène et 2 volumes de vapeiu: de carbone , il est évident que le sesqui-chlorure résulte de 2 volumes de vapeur de carbone et de 3 volimies de chlore, ou bien en poids de 1 1,59 de carbone et de 100 de chlore, d'où l'on déduit :

En proportion i 7 de chlore -f- i de carbone.

En atomes.. .. 3 de chlore -f- 2 de carbone =C* Ch*.

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