‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 57 sur 117 · U XLII · texte numérisé non relu

U XLII

Le cuivre, et sans doute plusieurs autres métuix, posent le chlorure d'azote. Pour opérer cette déoompot tion , on place le chlorure d'azote , avec cle la toummei enivre, dans un flacon plein d'eau distillée j et ganii d'i tube dont l'extrémité s'engage sous une cloche pleine k mercure^ le cuivre noircit d'abord, et bientôt l'eau distiBéi prend la couleur d'une dissolution de cUonire de cuivre; i ne se dégage que de l'azote pur qu'on recueille sous Itcb che. En précipitant la dissolution de chlorure de cuivre pt le nitrate d'argent, il est facile de déterminer la qnâstEll de chlore qui entre dans la combinaison , et d'en faire ot •analyse exacte. C'est en voulant faire cette analyse qv M. Dulonga été blessé une seconde fois par une détonatidi qui montre combien on doit prendre de précautions dis toutes les expériences qu'on tente sur cette substance, et(p l'a ci:. poché, de connaître directement la proportion^ élémens dont elle est composée. Elle doit résulter de i piop> d'azote et de 3 de chlore : du moins voilà ce qu'indiqv son analogie avec l'iodure d'azote.

Nous avons dit qu'à mesure que le chlorure d'azote t formait dans la dissolution de sel ammoniacal, on voyait pi- 1 raître en même temps dans cette dissolution une mukitiide I de petites bulles : ces bulles sont produites par on gas ptf^ ticulier qui paraît <^tre du chlorure d'azote en vapeur, mèlB à du gaz azote. Ce gaz a une odeur très forte, se déçompoit quelquefois spontanément dans l'air, en donnant lieai une légère détonation et à une vive lumière. On peut 1ère* cueillir en substituant 'à Tentonnoir un flacon de WsoK garni d'un tube plongeant sous une doche pleme d'n

lODURfi D'AEOTE. W7

^RéceiBfmélit irectlélïli, il détone ordînaircmefttj Comme nous

* venons de le dire , à l'instant où Ton renverse la cloolie;

- mais il perd bientôt cette propriété lorsqu'il reste en con-

• tact avec Peau 5 il la perd également sous la cloche à mci-- ' cure : dans ce cas, le métal se convertit en chlorure, et îl

- ne reste sous la cloche que de l'aaôte pur. Cette décomposition a lieu sans aucun changement dans le volume du gaz ;

^ ce qui semble prouver que le chlorure d'azote , à l'état de vapeur , a précisément le même volume que l'azote qu'il ' contient.

lodure ^cCazote.

i5i. Suivant M. Colin, l'iôdute d'azote est formé en poids de 5,8544 d^àzote et de i56,2i d'iode, ou, ce qui revient au même, de 1 vol. d'azote et de 3 vol. de va'pcur d'iode (^jénn.deChim,yX6iy262). Sa (composition sera donc:

En prop. I cPazoté 177,03 -^"3 d'iode 3 )p^ 1578,50. En atom. x d'azote 121'^ + 3 d'îode ULLilP^Ui = A2 f'

L'affinité de l'iode pour l'azote est si faible, que ces deux corps ni peuvent s'unir qu'autant que l'azote est à l'état de gaz naissant. C'est pourquoi , lorsqu'on veut obtenir cet îodure, il faut mettre l'iode en contact avec un excès d'ammoniaque liquide, à la température ordinaire : alors une portion de l'ammoniaque (hydrogène azoté) se décompose à l'instant même , et de là résultent , d'une part, l'iodure qui se précipite en poudre noirâtre , et de l'autre , de l'iodhydrate d'ammoniaque qui reste dissous. Au bout d'un quart d'heure , l'iodure peut être jeté sur un filtre et lavé. Les lavages ne doivent point être poussés- trop loin : autrement l'iodure se décon^oseraitspontanément^ avec bruit et sur le filtre.

MB UÊrAUjOIDES.

L d*aBB — I * ^Mote. ^ dlodow— J * d'hôte. ' ~ 1 iad*hydrog. "^ Î3 d'iode.

3îodhydr.= ^ |3iode.

£l ai mtameêt 4AzU« + 6I=:AzI>*)-3(HI, AxHS). ^

Selon M. Scrullas , on peut encore obtenir Fiodure A zote en versant un grand excès d'ammoniaque liijuide im une dissolution alcoolique saturée d^iode. On agite tVB une baguette de verre et l'on étend d'eau ; l'iodure se dépose par le repos : il suffit de*décanter le liquide sumagctf et de laver le dépôt à l'eau distillée pour l'avoir pur*

Ainsi préparé, l'iodure d'azote est en poudre plus fine Cl moins dangereux à manier que celui qu'on obtient en s» vaut le procédé qui a été indiqué en premier lien : ceqi M. Sérullas attribue à une combinaison plus parfaite in élémens qui le constituent et à ce que son état de dÎTiski extrême, fait que le frottement des corps durs est moî> rude, et par conséquent moins apte à le faire détoner. & pendant cet iodure d'azote, mis en contact avec l'amnmmique liquide , acquiert la propriété de détoner même M Teau, comme le fait celui qui est préparé en mettant cBrettement l'iode en contact avec l'ammoniaque. Ne periHiB pas inférer de là que l'iodure obtenu par l'alcool oiffire ik l'autre, soit par les proportion^ de ses principes constitoanSi soit par un état isomérique?

L'iodure d'azote fulmine très fortement; lorsqu'il est sec, la détonation est même souvent spontanée ; quand it est humide, elle perd beaucoup de sa force et n'a lien ordi* nairement que par ime légère pression ; dans l'obscurité elle est toujours accompagnée d'un dégagement de lumière très sensible , et dans tous les cas elle est due à ce que l'tzote et l'iode se séparent et se réduisent en gaz.

L'acide sulfhydrique en dissolution dans l'eau et l'iodure d'azote donnent naissance à de }'iodbydrat« d'ammonift-

OXIDHS ET ACIDES. 229

<jue, à de Facide îodhydrique provenant d'une petite quan- * cité d'iode qui se trouve toujours en excès et à du soufre qui se dépose.

L'acide cblorhydriqne liquide , agît d'une manière rexnarquable sur l'iodure d'azote. L'eau est décomposée; il cse forme des acides iodique y iodhydrique^ et du chlorhydrate d'anfiioniaque. Mais presque au même temps l'excès 4l'acide chlorhydrique détermine une réaction entres ses ^propres élémens et ceux des acides iodique et iodhydrique, telle qu'il en résulte de l'eau qui se reproduit , et un souschlorure d'iode qui reste dissous.

La potasse caustique ou carbonatée , ajoutée en quantité convenable à la liqueur, met en liberté l'iode et l'ammoniaque, et fait reparaître l'iodure d'azote.

Les dissolutions alcalines versées peu-à-peu sur l'iodure d'azote , donnent lieu à un iodate et à un dégagement . d'amimoniaquc ; ce sont donc encore les deux principes de l'eau qui se combinent; l'oxigène avec l'iode, et l'hydrogène avec l'azote.

A la température ordinaire, et surtout à l'aide de la chaleur, l'eati décompose l'iodure d'azote. Les produits de cette décomposition sont : del'iodate et de l'iodhydrate d'ammoniaque, plus quelques bulles d'azote qui se dégagent et une petite quafloitité d'iode qui colore laliqueur. (Serullas, jinn» {le C/iim.etdePhj's.fXLiu)

UVRE SEOEHE

. Oxides et acides*

i52. Les oxidcs résultent de l'union de l'oxîgène avec chacun des corps simples j ils ont pour caractère de ne point rougir la teinture de tournesol. On en distingue d^\ix.^\«^%\

930 MÉTÀIXOIDBS tOJISiSXÈ^

les oxides mctalloïdiques et les oxides mëtallîqaet. Les prêt micrs ne neutralisent point les acides ; les autres ^ au con« traire , s'y unissent pour former de véritables sels.

1 53 . Les acides sont des corps composés dont les proprii t^s caractéristiques sont de rougir certaines couleurs ble végétales 7 telles que le tournesol ^ d'être plus ou moins lubies dans l'eau-, d'avoir une saveur aigre, àà, d'en ani une caustique qui devient aigre en l'affaiblissant d'une nière quelconque ; de se rendre au pôle positif lorsqu'i les place , unis à l'eau , dans le courant de la pile , et qu' ne se décomposent pas*, enfin, de s'unir à la plupart bases salifiables , particulièrement aux alcalis , de les traliser et d'être neutralisés par eux. De ces caractères, dernier est , sans contredit , de beaucoup le plus impo: si bien qu'un corps qui le posséderait devrait être mis au des acides, quand bien même il ne posséderait pas autres. Quoi qu'il en soit, l'on remarque en général que acides qui sont faibles , ou dont l'affinité pour les bases fiables n'est pas forte , n'ont que peu de saveur , que d'action sur le tournesol , qu'ils n'ont aussi qiie peu tf» deur , même lorsqu'ils sont gazeux, et que le contraiie lieu lorsqu'ils sont puissans.

On distingue quatre genres d'acides : les oxacides et h acides métalloïdiques , les oxacides métalliques et les aci^ d'origine organique.

Nous ne nous occuperons des oxides et des oxacides mé talliques qu'en traitant des métaux. Les acides d'origine ot ganique ne seront étudiés que dans la chimie végétale e dans la cliîmie animale. Nous n'avons donc à. examiner qui les oxides , les oxacides et les acides métalloïdiques.

Un premier chapitre sera consacré à l'histoire des oxide et des oxacides , et un autre à celle des acides métal loïdiques.

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