‹ Traité de chimie élémentaire, théorique et pratiqueChapitre 66 sur 117 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

combustion aui^ lieu, Tcau se déposera , et bientôt ruissellera sur les parois des vases.

1 69. Usages, — Il est peu de corps dont les usages soient aussi multipliés que ceux de l'eau.

A l'état de glace , on l'emploie pour faire des froids artificiels, pour graduer les thermomètres , pour déterminer le calorique spécifique des corps , et en général pour estimer la quantité de calorique qui se dégage dans leurs combinaisons^ quelques médecins la considèrent comme un puissant sédatif^ c'est un rafraîchissant et un tonique fort utile dans les pays chauds.

A l'état de vapeur , on l'emploie comme force motrice dans les pompes à feu^ on s'en sert pour échauffer les appartemens , en la faisant circuler sous le parquet par des conduits en cuivre ou en fonte; on en fait un grand usage dans quelques fabriques pour échauffer des masses d'eau plus ou moins considérables (i); on l'administre en bains, et l'on prétend que les viandes et les légumes cuits à la vapeur sont beaucoup plus tendres et plus savoureux que ceux qu'on fait cuire dans l'eau liquide.

A l'état Uquide, l'eau est employée dans les arts pour séparer les substances dont la pesanteur spécifique est très différente : c'est ainsi qu'en lavant les minerais de fer limoneuses, on enlève une grande partie de l'argile que ces minerais contiennent; plus souvent encore on l'emploie comme une force capable de produire les plus grands effets ;

(1) Pour cela, on fiiit bouillir de l'eau dans une chaudière, au couvercle de laquelle on adapte des tuyaux qui veut se rendre au fond des vases qui contienoeot Teau froide. Ce procédé ofTre deux grands avantai^ : c*est qu'au moyen d'une seole chaudière et d'un seul foyer, on peut échauffer 4, 5, 6 bains ou plus; et que ces bains, au lieu d'être contenus dans des chaudières en cuivre, le sont dans des coviers de bois. Il ne&ut, d'ailleurs, qu'une très petite quantité de vapeur pour échauffer une grande quantité d'eau; car» en faisant passer un kilogramme de vapeur à loo** à travers 5^^*, 5o d'eau à o*, on obtiendrait 6^^, 5o d'eau bouillante, s'il ne s'échappait aucune portion de nloriqve des parois des vases.

96d Métalloïde oxigénés. '

c^est un aliment indispensable pour les ahimaut et lès tégétaux ; c'est un agent dont les médecins tirent le plus grand parti en l'administrant intérieurement et extérieurement; sans cesse elle se vaporise spontanément et passe dans l'atmosphère , d'où elle se précipite pour se vaporiser encore et se précipiter de nouveau; elle s'écoule à travers les terres, se rassemble dans de grandes cavités souterraines , et eh sort pour former les sources , les rivières et les tners« Maïs, de tous les usages de l'eau liquide , les plus nombreux sont ceux qu'elle remplit comme dissolvant. Les chimistes s'en servent pour dissoudre une foule de corps et les faire agir les uns sur les autres ; ils opèrent ainsi des séparations , des décompositions , et produisent enfin ime foule de phénomènes qi^'il leur serait impossible de produire d'iuie autre manière : aussi , dans un laboratoire de recherches , consomme-t-on ime grande quantité d'eau distillée , quoique , la plupart du temps , on n'opère que sur quelques grammes de matières. C'est sur la propriété dissolvante de l'eau que sont fondés un grand nombre d'arts , par exemple ceux qui ont pour objet d'extraire , i® le nitre , le sel marin , l'alun, le sulfate de fer, etc. , et en général la plupart des sels , du sein de la terre 5 2° le sucre, la gomme, les couleurs, des végétaux qui les recèlent; 3° la colle-forte, des matières animales, qui la contiennent. Cest aussi sur cette propriété, que repose en partie l'art de préparer le bleu de Prusse , l'acide azotique , l'acide sulfurique , l'art du blanchîment , celui de préparer les médicamens , et tant d'autres que nous ne nommerons point.

Si nous considérons actuellement l'eau , soit à la surface, soit dans le sein de la terre , nous la trouverons partout chargée de différentes matières , en raison du sol qu'elle traverse ou sur lequel elle coule. De là les sources d'eaux douces et d'eaux minérales; de là aussi les substances qui se déposent journellement, soit à la surfaice des terrains comme les tufs calcaires , soit dans les cavités souteri^aines où se produisent des stalactites de direrse nature.. C'est

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