ÉTATS ISOMÉRIQUES DU SOUS-SULFCRE ET DU PROTO-SULFURE DE PHOSPHORE
Les deux sulfures de phosphore précédents, chauffés avec des sulfures alcalins, éprouvent une modification isomérique ; de liquides qu'ils étaient d'abord, ils deviennent rouges et solides.
Le sous-sulfure de phosphore isomérique ressemble beaucoup à Toxide de phosphore préparé par la voie sèche ; il est cristallin , inodore et insipide; chaufTé dans Thydrogène, il se volatilise sans entrer en fusion, mais le produit condensé est du sous-sulfure liquide : ainsi la chaleur peut ramener le sous-sulfure isomérique à son premier état.
Ce corps se combine facilement aux sulfures métalliques, et forme avec eux des sulfosels.
Le sulfure isomérique est rouge et solide' comme le précédent; pour le préparer, on chauffe dans une atmosphère d'hydrogène du sulfure de pho^h(n*e et du sulfure de manganèse obtenu par précipitation. Ces deux sulfures s'unissent sous l'influence de la chaleur. La réaction est très vive , et il se forme une combinaison d'un jaune verdâtre ; on traite alors le sulCûsel par l'acide chl(»rhydrique, qui dissout le sulfure de manganèse, et laisse le sulfure de phosphore isomérique sous la forme d'un précipité rouge. '
Ce corps présente une grande analogie avec le précédent ; la distillation le fait revenir à l'état de sulfure liquide.
Les deux sulfures de phosphore précédents peuvent, d'après M. Berzélius , se combiner entre eux , et former un composé ayant pour formule Ph^,PhS.
TRISULFURE DE PHOSPHORE. PhS^ ProvriéCéf.
Le trisulfure de phosphore est solide, d'un jaune pMe ; il se sublime i une température moins élevée que le soufre; il devient très rapidement acide lorsqu'on l'abandonne à l'air humide. Il se dissout dans les alcalis caustiques, dans l'anmioniaque et dans les carbonates alcalins.
Préparatloii.
On le prépare, d'après Sérullas, en soumettant le protochlorure de phosphore à l'action de l'acide sulfhydrique :
PhCl3 -j- 3HS =:î: 3Ha + PbS^,
On peut l'obtenir encore en unissant directement Uû équivalent de phosphore à trois équivalents de soufre.
370 9ULfi?u m ck%^o^^.
TONTASULFURE DE PHOSPHORJÇ. PhS^
Ce sulfure de phosphore est d'un jaune pâle; il cristallise facilement, on peut le fondre sans le décomposer; il s'altère à l'air humide et se dissout comme les sulfures précédents dans les sulfiires alcalins et les alcalis libres ou carbonates.
On Tobtieut en unissant par la diseur ua équivalent de ptM)tq[)h(M*e avec cinq équivalents de soufre, ou en dtauffant une coi^bin^isan de protosulfure de pbospbore et ^e sulfura métallique avec^ quatre équivalents d^ soufre*
PERSULFURE PE PHOSPHORE. PhS".
€e sulfuré est solide; on peut r<ri)teiiir sous la forme àê <$risteaK ^ jaunes et brillants ; il présente une graade analogie ûvûc les sulfaves {m^ oédents. Onleprépureen dissolvant un eieès^ soufre dans le monosulfore de {^sphore liquide.
L«L préparation et Tétude des difféieiits salfmas de phosphore doivent élve faites avec tes plus grandes précautions , car la réaction du smifre sur le phosphore est souvent accompagnée d'une violente eiplosicHi.
SULFURE DE CiBfiOm. CSV
La seule eombinaison de soufre et de carbone eoimue jusqu'à présent correspond à Vaclde oatbonique.
Le sulfure de carbone est liquide, incolore, d*une densité de 4,258; sa fluidité est compajrrtHe à p^ de VMiet; (m Ta poomé pendant longtemps alcool de soufre.
Son odeur fétide et caractéristique rappelle celle de Tacide sulfhydrique ; Teau ne le (Ussout pas d'une manière sensible , mais l^'aeool et Téther le dissolvent en toutes proporticms.
Le sulfure de earbone , soumis à un &oid U^ vif, ne se solidifie pas; aussi Templme-t-ott queiqu^ois comme liqueur âiarmanaé^ique pour mesurer les basses températures» jl bfm,t'^ ^5°. La densité de sa vapeur est de 2,67.
En s'évaporant dans le vide, le carbura de soufre peut produire un froid de — 60® : c'est un des corps les plus réfringents que Ton connaisse.
Le sulfure de carbone est très inflamifiable, et forme en brûlant de Tadcl^ caflim^m etd^ Tadde sulfumn^; sa t^mQU est (sgpsidérable ; si on introduit une petite quantité de aulfiura à0 m^^bw^ dimuu âacoa rempli d'air ou d'oxigène , il s'y réduit en vapeur et le mélange détone fortement par riç)proche d'un coips enflammé.
Sm^URS D| CiftBONE. 371
La flaïQxne bleue et Todeur d'acide sulfurQ^x qve produit le sulfure de carbone en brûlant servent à le distinguer des autres cwps liqLuides inflammables.
Op conçoit que Ja chaleur la plus intense ne doive pas altérer le sulfure de carbone, puisque son mode de préparation consiste à mettre en présence, à une très haute température, le soufre et le carbone.
Plusieurs métaux chauffés au rouge décomposent le sulfure de carboAe, s'emparent du soufre pour former des sulfures, et mettent le carbone en liberté.
Le soufre est soluble dans le sulfure de carbone et s'en dépose par une évaporation lente sous la forme de cristaux transparents.
Le phosphore se di36i^^t facilement dam M sulfure de do^bone; il suffit d'une partie de ce liquide pour en di^soudj^ 3Q de phosphore.
Le sulfura de carbone peut êb« jcsomparé à l'adde carboiûque dan» lequel les deux équivalents d'oxigène sont remplacés par 4emL équiveleoti» de soufre. Il se combine en effet aiwe ka sulfures métalliques, et forme alors des sulfoseis ayant pour formule générale ]ICS,CS^ et correspondant aux carbonates MO»CO^. Aussi le sulfure de carbone est^il quel(|ue£Dis appelé Acide sulfocarboniqite.
On détermine la composition du sulfure de carbone en brûlant, avec le chromate de plomb, un poids connu de ce corps dans un tube à analyse organique auquel est adapté un appareil à potasse deLiebig. (Voyez TAnaljfse des matières organiques sulfurées,)
Le soufre est retenu par l'oxide du chromate à Tétat de sulfate de plpmb , tandis que le carbone se transforme en acide c^bonique qui vient se condenser dans le tube à boule de Liebig: en pesant ce tube avant et après la combustion, la différence de poids donne la quantité d'acide carbonique produit. On déduit alors du poids de l'acide carbonique la quantité de carbone contenue dans le sulfure de carbone.
Le soufre est dosé dans unç seconde expérience.
On soumet un poids connu de sulfure de carbone à l'action d'un mélange alcaïïh .oxidant : on transforme ainsi le soufre en sulfate soluble qu'on précipite à l'état de sulfate de barite; le poids de ce sel dont la composition est comme donne la proportion de sou&re.
On trouve ainsi que 100 parties de sulfure de carbone cûnti^nejQt:
Cwiboi^ , • . 15,78
Ces nombres sont exactement entre eux dans le raj^rt d'ujot équiva* lent de carbone et 2 équivalents de soufre.
272 SULFURE X>t CARBONK.
La quantité de sulfure de carbone qui se combine avec un équivalent de monosulfure de potassium est de 475 .
Ce nombre se compose de UOO = deux équivalents de soufre, et de 75= un équivalent de carbone : la fonnule du sulfure de carbone est donc CS*; elle représente un équivalent de ce corps.
On peut encore déduire la composition du sulfuré de carbone de la densité de sa vapeur ; en effet :
C = 2 vol. de vapeur de carbone = 0,8466 S* = 7 de vol. de vapeur de soufre. = 4,4364
es* 5,2830
Ce nombre est sensiblement double de la densité de vapeur ( 2,67) déterminée par Texpérîence directe.
On voit que la formule CS* correspond à deux volumes de vapeur de sulfure de carixMie.
Prépwttton.
^ On obtient le sulfure de carbone :
!• En distillant dans une cornue de grès un mélange de pyrite et dé charbon ;
2^ En faisant passer de la vapeur àe soufre sur 4^ charbon porté au rouge, et placé dans un tube de grès ou de porcelaine (pL 12, fig. 4).
Dans ce dernier procédé qui est généralement employé dans les laboratoires, le tube de porcelaine conununique d'un côté avec une allonge qui se rend dans un ballon refroidi, et de l'autre porte un bouchon que Ton doit pouvoir enlever facilement. C'est par cette extrémité que l'on introduit dans le tube, à certains intervalles, de petits fragments de soufre, qui entrent en fusion et se volatilisent ensuite. On incline légèrement le tube de porcelaine du côté des appareils condensateurs , pour faciliter l'écoulement du soufre.
Au commencement de la réaction, il se produit d'abord de l'acide sulfhydrique provenant de la combinaison du soufre avec Thydrogène que contient toujours le charboii ; on obtient ensuite le sulfure de carbone, qui se trouve mélangé à un excès de soufre, dont on le débarrasse en le soumettant à une rectification qui donne le sulfure de carbone tout à fait incolore.
D'après M. Brunner, on peut encore préparer le sulfure de carbone en introduisant des fragments de charbon dans une cornue enterre tubulée; on fait entrer par la tubulure de la eornue un tube de porcelaine qui pénètre jusqu'au fond. La tubulure est ensuite lutée avec un lut de sable et d'argile : le col de la cornue communique avec une allonge et un ballon que l'on doit refroidir continuellement; la cornue est portée à un rouge très vif, et l'on fait tomber de temps en temps de petits fragments de soufre dans le tube de porcelaine, que l'on bouche après chaque addition
Digitizéd byCjOOQlC
SULFURES D'ARéENlC. 273
de soufre (pi. iî-, flg. 3). Le soufre qui tombe au fond de la cornue se réduit en vapeur et se combine avec le charbon chauffé au rouge. On peut obtenir par cette méthode, en quelques heiires, 500 grammes de sulfure decari)one.