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COMBINAISONS DU CYANOGÈNE AVEC LE CHLORE

Le chlore et le cyanogène peuvent former trois combinaisons différentes, Tune gazeuse , Tautre liquide, et la troisième solide. Ces divers chlorures de cyanogène sont isomériques.

. ÇHLORUKE DE CYANOGÈNE GAZEUX. CyCl.

Propriétés.

Ce chlorure de cyanogène est incolore^ d'une odeur piquante et insupportable. Il se condense à — 18° en longues aiguilles prismatiques ; il entre en fusion à — 15° et en ébulliti(m h — 12°. Sa densité est de2,124û4. A la température de + 20°, le chlorure de cyanogène gazeux ne se liquéfie que par une pression de k atmosphères. . ,

L'eau dissout 25 fois son volume de ce gaz, l'alcool 100 fois , et l'éther 50 fois. D'après M. Gay-Lussac, 1 volume de chlorure de cyanogène est formé de 1/2 volume de cyanogène et 1/2 volume de chlore. La formule CyCl représente U volumes ou 1 équivalent de chlorure de cyanogène. M. Bineau a reconnu que le chlorure de cyanogène pouvait se combiner «vec le gaz ammoiiiac et donner un corps représenté parla formule (AzH»),CyCL

Frêparatloii.

On obtient le chlorure de cyanogène en hitroduisant dans un flacon rempli de chlore une petite quantité de cyanure de mercure pulvérisé et humide et en abandonnant le flacon pendant dix à dou^e heures dans un endroit obscur. Après ce teipps, le chlore est remplacé par du chlorure de cyanogène gazeux. Le flacon, refroidi à — 18°, donne des cristaux , qui reproduisent par une faible, élévation de température le chlorure de cyanogène gazeux. / .

CHLORURE DE CYANOGÈNE LIQUIDE. Cy*Cl^

Le chlorure de cyanogène liquide s'obtient en exposant à la lumière un flacon où se trouve du cyanure de mercure et du chlore. Sa consistance est huileuse ; son odeur rappelle celle du chlorure gazçux : il est insoluble dans l'eau et soluble dans l'aleool.

CHLORURE DE CYANOGÈNE SOLIDE. C/Cl*.

Ce corps, découvert par SeruUas, est blanc, solide, il cristallise en aiguilles : son odeur est acre, désagréable, et rappelle celle de la souris. Sa saveur est faible; sa densité est de 1,32.

Le cyanogène solide fond à 140° et se sublime à 190*. D'après M. Bineau, la densité de sa vapeur est 6,39; elle est donc trois fois plus forte que celle du chlorure gazeux. Chaque volume contient- 1 v. 1/2 de cyanogène et 1 v. 1/2 de chlore. La formule CyHlP représente un

IODUR« mt CYANOGÈNE* 285

équiTalent de dtlorure de cyanogène solide ou h volumes de v^ur. Ces quatre volumes résultent de la condensation de 6 volumes de chlore et de 6 volumesxle t^yanogène.

Il est peu soluble dans Feau froide ^ et décomposé par l'eau bouillante en acides* chlorhydrique et cyanurique. L'alcool et l'étherle dissolvent facilement; Teau le précipité de cette dissolution. Il peut se combiner avec le gaz ammoniac et former le composé suivant : (AzH')*,ûy'Cl'.

Le chlorure de cyanogène est très délétère.

On l'obtient en versant de l'acide cyanhydrique dans un flacon de chlore bien sec, et en exposant le flacon à la radiation solaire : dans cette préparation il faut éviter l'emploi d'un excès d'acide cyanhydrique.

On doit à M. Persoz une observation intéressante sur un mode de production du chlorure de cyanogène solide. En conservant, dans un tube fermé aux deux extrémités, du chlorure de cyanogène gazeux liquéfié par sa propre pression , ce chlcwrure se transforme , au bout de quelque temps , en chlorure de cyanogène solide et cristallisé.

BROMURE DE GYANOGèNE. CyBf.

Le bnmiure de cyanogène se prépare en chauffant un mélange de cyanure de mercure et de brome , et en recueillant dans un récipient lé produit de la réaction. Ce corps est solide, incolore, d'uité odeur pénétrante, très soluble dans l'eau et l'alcool ; il entre en ébuUitfon vers 40«, et il cristallise en cubes.

Lé bromure de cyanogène est formé de volumes égaux de cyanogène et de brome unis sans coïidensation. La densité de sa vapeur est de 3,607. La formule CyBr rq[)résente U volumes de vapeur.

Il produit avec l'ammoniaque les deux composés suivants : . CyBr,6AzH3 CyBr,2AzH3.

lODURE DE CYANOGÈNE. Cyl.

L'iodure de cyanogène a pour formule Cyl ; il est formé de volumes égaux de cyanogène et de vapeur d'iode. Ce corps est blanc , soluble dans Veau, très soluble dans l'alcool, l'étlier et les huiles essentielles; son odeur est vive et piquante. Les alcalis le décomposent en cyanure et ai iodate. Il cristallise en longues aiguilles soyeuses.

PréparaUon,

On l'obtient en soumettant à une douce chaleur, dans un flacon , un mélange de cyanure de mercure et d'iode; on opère ordinairement sur i p. 1/2 de cyanure de mercure et 3 parties d'iode. Il se forme de l'iodiœo de mercure et de l'iodure de cyanogène qui se volatilise et se dépose sur les parois du flacon en belles aiguilles d'un blanc de neige.

m GéNÉfUU[4Xâ0 SCR 1^3 WlTAUX.

La plii^tdea^Qjflwumiset des i^ywaofennires, chaufEgg avec^de l'iad^, donnent aim de riodure de eysDogèi^.

L'iodure de cyanogène forme avec le gaz «moQuonifte ^ d'spiès M. Btmm • d^ux eambmi^oos qui sont représentées par ks formules :

Tous les métaux spnt solides à la température ordinaire , à l'axc^ption du mercure qui est liquide.

La plupart des métaux possèdent un écUt, qu'ils perdent quand on leg amène à un grand état de division, et donnent alors des poudres qui sont ordinairement noires ou grises et redeviennent brilUmtes lorsqia'on les frotte avec un corps dur.

Les métaux pris en masse sont tous opaques, mais lalumière peut le§ tra* versers*ils sont réduits en feuilles d'une grande minceur. C'est ainsi qu'une feuille d'or battu pardt verté en l'interposant entre l'œil et la lumière. . La couleur ordinaire de$ métaux est le blanc gris; cependant l'or, le CJiivre, le titane , le tantale, sont d'un jaune, rougefttr».

Le^ ipétaux sont en général inodores; cependant l'étain, le cuivre, le far, le plomb, exhalent une odeur d^sagnéable, surtout quand on les frotte avec la main.

Quelques métaux ont une saveur particulière et désagréable.

Les noiétaux sont plus lourds qu^ l'eau, à l'exceptioa touteGoii^ du po*

tassium et du sodium : Técrouissage augmente ordinairement leiur den*

site. Nous dounon^, dans le tableau suivant, 1^ dc^ité des prmeipaux

métaux.

Densité des principaux métaux.

Cuivre rouge fondu 8,788

i laminé. ....... 22^069

passé à la filièrei . fii,Oiii

fot$é. 20,336

r forgé.. ....... 19,361

^^* • "(fondu 19,258

Tridium 48,680

Tungstène ......* ^ .. 17,600

Mercure. 13,648

Palladium. . 11»300

Rhodium 10,6Z|9

Plomb fondu. . : 11,352

Argent fbndu. . - i 10,474

Osmhmi * 10,000

Slflunith «HBdii. «.,..... 9,822

Cuivre en fil • • • f • < • » r B^78

Molyikiène 8,611

Cadmium 8,604

IVickel fondu 8,279

Cobalt fondu . '. 7,811

Fer en barrew ......*. 7,788

Fer fondu.; .......... 7,207

EtalQ fondu. ......... 7,291

Zinc fondu 6,861

Manganèse 7,500

Antimoine fondu 6,712

Chrome. 5,900

Tilaiie 5,30i5

Sodwn, ..,...»...« 0,979

Pot^sium, t • « 0,m

Gtol^iUTÉi Sim LIS Ut^TàVX. Wl

hà 4¥r^ d3$ métaux ast trè$ vaniJUe; quelque» «m, ecœap^la pk>mb, rétain, sont très mous; d'autres, comme le fer, rantimoine , sont fort durs;, la présence de petites quantités de carbone, d'arsenic « de phosphore, augmente en général la dureté des métaux.

h^ ductilité 6$t la propriété que possèdent le$ métaux de s'^lloni^ en fils, lorsqu'on les étire en les passant à travers la filière.

La malléabilité est la propriété dpnt jouissent les métaux de se réduire en feuilles minces par l'action, du marteau ou du laminoir. Les métaux ou les alliages qui ont subi l'action du marteau , de la filière ou du laminoir, deviennent presque toujours durs et cassants; pour c<»tinuer à les réduire en fil$ ou en lames , il faut les recuire de tem{>s en temps et les laisser refroidir lentement. Les métaux sont différemment ductiles et malléables; nous classerons ici les principaux métaifx d'après l'ordre de leur ductilité et de leur malléabilité.

Ordri de ductilité.

Argent.

Platinç.

Fer.

Cuivre.

Zinc.

iuiin*

Plomb.

Ordre de malléabilité.

Ôr. .

^ Argçnj. . .

Cipvre.

Étain.

ftatlne.

Plond^.

Fer*

La maUéaWlité et la ductilité sont en général augmentées par la chaleur*

La ténacité mt la force qui s^oppo^e à 1$ rupture ; cette propriété est très variable pour les différents métaux.

On compare la ténacité des métaux entre eux en recherchant les poids cpii déterminent la rupture de fils de même diamètre.

Des fils métalliques de deux millimètres de diamètre rompent çiqus les

poids suivants :

Fer 249,159

Qlifre., ,...,,•... 137,399

PMIlie ....,.,,.... 124,000

AJtl^U .,r»*t^*-«« 85,062

Or. ............ . 6S,2iS

ËUÉL. « m,9ê0

Zînc .......: 12,710

Les métaux sont d'autant plus élastiques et sonores, qu'ils sont plus durs; certains alliages de cuivre et d'étain sont plus sonores que des métaux purs.

La structure des métaux est tantôt lamelleuse, tantôt grenue. Cette propriété est importante à eonjâdérer dans les métaux , parce qii'dle permet souvent de les distinguer les uns des auties. lô texture est gremê dans le fer, lamflleuse dans l'antimoine, le blimatb, le »ne.

itê QirtteAùTis stm les métaux.

Les métatrx peuv^t affecter des formes cristallines régulières,- qiii 'SOnt en général, l'octaèdre, le cube ou les formes qui en dérivent.

Les métaux sont dé tous les corps simples ceux qui conduisent le mieux la chaleur et Télectricité.

D'après M. Deq[>retz, les métaux peuvent être rangés dans Tordre suivant par rapport à la conductibilité pour la chaleur :

Or. ./. 10000 I Fer. . /. •

Argent ........... 9730 Zinc . . . '.

Hailne. .......*... 9810 Étaln

Gdvre ..,•.. 8932 | Plomb. . .

Fer.

Étain. ........

Plomb.

Mercure ••.;...

Potassium . • . . . .

MM. Becquerel et Pouillet ont aussi classé les différents métaux d'après leur conductibilité électrique. Nous donnerons ici les résultats qui ont été obtenus par M. Becquerel :

Cuivre 10000

Or. . . 9360

Argent. .......;... 7360

Zinc .' 2850

Platine , . • . . 1880

La fusibilité des métaux est très variable. L^ uns, comme le plomb, l'étaiu, fondent bien au-dessous du rouge ; d'auti^es, comme le platine, le rhodium, l'iridium, ne fondent qu'à l'aide de fortes lentilles^ou du chalumeau à gaz oxigèné 6t hydrogène.

Le tableau suivant donne l'ordre de fusibilité des principaux métaux :

Mercure -^ 39*»

Potassittia* • • -f> 58

Sodium. * 90

Ètain 230

Bismuth. ........... 246

Plomb . . • . 312

Gadmiam . 360

Zinc 370

Antimoine * . . /|32

Argent ........'.;.. 1022

Cuivre, ............ 1092

Or 1102

Fonte ^rise 1587

Acier.— Entre la fonte et le fer.

Nickel

Fer forgé

Palladium.

Molybdène

Uranium.

Tungstène

Chrome.

Titane.

Cerium.

Osmium.

Iridium.

Rhodium.

Platine.

entre la fonte et le fer.

idem.

I Presque infuidbles, s'aggk)^ mérant seulement à un feu de forge violent

/ Infusibles au feu de forge \ le ^us violent ; fusibles i aa chalumeau à gaz hyf drogène et oxigène.

ACTION DE L*OXIGÈNE, DE l'aIR ATMOSPHÉRIQUE ET DE l'eAO SUR LES MÉTAUX.

Quelques métaux, comme le potassium, le sodium, absorbent Toxigène à la température ordinaire ; mais la plupart des métaux ne sont oxidés par Toxigène qu'à Taide d'une température plus ou moins élevée. Quel-

GÉNÉRALITte SUR LES MÉTAUX. 289

ques métaux tels que For, le platine, le palladium, le rhodium, Tiridium, n'absorbent Toxigène à aucune température.

L'air sec agit sur les métaux comme Toxigène, mais avec moins d'énergie ; Tair humide oxide les métaux plus rapidement que Tair sec ; il se forme alors des oxides qui sont ordinairement hydratés et carbonates.

Plusieurs métaux peuvent décomposer Veau à la température ordinaire, comme le potassium et le sodium ; d'autres cwnme le fer, le zinc, l'étaîn, rantimoine,etc. , n'agissent sur l'eau qu'à une température voisinedurouge. Certains métaux tels que l'or, le platine , n'exercent aucune action sur Feau, même sous l'influence d'une température rouge.

Les acides déterminent quelquefois l'action de l'eau sur les métaux; l'oxigène de l'eau s'unit dans ce cas au métal pour former un oxide qui se combine à l'acide, tandis que l'hydrogène se dégage. Certains acides comme l'acide azotique, l'acide sulfurique concentré, peuvent même céder une partie de leur oxigèue aux métaux.

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