‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricole (volume 2)Chapitre 9 sur 143 · XII NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

XII NOTIONS PRÉLIMINAIRES

salfurique se substituait aux aôides contenus dans le nitre et le sel ma* rin, et qae Fammoniaque était déplacée de ses combinaisons salines par les alcalis fixes. Il fut ainsi conduit à se faire des idées^plus exactes que ses devanciers sur la composition des sels , bien que la composition dies acides ^ des bases lui fût inconnue.

Glauber s'occupa aussi des doubles décompositions^ et constata que deux sels conservaient leur neutralité après s'être décomposés mutuellement. Ce fait paraît avoir servi à Wenzel de point de départ pour ses travaux sur les nombres proportionnels ou équivalents chimiques.

Dans un ouvrage qu'il publia en 1777, sous le titre de Théorie de& affinités^ Wenzel établit la capacité de saturation relative des bases et des acides, et donna l'explication exacte de la conservation de la neutralité dans la double décomposition des sels. La loi qi^i porte le nom de ce célèbre chimiste est fondée sur les observations suivantes :

Pour saturer par différentes bases une quantité d'acide sulfurique con* stante et représentée par 500, et former ainsi des sels neutres aux réactifs colorés, on trouve qu'il faut employer des quantités de base exprimées par les nombres suivants :

350 de chaux; 2Ô8 dt magnésie ; 387 de soude ; 589 de potasse ; 958 debaritc; .

139/1 d'oxide de plomb , elc

D'un autre côté^ en déterminant les proportions des divers acides qui peuvent saturer la quantité de chaux indiquée dans le tableau ci-dessus, c'est-à-dire 350, on trouvé :

675 diacide azotique ; /^OO d'acide sulfareux :

500 d'acide sulfurique; 900 d'acide hyposulfurique ; 275 d'acide carlwmque; 9/i3 d'acide chlorique:

ll/i3 d'açIde perchlorlque, etc»

L'expérience prouve en outee que les quantités d'acide du second tableau neutralisent exactement les proportions de base exprimées dans le premier.

Telle est l'observation par laquelle Wenzel est arrivé à démontrer qu'en neutralisant deux poids égaux d'une base par deux acides différents, et qu'en recommençant la même expérience avec les mêmes acides sur une base différente, les quantités d'acide employé^ dans les deuj^ cas sont dans le même n^[)port.

ÉQOIVALINT^ CamiQUCS. Xflll

On peut dire d'une noanière générale que deux acides étaHtrepré^ sentes par  et B^ s'il a faUu 2' grammes de A pour saturer une cpiantité de base représ^itée par H , et 6 grammes de B pour saturer la même proportion de cette même base ; en prenant un poids d'une autre base représentée par N, s'il faut pour saturer cette nouvelle base 4 grammes de A , on pourra affirmer, en s'appuyant sur la loi de Wenzél et sans recourir à l'expérience , qu'il faudra 12 grammes de B pour saturer la même pro^ portion debaseN; parce que le rapport de 4 à 12 est le même que celui de2à6.

La loi de Wenzel peut doâc être énoncée de la manière suivante :

Si P P P' P'^' représentent les poids d'une série de bases pouvant neuircH User- un poids Qd'tm certain acide si Q' Q'" <}'- représentent les poids d'une série d'acides neutralisant un poids de base P, ces quantités et acides Q' Q" Q'" neutraliseront également les proportions de base P' F' F" , etc.

On appréciera la justesse de Fexpression à!équimlents iq)pliquée aux quantités de bases et d'acides pouvant se remplacer mutuellement dans les combinaisonssalines, puisque, d'un côté, 350 p. de chaux équivalent à 258 p. de magnésie et à 968 p. de barite, etc.; et, de l'autre, 500 p. d'acide sulfurique équivalent à 675 p. d'acide azotique, à 275 p.. d'acide carbonique, à 943 p. d'acide chlorique; c'est-à-dire que, dans une combinaison saline, et sans changer la neutralité du sel, 350 p. de chaux peuvent être remplacées pat 258 p. de magnésie, 958 de barite , c(»mie 500 p. d'acide sulfurique sont remplacées par 675 p. d'acide azo^ tique , 275 p. d'acide carbonique.

On peut maintenant s'expliquer pourquoi les sels conservent leur neutralité après s'être décomposés mutuellement; cela tient évidemment à ce que les quantités d'acides propres à neutraliser le même poids d'une base neutralisent également le môme pioids de toute autt« base.

Quand on verse du sulfate de soude dans de l'azotate de barite jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité , la barite prend la quantité d'acide sulfurique qui lui est nécessaire pour former un sel neutre, et la liqueur ne contient cependant ni acide azotique libre , ni soude libre, parce que les quantités d'acides azotique et sulfurique qui neutralisent le même poids de barite^ saturent aussi le même poids de soude.

En exprimant par des nombres la composition de l'azotate de barite et du sulfate de soude, on saisit mieux encore tout ce que la loi de W^ozel a de simple et en même temps d'important dans son application.

675 d'acide azotique + 958 de barite <= 1633 d'azotate de barite ; 500 d'acide svdfuriqne -f 387 de soude «« 887 de sulfate de soude.

iHiîsque 675 et 500 représentent des quantités d'acides azotique et sulfurique pouvant former des sels neutres avec 958 de barite; et que 500 d'acide sulfurique neutralisent 387 de soude : 675 p. d'acide azo-

XIV NOflOlfft FKBLIlIlNAmiS.

tique netttraHfleront nécessainsmént oetle même qusmîtité de soude , c'estàrdire 387 p. Ainsi s'explique la neutralité des deux nouveaux sels qui se forment par la réaction de Tazotate de barite sur le suUate de soude.

Î.PÎ m BIÇHÏÉR.

Ver» 17dd, Ricbter, chimiste de Berlin, cc^flrma li^ tkiorie des équi-* mlentê établie par Wenzel , en examinant la précipitation des métaux les uns par les autos de leurs dissolutions salines.

Richter reconnut que dans cette précipitation les sels conservaient leur neutralité et que le métal plongé dans la dissolution se substituait single-* ment au métal contenu dans le seL

Il résulte des observation^ de fiicbter que, pour les seU d^un même genre, il existe un rapport constant entre la quantité d'acide et la quantité d'oxigtee de la base.

Si Ton considère une quantité dé sulfate d'apgent^imti^fiant 140 parties d'oxigène dans l'oxide d'argent, soit lQ4tt parties, Tei^périence in-r diqueque cette quantité de sulfate d'argent contient 600 parlie& d'Add» sulfurique. Ainsi :

A^ide sulfuriq^e. Oiûgène. Argent. Su)f^te d'argent.

Si l'on plonge mie hxm de cuivre décapée dan^^oe dissolution de ce sel, t^ttt l'argent s'en précipite à l'état ipétftlUtpie, tandis qu*we certaine quantité de cuivre entre en dissolu^on , S0U3 la fqpiQiB d^ Sfdfate dé cuivre.

On recitmnalt qu'il pe se d^aga pas de ga;^ dans oette déccNnposition , et qu'il ne se précipite que de l 'argeii t mét^Uque .

On peut donc poser l'équation suivante :

Acide «iilfuriqiie. Oxîgène. Argent. Cuivre. Argent. Snifate de cuivre.

Sulfite d'argent.

On voit que dans le sulfate d'argent soumis à l'expérience, et dans ie sulfate de cuivre formé, le rappcHrt de l'oxigène de l'oxide à la quantité d'acide est constant.

Ce rapport est celui de 100 à 500.

Dans la réaction précédente^ 13>49 p. d'ai^nt oiit été r^npl^cées par 396 de cuivre ; il s'est formé :

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