FABRICATION DB LA POUDRE
POUDRES DE GUEBRB.
Les poudres de guerre fabriquées par l'État se divisent en deux espèces : l'une, appelée Poudre à canon, est destinée à l'artillerie ; l'autre, appelée Poudre à mousquet, est destinée aux armes de l'infanterie et de la cavalerie*
Ces deux variétés de poudres de guerre ont la même composition et le
(1) A Tépoqae où ces expériences furent faites, on changea non seulement le mode de préparation du charbon, mais encore les procédés de fabrication de la poudre : aussi plusieurs offlciers d'artillerie pensent-ils que la détérioration des armes qui a été constatée n'est peut-être pas due à l'état du cbart)on entrant daAs la confection des poudres, mais plutôt au mode de fabrication des poudres soumises aux essais.
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même dosage, et passent par les mômes manipulations : le grain seul, moins gros pour la poudre à mousquet* en fait toute la différence.
Nous décrirons la fabrication de la poudre, l'^ par le prooédé des pilons, 2' par le procédé des meules.
PROCÉDÉ DES PaOKS.
Le mélange des trois éléments de la poudre s'effectue au moyen des pilons dans des mortiers en bois. Ce procédé de trituration est très ancien. Quoiqu'il ne donne pas un mélange aussi intime que les nouveaux procédés qui sont employés pour faire les poudres de chasse, on y est revrau pour les poudres de guerre, à cause des dégradations que Ton a signalées dans les canons en bronze chargés avec des poudres faites par les nouveaux procédés de trituration.
Les moulins à pilons de la poudrerie d'Angouléme se coiçposent de deux batteries séparées de six pilons chacune, mises en mouvement par une môme roue hydraulique. Dans d'autres poudreries, chaque moulin se compose de deux batteries de 8 ou de 10 pilons chacune (pi. 17, fig. 6).
Les pilons sont formés de pièces de bois de hêtre du poids de 20 kilog. environ, garnies à leur extrémité d'une botte métallique pyriforme, pesant 20 kilog., qui est fabriquée avec un alliage de cuivre et d'étain dans la proportion de 80 de cuivre pour 20 d'étain.
Ces pilons battent 55 coups à la minute, et tombent d'une hauteur de O^ykO environ. Les mortiers sont creusés dans une forte pièce de bois de chêne, que l'on nomme /)t/e à mortiers. Chaque pilon fabrique 10 kilog. de poudre par jour : chaque moulin en fabrique donc 120 kilog. Ces moulins étant au nombre de 7, produisent 8/iO kilog. de poudre par jour.
La mise en composition conunence par le battage du charbon: le charbon, prenant feu quelquefois spontanément, il serait imprudent de le faire triturer en présence d'un mélange explosible. Le soufre môme n'est introduit dans les mortiers que préalablement pulvérisé et tamisé. Cette pulvérisation s'opère dans des tonnes de trituration dont il sera parlé à propos de la poudre de chasse.
Lorsque le charbon a été battu pendant 20 minutes, on introduit dans chaque mortier pour 1*^,25 de charbon, 7\50 de salpêtre, et ^,25 de soufre. Les trois matières sont triturées ensemble, incorporées et comprimées, par un battage dont la durée est de onze heures. Ce battage est interrompu d'heure en heure par les r^changes^ qui sont au nombre de huit. L'opération du rechange, qui a pour but de changer la matière de mortier , empêche que le ctdot de matière immobile qui se forme toujours au fond du mortier ne prenne, sous le choc du pilon, un degré d'échauffement qui serait dangereux.
Après le huitième rechange, le battage continue 2 heures sans interruption. La matière doit être humide pour prendre corps ; les arrosages se
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sacoèdent à oertaines époques du battage ; le premier, qui est fait sur le chartx)n, est de 0%75 ; le deuxième, que Ton fait au oommencement du battage du mélange, est de 0^,50 ; enfin ks deux derniers, qui sont chaoïm de O'^^SS, ont lieu après le cinquième et le septième rechange.
La matière, en sortant des pilons, est à Fétat de pâte humide que Ton nomme galette. Cette galette, avant d'être grenée , est soumise à deux opérations préliminaires, le guillaumage et Yesêorage.
La première opération a pour but de réduire la galette en petits morceaux qui facilitent son essorage. On la fait passer à travers un crible en peau appelé guillaume, dont les trous ont un diamètre de 8""" environ. L'ouvrier, par un mouvement de va-et-vient imprimé au crible, donne à un tourteau en bois un mouvement circulaire ; ce tourteau concasse la galette.
L'essorage consiste dans une exposition des matières à Talr et dure plus ou moins longtemps suivant Tétat hygrométrique de l'atmosphère ; il a pour objet de faciliter le grenage, parce que les matières trop humides obstruent les gr^ioirs.
Le grenage donne à la poudre un grain uniforme. Il se fait au moyen du tourteau en bois dans des cribles en peau, dont les trous ont 2"**" ,40 de diamètre pourlapoudreà canon et 1""",50 pour la poudre à mousquet.
On éUmine le fin grain ou poussier, en le faisant passer à travers des perceê^ plus petites.
Après ces diverses manipulations, la poudre est soumise à la dessiccation. On la sèche en plein air quand le temps est beau ; mais le plus souvent la dessiccation se fait à la sécherie artificielle. Le séchage à l'air dure douze heures environ pour la poudre à canon et un peu moins de douze heures pour la poudre à mousquet. La durée de la dessiccation varie du reste avec la saison et la température. La couche de poudre étendue sur les draps du séchoir n'excède pas 0'",02 d'épaisseur.
Pour le séchage artificiel, on étend la poudre sur des draps fix^ audessus de vastes caisses fermées , dans l'intérieur desquelles on lance de l'air chaud ; cet air chaud s'échappe à travers la couche de poudre, et se charge de son humidité.
L'air du ventilateur, avant de pénétrer dans la caisse, débouche dans un cylindre en cuivre par une multitude de petits tubes qui le traversent dans toute sa longueur. Entre ces tubes circule constamment de la vapeur d'eau ; de telle sorte que l'air, qui a pénétré froid dans le tube , est porté en sortant à une assez haute température.
La vapeur d'eau s*écoule par un tuyau placé à l'extrémité du cylindre, et se déverse dans un condenseur, dont les eaux sont ramenées dans la chaudière.
Ce mode de séchage est beaucoup plus expéditif que le premier ; il n'exige que 6 heures pour sédier une couche de 0"',08 d'épaisseur.
L'humidité, en se dégageant de la poudre, produit une quantité notable
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de poussier, qui rendrait la poudre salissante et nuirait à ses effets dans les armes à feu.
L'époussetage est l'opération qui sépare le poussier. L'époussetage est la dernière manipulation de la poudre ; il ne reste plus alors qu'à l'essayer et ensuite à l'embariller.
Les barils de poudre contiennent les uns 50 kilog. , les autres 100 kilog. €es barils pleins de poudre sont eux-mêmes renfermés dans des barils plus grands qu'on appelle chapes,