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POUDRES DE CHASSE

Les poudres de chasse se divisent en trois espèces : la poudre fine, la poudre superfine et la poudre royale. Ces pou(û*es ont la même 'composition et sont formées de :

Salpêtre. 78

Charbon 12

Soufre 10

Ces éléments, dans quelques poudreries, sont encore incorporés par le procédé des pilons.

A Angouléme et au Bouchet, le procédé mis en usage aujourd'hui est le procédé des tonnes, qui a sur le premier l'avantage d'exiger moins de temps, moins de surveillance et aussi moins de capital fixe.

Ce procédé de pulvérisation consiste à faire tourner l'élément à pulvériser dans des tonnes avec de petites gobilles de cuivre.

Le charbon qu'on fait entrer dans la composition de la poudre de chasse fine est du charbon de bourdaine. Mais ce charbon est de deux qualités: une moitié consiste en charbon fait en plein air dans des chaudières ; l'autre mmtié est obtenue par le procédé de distillation qui a été décrit précédemment.

Les tonnes de trituration sont des cylindres mobiles autour d'un axe horizontal, dont les parois sont formées de morceaux de cuir fixés à des bandes de bois ou de tôle. Dans les premières, les bandes de bois forment saillie à l'intérieur ; dans les secondes, la tôle est déformée de distance en distance de manière à présenter des convexités à l'intérieur. Ces saillies intérieures sont destinées à retenir les gobilles, qui, par leur chute, opèrent la trituration.

La trituration simultanée des trois éléments présenterait quelques dangers; aussi commence-t-on par les triturer deux à deux dans les tonnes. D'une part, on triture le salpêtre avec une faible partie du charbon ; d'une autre part, le soufre est trituré avec le reste du charbon.

Aucun de ces deux mélanges binaires n'est explosiblé.

A Angouléme les tonnes renferment chacune 250 kilog. de gobilles;

Go'ogle

POODRB A TIBIR. M

la charge par ioiiue est de 200 kilog. de matière pour le mélange binaire salpêtre et charbon , et de 170 kilog. pour le deuxième mélange. Les tonnes font 20 tours à la minute. La durée de la trituration est de 6 heures pour le premi^ mélange, de 12 heures pour le second.

Des tonnes semblables, appelées formes mélangeoirs^ servent à faire un mélange ternaire avec ces deux mélanges binaires ; c'est cette opération qui présente le plus de danger : la charge par tonne est de 100 kilog. de gd>iUes, et de 100 kilog. de matières. Cette matière, appelée la composition parce qu'elle renferme des éléments de la poudre, est triturée 6 heures.

Au sortir des mélangeoirs^ la composition est à l'état de poudre impalpable. Pour qu'elle puisse être grenée, il faut l'humecter d'abord , et lui donner ensuite de la consistance par une compression. On mouille la poudre à 4 p. 100, et on la marche avec des saJx)ts afin de bien répartir Thumidité.

Après cette opération, on porte la poudre au laminoir, où elle est transformée en galette. La poudre, déposée sur une toile sans fin, passe entre deux cylindres animés d'un mouvement de rotation très lent, et est soumise à une pression qui varie de 1000 à 1500 kilogrammes.

La poudre, après avoir subi cette pression, est transformée en une galette susceptible d'être grenée.

On la guillaume d'abord, puis on la grène à une perce d'un diamètre de 1"',20. Avant de la tamiser pour lui enlever le fin grain, on la fait essorer une demi-heure; sans cette précaution, elle empâterait les trous du tamiseur. L'opération du tamisage ne se fait pas à bras comme pour les poudres de guerre, mais dans des tonnes en soie animées d'un mouvement de rotation de vingt tours par minute.

Vient ensuite l'opération du lissage, qui a pour but de donner à la poudre, de la densité et du lustre. On l'exécute en faisant tourner les grains sur eux-mêmes dans des tonnes en bois.

On y mêle de gros grains de poudre de chasse humectés à 12 p. 100. La poudre acquiert d'autant plus de lustre que le gros grain est plus humecté.

Cette humidité sert à dissoudre un peu de salpêtre qui se dépose ensuite à la surface du grain et lui donne un éclat micacé. Après le lissage , on enlève les gros grains avec un crible qui ne laisse passer que les grains de diasse.

Enfin la poudre de chasse est , conune la poudre de guerre, séchée et époussetée. Le séchage à l'air libre ne dure pas plus de 2 heures par un soleil d'été; il a rarement lieu à la sécherie artificielle; la couche de poudre à sécher est moins épaisse que pour la poudre de guerre.

La poudre de chasse est destinée en grande partie aux Contributions Indirectes. On la livre à cette administration dans des caisses qui en con-

&2 POUDRE A TIRBR.

tiquent 35 kilogrammes. Ces caisses sont rempHes de cartouche$ ou pa^ çueti de diffiireDtes dimensions ; chaque caisse renferme :

30 catloaches de 2 hectogr. «= 6 kilog. 100 — de 1 hectogr. =*= 10 kilog.

180 ^ de { kectogr. « 9 kilog.

25 kilog.

La poudre de chasse destinée à la guerre ou à la marine est expédiée dans des sacs qui en contiennent 50 kilogranunes ; ces sacs sont renfermés dans des barils.

POUDRB 8UPEAFINB.

La poudre superfine se fabrique au moyen des poussiers de la poudre fine qu'on fait rentrer dans la fabrication en les triturant de nouveau 6 heures aux tonnes mélangeoirs. Les opérations sont les mêmes que pour la poudre fine; toutefois leur durée est plus longue, et la granulation est faite à une perce plus petite.

La poudre superfine est expédiée dans des caisses en cartouches de 5 hectogrammes.

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