‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricoleChapitre 272 sur 322 · II. iià · texte numérisé non relu

II. iià

690 AFFINAGB DKS MÉTAUX PKÉCIBUX.

à 2 fois «t demie son poids d'addesalfuriqvie àM«. L'opérttMi faite sur Z5 à 40 k. de grenailles d^alliage dure S à & heures; on juge qu'elle est terminée, lorsque refTervescence a cessé et que Tacide sulfurique commence à distiller.

L'acide sulfurique produit, en attaquant ralliage, un dégagement abondant d'acide sulfureux qu'on perd, en général, dans l'atmosphère, mais qu'il est mieux de recueillir dans une chambre de plomb où on le transforme en acide sulfurique. Les équations 2(S0^H0) + Ag =» AgO,SO» + SO» -f- 2H0 et Cu -f- 2(S0^H0) = CuO,SO^ + Sœ + 2H0; montrent que la quantité d'acide sulfurique qui passe à l'état d'acide sulfureux est précisément égale à celle qui entre dans la composition des sulfates d'argent et de cuivre. Avant de se rendre dans la chambre de plonxb ou de se perdre dans l'air, les gaz et les vapeurs passent d'abord dans un tuyau de plomb horizontal d'un développement de 8 à iO mètres , communiquant avec un réservoir en plomb où viennent se condenser l'aoide sulfurique entraîné ou distillé et une certaine quantité de sulfate d'argent. Cet acide, fortement chargé d'acide sulfureux, marque de UO à 45*.

Lorsque la dissolution est terminée, on introduit dans la chaudière 2 k. à 2 k. et demi d'acide sulfurique à 58" provenant de la concentration des eaux acides du sulfate du cuivre. Après quelques instants d'ébullition, on retire la chaudière du feu , et on l'abandonne au repos pendant une demi-heure. L'or se précipite; on décante dans un vase la dissolution qui contient des sulfates de cuivre et d'argent , et on l'étend d'eau jusqu'à ce qu'elle marque environ 25 à SO"" à l'aréomètre.

Cette dissolution est introduite dans une grande chaudière en plomb où l'on fait arriver de la vapeur^ et on la met en contact avec des lames de cuivre. L'argent se précipite sous la forme de petits cristaux {chaux d* argent)] on juge qu'il ne reste plus d'argent en dissolution, lorsqu'une petite quantité de la liqueur filtrée et essayée dans un verre avec quelques gouttes de sel marin ne se trouble plus.

Dans quelques usines, on laisse écouler les eaux dans des citernes en plomb, et on les abandonne au repos pen(knt plusieurs jours, en les laissant en contact avec des lames de cuivre , afin de précipiter les dernières traces d'argent.

Lorsque les matières argentifères et aurifères sont à bas titre, les dissolutions sulfuriques sont troubles et laissent au fond des vases et des marmites à décanter, un dépôt considérable contenant des sulfates d*ap* gent et de cuivre mêlés à de l'or excessivement divisé.

Ces dépôts sont étendus d'eau et versés dans une chaudière particulière; on les précipite par le cuivre, on lave le nouveau dépôt, on le sèche, et après l'avoir fondu , on le traite par l'acide sulfurique. Les dissolutions claires provenant de ces deux opérations sont varsées dans la chaudière à précipiter l'argent.

▲FFIMiGI DM MÉTAUX PÛCIWJI. 6M

On a recours quelquefois à un autre procédé plus rapide pour traiter les dépôts qui se rassemblent difficilement On les lave à Teau chaude, et on les abandonne aii rq>os ; le précipité consistant en or métallique, môle encore à du sulfate d'argent, est mis à égoutter, et traité ensuite dans le vase de platine par de Tacide sulfurique ; on obtient ainsi une disaoUi* tion d^argent très l'unpide* Le dépôt d'or ae forme avec facilité et ae nia* semble au fond du vase« On le traite à deux reprises par de Tacid^ $aU furique, et après l'avoir bien lavé, il ne reste plus qu'à le f<mdre. La dissolution d'argent est versée ensuite dans le vase à précipiter.

Lorsqu*au lieu de dissoudn» Targent dans des vases en platine, ra sf sert de chaudières en fonte, on peut opérer indiflëremment sur des gra^ nailles ou des lingots d'argent, et exécuter l'opération sur une quantité d*argent aurifère s'élevant jusqu*à 2 ou 300 kilogrammes à la foist Comme l'altération des chaudières en fonte est moins à craindre que celle des vases de platine, on peut employer des acides moins purs ; l'expérience a démontré en outre, que la dissolution des Ungots dans des chaudière en fonte, exigeait moins d'acide que lorsqu'on opère dans des chaudières en platine.

Les dissolutions sont jetées presque bouillantes dans une chaudière en plomb couverte et remplie aux deux tiers d'eaux-mères de sulfate d« cuivre. On les chauffe à 100* avec un jet de vapeur continu jusqu'au moment où le liquide est saturé de sulfate d'argent*

Le jet de vapeur étant supprimé, la liqueur, après un repos d'une heure, est décantée dans une chaudière à précipiter l'argent, au moyen d'un siphon ou d'un robinet placé à 25*ou 30 centimètres du fond de la cbaU'* dière, où l'or s'est déposé. Après plusieurs lavages successifs , on enlève cet or, on le traite par l'acide sulfurique dans un vase de platine, on le lave et on le fond.

L'argent précipité par le cuivre , est lavé avec soin , séché dans une chaudière en fonte, sur un feu de coke, ou comprimé à la presse hydraulique; ou en forme des espèces de lingots qui acquièrent par la pres<sion de l'éclat et de la coliésion , mais qui retiennent encore S à 10 p. i 00 d'eau. Ou les chauffe graduellement avant de les fondre, afin que lescreu* sets n'éclatent pas ; on coule ensuite l'argent en lingots.

L'argent d'i^finage ne contient plus que des traces impondérables d*or; mais il est encore allié à cinq ou six millièmes de cuivre.

L'or, provenant de l'affinage , est ordinairement purifié par deux trai* temeuts à l'acide sulfurique concentré, ainsi que nous l'avons déjà dit On l'affine quelquefois d'une manière plus complète, mais moins économique, en le fondant avec trois fois son poids d'argent , et traitant l'alliage par l'acide azotique bouillant Le résidu insoluble est lavé avec soin et fondu.

L'or, sortant des ateliers d'affinage, es^ au titre il'fQVirc^ A&fk*

692 APFINAGB DES MÉTAtX PHÉaBUX.

La dissolution acide du sulfate de cuivre séparée par décantation de la chaux d'argent contient indépendamment du cuivre qui existait dans les lingots avant leur affinage, la quantité de sulfate de cuivre qui provient de la décomposition du sulfate d'argent par le cuivre. On Tévapore dans des chaudières en plomb jusqu'à ce qu'elle marque environ 40* à l'aréomètre. Il se dépose par le refroidissement de petits cristaux confus d'un sel d'un bleu pâle qui est du sulfate de cuivre en partie anhydre. L'eau-mère fournit de nouvelles quantités du même sel par des évaporations successives, et Ton obtient en dernier lieu une liqueur d'une couleur foncée marquant 52** Beaumé, qui n'est plus pour ainsi dire que de l'acide sulfurique aqueux. On fait rentrer cet acide dans la fabrication.

Le sulfate de cuivre qui a cristallisé dans une liqueur qui contient beaucoup d'acide sulfurique libre ne saurait être livré au commerce dans cet état. On le redissout dans l'eau ; lorsque la dissolution marque UT à l'aréomètre, elle laisse déposer par le refroidissement de beaux cristaux bleus de sulfate de cuivre, presque pur, contenant 5 équivalents d'eau de cristallisation.

La levée de ce sel n'a lieu qu'après plusieurs jours afin que les cristaux , ayant un certain volume, puissent être enlevés plus facilement. Les cristallisoirs sont en plomb; ils ont ordinairement 1 mèti^ de hauteur sur 1 mètre et demi à 2 mètres de longueur, et 1 mètre de largeur.

On doit autant que possible éviter l'emploi du cuivre et du fer dans la confection des vases et instruments divers dont se compose un atelier d'affinage. Dans la fabrique dirigée par H. Barré, les pompes qui servent à monter les dissolutions acides de sulfate de cuivre sont faites avec un alliage de plomb et d'étain durci par une petite quantité d'antimoine.

Le sol des ateliers est lui-même en plomb, et il peut être lavé avec facilité.

Les creusets dans lesquels on-fond l'argent, sont en terre de Picardie, très légers, réfractaires : ils n'éclatent presque jamais, et peuvent contenir de 70 à 90 kilogrammes d'argent. Leur prix varie de 40 à 60 centimes. Leur paroi très mince permet de les porter rapidement au rouge. On évalue à 15 centimes tout au plus la dépense et la perte occasionnée par la fusion et la mise en lingot d'un kilogramme d'argent. Le conduit horizontal qui communique des fourneaux de fusion à la cheminée de l'usine , doit présenter un développement considérable afin que l'argent entraîné par l'air ou volatilisé puisse se condenser.

Les tentatives faites à la monnaie de LiHe pour substituer le fer au cuivre dans la précipitation de l'argent, n'ont pas eu de résultat satisfaisant. Toutefois, à défaut de cuivre, on pourrait employer le fer.

Page 1