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THÉORIE PB LA DORURB AU TREMPÉ

18 à 30 fr. ; par rancien procédé, elle coûtait souvent jusqu'à 120 francs pour les cuivres estampés ; de plus, lorsque les pièces étaient minces et délicates, elles résistaient difficilement à l'action du mercure.

n existe dans le commerce des objets dorés, soit par immersion, soit au moyen de l'amalgame d'or; il est donc utile de pouvoir distinguer le mode de dorure qui a été employé , puisque la solidité de la dorurQ n'est pas, comme nous l'avons dit, la même dans les deux cas.

On doit à M. Barrai un procédé qui permet de reconnaître facilement par quelle méthode la dorure a été appliquée.

On dissout lentement les pièces à eâsay^ dans l'acide azotique étendu; le cuivre entre en dissolution et laisse une pellicule qui conserve la forme de l'objet. Lorsque les objets ont été dorés au mercure , la pellicule d'or est toujours noire sur la partie qui se trouvait en contact avec le cuivre ; pour les objets dorés au trempé^ la pellicule est brillante des deux côtés. Cette différence est due à la présence d'un alliage d'or et de cuivre formé à la surface des pièces dans la dorure au mercure, tandis que dans la dorure au trempé il se fait une simple superposition d'une couche d'or sur ' cuivre sous-jacent.

Pendant longtemps la dorure au trempé n'a été appliquée qu'aux bijoux de cuivre; l'argent, le platine , le maillechort, immergés dans Je bain, ne prenaient pas d'or. M. Barrai a fait voir qu'en mettant des pièces d'argent, de platine ou de maillechor en contact avec des fils de cuivre ou de zinc, on peut obtenir une dorure, dont l'épaisseur augmente avec le temps de Timmersion ; ce fait rentre dans les phénomènes de précipi-tations métalliques en présence de deux métaux pouvant former un couple voltaïque.

THiSORIB DE LA DORUIUS AU TRBMPJÎ.

M. Dumas, dans son rapport fait à l'Académie des sciences sur les procédés de dorure de MM. Elkington et de Ruolz, a admis que, pendant l'ébuUition du bain de bicarbonate de potasse aurifère, le perchlorure d*or se changeait en protochlorure.

On a pensé d'abord que cette transformation avait lieu sous l'mfluence des matières organiques contenues dans la liqueur.

Les substances organiques dans la pratique de l'art de la dorure étant plutôt nuisibles qu'utiles , on a dû rechercher si la réducticm du chlorure d'or de l'état maximum à l'état minimum de chloruration n'était pas due à une autre cause.

M. Barrai a cherché à éclaircir cette question par l'expérience. Il a déterminé d'abord dans quel rapport le cuivre remplaçait l'or dans le bain Elkingtoii ; il a vu que pour 2 équivalents d'or qui se déposent, 2 équivalents de cuivre entrent constamment en dissolution; il a reconnu de

702 DOHtmi GALVAMQUf .

plus que les bains qui ont servi, oontenaient toujours utte certaine quaiH lité de ciilorate de potasse*

Il semble résulter de ces observatkms , que par une ébullition avec la bicarbonate de potasse, et en présence du cuivre, le poreblorure d'or doit perdre d'abord une partie de son chlore; autrement, les byeux trempés produiraient , en réagissant sur le perchlorure d'or , 3 équivalents de bichlorure de cuivre en précipitant 2 équivalents d'or, d'après la formule suivante : Au%P + 3Cu « Au> + 3GuCl.

L'expérience prouve que la réaction se fait dans les rapports suivants : Au'Cl^ + 2Cu ^ Au^ + 2CuCl + Cl.

*La présence du chlorate de potasse dans les liqueurs , après la do» rure , permet de croire que le troisième équivalent de dilosre du per^ chlorure d'or est absorbé par le bicarbonate de potasse , de telle «Mrte que l'opération de la dorure au trempé pourrait être représentée , d'apiès M. Barrai, par l'équaUon suivante : GAu^CP + 6(KO,2C02) + 12Gu«* i2CuCl + 5KC1 + K0,C105 + ôAu» + 12C03.

Dans cette i^ction il se produirait donc du chlorure de potassium et du chlorate de potasse ; il se dégagerait en outre de l'acide carbonique (ee qui a lieu en efiet) ; l'or et le cuivre se remplaceraient équivalent à équivalent. ,

DORURB GALVANIQUE.

Les procédés de dorure galvanique ont pour but de précipiter sur un métal commun « en couches continues^ adhérentes , inséparables et aussi épaisses qu'on le désire, non seulement de l'or, mais encore de l'argent, du platine, du cuivre, du zinc, du plomb, du fer, etc.

Pour résoudre ce problème si intéressant pour l'industrie , il suffit de dissoudre les métaux dans des agents convenables, de plonger dans la dissolution le métal destiné à être recouvert, et de se servir de Félectridté développée par la pile, comme agent de la précipitation.

Brugnatelli, dès 1830, a essayé de dorer l'argent en décon^posant par la pile de Tammoniure d'or; au commencement de iSftO , M« de La Rive chercha à dorer par la pile en se servant du chlorure d'or.

MM. Perrot , Bœttger , Smee , etc., s'occupèrent de la même question , e(nfin M. Elkington ouvrit le premier une voie nouvelle à cette industrie, en employant les sels doubles d'or et de potasse ou de soude.

M. de Ruolz et plusieurs autres chimistes ont ajouté diverses liqueurs aurifères à la dissolution employée par M. Elkington.

Les procédés de dorure galvanique permettent de recouvrir d'or tous les métaux , mais ils exigent quelques préparations préalables qui varient avec la nature du métal sous-jacent.

Pour les bijoux de cuivre et les bronzes, on a recours au recuit , au dérochage et au décapage que nous avons d^jà décrits, en parlant de la

dorufe au mereure et de Ia dorure au trempé; la dorure galvanique n'exige pas de ravivage.

' Les objeta d'argent sont recuha et dérochés comme ceux de cuivre; ils 3ont ensuite itottéa avec du blanc d'Espagne et de Teau acidulée par du vinaig^ et de Tacide azotique.

Le mallleohort est recuit, déroché et décapé comme le cuivre. Le ieret l'acier pdls sont d'abord dépouillés par un lessivage dans de la potasse, des matières grasses qui souillent leur surface ; ils sont entuite décapés deux fois dans de Tacide azotique , et lavés dans Teau. On enlève les parties noires qui les recouvrent , et qui consistent surtout en charbon mis à nu par Taction de Tadde azotique, en les frottant for«tement avec de l'ar^iie qui a été calcinée , puis pilée et tamisée très fin. Pendant longtemps on a cuivré préalablement le fer et l'acier, afin de pouvoir le recouvrir d'une couche d'or adhérente ; on a reconnu depuis qoB l'on pouvait dorer direetement le fer en employant un courant éleciriqueénm^ue.

Pour obtenir le mat , on soumet les bijoux de cuivre à l'action des acides mélangés, comme dans le procédé de la dorure au trempé ; le plus souvent > on donne le mat , après le dépôt métallique, par les procédés usités dans la dorure au mercure.

On ne met en couleur que les menus bijoux de cuivre ; pour tous les autres objets , on se contente de gratte-bosser et de brunir après lavage et dessiccation complète dans de la sciure de bois chaude.

Lorsque l'on a déposé une couche d'or un peu épaisse , l'aspect brillant du métal sous^-jaoent n'apparatt plus , et on ne le reproduit qu'en employant les moyens mécaniques usités dans l'orfèvrerie.

Les piles employées dans l'industrie , pour les décompositions des li* quenra propres à la dorure ^ à l'argenture , et même à la galvalîoplastie , sont celles de Wollaston ; le zinc que l'on emploie est amalgamé. Ces piles se composent d'un sceau ou tonnelet en bois mastiqué dans lequel on place deux cylindres concentriques en zinc amalgamé et en cuivre qui ne se touchent pas. Nous donnons (pi. 24 , fig. 2) le plan d'un élément. A Épaisseur du bois du tonnelet.

a Distance de la paroi intérieure du tonnelet à la paroi extérieure du cylindre en cuivre.

B Distance de la paroi intérieure du cylindre en cuivre à la parcn esté* rieura du cylindre en zinc amalgamé.

b Épaisseur du cylindre en ^nc.

C Épaisseur du cylindre en cuivre.

d Ouverture pratiquée dans toute la longueur du cylindre «n zinc. D Coins en bois pour maintenir les cylindres à distance* E Cercles en fer.

Cet élément contient 8 1/2 litres d'eau acidulée par le huitième de son

70& DORUtK GiLTANlQUE.

vdume â'adde sulfurique , de manière k ce qoe la liqueur marque W au pèse-acide.

Pour que les dissolutions métalliques que Yxm décompose par le courant électrique conser? ent toujours la même quantité du métal à d^poser^ on a soin de suspendre dans le bain et d'attacher au pôle positif de la pile des électrodes solubles , c'est-à-dire des lames de métal qui se dissolvent à mesure que le métal en dissolution ae fixe au pôle négatif sur Tobjet À recouvrir.

Le bain à dorer est mis dans une grande cuve en bois (pL 2&, flg. S et ft) convenablement mastiquée. Au-dessus du bain, se trouvent des tiges en cuivre rouge dorées qui traversent la cuve dans toute sa longueur.

L'une de ces tiges communique avec le pôle positif, Tautre avec le pôle négatif.

La tige métallique mise en relation avec le pôle positif, supporte des lames d'or; l'autre tige supporte avec une tige en bois les tringles auxquelles on suspend les divers objets que l'on veut dorer.

Le nombre des éléments qu'il faut employer est en rapport avec la quantité des pièces sur lesquelles le d^t doit se faire ; l'habitude seule indique à l'ouvrier quand le courant est convenablement énergique.

Les bains que l'on emploie pour la dorure ou l'argenture doivent être sans excès d'acide qui réagirait sur le métal à recouvrir, et surtout sur le cuivre, et s'opposerait à un dépôt en couches continues.

Le bain que l'on emploie le plus ordinairement pour dorer, se fait en dissolvant 100 grammes d'or dans l'eau régale ; on précipite l'or par te cyanure de potassium ; on décante, et on redissout le précipité dans une quantité convenable de cyanure de potassium (il en faut environ 750 gr.) ; on étend la liqueur de manière à en former dix litres ; ce baûi sert pour la dorure à froid.

Dans la dorure des bronzes, on trouve de l'avantage à opérer à une température d'environ 75 degrés; le bain a la môme composition que le précédent, mais on l'étend de telle sorte qu'il n'y ait que .6 gr. d'or par litre de dissolution ; on met donc 16 litres d'eau pour 100 grammes d'or et 750 granmies de cyanure de potassium.

La liqueur employée pour les bains d'or peut être variée d'un grand nombre de manières, en substituant au cyanure de potassium le cyanoferrure, le chlorure de sodium ou de potassium avec addition de potasse, l'iodure de potassium rendu alcalin , l'hyposulfite ou le sulfite de soude, etc.

Il résulte des expériences consignées dans le rapport de M. Dumas, que le dépôt de l'or est régulier, et qu'il est exactanent proportk>nnd au temps de l'immersion ; ce qui permet de juger de l'^Nii^eor de la dorure par la durée de l'opération.

ARGENTUHJB. 705

Toutefob, Gomme la quantité d*or qui se dépose par chaque unité de temps dépend de l'intensité du courant électrique qui lui même peut varier, il faut, pour Connaître la quantité du métal déposé, avoir recours à deux pesées faites avec une balance sensible. Tune avant, l'autre après IHmmersion.

Le procédé de dorure à la pile permet d'opérer facilement des réserves, et convient par conséquent , mieux que tous les autres procédés de dorure, à l'ornementation et au mélange de différents tons d'or, d'argent, de platine, etc. Ce procédé est du reste le seul qui permette d'augmenter indéfiniment et à volonté l'épaisseur des couches d'or sur les parties qui, devant être soumises à un frottement plus considérable, exigent une plus grande solidité.

AnGENTURE.

Jusqu'à l'époque où M. Elkington a fait connaître ses procédés d'ar-^ genture, on ne savait argenter que le cuivre ou le laiton, par les procédés de l'argenture à la feuille, do l'argenture au pouce, ou du bouillitoire.

Pour argenter à la feuille, on appliquait ^vec le bnmissoir, la feuille d'argent battue , sur la surface métallique couverte de hachures, et on augmentait l'adhérence par l'action d'une chaleur voisine du rouge.

Dans le procédé d'argenture au pouce, on étendait avec les doigts et en frottant sur les objets, une poudre composée de 1 p. d'argent en poudre, 2 p. de sel marm, et 2 p. de crème de tartre; on lessivait ensuite et on faisait sécher. .

Pour argenter ou plutôt pour blanchir par te bouillitoire^ on jetait dans l'eau bouillante quelques pincées d'un mélange formé de 2 p. de chlorure d'argent, 72 p. de sel marin, 72 p. de sulfate de zinc, 1 p. d'acide arsénieux , et 1 p. de nitre; on immergeait ensuite les pièces dans cette liqueur pendant quelque temps.

H. Elkington a d'abord facilité l'emploi de cette recette en y ajoutant un peu de biehlorure de mercure ; c'est pai* celte méthode que l'on blanchit encore aujourd'hui les boucles de bretelles, les bouts de parapluies, les boutons, etc.

En 1840 , M. Elkington proposa l'emploi du cyanure de potassium comme dissolvant du chlorure d'argent, et mit l'argenture du bouillitoire au niveau de la dorure par inmiersion ; en se servant plus tard de la pile pour augmenter l'épaisseur de la couche d'argent déposée, et pour argenter sur tous les métaux , il a créé une industrie nouvelle qui aujourd'hui a pris une importance au moins égaie à celle de la dorure.

La préparation des pièces poi|r Targenture galvanique et Topération elle-même de Targenture, sont exactement les mêmes que celles qui ont été décrites pour la dorure; la dissolution seule est différente.

La liqueur que l'on emploie se compose d'une dissolution de 100 gr. 11- 45

706 rUTiNAUg.

d'argciU daus l*acide azotique ; cette dissolution est précipitée par le cyanure de potassium; on décante et on redissout le précipité dans une dissolution contenant 500 grammes de cyanoferrure jaune de potassium calciné; on ajoute la quantité d'eau néces^ire pour former 5 litres; chaque litre de liqueur contient par conséquent 5 granmies d'argent ; on opère à froid.

On peut employer encore ^ pour dissoudre le composé d'argent insoluble , qui sera le chlorure , Tiodure , Toxalate , le carbonate, etc., soit le cyanure simple de potassium ou de sodium , soit l'hyposulfite de soude , soit même le sulfite de soude , etc., de manière à former un s^ double d'argent etde soude ou de potasse. MM. Rpseleur et Lanaux se serventde préférence du sulfite de soude dans leur procédé d'argenture*

L'emploi du cyanure de potassium avait un inconvénient grave que Ton est parvenu à éviter depuis quelque temps. Il se formait , par suite Je la décomposition de la liqueur, une assez grande quantité de carbonate de potasse qui présentait une certaine résistance au passage du courant électrique, et forçait à augmenter considérablement la force de la pile. On a proposé de remplacer le cyanure de potassium par du cyanure de calcium qui , en se décomposant , produit du carboi^ate de chaux inso^ lubie, et permet d'employer des courants constants et de prolonger la durée des bains d'argent.

Les pièces argentées sont mates au sortir du bain ; on leur donne Téclat brillant de l'argent poli en les gratte bossant et les brunissant.

On plonge ensuite les pièces dans une dissolution de borax , et on les expose à une chaleur d'un rouge cerise dans une moufle; puis on les trempe dans une eau aiguisée d'acide sulfurique et on les sèdie.

Cette opàration, qui présente de l'analogie avec la mise en couleur que l'on exécute dans la dorure, a pour but, d'après M. Barrai , de réduire un sous-sel qui s'est formé pendant l'argenture ; elle empêche que les pièces devienn^t ternes et qu'elles se sulfurent au contact de Tair.

PLATINAGE,

On peut déposer une couche de platine très mince à la surfoee des ob-jets de bronze, par une méthode analogue k celle que nous avons décrite pour la dorure par immersion.

Le bain de platine se prépare en faisant chaufTer du chlorure de platine avec un mélange de carbonate de potasse et de soude, auquel on ajoute une certaine quantité de chlorure d'or.

On peut aussi fixer du platine à la surface du fer, de l'acier, du cuivre^ du laiton par les procédé» galvaniques.

Les bains se préparent en mélangeant du chlorure de platine avec une solution alcaline de cyanure de potassium ; jusqu'à présent, le platinage ne s'est pas foit industriellement.

PRÉCIPITATIONS U)U>AiX& P'iQDK PLOBIBIQUE. 707

CDIVUÀGB^

La liqueur qui convieut le mieux pour déposer une couche de cuivre adhérente à la surface du fer ou de l'acier, se prépare en dissolvant 1 kil. de cyanure de potMilum et 1 Ul. de oyïuiura de cuivre dans 10 kil. d'eau.

CUIVRAGE JAUNB , BR0NU6B , BINGÀGC , FLOVBAGX.

On obtient dea bains propres à opérer le cuivrage jaune, le broniag^i la zinoage, le ploiid>age, Tétamage, en dissolvant, dans du eyamm» de potassiufo, du cyanure de cuivra, de Tçiida de sine, da l'acide stuniqua, de Toxide de plomb; ces dilTérentel précipitations métalliques n'ont pu eneore été utilisée per l'industrie,

PBRRAGE.

On dépose le fer sur les objets eu cuivre, de manière à leur donner l'aspect de l'acier, en employant une liqueur obtenue par la dissolution de l'hydrate de protoxide de fer dans le chlorhydrate d'ammoniaque.

Le cuivre plongé dans cette liqueur et mis en contact avec de petits barreaux de zinc , sans l'emploi de la pila, donne, en quelques secondes, des couches de fer assez épaisses.

On peut aussi déposer du fer sur une pièce placée au p^le négatif d'une pile et plongée dans de l'acide sulfurique étendu, en trempant simplement dans l'acide une lame de fer attachée au pôle positif de la plie ; le passage du courant sufSt pour transporter au pâle négatif le fer qui se dissout peu à peu.

PRJÎCIPITATIONS COLORKES d' ACIDE PLOMBIQUB*

H. Becquerel est parvenu récemment à précipiter galraniquement sur les métaux des couches très minces d'acide plombiquâ qui préseoteni alors toutes les teintes des anneaux colorés obtenus par les lames minées.

Pour préparer les bains de plomb, ou fait dissoudre de l'oiide de plomb dans de la potasse. On verse la dissolution du plombite dans un vase de porcelaine dégourdie qui plonge dans de l'eau acidulée par f /30 de son poids d'acide azotique du commerce.

Une lame de platine mise dans l'eau acidulée se trouve en communi*< cation avQC le pôle négatif d'une pile faible, tandis que Ycbjei à recouvrir plonge dans le dissolution de plombita, «^ ^ trouve eii communication avec le p61ç positif de la pile.

706 GALTANOPUSTIE.

Le plombite est alors décomposé; Toxide de i)ioinb se transforme eo acide plcmibique qui se dépose sur la pièce» avec des teintes souvent très riches.

GALVANOPLASTIE.

MM. Spencer, en Angleterre, et Jacobi, en Russie, ont fait simultanément la découverte de la galvanoplastie en 1838.

Le but de la galvanoplastie est de précipiter sur un objet donné , par Faction d'un courant électrique , un métal de sa dissolution en couche continue, mais non adhérente. Cette couche doit représenter intérieure^ ment tous les détails de Tobjet, et peut alors servir de moule. On se propose également , dans la galvanoplastie , de précipiter sur le moule d'un objet une couche métallique continue, qui, séparée du moule , soit la représentation extérieure de l'objet lui-même.

Pour engendrer le courant électrique, on peut employer un appareil simple, ou un appareil composé.

Dans l'appareil simple, l'objet sur lequel le métal doit se déposer, fait partie du circuit galvanique; dans l'appareil composé, la pile se trouve en dehors du bain à décomposer, et le moule est attaché au pôle négatif. Le pôle positif est mis en communication avec le bain.

Lorsqu'on se sert d'un appareil composé, on peut attacher au pôle positif , comme pour la dorure et l'argenture, des électrodes solubles, c'est-à-dire des lames du môme métal que celui qui se précipite, et qui entre en dissolution en quantité à peu près égale à celle qui se dépose au pôle négatif.

On obtient ainsi une dissolution constante , et, de plus, on proportionne la surface positive à la surface négative, de manière à mieux répartir l'action électrique. La pile qu'il convient d'employer dans ce cas est celle de Daniell, et, mieux encore, celle de Wollaston , que nous avons décrite à l'occasion de la dorure.

Parmi les appareils simples, celui que l'on emploie le plus fréquemment se composé d'un vase de verre contenant une dissolution du métal que l'on veut déposer, du cuivre , par exemple.

Au centre de ce premier vase , on en place un autre qui doit être poreux, et qui est ordinairement fabriqué en porcelaine dégourdie; il contient de l'acide sulfurique étendu de 12 ou 15 fois son poids d'eau ; on plonge dans cette liqueur acide une lame de zinc, qui est souvent amalgamée pour résister plus longtemps à l'action de l'acide.

I..es moules se trouvent dans la dissolution métallique, et sont en communication avec le zinc au moyen d'un fil de laiton. La dissolution du sulfate de cuivre s'épuisant à mesure que le dépôt métallique s'opère à la

GALTANOPLASTIK. 709

surface du moule, on T^tretient à un degré constant de saturation, en ajoutant de temps à autre des cristaux de sulfate de cuivre dans la dissolution métallique.

Le sulfate de cuivre ofirant une certaine résistance au passage du courant électrique, on augmente son pouvoir conducteur en ajoutant dans sa dissolution une petite quantité d*acide sulfurique ou d'acide azotique.

D'après des observations que Ton doit principalement à M. Boquillon, pour obtenir de bons résultats dans les opéi*ations galvanoplastiques, il faut tenir compte :

1° De l'intensité de la pile;

2° Du degré de concentration et de la conductibilité de la dissolution ; y De la température à laquelle on opère;

k"" De la disposition et de la grandeur relatives des deux électrodes. Ces conditions doivent être entre elles dans certaines relations que l'habitude seule peut indiquer.

Pour prendre une empreinte galvanoplastique , on n'agit pas, en gé* néral, sur l'objet lui- même que l'on tient le plus souvent à conserver et à na pas détériorer par son immersion dans diverses liqueurs corrosivés; on opère presque toujours sur dçs moules.

Ces moules sont faits soit en alliages fusibles, soiten matières plastiques rendues conductrices de l'électricité à leur surface par une couche de plombagine , de poudre métallique ou de toute substance pouvant conduire le courant galvanique.

L'alliage fusible que l'on emploie ordinairement est formé de 8 p. de bismuth, 8 de plomb et 3 d'étain.

On se sert plus souvent de moules en plâtre , que Ton commence par rendre imperméables à l'humidité par une immersion dans un mélange d'acide stéarique et d'un peu de cire blanche fondue; quand tout l'air contenu dans les pores du moule est chassé, on laisse refroidir le moule, et on étend uniformément sur sa surface de la plombagine eu poudre, à Taide d'un pinceau.

Pour établir la communication entre le moule et le pôle négatif de la pile, on entoure le moule d'une bande de cuivre , ou s'il est métallique, on le soude sur ses bords à cette même bande avec de la soudure à l'étain. Le procédé de galvanoplastie d'argent employé dans les ateliers de M. Christofle, pour obtenir des bas-reliefs d'orfèvrerie d'argent propres à orner des coffres, des vases, etc., est le suivant :

On commence par faire un moule élastique en prenant 20 p. de gélatine de Russie, et 2 p. de caramel dissous dans assez d'eau chaude pour faire une pâte qui, par le refroidissement , devient solide.

On verse cette composition chaude sur le modèle; on laisse refiroidir, et on sépare le modèle du moule ainsi formé.

)10 OALTAKOM^dTtt.

A l'aide dii moulé élastique, on ùAi un moulé en cire en y ter^nt la composition suifante : 2b p. de cire jaune, IS p. de gratye de mouton^ at /i p. de résine; cette cire est employée tiède.

Après le refroidissement, on détache le moule en cire dumouie élastique, et on le trempe rapidement dans du lulfare de carbone saturé de phos* phore ; on laisse égoutter et on souffle en même temps sur la cire pour accélérer la volatilisation du sulfure de carbone. On le plonge alors dans une dissolution d*azotàte d*argent contenant 10 grammes d'argent par litre; au moyen d'un pinceau de blaireau, on fait pénétrer cette dissolu» tion dans l'intérieur du moule. Le phosphore réduit Fargent, et le moule devenu conducteur de Télectricité, peut être recouvert galvaniquement d'une couche d'argent de l'épaisseur voulue.

Lorsqu'on veut obtenir des médailles au moyen de la galvanoplastie, on peut opérer de trots manières dilTérentes :

1' On agit directement sur la médaille t|ue Ton veut reproduire en la recouvrant d'une couche très mince de corps gras qui empêche l'adhérence ; on obtient ainsi une image en creux sur laquelle on opère de nouveau pour la reproduction en relief;

2* On prend l'empreinte de la pièce avec un alliage fusible qui donne le creux ; l'épreuve galvanoplastique produit le reliri^;

S* On prend l'empreinte avec du plfttre que l'on métallisé pat* les procédés indiqués préc^emment.

On peut, au moyen de la galvanoplastie recouvrir de cuivre des sta^ tuettes, des objets d'art, des fruits, des végétaux, etc., après avoir rend« leur surface conductrice.

Pour obtenir des statues en cuivre, on fait un moule en plâtre que l'on revêt intérieurement avec de la plond>agine en poudre ; on plonge le moule dans la dissolution de cuivre , et l'on fait passer le courant électrique ; lorsque la couche est assez épaisse, on enlève le moule que laisse le cuivre en relief.

Les statues en cuivre obtenues par cette méthode, s'altèrent plus facile ment que celles qui sont faites en cuivre fondu, parce que le métal déposé par les procédés électriques est toujours poreux et s'oxide rapidement.

Le cuivre déposé par la voie galvanique reproduit avec une telle exactitude les saillies et les creux qui se trouvent à la surface d'un objet, que Ton a proposé d'employer la galvanoplastie pour reproduire des planchea n^étaUiques et hiéme d» épreuves daguerriennes.

M. Becquerel a proposé d'appliquer la galvanoplastie à l'extraelion dei métaux prAdeux.

pioTOGiiinn . -r- DAouraiioTTK. 711

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