PHOTOGRAPHIE. — DAGUERRÉOTYPE
Au commencemeot de ce sièole , plusieurs physiciens , parmi lesquels on cite Charles, Wedgewood, Davy, avaient cherché à tirée parti de Taction de la lumière sur les sels d'argent pour reproduire les oonlours et les otnbres des peintures sur verre^ et engendrer des silhouettes sur du papier placé derrière des yitraux exposés aux rayons du solml.
Wedgewood avait espéré pouvoir aussi fixer les images formées au foyer de la chambre obscure ; mais la oouohe sensible qu'il employait n'était pas assee impressionnable, et l'image très imparfaite noircissait et s'efiîh çait à la lumière.
M. Niepce, eu 1827, présenta à la Société royale de Londres un mé^ moire sur la photographie. Il faisait dissoudre du bitume sec de Judée dans de Thuile de lavande , et il appliquait par tamponnement ce v«rnls sur une lame de plaqué.
Au mois de janvier 1839, M. Arago fit connaître à l'Académie des sciences , les résultats si remarquables auxquels était arrivé H. Daguerre, en substituant au vernis de M. Niepce une couche dHodure d'argent.
Lorsqu'on expoee une plaque d'argent om de plaqué d'argent bien dé» capée et bien polie à l'influence des vapeurs d'iôde , il se forme à la sur» faoe de la plaque une couche très mince d'iodure d'argent.
Si l'on expose ensuite la plaque au foyer d'une chambre noire , de manière à ce qu'elle reçoive l'actioa de la lumière , l'iodure d'argent est modifié plus ou moins profondément, suivant l'intensité des rayons lumineux.
Dans les parties frappées par la lumière la plus vive, l'iodure d'argent est décomposé et probablement ramené à l'état de sous-iodure d'argent ; dans les ombres les plus noires, l'iodure d'argent n'est pas attaqué ou ne l'est que foibl^Bent ; dans les demi^teintes, la décomposition est propoh» tionnelle à l'intensité lumineuse.
L'image existe abrs sur la plaque, mais elle e^t invisible ; pour la foire paraître , on expose la plaque à l'influence de la vapeur du mercure, <k>nt les globules viennent se déposer sur les parties décomposées par la lu» mière et constituent les blancs du dessin qui sont produits par un amal» game d'argent.
On enlève la couche d'iodure d'argentqui existe encoresur la plaque, et qui continuerait à se décomposer par une nouvelle exposition à la lumière en lavant la plaque avec une dissolution faible d'hyposulfite de soude.
Plusieurs perfectionnements ont été apportés au daguerréotype depuis sa découverte. On est parvenu à augmenter considérablement la sensi-^ bililé de fat couche impressionnable, ce qui permet d'obtenir les images
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dans un temps bien plus court; el l*on a trouvé le moyen dedonnor plus d*éclat aux dessins et de les rendre plus fixes et plus inaltérables.
On appelle substances accélératrices celles qui jouissent de la propriété de modifier la couche d'iodure d'argent, de manière à exalter sa sensibilité à la lumière. Les substances accélératrices ont été surtout indiquées par MM. Claudet, Fizeau et Gaudin. Elles consistent généralement en des dissolutions de brome ou de chlore libres ou combinés avec Fiode; on s*est également servi de bromoforme.
Ces substances sont employées à Tétat de vapeurs; la plaque étant une fois couverte de la couche dHodure d'argent , on la place pendant quelques instants au-dessus de la liqueur qui contient la substance accélératrice. Les dissolutions émettent des vapeurs qui vont se condenser sur la couche d'iodure, en donnant sans doute naissance à de petites quantités de bromure ou de chlorure d'argent.
L'augmentation de sensibilité que l'on peut ainsi obtenir est considérable. D'après M. Fizeau, la vapeur de brome dont il a conseillé l'emploi, est la substance accélératrice la plus active ; les plaques soumises pendant un temps convenable a la vapeur d'une dissolution très étendue de brome dans l'eau , acquièrent une sensibilité telle que la durée d'exposition dans la chambre obscure est réduite à 1 soixantième de ce qu'elle était avec la couche d'iodure d'argent simple. Le chlore employé de la même manière ne réduit ce temps qu'à 1 qumzième. Les autres préparations ne paraissent actives que par le brome ou le chlore qui entrent dans leur composition.
La découverte des substances accélératrices a permis d'appliquer le daguerréotype à l'exécution des portraits qui s'obtiennait aujourdlitii avec une si grande perfection.
On appelle fixation des images une opération destinée à donner plus de solidité et d'éclat au dessin ; on obtient ce résultat en traitant la plaque à chaud par une liqueur contenant de Thyposulfite double de soude et d'or. La fixation des images au moyen d'un sel d'or est due à H. Fizeau.
En parlant des sels d'or nous avons donné la composition delà liqueur dont on se sert pour fixer les images daguerriennes. On l'emploie à chaud ,' elle laisse déposer de l'or sur toute la surface de l'image préalablement lavée. L'argent qui forme lé fond du tableau est conmie bruni parle vernis d'or qui le recouvre, tandis que les globules de mercure qui constituent les clairs , s'amalgament avec l'or et augmentent de volume, de solidité et d'éclat.
Les blancs du dessin deviennent ainsi plus brillants , et les noirs plus obscurs. L'image est plus belle , et est devenue assez fixe pour qu'on puisse en prendre des empreintes avec de la cire à cacheter ou avec le cuivre déposé par la galvanoplastie.
Les premières épreuves galvanoplastiques des plaques daguerriennes
PHOTOGBAPRlti. — DAGUBBBiOTTPB. 713
ont été obtenues par M. Ch. ChevaHier. M. Fizeau est parvenu aies transformer en des planches pouvant être soumises à l'impression en taille douce.
Le procédé de M. Fizeau consiste à traiter la plaque daguerrienne par une composition acide qui creuse les parties noires, et laisse les parties claires; la liqueur acide est composée d'eau, d'acide azotique, de nitre et de sel marin.
On enlève le chlorure d'argent , à mesure qu'il se forme, au moyen de Taramonraque.
Pour rendre plus profondes les parties noires, on dore les parties blanches et l'on préserve les noires de la dorure en les recouvrant de corps gras, que Ton enlève ensuite. Par l'action de l'acide azotique, on peut alors rendre les creux suffisamment profonds pour que la planche puisse donner des épreuves tirées par les procédés ordinaires de la typographie. On a essayé de remplacer dans la photographie les plaques métalliques par ]es papiers photogéniques.
Les premières bonnes épreuves photographiques sur papier ont été obtenues par MH. Bayard et Talbot. M. Bayard n'a pas encore fait connaître son procédé de préparation. La méthode de M. Talbot qui a été perfectionnée par M. Blanquart-Evrard, se divise en deux parties : la première est celle qui donne l'épreuve négative , dans laquelle les parties éclairées sont représentées par les noirs ; la seconde donne l'épreuve positive.
Pour préparer le papier photogénique négatif, on étend sur du papier glacé et d'une texture bien égale, une dissolution de 1 p. d'azotate d'ai^nt dans 30 p. d'eau , et après l'avoir laissé sécher dans l'obscurité , on le trempe pendant deux minutes environ dans une dissolution de 1 p. de bromure de potassium, 25 p. d'iodure de potassium et 2^0 p. d'eau; on le laisse sécher de nouveau.
Le papier, ainsi préparé, est imbibé au moment où l'on veut obtenir répreuve négative, d'une dissolution de 6 p. d'azotate d'argent, 11 p. d'acide acétique cristallisable, et6& p. d'eau ; on l'expose ensuite au foyer de la chambre obscure. Le sel d'argent est plus profondément altéré dans les parties où la lumière est la plus intense.
Pour rendre l'image visible, on mouille l'épreuve sortant de la chambre obscure avec une dissolution d'acide gallique, et on lave pour enlever l'excès de cet acide. On termine par un lavage dans une dissolution de bromure de potassium , pour enlever le sel d'argent dans les endroits non attaqués par la lumière, et qui ainsi restent blancs.
On prépare le papier posiVi/ en trempant dans une dissolution de chlorure de sodium du papier de la plus belle pâte ; on le fait sécher, on l'imbibe d'une dissolution d'azotated'argent, et on le sèche de nouveau. Pour obtenir une épreuve positive, on place l'épreuve négative du
côté improfigionoé par la lumière, sur la surfaœ dm papiar poaWf quia élé préparée, et oa presse entre deux glaces; puis cm expose les deai papiers aijisi pressés à Taction des rayons lumineux. La lumière traver*sant les clairs du papier négatif va agir sur le papier positif, où elle imprime les ombres ; les parties qui doirent former les clairs sur le papier positif sont préservées par les noirs de l'image négative. De cette façon rimage devient positive.
Après un temps d'exposition suffisamment long, on fixe Timage en trempant le papier dans une dissolution d'hyposulfite de soude.