GARAGTÈRUS DES SELS DE SOUDE
Les sels de soudie ne prés^tent pas de caractères bien tranchés. Après s'être assuré qu'un sel ne précipite pas par les carbonates solubies, et qu'il est par conséquent à base de potasse, de soude, de lithine ou d'ammoniaque , on examine successivement les caractères des sels d'ammoniaque, de potasse et de lithine, et l'on reconnaît que le sel est à base de soude , lorsqu'il ne présente aucune des propriétés des sels formés par les trois bases précédentes.
II existe cependant deux moyens directs de caractériser les sels de soude:
1** L'hyperiod«le de potasse basique, en dissolution concentrée, forme on précipité blanc, peu soluble dans les sels de soude ;
2® L'antimoniate de potasse grenu^ dissous dans l'eau froide, produit dans les sels de soude, même étepdus, un précipité blanc, cristallin, qui exige ^iviron 300 parties d'eau pour se dissoudre (Fremy).
Les sds de soude possèdent en outre la propriété de colorer en jaune la flamme extàriem^e du chalumeau •
CHLORUKE DE SODIUM. NaCl.
Le dUorure de sodium, nommé souvent sel marin, est blanc, inodore, d'une saveur salée, mais agréable, d'une ^mt/é de 2,13. Il est à peine
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solubtedans l'alooolanhydro. Sa viabilité dans Teau a été délerminée par M. Gay-Lussac :
100 parties d'eau à 15* dissolvent d^fii de sel marin. 100 — à 109.7 — 40,88 —
Le sel marin est donc presque aussi soluble à la tena{>érature ordinaire qu*au terme de rébullltion de Teau qui en est satui*ée ; aussi la dissolution bouillante, saturée de chlorure de sodium» n'en laisse-l-dle déposer que de petites quantités en se refipoidissant.
Cette propriété permet de séparer facilement le sel marin de la plupart des autres sels, et particulièrement de Tazotate de potasse dont la so^ lubilité dans Teau augmente beaucoup avec la température.
On comprend en effet qu'en traitant par de Teau bouillante un mélange de sel marin et d'azotate de potasse , une grande partie de Tazotate de potasse se dépose par le refroidissement, tandis que le sel marin reste en dissolution dans Teau.
Le sel marin cristallise en cubes ou en trémies, qui sont produites par l'agglomération symétrique d'une foule de petits cubes. Ces cristaux sont anhydres et décrépitent fortement lorsqu'on les chauffe à 200 ou 300°. Ils se conservent à l'air par un temps sec, mais commencent à entrer en déliquescence quand l'hygromètre de Saussure marque 80 degrés.
Lorsqu'on fait cristalliser le chlorure de sodium entre — 10 et — 15% ce sel se dépose en tables hexagonales symétriques, qui contiennent U équivalents d'eau, selon M. Ifitscherlich, et 6 équivalei^^ selon M. Fuchs. Ces cristaux perdent leur eau très facilement.
Le chlorure de sodium est fusible au rouge, et se volatilise à une températiure plus élevée, en produisant des fumées blanches. Cette vaporisa- . tion s'accroît beaucoup dans un courant de gac.
Le sel marin fondu peut cristalliser en cubes par le refroidissement. Dans cet état, il ne décrépite pas lorsqu'on le chauffe.
Quelques oxides, et principalement l'oi^ide de plomb, décomposent le sel marin dissous dans l'eau en produisant un chlorure métallique et de la soude caustique. Cette réaction se fait avec assez de faciUté pour qu'on ait pensé à préparer industriellement la soude en traitant le sel maria par la litharge (NaCl + PbO ^ NaO + PbCl) : mais alors la soude contient toujours en dissolution une quantité considérable d'oxide de plomb. Le procédé de Leblanc pour fabriquer la soude présentant d'ailleurs des avantages incontestables sur tous les autres prx>cédé6 de fabrication de soude artificielle, on a dû renoncer à utiliser l'actkm de la litharge sur le sel marin dans la préparation de la soude.
Le sel marin, décomposé par un excès de litharge, forme un précipité blanc d'oxichlorure de plomb hydraté, qui devient jaune par la chaleur.
Lorsqu'on chauffe un mélange de sel marin iim desséché et de siUœ,
il ne 96 produit aucune réaetien ; rmïs si l'on fiait arriver sur le mélange un courant dft vapeur d'eau, il se forme du silicate de soude et de l'acide cUoriiTdriquê :
SiO> + NiGl + HO »i NaO^SIO' + HGL
C'est sur cette réaction qu'est fcHidé l'emploi du sel marin dans le ver« nissage de cpielques poteries, telles que les grès. On jette dans le four une certaine quantité de sel marin, qui se volatilise, et qui, en présence de la siUcc existant dans la pâte de la poterie et de la vapeur d'eau, produit du silicate de soude qui forme une coudie vitreuse à la surface de la poterie.
On a jusqu*à présent essayé sans succès d'appliquer industriellement la réaction de la vapeur d'eau sur le mélange de silice et de sel marin, pour produire du silicate de soude et de l'acide chlorhydrique. L'acide que l'on obtient ainsi est trop faible pour être livré au commerce , et de plus le âlicate de soude qui se forme recouvre le mélange de sel marin et de silice, et Tempéche d'être attaqué complètement par la vapeur d'eau..
Le sel marin peut encore produire du silicate de soude quand on le chauffe avec de la silice et du peroxide de fer.
3NaCl + Si03 + Fe^O^ =, pe^a^ + (NaO)»;5iO».
Les usages du sel marin sont nombreux ; ce sel sert à la préparation delà soude artificielle et du sulfate de soude ; il est employé, conune nous l'avons dit, dans le vernissage des poteries. Il sert à préparer l'acide chlorhydrique. On l'emploie aoni dans la MMrîcatioti des chlorures décolorants pour produire du chlore. L'économie domestique et l'agriculture en consomment de grandes quantités.
Le chlorure de sodium est un des sels les plus répandus dans la nature, n existe en quantité considérable dans les eaux de la mer, dans les lacs et les sources salées. Il est aussi déposé dans la terre en couches abondantes, et porte alors le nom de sel gemme ou sel de roche.