SEL GEMME
Le «el gemme est mstall^, et souvent en masses transparentes d'un bkmc laiteux ; il présente un divage cubique facile. On le rencontre quelquefw eii masses f^nreuses.
Il est ofdimârement coloré en gris par une petite quantité de bitume ; il possède souvent une teinte rougeàtre, qui est due à la présence de l'oxide de fer.
Le sd gemme se trouve, tantât en couches contemporaines dans le ter- TOB 4e trias, et parttcnlîèrement dans la formation des matn?^ irisées
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(Vie» Dîeuse, Norwich) , tantôt en masses d'origine postérieure, en relation avec des roches ignées, des amas de gypse , de bitume, et souvent de soufre, soit dans les terrains jurassiques (Bec, Salzbourg), soit dans les terrains de craie (Pyrénées, Catalogne, Gallicie), soit môme dans les terrains tertiaires.
Le sel gaoune est quelquefois d'une grande pureté , tel est celui de WieUczka ; mais souvent il est mêlé de sulfate de chaux , d'argile, etc'.
Certains échantillons de sel de Wieliczka présentent une particularité curieuse ^ qui a été examinée par MM. Dumas et H. Rose.
Lorsqu'on met ces sels dans l'eau, ils font entendre une suite de décrépitations, et dégagent un gaz, qui parait être tantôt de l'hydrogène protocarboné pur , tantôt un mélange d'hydrogène protocarboné et d'hydrogène et d'oxide de carbone. Il est probable que le gaz s'est trouvé emprisonné sous une pression plus ou moins forte entre les molécules de sel, dont il brise les couches dès qu'elles se trouvent amincies p^ l'action de l'eau, et produit alors une décrépitaticm.
» On a essayé en France de vendre du sel gemme pulvérisé ; mais jusqu'à présent ce produit n'a pas été admis dans la consommation , à cause sans doute de la présence des corps étrangers qu'il retient jM^esque toujours , et de la lenteur avec laquelle il se dissout dans l'eau.
Le sel gemme présente toutes les propriétés du sel marin ordinaire ; toutefois il est attaqué beaucoup plus lentement que ce dernier sel par l'acide sulfurique mono-hydraté, et ne décrépite pas lorsqu'on le soumet à l'action nie la chaleur ; sous ce double rapport, il ressemble au sel marin fondu.
On exploite le sel gemme, soit à l'état solide par puits et galeries , soit à l'état liquide par dissolution.
Le sel gemme, extrait à l'état solide, est livré au commerce en bloc ou après avoir été préalablement concassé. Lorsque ce sel n'est pas très pur, on le dissout dans l'eau, et on le fait cristalliser en évaporant la dissolution par des procédés qui seront décrits plus loin.
L'exploitation du sel gemme par dissolution se fait par deux procédés : dans le premier, on divise l'intérieur de la mine en un certain nombre de compartiments ou chambres de dissolution, dans lesquelles on fait arriver des e^ux douces qui dissolvent le sel ; lorsqu'elles sont saturées, on enlève ces eaux au moyen d'un siphon, et on les soumet àl'évaporation.
Dans le second procédé, on atteint le gîte salifère avec un trou de sonde d'assez forte dimension , dans lequel on histalle une pompe élévatoire à piston creux; on amène des eaux douces dans le trou ; ces eaux dissolvant du sel deviennent de plus en plus denses, tombent au fond du trou, d'où on les enlève au moyen de la pompe, pour les évaporer ensuite.
BATIMBNTS DK GBABUATlOxN. S9
Émpônitloii et» tmwx miMm*
Les sources salées résultent de la dissolution du sel, provenant soit des bancs de sel gemme , soit d'argiles ou de terrains qui en sont plus ou moins imprégnés.
Ces sources se trouvent ordinairement dans les marnes bigarrées^ le grès bigarré , et quelquefois dans le lias. Elles sont inexpk)itâbles quand elles contiennent moins de 3 p. 100 de sel ; leur maximum de richesse est de 26 à 27 p. 100 de sel, ce qui correspond à peu près à une saturation complète.
En général, les puits et les sources d'eau salée donnent des eaux trop pauvres pour qu'on puisse les évaporer immédiatement par l'action du feu ; cette évapôration entraînerait à trop de frais.
On commence par évaporer les eaux à l'air libre dans des appareils qui portent le nom de bâtiments de graduation , qui sont disposés de manière à offrir une large surface d'évaporation (pi. 18, fig.9 et 10).
Les bâtiments de graduation se composent de vastes hangars, dans lésquels on construit un parallélipipède i^ectangle en fagots d'épine. L'eau salée arrive au commet des bâtiments de graduation dans des canaux qui communiquent avec des rigoles, portant des échancrures latérales qui déversent l'eau sur les fagots ; l'eau en tombant se divise et s'évapore rapidement: le bâtiment est recouvert d'un toit qui le préserve de la pluie ; on change à volonté la conduite des eaux, suivant la direction du vent, qui exerce une grande influence sur la rapidité de l'évaporation.
Les bâtiments de graduation sont ordinairement divisés en deux secti(His. La première reçoit les eaux de source ; la seconde, les eaux qui ont déjà circulé sur les fagots.
Des pompes placées dans les intervalles et mises en mouvement par des roues hydrauliques, élèvent l'eau des réservoirs inférieurs et la portent dans des conduits qui la déversent sur les fagots.
Nous indiquerons ici la quantité de sel contenue dans une eau salée , qui passe à six reprises différentes sur les fegots ; on verra que cette eau éprouve une concentration assez rapide.
!'• évaporatkHL —
L'eau coDtîent.
5,Zi2 p. 100 de sel.
A mesure que l'eau se concenU^, il se dépose sur les fagots du sulfate de chaux mélangé ordinairement de carbonate de chaux et d'oxide de fer; ces dépôts sont ^ilevés de temps en temps.
90 MàiAis sàLAirrs.
Lorsque Teau est arrivée à une concentration qui correspond environ à 15 ou 20" p. 0/0 de sel, on termine révap(H*atîon dans des chaudières.
Ce travail se compose de deux opérations distinctes , le ichlotage et le salinage.
L'eau concentrée par les bâtiments de graduation est introduite dans la chaudière à schloter et soumise à une vive ébullition. Il se forme bientôt un abondant dépôt que Ton nomme schlot; ce dépôt est un sulfate double de soude et de chaux.
Le schlot est enlevé avec de grands râbles, et, au bout d'un certain temps, Veau commence à saltner et le sel se dépose. Le schlotage et le salinage peuvent donc s'opérer dans la même chaudière.
On pousse plus ou moins rapidement le feu, suivant que l'on veut obtenir le sel en cristaux plus ou moins fins.
Le salinage peut durer plusieurs jours, on l'arrête lorsque le sel qui se dépose devient impur; on enlève alors les eaux-mères et on les remplace par une nouvelle eau à évaporer.
Les eaux-mères contiennent ordinairement des chlorures de magnésium et de sodium, du sulfate de magnésie, de Tiodure et du bromure de magnésium.
MAHAI8 8ALANTS.
La salure des différentes mers n'est pas toujours la même ; elle semble en général augmenter dans les points les plus profosids et les plus éloignés des continents, et diminuer dans le voisinage des grandes masses de glace.
Nous avons donné à l'article Eau la composition de l'eau de la mer : on se rappelle que l'eau des côtes de France contient envhon 2,5 p. 0/0 de sel marin et de petites quantités d'autres sels, tels que des sels de potasse, du chlorure de magnésium, du sulfate de magnésie, d^ carbonates de chaux et de magnésie» du sulfate de chaux, des traces d'iodures et de bromures.
Ibinilt lauiiits «e l'Ouest.
Dans les marais salants de l'Ouest, l'eau est introduite pendant la haute mer, au moyen de vannes en bois, dans un premier réservoir nommé jas dont la profondeur varie de 0"»,60 à 2"». L'eau dépose dans le premier bassin les matières étrangères qu'elle tenait en suspension ; en sortant du jas, elle est conduite, par un canal souterrain appel<^ gourmas^ dans une suite de bassins que l'on nomme cotteheSy et qui ont de On',25 à 0",45 de profondenr.
L'eau passe des couches daiis une rigole fert longwc, appelée marf , qui
SALINES DU MIM. 01
fait le tour des marais , et se trouve conduite dans de nouveaux bassins que Ton nomme labl€$. Enfin , en sortant des tables, Teau arrive dans le dernier bassin appelé muant ^ qui la distribue, au moyen de petites rigoles, dans les aires ou œillet^ où le sel se dépose.
Quand la saison est favorable, Teau arrive très concentrée dans les aires et commasce à y saliner; on récolte généralement le sel tous les jours ; les eaux-mères sont rejetées quand elles deviennait trop concentrées. Le sel est d'abord recueilli en petits tas sur le bord des œillets ; ou en fait ensuite des tas plus considérables que Ton abandonne à eux-mêmes pendant quelque temps; le sel s'égoutte et se purifie ainsi des sels déliquescents. On réunit ensuite tous les tas et on en forme de grandes masses qui portent le nom de rmdots.
On recouvre les mulots d'une couche de terre glaise et l'on conserve ainsi le sel jusqu'au moment de la vente : le sel en mulots ocHittnue à se purifier des sels déliquescents, qui s'écoulent par de petits canaux ménagés dans la massç des mulots.
L'emplacement, l'exposition, la nature du terrain , sont d'une grande importance pour l'établissement d'un marais salant. Le terrain doit être uni, sans pente apprédable, et de nature glaiseuse.
Une partie du sel obtenu dans les marais salants n'est livré à k con^ sommation qu'aims avoir été lavé et souv^t même soumis à un raffinage complet. Pour raËGner le sel, on le dissout dans l'eau; on pré* dpite la magnésie qui s'y trouve à l'état de chlorure ou de sulfate, par de la chaux ; on filtre la liqueur à travers des vases dont les fonds sont percés et recouverts de nattes, et l'on évapore la dissolution dans des chaudières jusqu'à ce qu^elle cristallise.
L'eau des marais salants présente souvent une couleur rouge foncée; ce phénomène curieux a été examiné par plusieurs savants et principalement par M. Payen et MM. Dunal et Joly, qui ont démontré que la couleur rouge des marais salants est due à des globules microscopiques qui sont de véritables in/'ttsoiri.
SALINES DU mni.
n existe sur les bords de la Méditerranée, dans le Languedoc et la {Provence, un grand nombre de marais salants où l'on fabrique du sel blanc. Non seulement les eaut de la mer , mais aussi celles de plusieurs étangs salés, lels que ceux de Berre et de Lavalduc , servent à la fabrication du sel. Les eaux de Berre présentent à peu près la composition de l'eau de mer ; celles de Lavalduc sont ranarquables par leur sitore et marquait de 15 à 16 degMs à l'arécmiètre : les salines de Rassden, du plan d'Aren et de Gtis, qui fonmissrat à l'industrie plusieurs centaines de milliers de qmntaui métriques de sel blanc, sont alimmtéis par les eaux de Lavalduc.
82 TRAiTEUENT DES KAUX-MÈRES DBS MARAIS SALANTS.
Le procédé d'extraction do sel contenu dans ces e^ux est absolunoent le même que celui qu'on suit pour Tévaporation des eaux de la mer ; mais comme les eaux de Lavalduc sont très concentrées , elles exigent beaucoup moins d'espjice pour être amenées à cristallisation.
L'eau salée est introduite par des pentes naturelles ou à l'aide de machines à vapeur dans de vastes réservoirs d'un mètre environ de profon • deur sur un demi-hectare de superficie. Elle se concentre dans ces chauffoin et y dépose des cristaux de sulfate de chaux. Lorsqu'elle commence à abandonner du sel marin, on la fait écouler par des canaux dans d'autres réservoirs un peu moins grands. L'eau dépose du sel lorsque sa densité aréométrique est de ^S"" environ : jusqu'à 27 ou 28*, le sel qui se dépose est très pur; on lui donne le nom de sel àe pièces maîtresses. Il se présente en cubes d'une grande blancheur, transparents, compactes , sonores et sans cavités intérieures. Le plus souvent on ne retire pas ce sel des pièces, et l'on continue l'évaporation jusqu'à ce que les eaux refusent de fournir du sel, ce qui arrive lorsqu'elles marquent 32 degrés environ à l'aréomètre. On fait alors écouler les eaux-mères; on enlève le sel avec précaution pour qu'il ne se mêle pas à la terre et aux dépôts organiques du sol , on le met en tas qu'on laisse se ressuyer et qu'on transporte ensuite dans des magasins. Tantôt ces magasins ou ces tas de sel, dont le poids s'élève à plusieurs milliers de quintaux, sontconstruits^en plein air ; tantôt ils sont adossés à des murailles et recouverts de briques. Le sel exposé à l'air se purifie des sels déliquescents, mais éprouve en même temps une perte qui peut aller jusqu'à 2 ou 3 p. 0/0.