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TRAITEMINT DIS EAUX-MÈRES DBS MARAIS SALANTS. 9S

nouveau Tattention des chimistes et des industriels sur le parti que Ton pouvait tirer des eaux de la mer; il soumit cette question importante à de nouvelles études, et, sous sa direction, plusieurs usines se sont formées pour retirer le sulfate de soude et les sels de potasse des eaux-mères des marais salants. Nous allons indiquer succeBsivement les procédés suivis pour Fextraction de ces sels.

Lorsque la levée du sel marin est terminée, les eaux-mères sont amenées dans des chauffoirs distincts de ceux destinés au sel marin ; elles s'y concentrent jusqu'à 33, M ou 35 degrés. On les répand ensuite sur des tables ou des bassins larges et peu profonds, où elles laissent déposer du sulfate de magnésie ordinairement mêlé de sel marin. Ce dernier sel, dont les variations de température ne modifient pas sensiblement la solubilité, se dépose en petite quantité pendant le jour, à cause de la concentration des liqueurs, tandis que le sulfate de magnésie, qui est beaucoup plussoluble à chaud qu'à froid, se dépose surtout pendant la nuit. On recueille le mélange et on é*en sert pour produire du sulfate de soude. Dans ce but, on en fait une dissolution concentrée qu'on abandonne à l'action du froid pendant l'hiver, soit dans de grandes cuves en bois ou mieux dans les tables ou cristallisoirs ordinaires de la saline. La réaction des deux sels précédents donne naissance à un dépôt de sulfate de soude et à une eau-mère chargée de chlorure de magnésium, qu'on fait écouler.

Le sel marin diminue considérablement la solubilité du sulfate de soude, soit dans l'eau douce, soit dans Teau contenant du chlorure de magnésium : M. Balard a utilisé cette propriété pour augmenter le dépôt de sulfate de soude et déterminer plus sûrement la cristallisation de ce sel.

Le principe de la fabrication du sulfate de soude avec les eaux-mères des marais salants consiste, comme on le voit, à extraire le sulfate de magnésie des eaux mères, à éliminer le chlorure de magnésium et à ajouter au sulfate de magnésie un excès de sel marine

La dessiccation du sulfate de soude retiré des eaux-mères des marais salants a lieu dans un four double, dont la première partie est destinée à la fabrication de la soude, et dont le second compartiment reçoit les cristaux de sulfate qu'on dessèche avec la chaleur perdue du premiei* four. Pour éviter que le sulfate, en éprouvant la fusion aqueuse, ne s'infiltre dans la sole , il faut maiptenir dans le four de dessèchement une couche de sulfate de soude anhydre sur laquelle on dessèche le sulfate hydraté.

L'extraction directe du sulfate de soude de Teau de mer peut avoir lieu, pendant l'hiver, sans qu'on ait préalablement retiré le sel marin de ces eaux; mais ce dernier mode de fabrication se trouve soumis à des conditions de température qui ne se présentent pas toujours dans les

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M EXTRACTION DES SELS M POTASSE NM EAnX-VÈRES DES MARAIS SALANTS.

eontrées méridionales; l'opération ne peut donner de bon résultat qu'autant que le froid descend à plusieurs degrés au-dessous de zéro.

Les eaux delà mer, après avoir été concentrées à la manière ordinaire pendant Tété, et avoir déposé la plus grande quantité possible de sel marin, sont conservées dans de vastes réservoirs ou bassins présentant moins d'étendue mais plus de profondeur que ceux dans lesquels a lieu la cristallisation du sel marin , afin que les eaux pluviales les affiiiblissent le moins' possible ; ces bassins sont construits dans des terrains argileux et qui communiquent avec des pièces maîtresses où Ton fait écouler les eaux-mères pendant Thiver, en ayant soin que ces eaux ne présentent qu'une profondeur de quelques décimètres, pour tjue le froid les atteigne plus facilement. La cristallisation du sulfate de soude conmience à devenir abondante , lorsque les eaux marquent 26 où 27 degrés de Taréomètre, et que température ne dépasse pas — 3 à — h degrés.

BXTRAGTION DBS SELS DE POTASSE DES EAUX-lfàRES DES MARAIS SALANTS.

Les eaux-mères, qui ont déposé d'abord du sel marin, puis du sulfate * de magnésie, sont évaporées de nouveau par la seule action des rayons solaires. Elles laissent cristalliser alors un mélange salin, consistant principalement en sulfate double de potasse et de magnésie : (KO,SO^), (MgO,S03),6HO. — Une saline de 200 hectares, sur laquelle M. Balard avait exécuté ses essais, a fourni 200,000 kil. de sel double représentant 90,000 kil. de sulfate de potasse pur.

Ce sel double peut être employé directement à la fabrication de Talun. n suffit en effet de le mêler à du sulfate d'alumine pour qu'il fournisse de lalun, ne contenant pas sensiblement de fer. H. Balard s'est aussi assuré qu'on transforme facilement l'alcali contenu dans le sulfate de potasse et de magnésie, en carbonate de potasse, par une méthode analogue à celle que l'on emploie pour faire la soude artificielle avec le sulfate de soude.

Les eaux-mères marquant 36** de l'aréomètre laissent déposer quelquefois entre 17 et IS** centigrades un chl(»rure double de magnésium et de potassium; ce sd, redissous dans l'eau, se dédouble, pendant l'évaporation à chaud, en chlorure de potassium qui se dépose et en chlorui^ de magnésium qui reste dans les eaux-mères.

Si l'extraction du sulfate de soude au moyen des eaux-mère^ des marais salants présentait un jour assez d'importance pour qu'on cessât de fabriquer ce sel avec le sel maiin et l'acide sulfurique, le prix de l'acide chlorhydrique augmenterait considérablement : on pourrait alors se servir du résidu des eaux-mères pour faire de l'acide chlorhydrique; en effet, ce résidu contient du chlcn^hydrate de magnésie; en le

IXTftÀCnOil M) su. Fà|t LA 61LÉB. 95

Atà TaelÎMi de h chaleur^ il se décompose ea piodiuaaiàt de Tar cide dilorhydrique et de la magnésie (Peloiue).

Les observations que nous allons présenter en terminant permettront d'apprécier l'importance de l'exploitation industrielle des eaux de la mer.

Dans une seule saline dont la surface d'évaporation est de 200 hectares et qui fournit environ 20 millions de kilogr. de sel marin , il doit se concentrer, selon les calculs de M. Balard, 2,500,000 kil. de sulfate de soude. On en retire plus du quart « c'est-à-dire plus de 600,000 kilogrammes. Cette même saline peut fournir 180,000 kilog. de sulfate de potasse pur. La potasse que la France consommée l'état de divers sels , évaluée en sulfate de potasse, atteint envircm le ohifire de 5 millions de kilogrammes; pour obtenir cette quantité de potasse , il ne faudrait consaerer à l'évaporaticm de l'eau de la mer que 5 ou 6,000 hectares au plus.

Lorsque le sulfate de soude naturel suffira à la consommation de œ sd en France, il se produira en même temps une quantité de sel de potasse quatre fois plus grande que celle qui est employée par l'industrie.

Des 23 millions de kilogrammes de soufre qui sont importés annuellement en franco, il millions de kilogrammes sont employés à transformer le sel marin en sulfiite qui sert ensuite à fabriquer la soude.

On trouverait dans la fabrication nouvelle du sulfate de soude le moyen de diminuer de moitié l'importation du soufre ; et la France, qui ire ses potasses de l'étranger, pourrait à son tour les exporter.

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