II
130 CARACTiRIfi GÉNÉBAtX DgS SSLS AMMONIACAUX.
la constitution de Tammoniure de mercure est plus simple que dans celle de Tammoniaque.
GilRAGTÈRES G^fllÉaiUX DKS S£LS AMMONUGÀUX,
Les sels ammoniacaux sont isomorphes avec les sels de potasse correspondants ; ils sont comme eux solubles dans Teau. L'anunoniaque agit en préseqce des acides comme une base énergique ; elle les sature complètement et forme des sels neutres aux réactifs colorés.
Les sels fimmoniacaux sont incolores, d'une saveur piquante. La plupart n'ont pas d'odeur sensible : cep^dant ceuic qui contiennent des acides faibles, comme Vacide carbonique, possèdent l'odeur pénétrante de Tammoniaque.
La chaleur volatilise ou décompose tous les sels ammoniacaux; ceux qui contienn^t des acides gazeux, connue l'acide cblorbydnque^ distillent sans éprouver d'altération ; cependant plusieurs sels amoKmiacaux dont l'acide est volatil, éprouvent une décomposition partielle scws l'influence de la chaleur ; ainsi le sulfate, Tazotate, l'avotit^ sont décomppséa avant 1^ rouge smibre. Lorsque l'acide est fixe, Vammoniaqua abandonne l'acide avec lequel il était combiné. Ainsi les phosphates, les borates d'ammoniaque sont décomposés par la chaleur en ammoniaque, en eau, et laissent un résidu d'acide pyrophosphorique ou d'acide borique.
Un sel neutre ammoniacal, soun^is à l'influence de la chaleur, dé^e ordinairement une partie de son ammoniaque et ce transforme d'abord en un bi-sel.
Le chlore décompose facilement les sels ammoniacaux ; s'il est en excès , il s'unit aux deux éléments de Tammoniaque , pour fprmer avec l'azote, du chlorure d'aaote ; et avec Tbydrogène , de l'acide chlorhydrique.
L'amalgame de potassium agit, comme nous l'avons dit précédemment , sur les sels ammo^iacau^^ humides ou exi dissolution concentrée; cet amalgame détermine la décomposition de Teau et du sel , et fornie de rbydrure ammoniacal de potassium. (Âmmoniure de potassium ) KAzH^
Les sels ammoniacaux, soumis à l'action oxidante d'un niélange d'acide sulfurique et de chromate de potasse, sont transformés en acide azotique, comme l'a démontré récemment M. Kuhlmann. Ces sels subissent la même transformation lorsqu'on les soumet, en présence d'un excès d'air ou d'oxigène, à l'influence de la chaleur et de la mousse de platiue.
Les sels ammoniacaux sont très faciles à distinguer de tous les autres sels.
Les alcalis fixes, la potasse, la soude, la chaux, etc., en dégagent, même à froid, un gaz qui ramèuie au bleu le papier rouge de tournesol : cette
CB1X>1HTNATB D* AMMONIAQUE. 131
propriété n'est partagée par aucun autre fluide élastique ; re gai, d'une odeur pénétrante et caractéristique, produit, à l'approcbe d'un tube trempé dans l'acide chlorhydrique affaibli, des fumées blanches, très épai^es, de sel ammoniac.
Les sels ammoniacaux se reconnaissent encore au moyen des réactifs suivants:
Acide tertriqm. -^ Précipité blano cristallin de bitartrate d'ammoniaque, si Vacide tartiique est en grand excès : ce précipité est beaucoup plus soluble que le bitartrate de potasse.
Acide hydr^fluoêHicique: — Précipité blanc gélatineux.
Acide cUorique , AcOe perchloriqm , Acide carbcaotiqm, — Pas de précipité.
Sulfate d'alumine. — Précipité blanc, cristallin, d'alun ammoniacal.
Ckl^run de platine, ^ Pré<»pité jaune de chlorure ammoniaco^platinique, laissant du platine pur par la calcination.
Les sels ammoniacaux ne forment pas de précipités dans les carbonates alcalins, les sulfures, et le oyanoferrure de potassium.
On analyse les sels ammoniacaux en précipitant leur dissolution par le bichlorure de platine , lavant le précipité avec de l'alcool , et déterminant le poids du chlorure ammoniaco-platinique dont la composition est connue. On peut encore analyser les sels ammoniacaux en les décompo* sant par un mélange d'oxide de cuivre et de cuivre métallique et mesurant le volume d*asote qui se produit ; cette analyse s'exécute dans un appareil qui sera décrit à l'article , ono/yM dee subetances organiquH azotées,
CHLORHYDRATE D' AMMONIAQUE. AzH^HCK Étal MUnrel.
Le chlorhydrate d'ammoniaque se trouve dans Turine humaine et dans la fiente de quelques animaux, particulièrement des chameaux. 11 existe en petite quantité dans les environs des volcans, et dans les fissures de certaines mines de houille en combustion.
Propriétés.
Le chlorhydrate d'aounooiaque, appelé souvent $el mnmoniëc, cristallise ordinairement en longues aiguilles qui se groupent sous forme de barbes de plumes, et plus rarement en cubes ou en octaèdres ; sa saveur est piquante, sa dfflisité de l,/i5 ; il n'a pas d'odeur sensible.
100 p. d'eau dissolvent 96 p. de sel ammoniac à 18". 100 p. d'eau à 100** en dissolvent 8d p.
Le chlorhydrate d'anunoniaque est ^olubla^lans l'alcool.
Ce sel se sublime, sans éprouver d'altération, à une température un peu inférieure au rouge sombre : il est toujours anhydre.
i32 CHLORHTDRATt D'aSHIONIAQUI.
Plusieurs métaux, et particulièrement les métaux xles premières sections, peuvent le décomposer. II se d^ge du gaz anunoniac et de Thydrogène, et il se forme un chlorure métallique.
Le potassium et le sodium produisent cette décomposition à une température assez basse ; Tétain , le zinc , le fer , agissent sur le sel ammoniac à une chaleur plus élevée ; Texpérience se fait facilement dans une petite cornue de verre à laquelle on adapte un tube recourbé qui s'engage sous une cloche pleine de mercure; on recueille ainsi 6 vol. d*hydrogène contre 2 vol. d'azote.
Presque tous les oxides décomposent le sel ammoniac en donnant naissance à des chlorures métalliques, à de Tazote et à de Teau. Les oxides de nickel et de cobalt sont réduits à Tétat métallique quand on les chauffe avec du sel anmioniac.
Une dissolution de chlorhydrate d'ammoniaque peut dissoudre certains oxides métalliques , et principalement a oxide de zinc.
Lorsqu'on expose aux vapeurs d'acide sulfurique anhydre, le chlorhydrate d'ammoniaque en poudre, il se forme une combinaison particulière que l'eau décompose rapidement en acide chlorhydrique et en sulfate d'ammoniaque (H. Rose).
Le sel ammoniac est élastique , et se laisse difiBcilement pulvérisa : pour l'obtenir en poudre très fine, on peut en faire une dissolution bouillante concentrée , et la laisser refroidir le plus promptement possible en l'agitant continuellement; on produit ainsi un précipité cristallin, qui se réduit en poudre fine lorsqu'on le dessèche.
> PrépmraUoB.
On obtient directement le chlorhydrate d'ammoniaque en unissant l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique à l'état gazeux ; on reconnaît que ces deux gaz se combinent à volumes égaux pour former le sel ammoniac.
Ce sel a été pendant longtemps fabriqué exclusivement en Egypte. On le produisait dans ce pays en recueillant les produits volatils qui proviennent de la combustion de la fiente des chameaux.
On prépare maintenant le chlorhydrate d'ammoniaque en décomposant le sulfate d'ammoniaque par le chlorure de sodium.
Pour produire économiquement le sulfate d'anmioniaque, on transforme en sulfate , le carbonate ammoniacal qui provient soit de la distillation des substances animales, soit des eaux du gaz de l'éclairage, des urines putréfiées , des eaux vannes, etc. On fait filtrer ces eaux qui sont chargées de carbonate d'ammoniaque, sur des couches de sulfate de chaux réduit en poudre fine; il se forme du carbonate de chaux insoluble et du sulfate d'anmioniaque soluble.
On peut encore obtenir du sulfate d'ammoniaque en traitant le car-
CHLORDBIS DOUBLES ÀMMONUCAUX. 133
bonate d'ammoniaque par du sulfate de fer ou du sulfate de manganèse qui forment des carbonates de fer ou de manganèse insolubles, et du sulfate d'ammoniaque. Le sulfate d'ammoniaque étant une fois produit, pour le transformer en chlorhydrate/ il suffit de le distiller avec du chlorure de sodium, qui le transforme en sulfate de soude et en chlorhydrate d'ammoniaque : Azff,HO,SO» + Naa = Azff,HCl + NaO,Sœ.
Au lieu d'opérer par la voie sèche, on agit quelquefois sur des dissolutions de sulfate d'ammoniaque et de sel marin. En évaporant les dissolutions de ces deux sels , il se fait une double décomposition ; le sel ammoniac cristallise le premier, tandis que le sulfate de soude reste dans les eaux-mères.
On fabrique aussi le sel ammoniac dans quelques localités, en recevant directement le carbonate d'ammoniaque dans de l'acide chlorhydrique du commerce.
Le sel anunoniac sert à préparer l'ammoniaque pour les besoins des arts, et pour les laboratoires de chimie.
On l'emploie dans la fabrication du sesqui-carbonate d'ammoniaque n^dicinal : il sert pour le décapage des métaux , et particulièrement du cuivre ; dans ce cas, l'ammoniaque du chlorhydrate réduit une partie de l'oxide de cuivre à l'état métallique, et transforme l'-autre partie en pro* tochlorure de cuivre qui se volatilise.
Le sel ammoniac est aussi employé dans quelques opérations de teinture.
Le chlorure d'argent étant soluble dans une dissolution aqueuse de sel ammoniac , on ^ sert quelquefois d'un mélange de ces deux sels pour argenter à firoid le cuivre et le laiton.
Le sel ammoniac est employé dans l'extraction du platine pour précipiter ce métal de sa dissolution dans l'eau régale.
Enfin le sel ammoniac entre dans la composition du lut destiné à fixer le fer dans la pierre : ce lut se prépare en arrosant avec une dissolution de sel ammoniac, de la limaille de fer préalablement mêlée à un ou deux c^tièmes de soufre.
CHLORURES DOUBLES AMMONIACAUX.
Le chlorhydrate d'ammoniaque forme des sels doubles avec les chlorures de magnésium, de zinc, de cadmium, de manganèse, de fer, d'étain, de molybdène, de cobalt, de nickel, de cuivre, d'antimoine , de mercure, d'or, d'iridium, de palladium , de rhodium , etc.
Il s'unit en outre à certains oxides métalliques.
i^U CTANDTDaATE D'àMMONUQCB.
BHOMUTDAATfi d'aMMONUQI]£« AzH^HBr« — lODUTDHATE
d'ahmoniaqub. AtH^HI.
Ces deux sels préseutent une grande analogie avec le chlorhydrate d*ammoniaque. Us sont solubles dans reau, cristallisables et volatils : Us sont formés, comme le sel ammoniac, de volumes égaux d'acide et d'ammoniaque.
On les obtient en saturant directement l'ammoniaque par les acides bromhydrique et iodhydrique.
FLUORHYDRATE d' AMMONIAQUE.- AzH^jHFl.
M. Berzélius conseille de préparer ce sel en distillant dans un appareil de platine ou d'argent un mélange bien sec d'une partie de sel ammoniac et de 2 parties 1/^ de fluorure de sodium. Le fluorhydrate d'ammoniaque peut aussi être obtenu directement en saturant l'acide fluorhydrique avec de Tammoniaque.
Le fluorhydrate d'ammoniaque cristallise en prismes incolores qui entrent en fusion avant de se sublimer ; il ne s'altère pas à l'air, se dissout facilement dans l'eau, attaque le verre même lorsqu'il est soUde.
On peut graver sur le verre en employant la dissolution de fluorhydrate d'ammoniaque, au lieu d'acide fluorhydrique : on laisse sécher le sel sur le verre , et lorsque son action est produite , on lave ensuite avec de l'eau.
Le fluorhydrate d'anmioniaque absorbe le gaz ammoniac avec rapidité.
La dissolution de ce sel perd de l'ammoniaque par l'évaporation, et laisse déposer, en se refroidissant, des cristaux grenus, efflorescents, qu'on considère comme un bifluorhydrate d'ammoniaque AzH',(HFl)^.
L'ammoniaque forme des sels cristallisables avec les fluoruVes de bore et de silicium.
GYA^HTDRATfi D' AMMONIAQUE. AzH»,HCy«
Ce sel est blanc, incolore ; il cristallise en cubes; il est volatil et très soluble dans l'eau ; son odeur est à la fois prussique et ammoniacale : il est presque aussi vénéneux que Tacide cyanhydrique.
Le cyanhydrate d'ammoniaque est formé de volumes égaux de vapeur d'acide cyanhydrique et d'ammoniaque, unis sans condensation.
On prépare le cyanhydrate d'ammoniaque : 1" en combinant directement l'ammoniaque et l'acide cyanhydrique ; 2° en distillant un mélange d'équivalents égaux de cyanure de potassium et de clilorhydrate d'ammoniaque; 3* en distillant un mélange de 3 p. de sel ammoniac, 2 p. de cyano-ferrure de potassium et de 10 p. d'eau.
SULFHTDIIATB d'AMMONUQOE / 135
On forme encore le cyanhydrate d'ammoniaque en faisant passer du gaz ammoniac sec sur des charbons placés dans un tube de porcelaine et portés au rouge. Il se dégage de l'hydrogène et de Tazôte , et si le tube communique avec un ballon condensateur suffisamment refroidi , il se dépoee dans le ballon des oristàux de cyanhydiTate d'ammoniaque.
COUBIIVAISONS DÉ L*AMMONIAQtE AVEC L'ACIDE SULFHYDRIQUE.
SULFHYDRATE D*AMMOSlAQUE. AzH^jHS.
Suivant M. Bineau , lorsqu'on fait arriver dans un flacon maintenu à une température très basse, un courant de gaz aoide sulfbydrique sec et de gaz ammoniac sec et en excès, il se produit un composé blanc formé de 2 volumes d'ammoniaque et d'un volume d'hydrogène sulfuré , qui a pour formule: AzH^^HS.
Si , au contraire , l'hydrogène sulfuré est employé en excès, 4es deux gaz s'unissent à volumes égaux et produisent une combinaison représentée par AzH^,2HS; dans la théorie de l'ammonium, ce corps est un sulfhydrate de sulfure d'ammonium ayant pour formule : AzH^S,HS, et correspondant pour sa composition au sulfhydrate de sulfure de potassium K8,HS.
On connaît encore d'autres combinaisons d'acide sulfbydrique et d'ammoniaque, mais on peut les considérer comme des mélanges des deux corps précédents.
Propriétés.
Le sulfhydrate d'ammoniaque préparé à une basse température et à l'abri de l'air, avec un excès de gaz ammoniac, se présente en aiguUles ou en belles lames cristallines blanches, très volatiles, d'une saveur à la fins piquante et sidfureuse; il est considéré comme un violent poison.
Exposé au contact de l'air, il absorbe l'oxigène, se colore en jaune en se changeant en sulfhydrate sulfuré d'ammoniaque (polysulfure d'atnmonium) 9 puis successivement eo hyposuliite, en sulfite et en sulfate d'ammoniaque.
Sa dissolution aqueuse est incolore et sert comme réactif ; on la prépare ordinairement en divisant une certaine quantité d'ammoniaque eu deux parties égales^ en faisant passer dans l'une de ces parties de Tacide sulfbydrique jusqu'à refus et en y ajoutant ensuite l'autre partie cpii a été mise en réserve : AzH3,2HS mêlé avec AzH^ donne en effet 2(AzH3,HS).
On peut préparer le sulfhydrate d'ammoniaque par double décomposition, en traitant le carbonate d'ammoniaque par une dissolution froide et concentrée de monosulfure de barium.
136 SULFUYUaATKS SULFURÉS D'aIMONUQUE.
SULFHTDRATES SULFURÉS D'AMMONUQUE.
Le sulfhydrate d'ammoniaque se combine, soit directement soit indirectement, à plusieurs équivalents de soufre, pour former : 1*» un sulfhydrate d'ammoniaque monosulfuré ÂzH3,HS,S, ou bisulfure d'ammonium AzH^S^; 2* un sulfhydrate trisulfuré AzH^HS,S^ ou quadrisulfure d'ammonium AzH*S< ; 3* un sulfhydrate quadrisulfure AzH^HS,S< ou pentasulfure d'anunonium AzH^,S5 ; W un sulfhydrate se^ulfuré AzH', HS,S6 ou beptasulfure d'ammonium ÂzH<,S^
SULFHYDRATE D' AMMONIAQUE MONOSULFURÉ. AzH^HS,S.
Ce composé est connu à l'état anhydre et à l'état d'hydrate. On l'obtient anhydre, sous forme de cristaux jaunes volumineux, en faisant passer simultanément des vapeurs de soufre et de sel ammoniac dans un tube de porcelame chauffé au rouge, et communiquant avec une allonge et un récipient qu'on entoure d'un mélange réfrigérant formé de sel et de glace. Les vapeurs se condensent dans ce récipient.
Proprtélés.
Le sulfhydrate d'ammoniaque monosulfuré est très déliquescent , et se convertit, sous l'influence de Thumidité, en un liquide d'un jaune foncé. Les acides même les plus faibles le décomposent, en précipitent le soufre, et en dégagent l'hydrogène sulfuré.
Ce composé peut être obtenu hydraté , en exposant à l'air le corps anhydre, ou mieux en distillant un mélange de 1 p. de sel ammoniac, 1 p. de chaux et une demi-partie de soufre.
Le liquide jaune, oléagineux, très volatil, qui résulte de cette dernière réaction est connu depuis longtemps sous le nom de liqueur fumante de Boy le. On ne doit pas le considérer comme du sulfhydrate monosulfuré d'anmioniaque hydraté pur ; il est mêlé ordinairement d'autres composés plus sulfurés.
La liqueur fumante de Boyle est fétide ; elle répand à l'air des fumées blanches qui sont principalement formées d'hyposulfite d'ammoniaque.
SULFHrDRATE d' AMMONIAQUE TRISULFURÉ. AzH%HS,S'.
^ Ce corps a été découvert par M. Fritzsche , qui l'a obtenu en faisant passer alternativement de l'ammoniaque et de l'acide sulfhydrique dans l'eau-mère du sulfhydrate d'ammoniaque quadrisulfure ; il cristallise en gros cristaux translucides qui sont solubles dans l'alcool.
SULFHYDRATE D'AMMONIAQUE QUADRISULFURE. AzH',HS,S*.
Ce composé , dont on doit la découverte à M. Fritzsche , se prépare en mettant du soufre dans une dissolution aqueuse et concentrée de sulfhy-
âzotàti d'àmmomiaocib. 137
drate ou de bisolfhydrated'ammoniacpie, et en faisant arriver sucoessivenoent dans cette dissolution un courant de gaz ammoniac et d'acide suifhydrique. Ces deux gaz ont pour objet de concentrer la liqueur en augmentant la proportion de sulfhydrate d'ammoniaque, et de permettre ainsi à une grande quantité de soi^e d'entrer en combinaison. Au bout d'un certain temps, la liqueur se prend en un magma, cristallin ; on dissout ce corps dans l'eau chaude, et par le refiroidissement de la liqueur il se dépose de beaux prismes à quatre pans d'une couleur jaune , qui constituent le composé AzH),HS,S4.
Ce corps se dissout dans l'eau sans s'altérer, lorsque la dissolution est &ite à l'abri de l'air et de l'acide carbonique. Il présente les réactions générales des polysulfures, et s'altère à l'air avec la même rapidité que le sulfhydrate d'amnK>niaque monosulfuré.
SULFHTDKATE d' AMMONIAQUE SEXTISULFUEIÎ. ÂzH^HS,S^
Ce composé se forme d'après M. Fritzscbe par la décomposition spontanée du sulfhydrate d'ammoniaque quadri-sulfuré : 2(AzH^HS,S<) ^ AiH\HS,S« + AzH3 + HS + 2S.
Comme cette décomposition est fort lente, on prépare plus facilement le sulfhydrate d'ammoniaque sexti-sulfuré en dissolvant le sulfhydrate d'ammoniaque quadri^ulfufé dans son eau-mère, et laissant rrfroidir la liqueur chaude sous une cloche fermée. Il se dépose bientôt des cristaux de couleur rubis.
Le sulfhydrate d'ammoniaque sexti-sulfuré possède presque toutes les propriétés du sulfhydrate d'amftioniaquequadrisulfuré. Il est nH)ins solubie dans l'eau que ce dernier corps , et moins facilement altérable à l'air, surtout quand on le conserve à l'abri des rayons directs de la lumière.
SULFOSELS AMMONIACAUX.
Le sulfhydrate d'ammoniaque (sulfure d'ammonium) s'unit au çulfure de carbone, aux sulfures d'arsenic, aux sulfures de tungstène, de mdyb* dène et de tellure , etc. , pour former des mlfosch ammoniacaux,
AZOTATE d'ammoniaque. AzH3,HO,AzO*.
Ce sd, coiftnu autrefois sous le nom de nitre inflammable^ cristallise en aiguilles longues et flexibles, qui s'accolent ordinairement et forment des cannelures. Si la cristallisation se fait avec lenteur, on obtient de beaux prismes hexagonaux, semblables à ceux du nitre et qui sont d'une transparence parfaite.
L'azotate d'anunoniaque a une saveur aigre et piquante ; il est lé-
138 kfSytkJB D'âMMOMlÂQUI.
gèri^nent déliquescent, soluble dans deuit partieB d'eau froide et dan» son propre pends d'eau bouillante. Ce sel est un de ceux qui produisent le plus de froid en se dissolvant dans Teau : M. Gay-Lussac a même reconnu que sa dissolution aqueuse concentrée < mêlée avec de Veau , produit encOTe un abaisserait de température.
L'azotate d'anmioniaque est toujours anhydre, quelle que soit la température à laquelle on Tait fait cristalliser. Il entre en fusion vers 200", ei si dans cet état on le laisse refroidir, il se prend en une masse opaque.
Entre 2^0 et 250^, il se décompose en eau et en protoxide d'aiote : A£H^HO, Az(H — ^HO + 2AzO. Quand ce sel est pur et qu'on le chautTe avec beaucoup de précaution, il ne donne que de l'eau et du protoxide d'aaote; mais si la décomposition est faite avec rapidité, et qu'on porte le sel à une température trop élevée, le vase distillatoire se remplit d'une fumée blanche , et le protoxide d'azote qui se dégage est mêlé d'ammoniaque, de bi-oxide d'azote, et, suivant cpielques chimistes , d'azote libre et d'acide hypo-azotique.
En présence de la mousse de platine, l'azotate d'ammoniaque se décompose vers 160"», selon MM. Millon et Reiset, en azote et en acide azotique.
Cette décomposition est représentée par l'équation suivante : 5(AzM^, HO, AzO)« = 2(AzO«,HO) + 8H0 + 8Az.
Projeté dans un creuset rouge, l'azotate d'ammoniaque s'enflamme subitement en produisant un léger sifflement et une lueur jaunâtre ; l'inflammation est due à la combinaison rapide del'oxigène de l'acide azotique avefc l'hydrogène de l'ammoniaque. Ce sel fait brûler avec une grande énergie la plupart des matières organiques et le charbon même. Traité par Tacide sulfurique en excès et très concentré, H se transforme, comme par la chaleur, en eau qui est absorbée par l'acide et eh protoxide d'azote qui se dégage. (Pelouze) .
Prépara tton.
On prépare l'azotate d'ammoniaque en versant un léger excès d'ammoniaque liquide dans l'acide azotique ; on concentre la dissolution c* on l'abandonne à un refroidissement lent.
L'azotate d'anmioniaque prend naissance quand on soumet à l'action de la chaleur ou de l'électricité un mélange d'azote et d'oxigène avec un excès d'hydrogène, et lorsqu'on fait passer de l'acide sulfhydrique dans une solution d'acide azotique libre. L'azotate d'ammoniaque se fortne encore lorsqu'on met l'acicle azotique en contact avec certains métaux et surtout avec l'étain.
SULrATI NBUTRE D'AMlfONlAQUE. 1S9
AZOTATES AMMONIACAUX DOUBLES.
L'azotate d'ammoniaque forme un grand nombre de sels doubles en s'unissant à d'antres azotates. Il se combine aussi avec des oxides métalliques ammoniacaui.
Les principaux azotates ammoniacaux doubles sont ceux de cobalt, de nickel, d'étain et de mercure.
AZOTITE D*AMM0N1AQUE. AzH^HO,AzO^
Ce sel cristatUse en aiguilles confuses, très solubles dans l'eau. La chaleur le décompose en eau et en asote (AzH',HO,AzO^ « UBO + 2Az). L'acide sulfurique concentré opère aussi sa décomposition et dégage de l'azote.
La dissolution d'azotite d'ammoniaque peut être évaporée à la température ordinaire sans que ce sel épi^ouve aucune altération ; mais elle laisse dégager de l'azote quand on la fait bouillir.
On obtient l'azotite d'ammoniaque par double décomposition en traitant du sulfate d'ammoniaque par de l'azotite de plomb. On prépare enocMTe l'azotite d'ammoniaque en dissolvant de l'acide bypo-azotique dans de l'ammoniaque ; il se forme ainsi un mélange d'azotate et d'azotite.
SULFATE NEUTRE d' AMMONIAQUE. AzH^,HO,SO\
On rencontre le sulfate d'ammoniaque en petite quantité dans l'acide borique naturel et dans quelques schistes alumineux .
Ce sel est incolore, amer, très piquant, soluble dans son poids d'eau bouillante et seulement dans deux fois son poids d'eau à 15*. Il cristallise avec facilité et affecte les mêmes formes que le sulfate de potasse avec lequel il est isomorphe.
n forme un grand nombre de sels doubles isomorphes avec les sels de potasse correspondants : dans ces sete, un équivalent d'amm(H)iaque et tm équivalent d'eau, ou bien un équivalent d'oxide d'ammonium AzH*0 remplace à la manière ordinaire un équivalent de potasse.
Le sulfate d'ammoniaque fond k\UQ\ et résiste à toute décomposition jusqu'à 180**; au-delà de ce terme, il abandonne de l'ammoniaque , et se transforme en bisulfate ; ce dernier sel se détruit à son tour, et produit de l'azote , de l'eau , et du sulfite acide d'ammoniaque qui se sublime.
Le sulfate d'ammoniaque produit un grand nombre de sels doubles dont les plus Importants sont indiqués dans le tableau suivant :
ikù CARBONATES d' AMMONIAQUK .
Sulfate d'ammoniaque et d'alumine . . (AzH3,HO,SO»),(Al»03,(S05)î),2àHO;
— et de sesqui-oxide
de fer. (AzH3,HO,SO»),(Fe20»,(SO»)3),2AHO;
— et de sesqui-oxide
de manganèse. . (AzH^HO,S03),(Mn^^(SO*|3),24HO ;
— et de magnésie . . (AzH^HO,S03),(MgO,SO»J,7UO ;
— et de proloxide de
manganèse . . . (AzH3,HO,SO^,(MnO,SO»)JHO ;
— et de zinc (AzH»,UO,SO^,(ZnO,S03),7HO;
— et de prot03dde de
fer (AzH3,HO,S03),(FeO,SO^,7HO;
— et de nickel. . . . (AzH»,HO,SO^,(NiO,S03),7HO;
— et de cuivre. . . . (AzH3,HO,S03),(CuO,S03),7HO.
Le sulfate d'ammoniaque s*unit aussi avec un grand nombre d*oxides ammoniacaux.
Prépftmtkm et
On obtient dans les laboratoires le sulfate d'ammoniaque en versant un excès d'ammoniaque dans l'acide sulfurique faible, et en évaporant la liqueur.
On prépare le sulfate d'ammoniaque dans les arts, en décomposant le sulfate de chaux ou le sulfate de fer par le carbonate d'ammoniaque impur provenant de la distillation de matières animales : le liquide brun qui se forme est évaporé à siccité : le produit de cette évaporation est lé gèrement grillé et repris par l'eau , qui laisse les matières- étrangères, et dissout le sulfate d'anunoniaque qui se dépose ensuite par l'évaporation en cristaux incolores.
Les urines putréfiées , les eaux vannes , les eaux de condensation du gaz servent aussi à la préparation du sulfate d'ammoniaque.
Le principal usage du sulfate d'ammoniaque consiste dans la fabrication de l'alun ammoniacal. On s'en sert aussi comme engrais.
BISULFATE d'ammoniaque. AzH^HO,(SO*)^HO•
Ce sel est déliquescent, facilement cristallisable, soluble dans l'alcooL Lorsqu'on sature par les alcalis Texcès d'acide qu'il renferme, ou obtient des sels doubles qui sont très stables et cristallisent aisément. On prépare ce sel en unissant un équivalent d'acide sulfurique à un équivalent de sulfate neutre d'ammoniaque ou à un demi-équivalent d'ammoniaque.
CARBONATES d'AMMONIAQUE.
L'acide carbonique forme, avec l'ammoniaque et l'eau , des combinaisons nombreuses qui ont été examinées avec soin par M. H. Rose. Avant les expériences de cet. habile chimiste, on croyait qu'il n'exis-
CAEBONATES D'AMMONIAQUft. 1/^1
tait que trois carbonates d'ammoniaque , correspondant par leur composition aux trois carbonates de potasse ou de soude.
H. Rose a démontré que le carbonate neutre d'ammoniaque ainsi que le carbonate d'ammoniaque anhydre AzH,CO^ s'unissent en un grand nombre de proportions avec le bicarbonate d'anunoniaque; il paraît même que ces composés peuvent se combiner avec un quadri-carbonate d'anunoniaque.
CAKBONATE NEUTRE d' AMMONIAQUE. AzH*,HO,CO\
Le carbonate neutre d'anunoniaque n'est pas connu jusqu'à présent à l'état de liberté, mais il peut être obtenu en dissolution dans l'eau et dans l'alcool , et principalement en combinaison avec le bicarbonate d'ammoniaque.
Cependant, d'après M. Humfeld , une dissolution alcoolique de sesquicarbonate d'ammoniaque, soumise à l'ébuUition, donnerait par le refroidissement du carbonate neutre d'ammojiiaque hydraté qui serait presque pur.
CARBONATE d'AMMONUQUE ANHYDRE. AzH^GO^
Le gaz anmioniacet l'acide carbonique gazeux s'unissent avec lenteur, et produisent une poudre blanche, cristalline , formée de deux volumes d'ammoniaque et d'un volume d'acide carbonique. Ce corps a donc pour composition AzH^CCP. On voit qu'il diffère du carbonate neutre d'ammoniaque par un équivalent d'eau ; il appartient sans doute à la classe des amides.
Lorsqu'on le met en contact avec l'eau , il se dissout et se transforme en un mélange d'ammoniaque libre et de bicarbonate d'anmioniaque.
Son odeur est ammoniacale : lorsqu'on le soumet à l'action de la chaleur, il se sublime sans altération. D'après M. H. Rose et M. Bineau, un volume de ce composé est formé de 1/3 de volume d'acide carbonique et de 2/3 de volume de gaz ammoniac ; sa densité est de 0,902 ; quelques chimistes consid^nt le composé AzH,CO' comme une combinaison de carbonamide AzH^CO avec du carbonate neutre et hydraté d'ammoniaque. En effet, 2(AzH\Cœ) = AzH^O, + AzH3,H0,C0».
SE8QU1CARB0NATB D'aMMONIAQUE , CARBONATE D' AMMONIAQUE DES PHARMACIES , SEL VOLATIL d' ANGLETERRE. (AzH^)^2H0,